mardi 8 octobre 2024
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-24VE01645 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 17 janvier 2024 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine l'a obligé à quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de sa destination et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de deux ans, et d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié ", sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du trentième jour suivant la notification du jugement à intervenir, ou à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de cette même date et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Par un jugement n° 2400867 du 29 février 2024, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 18 juin 2024, M. B, représenté par Me Benifla, avocate, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet des Hauts-de-Seine de lui délivrer un titre de séjour portant la mention " vie privée et familiale " ou " salarié ", sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter du trentième jour suivant la notification de la décision juridictionnelle à intervenir, ou à défaut, de réexaminer sa situation, dans un délai d'un mois à compter de cette même date, et de lui délivrer, dans l'attente, une autorisation provisoire de séjour l'autorisant à travailler et ce, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à Me Benifla au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
Il soutient que :
- le jugement attaqué est insuffisamment motivé s'agissant notamment de la réponse aux moyens tirés de ce que la mesure d'éloignement contestée méconnaît son droit à être entendu et de ce que les décisions attaquées sont entachées d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- le juge de première instance a méconnu son droit à être entendu, entaché son jugement d'un défaut d'examen complet et sérieux de sa situation et méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'arrêté contesté méconnaît son droit à être entendu ;
- il est entaché d'un défaut d'examen complet et sérieux de sa situation ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 30 avril 2024 du bureau d'aide juridictionnelle du Tribunal judiciaire de Versailles.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers en France et du droit d'asile ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " () les présidents des formations de jugement des cours () peuvent (), par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours ou, lorsqu'un mémoire complémentaire a été annoncé, après la production de ce mémoire les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement (). ".
2. M. B, ressortissant algérien né le 19 février 1994, fait appel du jugement du 29 février 2024 par lequel la magistrate désignée par le président du tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande tendant à l'annulation de l'arrêté du préfet des Hauts-de-Seine du 17 janvier 2024 lui faisant obligation de quitter le territoire français sans délai, fixant le pays de sa destination et prononçant à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de deux ans.
3. En premier lieu, il ressort de l'examen du jugement attaqué que, contrairement à ce que semble soutenir le requérant, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif a suffisamment motivé sa réponse aux moyens tirés de ce que la mesure d'éloignement contestée méconnaît son droit à être entendu et de ce que les décisions attaquées sont entachées d'un défaut d'examen complet et sérieux de sa situation. Pour le surplus, le moyen tiré de ce que le jugement attaqué serait insuffisamment motivé n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé et ne peut, par suite, qu'être écarté.
4. En deuxième lieu, si M. B a entendu soutenir que le juge de première instance a méconnu son droit à être entendu, entaché son jugement d'un défaut d'examen complet et sérieux de sa situation et méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, de tels moyens relèvent du bien-fondé du jugement attaqué et sont sans incidence sur sa régularité. Ils doivent, par suite, être écartés.
5. En troisième lieu, si le requérant a entendu reprendre en appel les moyens tirés de ce que l'arrêté contesté méconnaît son droit à être entendu et de ce qu'il est entaché d'un défaut d'examen complet et sérieux de sa situation, il n'assortit pas ces moyens de précisions supplémentaires et pertinentes par rapport à celles qu'il a déjà fait valoir devant le tribunal administratif. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs retenus par le juge de première instance.
6. En dernier lieu, pour soutenir que l'arrêté contesté a été pris en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales, M. B fait valoir qu'il a été victime d'une agression et qu'une procédure pénale est toujours pendante contre son agresseur, que son éloignement ferait obstacle à la réalisation d'expertises nécessaires pour évaluer son préjudice ainsi qu'à sa présence aux audiences, que son état de santé nécessite un suivi médical, qu'il est en cours d'apprentissage du français et qu'il effectue des formations professionnelles. Toutefois, il ressort des pièces du dossier, notamment du rapport d'expertise médicale du 30 octobre 2020, établi dans le cadre de la procédure pénale contre son agresseur, ainsi que du certificat médical du 18 janvier 2024, au demeurant postérieur à la date de l'arrêté contesté, que si l'état de santé du requérant nécessite une prise en charge médicale, il n'est pas établi que le défaut d'une telle prise en charge pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité, tout comme il n'est pas établi qu'un suivi médical ne pourrait pas avoir lieu dans son pays d'origine. Par ailleurs, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'état de santé du requérant, qui a subi une agression le 13 mai 2020, n'était toujours pas consolidé à la date de l'arrêté contesté, ni que M. B ne dispose pas des éléments suffisants pour évaluer les préjudices qu'il a subis, alors notamment qu'un premier rapport d'expertise médicale a été rendu le 30 octobre 2020 et qu'une expertise psychiatrique a également été ordonnée par un arrêt de la chambre d'instruction de la cour d'appel de Versailles du 6 mai 2021, soit plus de deux ans avant la date de l'arrêté contesté. En outre, M. B n'établit pas que son éloignement ferait obstacle à ce qu'il puisse être représenté dans le cadre de la procédure pénale intentée contre son agresseur, ni qu'il ne pourrait pas bénéficier d'un visa de court séjour pour assister aux audiences susceptibles d'avoir lieu dans ce cadre. Enfin, il ressort des pièces du dossier que M. B, qui réside en France depuis quatre ans seulement, est célibataire et sans enfant à charge et qu'il a déclaré ne pas être dépourvu d'attaches dans son pays d'origine, où il a vécu jusqu'à l'âge d'au moins vingt-cinq ans. S'il établit avoir suivi une formation linguistique et professionnelle en mai et juin 2023, ces éléments ne permettent pas d'établir une insertion professionnelle ou une intégration particulière en France. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir que l'arrêté contesté porterait une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement. Par suite, il y a lieu de la rejeter en application des dispositions précitées de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris les conclusions aux fins d'injonction et d'astreinte ainsi que celles présentées au titre des articles L. 761-1 du code justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Versailles, le 8 octobre 2024.
La présidente de la 5ème chambre,
C. SIGNERIN-ICRE
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente ordonnance.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026