jeudi 21 novembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-23VE01988 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme B C A et M. D C A ont demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler les arrêtés du 28 décembre 2022 par lesquels le préfet du Val-d'Oise a refusé de leur délivrer un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits.
Par deux jugements no 2301075 et n° 2301076 du 13 juillet 2023, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté leurs demandes.
Procédure devant la cour :
I - Par une requête n° 23VE01988, enregistrée le 8 août 2023, Mme C A, représentée par Me Ibrahim, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement n° 2301076 du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 décembre 2022 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite ;
3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une carte de séjour temporaire ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- en considérant que l'arrêté attaqué étaient suffisamment motivé, le tribunal a entaché sa décision d'une irrégularité de forme ;
- le jugement est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation, méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et méconnaît les stipulations des articles 3-1 et 9-1 de la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la décision fixant le pays de destination méconnaît le principe du contradictoire prévu par les dispositions L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration dès lors qu'elle n'a pas été en mesure de présenter ses observations.
II - Par une requête n° 23VE01989, enregistrée le 8 août 2023, M. C A, représenté par Me Ibrahim, avocat, demande à la cour, par les mêmes moyens que ceux exposés par Mme C A dans la requête n°23VE01988 :
1°) d'annuler le jugement n° 2301075 du tribunal administratif de Cergy-Pontoise ;
2°) d'annuler l'arrêté du 28 décembre 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de destination de sa reconduite ;
3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une carte de séjour temporaire ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation, dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 50 euros par jour de retard, et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents des cours administratives d'appel () peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. et Mme C A, ressortissants brésiliens, nés le 18 juillet 1981 et le 26 février 1983, entrés sur le territoire français, selon leurs déclarations, le 19 avril 2018, ont chacun sollicité, respectivement le 23 août 2018 et le 19 mars 2019, leur admission au séjour. Par deux arrêtés du 28 décembre 2023, le préfet du Val-d'Oise refusé de leur délivrer un titre de séjour, les a obligés à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourront être reconduits. M. et Mme C A, par deux requêtes qui ont fait l'objet d'une instruction commune et qu'il y a lieu de joindre pour statuer par une seule ordonnance, relèvent appel des jugements du 13 juillet 2023 par lesquels le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté leurs demandes d'annulation de ces deux arrêtés.
Sur la régularité des jugements attaqués :
3. M. et Mme C A soutiennent que les premiers juges ont commis une erreur de droit en écartant les moyens tirés de l'insuffisance de motivation des arrêtés contestés et que les jugements attaqués seraient entachés d'erreur manifeste d'appréciation ainsi que d'une méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et des articles 3-1 et 9-1 de la convention internationale des droits de l'enfant. Toutefois, de tels moyens, qui se rattachent au bien-fondé des décisions juridictionnelle, sont sans incidence sur leur régularité et ne peuvent donc qu'être écartés comme inopérants. Dans le cadre de l'effet dévolutif de l'appel, ces moyens doivent être regardés comme dirigés contre les arrêtés contestés.
Sur la légalité des décisions contestées :
4. En premier lieu, les arrêtés contestés comportent l'énoncé des considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement et sont, ainsi, suffisamment motivés.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, () / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
6. M. et Mme C A font valoir qu'ils vivent en France depuis 2018 avec leurs trois enfants, dont le dernier est né en France, que les deux premiers y sont scolarisés et qu'ils justifient d'une insertion professionnelle. Toutefois, les requérants se sont maintenus irrégulièrement en France sans être en possession d'un titre de séjour. Rien ne s'oppose à ce que la vie familiale de M. et Mme C A, et la scolarité de leurs deux aînés, se poursuivent hors de France, notamment au Brésil, pays dont ils ont la nationalité et où ils ne sont pas dépourvus d'attaches familiales. Par ailleurs, M. et Mme C A ne justifient pas d'une insertion professionnelle ancienne et pérenne. Dans ces conditions, en refusant de leur délivrer un titre de séjour et en leur faisant obligation de quitter le territoire français, le préfet n'a pas porté une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de leur vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs de fait, le préfet n'a pas davantage entaché ces décisions d'une erreur manifeste d'appréciation de leur situation personnelle et familiale.
7. En troisième lieu, aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. "
8. Les arrêtés contestés n'ont pas pour effet de séparer la famille et rien ne s'oppose à ce que les jeunes enfants des requérants poursuivent leur scolarité hors de France. La seule circonstance que l'un des enfants soit né en France n'est pas de nature à établir que les décisions contestées auraient méconnu son intérêt supérieur. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté. Les requérants ne peuvent utilement se prévaloir de l'article 9-1 de la convention internationale des droits de l'enfant, qui ne crée d'obligations qu'entre les Etats.
9. En dernier lieu, il ressort des dispositions du livre VI du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que le législateur a entendu déterminer l'ensemble des règles de procédure administrative et contentieuse auxquelles sont soumises l'intervention et l'exécution des obligations de quitter le territoire français. Par suite, le moyen soulevé à l'encontre de la décision fixant le pays de renvoi, tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 121-1 du code des relations entre le public et l'administration, ne peut qu'être écarté comme inopérant.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les requêtes d'appel de M. et Mme C A sont manifestement dépourvues de fondement et doivent être rejetées, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris leurs conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : Les requêtes de Mme C A et M. C A sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme B C A et M. D C A.
Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Versailles, le 21 novembre 2024.
La magistrate désignée,
O. DORION
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
3
Nos 23VE01988
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026