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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-24VE00831

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-24VE00831

mardi 8 octobre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-24VE00831
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 22 février 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination et d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise, dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 100 euros par jour de retard, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", ou de procéder au réexamen de sa situation.

Par un jugement n° 2304261 du 29 février 2024, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 28 mars 2024, M. B, représenté par Me El Amine, avocate, demande à la cour :

1°) de l'admettre au bénéfice de l'aide juridictionnelle à titre provisoire ;

2°) d'annuler ce jugement ;

3°) d'annuler cet arrêté ;

4°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une carte de séjour portant la mention " salarié ", dans le délai d'un mois à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans le même délai et sous la même astreinte ;

5°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros en application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Il soutient que :

-la décision portant refus de titre de séjour est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation personnelle et familiale ; son enfant n'est, à aucun moment, mentionné dans cette décision, de même qu'aucune mention de la convention internationale des droits de l'enfant et de son article 3-1 n'y est faite ;

-cette décision est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, compte tenu de sa situation professionnelle ; il justifie d'une insertion professionnelle de quatre ans et un mois à la date de l'arrêté litigieux ;

-l'obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée et est entachée d'un défaut d'examen particulier de sa situation ;

-elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant ; il a rencontré en France sa compagne, compatriote titulaire d'un titre de séjour, dont il a eu un enfant le 3 mai 2021 ; l'intérêt supérieur de cet enfant est de ne pas être éloigné de ses deux parents ;

-la décision fixant le pays de destination est insuffisamment motivée ;

-elle est entachée d'erreur de droit en l'absence d'examen au regard de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

-la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;

-le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

-la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

-le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement (). ".

2. M. B, ressortissant malien né le 1er décembre 1989, fait appel du jugement du 29 février 2024 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet du Val-d'Oise du 22 février 2023 refusant de lui délivrer un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de sa destination.

Sur les conclusions à fin d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire :

3. M. B, déjà représenté par un avocat, ne justifie pas du dépôt d'une demande d'aide juridictionnelle auprès du bureau d'aide juridictionnelle du Tribunal judiciaire de Versailles et n'a pas joint à son appel une telle demande. Dans ces conditions, il n'y a pas lieu d'admettre le requérant au bénéfice de l'aide juridictionnelle provisoire. Ses conclusions en ce sens doivent, par suite, être rejetées.

Sur le surplus des conclusions :

4. En premier lieu, il résulte de l'examen de l'arrêté attaqué que, contrairement à ce qui est soutenu, les décisions portant refus de titre de séjour et obligation de quitter le territoire français et la décision fixant le pays de destination, prise au visa de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, mentionnent les considérations de droit et de fait sur lesquelles elles sont fondées et sont, par suite, suffisamment motivées. Par ailleurs, il ressort des mentions de cet arrêté, qui relève que le requérant n'établit pas la réalité de sa vie commune avec la mère de son enfant et que le fait d'être parent d'un enfant né en France n'ouvre aucun droit particulier au séjour dans ce pays, que ces décisions ont été précédées d'un examen particulier de la situation du requérant. Il suit de là que les moyens tirés du défaut de motivation suffisante des décisions attaquées et de l'absence d'examen particulier de la situation de M. B doivent être écartés.

5. En deuxième lieu, M. B soutient que la décision de refus de titre de séjour a été prise en méconnaissance de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile compte tenu de son insertion professionnelle en France. Toutefois, si M. B, qui déclare être entré en France fin 2018, fait valoir qu'il a travaillé en qualité d'agent de nettoyage de janvier 2019 à janvier 2020, puis comme ouvrier polyvalent dans une entreprise de construction depuis février 2020, cette circonstance, alors au surplus que l'intéressé ne produit pas de feuilles de paie postérieures à octobre 2022, ne saurait suffire à établir l'existence d'une considération humanitaire ou d'un motif exceptionnel de nature à permettre la régularisation de sa situation par la délivrance d'une carte de séjour en qualité de salarié. Par suite, le moyen tiré de la violation de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doit être écarté, de même que celui tiré d'une erreur manifeste d'appréciation.

6. En troisième lieu, si M. B se prévaut de sa relation avec une compatriote résidant régulièrement en France dont il a eu un enfant le 3 mai 2021, il n'établit pas vivre avec l'intéressée et ne démontre pas participer à l'entretien et l'éducation de cet enfant. Dans ces conditions, l'arrêté attaqué ne peut être regardé comme ayant porté au droit de M. B au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée aux buts en vue desquels il a été pris ou comme ayant porté atteinte à l'intérêt supérieur de son enfant. Cet arrêté n'a donc méconnu ni les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, ni celles de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.

7. Enfin, M. B reprend en appel, sans apporter de précisions supplémentaires et pertinentes par rapport à celles qu'il a déjà fait valoir devant le tribunal administratif, le moyen tiré de ce que la décision fixant le pays de destination est entachée d'erreur de droit en l'absence d'examen au regard de l'article L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Il y a lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, elle doit être rejetée en application des dispositions précitées du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions aux fins d'injonctions et d'astreinte et celles tendant à l'application des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991 relative à l'aide juridictionnelle.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au préfet du Val-d'Oise.

Fait à Versailles, le 8 octobre 2024.

La présidente de la 5ème chambre,

C. SIGNERIN-ICRE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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