jeudi 13 février 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-24VE02633 |
| Type | Décision |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | SAÏDI |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. et Mme C et D A B ont demandé au juge des référés du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, sur le fondement des dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, de désigner un expert avec notamment pour mission de décrire le square qui jouxte leur terrain à Puiseux-Pontoise (Val-d'Oise), sa vocation, son usage et son implantation par rapport à leur propriété, de dire si les plages horaires relatives à l'accès à cet ouvrage fixées par la commune sont respectées, de dire si l'ouvrage génère des nuisances et des préjudices, notamment de jouissance, d'agrément et de santé, de décrire les mesures susceptibles d'y remédier et leur coût éventuel et de faire part de toutes les constatations ou observations utiles pour l'appréciation des responsabilités.
Par une ordonnance n° 2312583 du 9 septembre 2024, la première vice-présidente du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, juge des référés, a rejeté leur demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 24 septembre 2024, M. et Mme A B, représentés par Me Laplante, avocat, demandent à la cour :
1°) d'annuler cette ordonnance ;
2°) à titre principal, d'ordonner, aux frais avancés de la commune de Puiseux-Pontoise, une expertise en vue, notamment, de décrire l'ouvrage, sa vocation, son usage et son implantation par rapport à leur propriété, de dire si les plages horaires fixées par la commune pour l'accès à cet ouvrage sont respectées, de décrire, le cas échéant, les moyens mis en œuvre pour permettre le contrôle du respect de ces règles, de dire si l'ouvrage crée des nuisances, en particulier sonores, de vue, de jouissance ou d'agrément, de dire si ces nuisances leur causent des préjudices, notamment de jouissance, d'agrément et de santé et de les évaluer, de décrire les mesures susceptibles d'y remédier et leur coût éventuel, et, à titre subsidiaire, de fixer la mission de l'expert telle qu'habituellement par la juridiction et de telle sorte qu'elle permette l'exacte appréciation des circonstances de l'espèce, des préjudices qui en résultent et d'en tirer toutes les constatations techniques et légales utiles à la résolution du litige ;
3°) d'ordonner que l'expert adresse aux parties un pré-rapport d'expertise et leur impartisse un délai minimum de quatre semaines pour lui faire connaître leurs observations éventuelles, auxquelles il répondra dans son rapport définitif ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Puiseux-Pontoise le versement de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la mesure d'expertise sollicitée est utile dès lors que le square communal situé à proximité de leur propriété, qui comporte une aire de jeux, leur cause de nombreux dommages et, notamment, des nuisances sonores anormales du fait de l'absence de fermeture du square, entrainant un libre accès à celui-ci à toute heure, et de la fréquentation du square en pleine nuit par des individus consommant de l'alcool et de substances illicites ; en outre, cette situation crée une insécurité constante pour leur famille ; ils justifient de ces dommages par les documents, photographies et témoignages qu'ils produisent ;
- l'intervention d'un expert indépendant des parties présente un caractère utile dès lors qu'ils envisagent d'engager la responsabilité de la commune en raison de la présence et du fonctionnement anormal de l'ouvrage ; la simple constatation des faits par un commissaire de justice ne permet pas aux parties de disposer de l'avis d'un spécialiste ;
- la demande d'expertise porte également sur l'évaluation de leurs préjudices et les mesures permettant d'y remédier ; ils ne sont pas en mesure de présenter une demande de juste indemnisation sans l'intervention d'un expert ; leurs préjudices présentent un caractère indemnisable du fait des carences du maire dans la mise en œuvre des pouvoirs de police qu'il tient de l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales.
Par un mémoire en défense, enregistré le 7 janvier 2025, la commune de Puiseux-Pontoise, représentée par Me Saidi, avocate, demande à la cour :
1°) de rejeter la requête ;
2°) de mettre à la charge des requérants le versement de la somme de 2 000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requête est irrecevable dès lors que le litige porte sur un conflit de voisinage relevant de la compétence du juge judiciaire ;
- l'expertise sollicitée n'apparaît pas utile, un constat pouvant être dressé par un commissaire de justice ;
- les requérants évoquent des désagréments qui ne relèvent pas de troubles anormaux de voisinage mais de la fréquentation normale du square, notamment par des enfants, de sorte que l'expertise n'apparaît pas utile ;
- les requérants n'établissent pas, par les photographies et les attestations qu'ils produisent, la réalité des préjudices dont ils font état, ni le lien de causalité avec l'ouvrage public mis en cause, la présence de détritus relevant d'incivilités ;
- sur le fondement des pouvoirs de police que lui confère l'article L. 2212-2 du code général des collectivités territoriales, le maire a notamment réglementé les conditions d'usage du square en litige, où les jeux de ballons sont interdits ; à la suite du courrier des requérants du 8 novembre 2022, un verrou a été posé sur les portes d'accès au square afin de faire respecter les horaires ; la possibilité de recourir à un verrou par fermeture automatique est actuellement à l'étude ; ainsi, en l'absence de litige potentiel, l'expertise sollicitée est inutile.
