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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-24VE01528

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-24VE01528

jeudi 27 mars 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-24VE01528
TypeOrdonnance
FormationJuge des référés

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. B A a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 14 mai 2024 par lequel le préfet de l'Essonne a décidé son transfert aux autorités estoniennes en tant que responsables de l'examen de sa demande d'asile.

Par un jugement n° 2404242 du 4 juin 2024, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête, enregistrée le 6 juin 2024, M. A, représenté par Me Aitali, demande à la cour :

1°)d'annuler ce jugement ;

2°)d'annuler cet arrêté.

Par un courrier en date du 27 janvier 2025, une mesure d'instruction a été diligentée par la cour aux fins de savoir si la décision de transfert attaquée a été exécutée et si le délai de six mois fixé à l'article 29 du règlement n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, qui a couru à compter de la date à laquelle le jugement du tribunal administratif a été notifié à l'administration, a fait l'objet d'une décision de prolongation.

Par un mémoire enregistré le 7 février 2025, non communiqué, le préfet de l'Essonne conclut au rejet de la requête en s'en rapportant à ses écritures de première instance.

La demande d'aide juridictionnelle présentée par M. A a été rejetée le 1er octobre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le règlement (UE) n° 604/2013 du 26 juin 2013 ;

- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- le code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () Les présidents de formation de jugement () des cours () peuvent, par ordonnance : () 3° constater qu'il n'y a pas lieu de statuer sur une requête ; () ".

2. M. A, ressortissant égyptien né le 14 mai 1996, fait appel du jugement du 4 juin 2024 par lequel le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet de l'Essonne du 14 mai 2024 décidant son transfert aux autorités estoniennes, responsables de l'examen de sa demande d'asile.

3. Il résulte de la combinaison des dispositions du règlement n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013 et des dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile que l'introduction d'un recours devant le tribunal administratif contre une décision de transfert a pour effet d'interrompre le délai de six mois fixé à l'article 29 de ce règlement, qui court à compter de l'acceptation du transfert par l'Etat requis, délai qui recommence à courir intégralement à compter de la date à laquelle le jugement du tribunal administratif statuant au principal sur cette demande a été notifié à l'administration, quel que soit le sens de sa décision. Ni un appel ni le sursis à exécution du jugement accordé par le juge d'appel sur une demande présentée en application de l'article R. 811-15 du code de justice administrative n'ont pour effet d'interrompre ce nouveau délai. Son expiration a pour conséquence qu'en application du paragraphe 2 de l'article 29 du règlement précité, l'Etat requérant devient responsable de l'examen de la demande de protection internationale.

4. En l'espèce, si le délai de six mois prévu par les dispositions précitées a été interrompu par l'introduction le 22 mai 2024, par M. A, devant le tribunal administratif de Versailles d'un recours contre l'arrêté du 14 mai 2024, un nouveau délai de six mois a commencé à courir à compter du 4 juin 2024, date de la notification au préfet du jugement du magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Versailles du 4 juin 2024. Ce délai de six mois ayant expiré sans que la décision soit exécutée, l'Estonie a été libérée, en application des dispositions du paragraphe 2 de l'article 29 du règlement n° 604/2013 du Parlement européen et du Conseil du 26 juin 2013, de leur obligation de reprendre en charge M. A et la décision de transfert en litige est devenue caduque. Il suit de là que la requête de M. A tendant à l'annulation du jugement du 4 juin 2024 rejetant sa demande d'annulation de l'arrêté du préfet de l'Essonne du 14 mai 2024 est devenue sans objet. En conséquence, il y a lieu de constater qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.

ORDONNE :

Article 1er : Il n'y a plus lieu de statuer sur la requête de M. A.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.

Copie en sera adressée au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur et au préfet de l'Essonne.

Fait à Versailles, le 27 mars 2025.

La présidente de la 5ème chambre,

C. SIGNERIN-ICRE

La République mande et ordonne au ministre d'Etat, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

La greffière,

3

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