jeudi 23 janvier 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-24VE00689 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | NESSAH |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 22 novembre 2023 par lequel le préfet de l'Essonne a refusé de renouveler son titre de séjour et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours.
Par un jugement n° 2310576 du 14 février 2024, la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 14 mars 2024, M. A, représenté par Me Nessah, avocate, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté contesté ;
3°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de délivrer à M. A un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- le jugement attaqué est insuffisamment motivé dès lors qu'il ne mentionne pas les pièces qu'il a produites pour justifier de sa contribution à l'entretien et à l'éducation de son enfant ni les raisons pour lesquelles le premier juge a estimé qu'elles ne permettaient pas d'établir la communauté de vie ou sa participation à l'entretien et à l'éducation de son enfant français ;
- l'arrêté contesté porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il ne prend pas en compte l'intérêt supérieur de son enfant mineur, en méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle et familiale ;
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relatives aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Bruno-Salel, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A, ressortissant yéménite né le 28 juin 1996 à Damas (Syrie), est entré en France le 3 novembre 2009 afin de rejoindre ses parents qui bénéficiaient du statut de réfugié. Le 17 mai 2014, il a lui-même obtenu le statut de réfugié, puis une carte de résident valable du 18 juillet 2016 au 17 juillet 2026. Par une décision du 1er juillet 2021, le directeur général de l'Office français de protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA) a mis fin à son statut de réfugié compte-tenu de sa condamnation pour un délit puni de dix ans d'emprisonnement et la menace grave qu'il constitue pour la société française, en application des dispositions du 2° de l'article L. 511-7 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 12 octobre 2021, le préfet de l'Essonne lui a retiré sa carte de résident et lui a délivré un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", valable du 17 janvier 2022 au 16 janvier 2023. Le 20 janvier 2023, M. A a présenté une demande de renouvellement de ce titre. Par l'arrêté contesté du 22 novembre 2023, le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande et lui a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours. M. A relève appel du jugement du 14 février 2024 par lequel la magistrate désignée par la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, la magistrate désignée, qui n'était pas tenue de répondre à l'ensemble des arguments exposés par les parties, ni de mentionner les pièces qu'elles ont produites à l'instance, a suffisamment précisé les motifs pour lesquels elle a écarté les moyens soulevés en première instance par M. A. Le bien-fondé de ces motifs, notamment de ceux relatifs à la vie commune du requérant avec son épouse et à sa contribution à l'entretien et à l'éducation de son enfant, est sans incidence sur la régularité du jugement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisante motivation du jugement attaqué manque en fait et doit être écarté.
4. En second lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. ". Aux termes de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant : " Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, (), l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que M. A réside habituellement sur le territoire français depuis son arrivée le 3 novembre 2009, à l'âge de treize ans pour y rejoindre ses parents réfugiés, et a lui-même d'abord obtenu le statut de réfugié en 2014, qui lui a été retiré pour menaces graves le 1er juillet 2021, ainsi que sa carte de résident, qui a été remplacée par et il y réside depuis une carte de séjour portant la mention " vie privée et familiale ". Le requérant justifie qu'il a suivi sa scolarité en France, y travaille et qu'il a eu le 23 mai 2022 un enfant avec une ressortissante française qu'il a épousée le 10 septembre 2022. Toutefois, les pièces qu'il produit ne permettent d'établir la durée et la stabilité de sa relation amoureuse, ainsi que sa communauté de vie avec son épouse que depuis le début de l'année 2022. Si ses parents et une de ses deux sœurs résident en France sous couvert de cartes de résident, et une autre sœur a la nationalité française, il n'établit ni même n'allègue qu'il serait dépourvu d'attaches hors de France, et notamment au Yémen puisqu'il ne conteste avoir sollicité et obtenu récemment un passeport yéménite en vue de s'y rendre. Il ne fait par ailleurs valoir aucun obstacle à ce qu'il reconstitue, le cas échéant, sa cellule familiale hors de France. Par ailleurs, il ressort notamment du traitement des antécédents judiciaires que M. A a fait l'objet de trente-quatre signalements entre 2013 et 2022 pour des faits notamment de vols par ruse ou avec effraction, de destruction de biens d'autrui, d'infractions à la législation des stupéfiants, d'outrages, de menace de mort et de rébellion à l'égard de personnes dépositaires de l'autorité publique, de port d'arme blanche ou incapacitante de catégorie D sans motif légitime, de récidive de conduite d'un véhicule sous l'emprise de stupéfiants, de refus d'obtempérer et de participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes, qu'il ne conteste pas. Il a été condamné à huit reprises par le tribunal correctionnel d'Evry entre 2014 et 2020 pour certains de ces faits, dont la plupart en récidive, à des peines d'emprisonnement successives de dix mois, un an et trois mois, quatre mois, un an dont six mois avec sursis assorti d'une mise à l'épreuve pendant deux ans, cinq mois ainsi que 1 200 euros et 500 euros d'amende, l'une de ses condamnation ayant même entraîné la révocation totale du sursis avec mise à l'épreuve prononcé le 19 septembre 2018. En outre, dans son procès-verbal du 7 juin 2023, la commission du titre de séjour, qui a émis un avis défavorable à la demande de M. A au motif de la menace à l'ordre public qu'il représente, indique sans être contestée qu'il était encore cité à comparaître le 22 septembre 2023 pour des faits de récidive de conduite d'un véhicule sous l'emprise de stupéfiants en date du 22 février 2022. Dans ces conditions, compte tenu de la gravité des faits commis, de leur réitération et de la persistance du comportement délictuel de M. A, en dépit des sanctions pénales infligées, et eu égard à la faible durée et stabilité de sa relation avec son épouse française, qui n'a pas rédigé d'attestation en sa faveur, ainsi que de la défaillance du modèle parental qu'il offre à son enfant, qu'il met en outre en danger lorsqu'il le véhicule, le préfet de l'Essonne n'a pas, en dépit de la durée de séjour de l'intéressé en France, porté à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée par rapport aux buts poursuivis en prenant l'arrêté attaqué. Il n'a donc pas méconnu les stipulations de l'article 8 et de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni celles de l'article 3-1 de la convention internationale pour la protection de l'enfant. Pour les mêmes motifs de fait, le préfet de l'Essonne n'a pas davantage entaché les décisions contestées d'une erreur manifeste dans l'appréciation de leurs conséquences sur sa situation personnelle et familiale.
6. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. A est manifestement dépourvue de fondement et ne peut qu'être rejetée, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 23 janvier 2025.
La magistrate désignée,
C. BRUNO-SALEL
La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
3
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026