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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-24VE01074

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-24VE01074

mercredi 6 novembre 2024

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-24VE01074
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 5 décembre 2023 par lequel le préfet de l'Essonne a rejeté sa demande de titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de sa destination, et d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale ", ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler.

Par un jugement n° 2400092 du 21 mars 2024, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 22 avril 2024, M. B, représenté par Me Zekri, avocat, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au préfet de l'Essonne de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de réexaminer sa situation dans un délai d'un mois à compter de la notification de la décision juridictionnelle à intervenir et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler ;

4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- le jugement attaqué est insuffisamment motivé s'agissant notamment de la réponse au moyen tiré du défaut d'examen complet et sérieux de sa situation par le préfet, qui était en possession de la nouvelle demande d'autorisation de travail dès le mois d'octobre 2023 ;

- il est entaché d'un défaut d'examen complet et sérieux de sa situation, d'une erreur de fait, d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- l'arrêté contesté est entaché d'un défaut d'examen complet et sérieux de sa situation dès lors que le préfet était en possession de la demande d'autorisation de travail formulée par son nouvel employeur dès le mois d'octobre 2023 et s'est abstenu de la communiquer à la plateforme de la main d'œuvre étrangère ;

- cet arrêté est entaché d'une erreur de fait dès lors que le préfet était en possession de la demande d'autorisation de travail formulée par son nouvel employeur dès le mois d'octobre 2023 ;

- il est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dès lors qu'il justifie d'une présence ininterrompue en France depuis 2018 et d'une insertion professionnelle et sociale et que son frère réside en France de manière régulière ;

- les décisions portant obligation de quitter le territoire français et fixant le pays de sa destination sont illégales du fait de l'illégalité du refus de titre de séjour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement () ".

2. M. B, ressortissant tunisien né le 29 juin 1991, fait appel du jugement du 21 mars 2024 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Essonne du 5 décembre 2023 refusant de lui délivrer un titre de séjour, l'obligeant à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et fixant le pays de sa destination.

3. En premier lieu, il ressort de l'examen du jugement attaqué que, contrairement à ce que soutient le requérant, le tribunal administratif a suffisamment motivé sa réponse au moyen tiré du défaut d'examen sérieux et complet de sa situation. Pour le surplus, le moyen tiré de ce que le jugement attaqué serait insuffisamment motivé n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé.

4. En deuxième lieu, si M. B soutient que les juges de première instance ont entaché le jugement attaqué d'un défaut d'examen complet et sérieux de sa situation, d'une erreur de fait, d'une erreur de droit ou encore d'une erreur manifeste d'appréciation, de tels moyens relèvent du bien-fondé de ce jugement et sont sans incidence sur sa régularité. Ils doivent, par suite, être écartés.

5. En troisième lieu, le requérant reprend en appel, sans apporter de précisions supplémentaires et pertinentes par rapport à celles qu'il a déjà fait valoir devant le tribunal administratif, les moyens tirés de ce que l'arrêté contesté est entaché d'un défaut d'examen complet et sérieux de sa situation et d'une erreur de fait. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le tribunal administratif.

6. En quatrième lieu, pour soutenir que l'arrêté contesté est entaché d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation au regard des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, M. B se prévaut d'une présence ininterrompue en France depuis 2018, de son insertion professionnelle et sociale et de la circonstance que son frère réside en France de manière régulière. Toutefois, en admettant même que le requérant réside habituellement en France depuis 2018, il est constant que l'intéressé est célibataire, sans charge de famille et que ses parents et sa sœur résident dans son pays d'origine. En outre, il ne justifie pas de l'intensité de sa relation avec son frère. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il pourrait se prévaloir d'une insertion professionnelle stable et ancienne à la date de l'arrêté contesté. Enfin, en se bornant à faire valoir sa maîtrise de la langue française et son respect des valeurs républicaines, il ne justifie pas d'une insertion particulière au sein de la société française. Dans ces conditions, et alors que M. B ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile s'agissant de la délivrance d'une carte de séjour en qualité de salarié, le préfet de l'Essonne n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation en refusant de lui délivrer un titre de séjour sur le fondement de ces dispositions ou en faisant usage de son pouvoir de régularisation.

7. Enfin, il résulte de ce qui précède que le requérant n'est pas fondé à soutenir que les décisions l'obligeant à quitter le territoire français et fixant le pays de sa destination doivent être annulées par voie de conséquence de l'annulation de la décision portant refus de titre de séjour.

8. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, elle doit être rejetée en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions aux fins d'injonction et celles présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

ORDONNE :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne et au ministre de l'intérieur.

Fait à Versailles, le 6 novembre 2024.

La présidente de la 5ème chambre,

C. SIGNERIN-ICRE

La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.

Pour expédition conforme,

La greffière,

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