jeudi 9 janvier 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-23VE02565 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler, d'une part, l'arrêté du 13 octobre 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, d'autre part, l'arrêté du 15 octobre 2023 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a assigné à résidence dans le département pour une durée de quarante-cinq jours.
Par un jugement n° 2313875 du 25 octobre 2023, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 23 novembre 2023, M. B, représenté par Me Berdugo, avocat, demande à la cour :
1°) d'annuler le jugement attaqué ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, les arrêtés contestés ;
3°) d'enjoindre au préfet compétent de lui délivrer une autorisation de séjour dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros à verser à son conseil au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée ;
- cette insuffisance de motivation révèle un défaut d'examen complet de sa situation personnelle ;
- elle est entachée d'erreurs de fait, dès lors qu'il n'a pas reçu notification de la précédente mesure d'éloignement, de sorte qu'il ne peut lui être opposé ni qu'il se serait maintenu irrégulièrement sur le territoire français, ni qu'il se serait soustrait à cette mesure, et qu'il justifie de l'état civil de ses enfants, de leurs lieux de résidence et de pourvoir à leur entretien ;
- sa présence en France ne représente pas une menace pour l'ordre public ;
- cette décision porte une atteinte excessive à sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle ne prend pas en compte l'intérêt supérieur de ses enfants mineurs en méconnaissance des stipulations des articles 3-1 et 16 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- elle est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision portant refus de délai de départ volontaire est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation, dès lors que le risque de fuite n'est pas établi ;
- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant deux ans est insuffisamment motivée ;
- cette insuffisance de motivation révèle un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision portant assignation à résidence méconnaît les dispositions de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile :
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle est entachée d'une erreur dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 2 avril 2024 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Versailles.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. B, ressortissant arménien né le 7 janvier 1985, entré en France via la Tchéquie, muni d'un visa de court séjour délivré par les autorités lituaniennes, en 2009, selon ses déclarations, a été mis en possession d'une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " du 16 juin 2017 au 15 juin 2018, renouvelée du 22 mars 2019 au 21 mars 2020, puis d'une carte de séjour pluriannuelle du 22 mars 2020 au 21 mars 2022, dont le renouvellement lui a été refusé par un arrêté du 3 octobre 2022 du préfet des Hauts-de-Seine, au motif que sa présence en France constituait une menace pour l'ordre public. Interpellé le 12 octobre 2023 pour des faits de conduite sans permis, défaut d'assurance et détention illicite de méthadone, le préfet des Hauts-de-Seine lui a fait obligation, par un arrêté du 13 octobre 2023, de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera reconduit et lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français durant deux ans. Par un second arrêté du 15 octobre 2023, le préfet des Hauts-de-Seine l'a assigné à résidence dans le département pour une durée de quarante-cinq jours. M. B relève appel du jugement du 25 octobre 2023 par lequel la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande d'annulation de ces arrêtés.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : / () / 3° L'étranger s'est vu refuser la délivrance d'un titre de séjour, le renouvellement du titre de séjour, du document provisoire délivré à l'occasion d'une demande de titre de séjour ou de l'autorisation provisoire de séjour qui lui avait été délivré ou s'est vu retirer un de ces documents ; / () ".
4. En premier lieu, l'arrêté du 13 octobre 2023 vise le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment le 3° de l'article L. 611-1, et mentionne que M. B a déclaré être entré sur le territoire français en 2009 avec un visa touriste et que sa demande de titre de séjour a fait l'objet d'un refus assorti d'une obligation de quitter le territoire français en date du 3 octobre 2022, notifiée le 2 novembre 2022. La décision portant obligation de quitter le territoire français est, ainsi, suffisamment motivée. Cet arrêté précise en outre que l'intéressé a été interpellé pour des faits de conduite sans permis, défaut d'assurance et détention de substance psychotrope ou médicament inscrit sur la liste 1 et 2, qu'il est défavorablement connu des services de police pour d'autres faits et qu'ainsi, son comportement constitue une menace pour l'ordre public, qu'il déclare être séparé de sa conjointe et avoir deux enfants à charge sans justifier participer à leur entretien et à leur éducation, qu'il n'établit pas être dépourvu de toute attache personnelle et familiale dans son pays d'origine où il a vécu jusqu'à l'âge de vingt-quatre ans, et qu'ainsi il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Quel que soit le bien-fondé de ses motifs, il en ressort que le préfet a procédé à un examen particulier et suffisamment approfondi de la situation de l'intéressé.
