mardi 17 juin 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-24VE01343 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A C épouse B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 1er février 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle est susceptible d'être reconduite.
Par un jugement n°2402198 du 23 avril 2024, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 21 mai 2024, Mme C épouse B, représentée par Me Saligari, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler l'arrêté du 1er février 2024 ;
3°) d'enjoindre au préfet de réexaminer sa situation dans un délai de quinze jours à compter de la notification de l'arrêt à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État une somme de 1500 euros, à verser à Me Saligari en application de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et, à défaut d'admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle, de verser cette même somme à Mme C épouse B, au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté litigieux est insuffisamment motivé et procède d'un défaut d'examen de sa situation personnelle, le préfet s'étant estimé lié par les décisions de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides et de la Cour nationale du droit d'asile ;
- il méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et procède d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- la décision fixant le pays de destination est illégale pour être fondée sur une décision lui faisant obligation de quitter le territoire français elle-même illégale ;
- elle est insuffisamment motivée et procède d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- elle méconnait les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle méconnait l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles, a désigné Mme Danielian, présidente-assesseure de la 3ème chambre, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () / les présidents des formations de jugement des cours, ainsi que les autres magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent, (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. ".
2 Mme C épouse B, ressortissante russe née le 26 octobre 1986, entrée en France le 28 mars 2013, a sollicité l'asile le 5 mars 2014, lequel lui a été refusé par décision du 30 juin 2015 de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, notifiée le 7 juillet 2015, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 15 février 2016, notifiée le 15 mars 2016. Elle a formé une demande de réexamen le 2 mars 2017, laquelle a été rejetée pour irrecevabilité par décision de l'Office français de protection des réfugiés et apatrides du 6 mars 2017, confirmée par une décision de la Cour nationale du droit d'asile du 16 juin 2017, notifiée le 11 juillet 2017. Elle a formulé une seconde demande de réexamen le 1er février 2024 dans le cadre des dispositions des article L.531-41 et L.531-42 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Par un arrêté du 1er février 2024, le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de lui délivrer une attestation de demandeur d'asile, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de destination. Mme C épouse B relève appel du jugement du 23 avril 2024 par lequel la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de cet arrêté.
Sur la légalité de l'arrêté attaqué :
En ce qui concerne la décision portant obligation de quitter le territoire français :
3. Aux termes de l'article L. 611-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut obliger un étranger à quitter le territoire français lorsqu'il se trouve dans les cas suivants : ()/ 4° La reconnaissance de la qualité de réfugié ou le bénéfice de la protection subsidiaire a été définitivement refusé à l'étranger ou il ne bénéficie plus du droit de se maintenir sur le territoire français en application des articles L. 542-1 et L. 542-2, à moins qu'il ne soit titulaire de l'un des documents mentionnés au 3° () ".
4. En premier lieu, Mme C épouse B reprend en appel dans des termes identique, sans pièce nouvelle ni critique utile du jugement, le moyen tiré de l'insuffisante motivation de la décision portant obligation de quitter le territoire français. Elle n'apporte ainsi aucun élément de droit ou de fait de nature à remettre en cause l'appréciation du premier juge qui a écarté ce moyen en relevant à juste titre que la décision comporte les considérations de fait et de droit qui en constituent le fondement, à l'exclusion de formules stéréotypées. Il y a donc lieu d'écarter ce moyen par adoption des motifs pertinents et suffisants retenus par la magistrate désignée du tribunal administratif de Cergy-Pontoise au point 3 du jugement.
5. En deuxième lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier que le préfet se serait estimé en situation de compétence liée pour édicter à l'encontre de l'appelante l'obligation de quitter le territoire français en litige, en raison du rejet de sa demande d'asile, ni qu'il aurait pris la décision sans procéder à un examen sérieux de la situation de l'intéressée. Par suite, les moyens tirés de ce que le préfet se serait mépris sur sa compétence et n'aurait pas procédé à un examen sérieux de la situation de Mme C épouse B doivent être écartés.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance () "
7. Mme C épouse B fait valoir qu'elle a durablement installé en France le centre de ses intérêts personnels et familiaux où elle réside depuis mars 2013, justifiant, ainsi, d'une durée de résidence de plus de dix ans et qu'elle n'a jamais représenté une menace pour l'ordre public. Toutefois, la requérante n'assortit ses allégations d'aucune pièce et ne justifie d'aucune attache en France ni d'aucune insertion particulière. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier qu'elle a déjà fait l'objet d'une précédente décision d'éloignement par arrêté du 16 novembre 2023 et s'est également soustraite à trois précédentes obligations de quitter le territoire français les 3 octobre 2013, 31 mai 2016 et 7 août 2017. L'appelante ne verse aux débats aucun élément révélant que son époux se serait vu octroyer une protection internationale à l'issue de sa convocation, par les services de l'OFPRA, le 26 mars 2024. Dans ces conditions, la décision attaquée n'a pas porté au droit dont l'intéressée dispose au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des buts en vue desquels elle a été prise, et n'a, par suite, pas méconnu les stipulations précitées de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales. Pour les mêmes motifs, la décision attaquée n'est pas davantage entachée d'erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle.
Sur la décision fixant le pays de renvoi :
8. En premier lieu, le moyen tiré, par la voie de l'exception, du défaut de base légale de la décision fixant le pays de renvoi en raison de l'illégalité dont serait entachée la décision portant obligation de quitter le territoire doit, compte tenu de ce qui a été dit précédemment, être écarté.
9. En deuxième lieu, contrairement à ce que soutient Mme C épouse B, la décision contestée, qui comporte un énoncé suffisamment précis des considérations de droit et de fait la fondant, est motivée y compris au regard du risque allégué en cas de retour dans son pays d'origine. Il ressort de cette motivation que le préfet a procédé à un examen individuel et actuel de sa situation, toujours au regard du risque allégué, avant de fixer le pays de renvoi pour l'exécution de la mesure d'éloignement.
10. En troisième lieu, Mme C épouse B reprend en appel, dans des termes identiques, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 3 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 513-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, sans toutefois apporter aucun élément de fait ou de droit nouveau de nature à remettre en cause l'appréciation portée par le tribunal qui a écarté ce moyen en relevant à juste titre qu'elle n'établissait pas, par les seuls éléments à caractère général qu'elle produit, qu'elle encourrait des risques actuels et personnels d'atteinte à sa vie ou à son intégrité physique en cas de retour dans son pays d'origine. Il y a lieu, dès lors, d'écarter ce moyen par adoption des motifs retenus à bon droit par le premier juge au point 12 du jugement.
11. En dernier lieu, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'en fixant la Russie comme pays à destination duquel Mme C épouse B pourra être réacheminée, le préfet aurait entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation.
12. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de Mme C épouse B est manifestement dépourvue de fondement et ne peut qu'être rejetée, selon la procédure prévue au dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction et tendant à ce qu'il soit fait application des dispositions des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de Mme C épouse B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A C épouse B.
Copie en sera adressée au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Versailles, le 17 juin 2025.
La présidente-assesseure de la 3ème chambre,
Isabelle Danielian
La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026