Par une décision du 2 septembre 2024, la présidente de la cour a désigné Mme Signerin-Icre, présidente de la 5ème chambre, pour statuer en qualité de juge des référés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu le code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme A B font appel de l'ordonnance du 9 septembre 2024 par laquelle la première vice-présidente du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, juge des référés, a rejeté leur demande tendant, en application de l'article R. 532-1 du code de justice administrative, à la désignation d'un expert, spécialiste des équipements sportifs, chargé, d'une part, de décrire le square situé près de leur habitation, sa vocation, son usage et son implantation par rapport à leur propriété, d'autre part, de dire si les plages horaires relatives à l'accès à cet ouvrage sont respectées et de décrire les moyens mis en œuvre pour assurer le respect de ces règles, enfin, de dire si cet ouvrage génère des nuisances pour les voisins directs, d'évaluer les préjudices en résultant et de décrire les mesures de nature à y mettre fin.
Sur la compétence de la juridiction administrative :
2. Le litige principal, auquel la mesure d'expertise sollicitée est susceptible de se rattacher, porte sur des dommages trouvant leur origine dans l'existence ou le fonctionnement du square situé près de l'habitation de M. et Mme A B, qui constitue un ouvrage public. Il relève, dès lors, de la compétence du juge administratif. Par suite, l'exception d'incompétence de la juridiction administrative opposée par la commune doit être écartée.
Sur l'utilité de l'expertise :
3. Aux termes de l'article R. 532-1 du code de justice administrative : " Le juge des référés peut, sur simple requête et même en l'absence de décision administrative préalable, prescrire toute mesure utile d'expertise ou d'instruction. () "
4. L'utilité d'une mesure d'instruction ou d'expertise qu'il est demandé au juge des référés d'ordonner sur le fondement de l'article R. 532-1 du code de justice administrative doit être appréciée, d'une part, au regard des éléments dont le demandeur dispose ou peut disposer par d'autres moyens et, d'autre part, bien que ce juge ne soit pas saisi du principal, au regard de l'intérêt que la mesure présente dans la perspective d'un litige principal, actuel ou éventuel, auquel elle est susceptible de se rattacher.
5. En l'espèce, ainsi que l'a considéré à bon droit le juge de première instance, les missions de l'expertise sollicitée par M. et Mme A B, qui consistent à décrire l'ouvrage en litige, sa vocation, son usage et son implantation par rapport à leur propriété, à dire si les horaires d'ouverture de cet ouvrage fixés par la commune sont respectés et à décrire les moyens mis en œuvre pour assurer le respect de ces règles ne requièrent pas l'intervention d'un expert spécialiste des équipements sportifs et indépendant des parties, M. et Mme A B pouvant, notamment, solliciter un commissaire de justice pour procéder à cette description et faire constater les faits qu'ils dénoncent. Il en va de même de la mission consistant à décrire les nuisances qui résulteraient, pour les voisins directs de l'ouvrage, de l'usage de ce square et de l'aire de jeux qui s'y trouve. Par ailleurs, les requérants n'établissent pas en quoi l'intervention d'un expert serait nécessaire pour déterminer les préjudices qu'ils prétendent subir et pour fixer l'indemnité qu'ils estiment leur être due, alors, au surplus, que le juge du fond éventuellement saisi, pourra, s'il l'estime utile, prescrire une expertise dans l'exercice de ses pouvoirs de direction de l'instruction.
6. Il résulte de ce qui précède que l'expertise demandée par M. et Mme A B ne présente pas le caractère d'utilité requis par les dispositions de l'article R. 532-1 du code de justice administrative. Il y a lieu de rejeter, pour le même motif, les conclusions subsidiaires des requérants tendant à ce que le juge des référés fixe la mission à confier à un expert.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. et Mme A B ne sont pas fondés à soutenir que c'est à tort que, par l'ordonnance attaquée, la première vice-présidente du tribunal administratif de Cergy-Pontoise, juge des référés, a rejeté leur demande. Par voie de conséquence, leurs conclusions tendant au bénéfice des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent être rejetées. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Puiseux-Pontoise tendant à l'application des mêmes dispositions.
ORDONNE :
Article 1er : La requête de M. et Mme A B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Puiseux-Pontoise tendant à l'application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : La présente ordonnance sera notifiée à M. et Mme C et D A B et à la commune de de Puiseux-Pontoise.
Fait à Versailles le 13 février 2025.
La présidente de la 5ème chambre,
Juge des référés,
C. SIGNERIN-ICRE
La République mande et ordonne au préfet du Val-d'Oise, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme
La greffière,
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026