5. En deuxième lieu, d'une part, si M. B soutient que l'arrêté contesté est entaché d'une erreur de fait en ce qu'il mentionne qu'il n'a pas déféré à la précédente mesure d'éloignement prise à son encontre, alors que celle-ci ne lui aurait pas été notifiée, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté du 3 octobre 2022 a été notifié à l'intéressé à l'adresse qu'il a donnée à l'administration. Cet arrêté est dès lors réputé lui avoir été régulièrement notifié, alors même que le pli a été retourné à l'administration avec la mention " n'habite pas à l'adresse indiquée ". En tout état de cause, une telle erreur est sans incidence sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français, dès lors que celle-ci est légalement justifiée par la seule circonstance que M. B est en situation irrégulière sur le territoire français. D'autre part, contrairement à ce que soutient le requérant, il ressort des termes de l'arrêté contesté que le préfet a pris en compte ses déclarations relatives à sa situation familiale, et notamment les circonstances qu'il est séparé de sa conjointe et qu'il a deux enfants à charge. Il s'ensuit que le moyen d'erreur de fait manque en fait sur ce point.
6. En troisième lieu, l'obligation faite à M. B de quitter le territoire français est fondée sur le refus de titre de séjour qui lui a été opposé le 3 octobre 2022 et non sur la menace pour l'ordre public que représente sa présence en France. Par suite, le moyen tiré de ce que la menace pour l'ordre public que représente sa présence en France ne serait pas suffisamment caractérisée est inopérant.
7. En quatrième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
8. M. B fait valoir qu'il réside en France depuis quatorze ans, que ses deux enfants sont nés en France et y sont scolarisés et qu'il y exerce une activité professionnelle de gérance d'une société de construction. Toutefois, en se bornant à produire une copie de son passeport indiquant qu'il est entré en Tchéquie le 11 novembre 2009 muni d'un visa de court séjour délivré par les autorités lituaniennes, M. B n'établit pas l'ancienneté de son séjour en France depuis cette date. S'il ressort des pièces du dossier qu'il s'est vu délivrer plusieurs titres de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", à compter du 16 juin 2017, le préfet des Hauts-de-Seine a rejeté sa demande de renouvellement de ce titre de séjour par un arrêté du 3 octobre 2022 assorti d'une obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours, à laquelle il n'a pas déféré. Il ressort en outre des pièces du dossier que M. B a été interpellé le 12 octobre 2023 pour des faits de conduite sans permis, défaut d'assurance et détention de substance psychotrope ou de médicament inscrit sur la liste 1 et 2, qu'il a été condamné, le 30 mars 2017, à deux ans d'emprisonnement dont six mois avec sursis, pour des faits d'aide à l'entrée, à la circulation ou au séjour irréguliers d'un étranger en France ou dans un Etat partie à la convention de Schengen, en bande organisée, et qu'il est défavorablement connu des services de police, notamment pour des faits de conduite sans permis, en cours des mois de décembre 2016, mai 2019 et mai 2023, d'exploitation de voiture de transport avec chauffeur sans inscription au registre, aux mois de mai et juin 2019, d'exécution en bande organisée d'un travail dissimulé et exécution en bande organisée, par une personne morale, d'un travail dissimulé, au mois de mai 2019, et des faits de vols et de destructions et dégradations de biens privés en 2016, dont il ne conteste pas sérieusement la matérialité. Si ses deux enfants, âgés de douze et six ans à la date de la décision contestée, sont nés en France et y sont scolarisés, M. B est séparé de leur mère, de même nationalité, dont la régularité du séjour ne ressort pas des pièces du dossier. M. B, qui établit avoir travaillé à temps partiel en qualité de chauffeur de novembre 2018 à avril 2019, puis en qualité d'employé polyvalent d'avril 2019 à août 2020, puis avoir créé le 30 septembre 2021 une société de construction dans le secteur du bâtiment, ne justifie pas d'une activité professionnelle stable et ancienne. Dans ces conditions, en lui faisant obligation de quitter le territoire français, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas porté au droit de l'intéressé au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts poursuivis. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
9. En cinquième lieu, aux termes de l'article 3 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " 1. Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait des institutions publiques ou privées de protection sociale, des tribunaux, des autorités administratives ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. / () ". L'article 16 de la même convention stipule que : " 1. Nul enfant ne fera l'objet d'immixtion arbitraires ou illégales dans sa vie privée, sa famille, son domicile ou sa correspondance, ni d'atteintes illégales à son honneur et à sa réputation. / 2. L'enfant a droit à la protection de la loi contre de telles immixtions ou de telles atteintes. "
10. Dans les circonstances rappelées aux points précédents, alors que rien ne s'oppose à ce que la vie familiale de M. B, de son épouse et de ces deux enfants se poursuive hors de France et qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que ces deux enfants, âgés de douze et six ans à la date de la décision contestée, seraient dans l'impossibilité de poursuivre leur scolarité en Arménie, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français méconnaît les stipulations des articles 3-1 et 16 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
11. En dernier lieu, pour les mêmes motifs de fait, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire français qu'il conteste serait entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
Sur la légalité de la décision de refus d'accorder un délai de départ volontaire :
12. Aux termes de l'article L. 612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Par dérogation à l'article L. 612-1, l'autorité administrative peut refuser d'accorder un délai de départ volontaire dans les cas suivants : () / 3° Il existe un risque que l'étranger se soustraie à la décision portant obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet ". L'article L. 612-3 du même code dispose que : " Le risque mentionné au 3° de l'article L. 612-2 peut être regardé comme établi, sauf circonstance particulière, dans les cas suivants : / () / 4° L'étranger a explicitement déclaré son intention de ne pas se conformer à son obligation de quitter le territoire français ; / 5° L'étranger s'est soustrait à une précédente mesure d'éloignement ; () ".
