lundi 16 décembre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-23VE02718 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. et Mme C B ont demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 9 septembre 2022 par lequel le maire de Maisons-Laffitte a délivré à M. et Mme A un permis de construire modificatif référencé PC 078358 21 10058 M01, en tant qu'il autorise la modification de l'aspect de la façade principale et de la toiture de la poolhouse sans modification de dimension ni de surface de plancher, ainsi que la décision du maire du 15 décembre 2022 rejetant leur recours gracieux.
Par une ordonnance n° 2300885 du 9 novembre 2023, la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté leur demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 11 décembre 2023, M. et Mme B, représentés par Me Magnaldi, avocat, demandent à la cour :
1°) d'annuler cette ordonnance ;
2°) et de renvoyer l'affaire devant le tribunal administratif.
Ils soutiennent que :
- une irrecevabilité fondée sur l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme ne pouvait pas leur être opposée dès lors que, d'une part, la demande de régularisation qui lui a été transmise manquait de clarté et de précision, et d'autre part, ils n'ont pas été avisé de leur omission à produire la preuve de la notification de leur recours gracieux aux bénéficiaires de l'autorisation d'urbanisme contestée ;
- la première juge a méconnu le principe du droit au recours effectif, notamment garanti par les articles 6 et 13 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle s'est fondée sur un motif erroné en considérant que le recours gracieux dont ils ne justifiaient pas la notification aux bénéficiaires de l'autorisation d'urbanisme contestée, datait du 7 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les présidents de tribunal administratif () peuvent, par ordonnance : / () 4° Rejeter les requêtes manifestement irrecevables, lorsque la juridiction n'est pas tenue d'inviter leur auteur à les régulariser ou qu'elles n'ont pas été régularisées à l'expiration du délai imparti par une demande en ce sens ; () / Les () premiers vice-présidents des cours () peuvent () par ordonnance, rejeter () les requêtes dirigées contre des ordonnances prises en application des 1° à 5° du présent article ainsi que, après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. et Mme B relèvent appel de l'ordonnance n° 2300855 du 9 novembre 2023 par laquelle la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande comme irrecevable.
3. Aux termes aux termes des dispositions de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme : " En cas de déféré du préfet ou de recours contentieux à l'encontre () d'une décision relative à l'occupation ou l'utilisation du sol régie par le présent code, le préfet ou l'auteur du recours est tenu, à peine d'irrecevabilité, de notifier son recours à l'auteur de la décision et au titulaire de l'autorisation. () L'auteur d'un recours administratif est également tenu de le notifier à peine d'irrecevabilité du recours contentieux qu'il pourrait intenter ultérieurement en cas de rejet du recours administratif. / La notification prévue au précédent alinéa doit intervenir par lettre recommandée avec accusé de réception, dans un délai de quinze jours francs à compter du dépôt du déféré ou du recours. () ".
4. En premier lieu, il ressort des pièces du dossier de première instance que M. et Mme B ont été invités, par lettre du 2 février 2023, à régulariser leur demande devant le tribunal administratif en produisant, dans un délai de quinze jours, la preuve de l'accomplissement des formalités prévues par l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme. Si M. et Mme B ont justifié, par un courrier enregistré le 10 février 2023 au greffe du tribunal, du respect de l'obligation de notification de leur recours contentieux, il ressort toutefois des pièces de la procédure qu'ils n'ont pas produit la preuve de la notification de leur recours administratif, qui a été reçu le 28 octobre 2023 par les services de la mairie de Maisons-Laffitte, aux titulaires de l'autorisation contestée. La demande de régularisation qui leur a été adressé le 2 février 2023 indiquait la teneur de l'article R. 600-1 du code de l'urbanisme, et donc notamment que l'obligation de notification aux titulaires de l'autorisation s'appliquait également aux recours administratifs, et précisait que si leur recours contentieux avait été précédé d'un recours administratif, ils devaient produire copie de la lettre recommandée adressée dans un délai de quinze jours à compter de la date du recours administratif, ainsi que le certificat de dépôt de cette lettre auprès des services postaux. Elle précisait également qu'à défaut de régularisation dans le délai imparti, leur requête pourrait être rejetée comme irrecevable dès l'expiration de ce délai. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, l'invitation à régulariser du 2 février 2023 était donc suffisamment claire et précise. Par ailleurs, et dès lors que le courrier de M. et Mme B enregistré le 10 février 2023 ne mentionnait pas la transmission de la preuve de notification du recours administratif, ils ne sont pas fondés à soutenir qu'il appartenait au tribunal de les inviter à compléter leur envoi. Dans ces conditions, c'est à bon droit que la présidente du tribunal administratif de Versailles a considéré que M. et Mme B n'ayant pas justifié du respect de l'obligation de notification de leur recours gracieux aux bénéficiaires de l'autorisation, leur demande devant le tribunal administratif était manifestement irrecevable.
5. En deuxième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent de la présente ordonnance, et en particulier dès lors que la lettre du 2 février 2023 invitant de manière suffisamment claire et précise les requérants à régulariser leur demande et qu'il n'incombait pas au tribunal administratif de les informer, après réception de la preuve de la notification de leur recours contentieux, qu'ils avaient omis de justifier de celle de leur recours administratif, M. et Mme B ne sont pas fondés à soutenir que l'ordonnance attaquée a été prise en méconnaissance de leur droit à un recours effectif.
6. En dernier lieu, la circonstance que l'ordonnance attaquée mentionne que le recours administratif des requérants a été introduit le 7 novembre 2023, alors qu'il ressort de l'accusé de réception produit pour la première fois en appel qu'il a été notifié le 28 octobre 2023 aux services de la mairie de Maisons-Laffitte, est en tout état de cause sans incidence sur la régularité de cette décision rejetant leur demande comme manifestement irrecevable en raison de leur omission à justifier la notification de leur recours gracieux aux titulaires de l'autorisation contestée.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. et Mme B est manifestement dépourvue de fondement et doit, en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, être rejetée.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. et Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme C B et à la commune de Maisons-Laffitte.
Fait à Versailles, le 16 décembre 2024.
Le premier vice-président de la Cour,
président de la 2ème chambre,
B. EVEN
La République mande et ordonne au préfet des Yvelines en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026