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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-24VE01028

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-24VE01028

lundi 5 mai 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-24VE01028
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

Mme C A B a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 4 septembre 2023 par lequel le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer un titre de séjour et l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours en fixant le pays de sa destination, d'enjoindre au préfet des Yvelines de lui délivrer un titre de séjour " salarié " dans un délai de trente jours à compter de la notification du jugement à intervenir, ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai de trois mois et de lui délivrer, dès le délibéré, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.

Par un jugement n° 2308469 du 22 mars 2024, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 18 avril 2024, Mme A B, représentée par Me Mileo, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au préfet des Yvelines, à titre principal, de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", ou, à défaut, un titre de séjour portant la mention " salarié ", dans un délai d'un mois à compter de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, ou, à titre subsidiaire, de procéder au réexamen de sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir et de lui délivrer une autorisation de travail le temps du réexamen, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 500 euros au titre des frais irrépétibles d'instance.

Elle soutient que :

- la décision portant refus de titre de séjour est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle et, en particulier, de sa situation professionnelle ;

- en ne faisant pas usage de son pouvoir discrétionnaire de régularisation, le préfet a commis une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de sa durée de présence, de ses attaches familiales et de son insertion professionnelle en France ;

- la décision portant refus de titre de séjour méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- la décision portant obligation de quitter le territoire français est illégale en raison de l'illégalité de la décision portant refus de titre de séjour ;

- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement (). ".

2. Mme A B, ressortissante marocaine née le 2 mars 1984, fait appel du jugement du 22 mars 2024 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet des Yvelines du 4 septembre 2023 lui refusant l'octroi d'un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de sa destination.

3. En premier lieu, l'arrêté contesté relève que Mme A B est célibataire et sans charge de famille en France et que, si ses parents et trois de ses frères et sœurs résident en France, elle dispose d'attaches dans son pays d'origine où vivent deux de ses frères et où elle a vécu jusqu'à l'âge de trente-trois ans. Cet arrêté mentionne également que Mme A B a produit, à l'appui de sa demande de titre de séjour " salarié ", une demande d'autorisation de travail, établie le 6 novembre 2022, pour un emploi de garde d'enfant à domicile en contrat à durée indéterminée à temps complet, un contrat de travail établi le 10 juin 2021 par cet employeur, ainsi que des bulletins de paie pour les mois de février 2020 à octobre 2022. Il relève que le fait de disposer d'un emploi ne saurait suffire à établir l'existence d'un motif exceptionnel et que l'intéressée ne justifie pas d'une ancienneté de travail suffisante. Dès lors, nonobstant la circonstance qu'il ne mentionne pas le second contrat de travail de garde d'enfant de Mme A B, le préfet des Yvelines a procédé à un examen particulier de la situation personnelle et professionnelle de l'intéressée. Par suite, le moyen tiré, à l'encontre de la décision portant refus de titre de séjour, du défaut d'examen sérieux de la situation de la requérante doit être écarté.

4. En deuxième lieu, pour établir que la décision portant refus de titre de séjour et la décision portant obligation de quitter le territoire français sont entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation et méconnaissent les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, Mme A B se prévaut de sa présence en France depuis le 30 mars 2017, des liens familiaux et personnels intenses dont elle disposerait dans ce pays et de son insertion professionnelle. Toutefois, si Mme A B fait état de la présence régulière de ses parents sur le territoire français, notamment celle de son père âgé de quatre-vingt-quatre ans et malade, de trois de ses frères et de ses neveux et nièces, aucun élément ne démontre le caractère indispensable de sa présence auprès de ses parents et il est constant que l'intéressée, âgée de trente-neuf ans à la date de l'arrêté attaqué, est célibataire et sans charge de famille en France et qu'elle dispose d'attaches familiales et privées dans son pays d'origine, où résident ses deux frères et où elle a vécu jusqu'à l'âge de trente-deux ans. En outre, si l'intéressée se prévaut de son insertion professionnelle en tant qu'aide à domicile et garde d'enfants, son activité professionnelle est récente. Dans ces conditions, nonobstant la circonstance que la requérante résidait en France depuis six ans, en refusant de lui délivrer un titre de séjour et en lui faisant obligation de quitter le territoire français, le préfet des Yvelines n'a pas porté au droit de l'intéressée au respect de sa vie privée et familiale une attente disproportionnée au regard des buts poursuivis par ces décisions, ni commis une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

5. Enfin, il résulte de ce qui précède que Mme A B n'est pas fondée à soutenir que la décision portant obligation de quitter le territoire doit être annulée par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour.

6. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de Mme A B est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, il y a lieu de la rejeter en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative y compris ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme C A B.

Copie en sera adressée au préfet des Yvelines et au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur.

Fait à Versailles, le 5 mai 2025.

La présidente de la 5ème chambre,

C. Signerin-Icre

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

N°24VE01028

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