13. M. B a fait l'objet d'une précédente mesure d'éloignement et a explicitement déclaré, ainsi qu'il ressort du procès-verbal d'audition produit par le préfet des Hauts-de-Seine en première instance, qu'il refusait de quitter la France. Le préfet des Hauts-de-Seine pouvait dès lors légalement lui refuser un délai de départ volontaire, alors même qu'il justifierait de garanties de représentation.
Sur la légalité de la décision portant interdiction de retour sur le territoire français :
14. En premier lieu, aux termes de l'article L. 612-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsqu'aucun délai de départ volontaire n'a été accordé à l'étranger, l'autorité administrative assortit la décision portant obligation de quitter le territoire français d'une interdiction de retour sur le territoire français. Des circonstances humanitaires peuvent toutefois justifier que l'autorité administrative n'édicte pas d'interdiction de retour. / Les effets de cette interdiction cessent à l'expiration d'une durée, fixée par l'autorité administrative, qui ne peut excéder cinq ans à compter de l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français (). ". L'article L. 612-10 du même code dispose que : " Pour fixer la durée des interdictions de retour mentionnées aux articles L. 612-6 et L. 612-7, l'autorité administrative tient compte de la durée de présence de l'étranger sur le territoire français, de la nature et de l'ancienneté de ses liens avec la France, de la circonstance qu'il a déjà fait l'objet ou non d'une mesure d'éloignement et de la menace pour l'ordre public que représente sa présence sur le territoire français. () ".
15. L'arrêté du 13 octobre 2023 mentionne la date d'entrée en France de l'intéressé, la menace à l'ordre public que représente sa présence en France, la précédente mesure d'éloignement dont il a fait l'objet, et sa situation professionnelle et familiale au vu de laquelle le préfet a estimé que M. B ne justifiait d'aucune circonstance faisant obstacle au prononcé d'une décision d'interdiction de retour sur le territoire français, et que la durée de cette interdiction devait être fixée à deux ans. Ces motifs attestent de ce que le préfet a tenu compte de l'ensemble des critères prévus par la loi. Par suite, le préfet a suffisamment motivé sa décision portant interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans. Il ressort de ces motifs que le préfet a procédé à un examen particulier et suffisamment approfondi de la situation de M. B.
16. En second lieu, dans les circonstances de fait précédemment exposées, eu égard notamment à la précédente mesure d'éloignement dont il a fait l'objet, à la menace pour l'ordre public que représente sa présence en France et à sa situation familiale, en considérant que M. B ne justifiait d'aucune circonstance humanitaire faisant obstacle au prononcé d'une décision d'interdiction de retour sur le territoire français, et en fixant à deux ans la durée de cette interdiction, le préfet des Hauts-de-Seine n'a pas fait une inexacte application des dispositions des articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, ni méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Sur la légalité de la décision portant assignation à résidence :
17. Aux termes de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins d'un an auparavant, pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé ;() ".
18. En premier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions précitées de l'article L. 731-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.
19. En second lieu, le préfet a, par la décision contestée, assigné M. B à résidence dans le département des Hauts-de-Seine pendant quarante-cinq jours avec obligation de demeurer dans le lieu où sa résidence est fixée chaque vendredi de 19 heures à 20 heures et chaque samedi de 8 heures à 10 heures. Si l'intéressé soutient que cette mesure n'est pas compatible avec sa vie familiale, dès lors qu'il aurait la garde de ses deux enfants le vendredi soir et qu'il doit accompagner ceux-ci à leurs activités extrascolaires le samedi matin, il n'apporte aucun élément permettant de corroborer l'une ou l'autre de ces allégations. Par suite, M. B n'est pas fondé à soutenir que la décision portant assignation à résidence qu'il conteste porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale garanti par les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni qu'elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle.
20. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. B est manifestement dépourvue de fondement et ne peut qu'être rejetée, selon la procédure prévue au dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et ses conclusions tendant à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Versailles, le 9 janvier 2025.
La magistrate désignée,
O. DORION
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
3
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026