jeudi 12 juin 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-24VE02667 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | SALKAZANOV |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A B a demandé au tribunal administratif d'Orléans d'annuler les arrêtés du 16 août 2024 par lesquels le préfet du Cher, d'une part, lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans, d'autre part, l'a assigné à résidence dans le département pour une durée de quarante-cinq jours.
Par un jugement n° 2403562 du 13 septembre 2024, la magistrate désignée par le président du tribunal administratif d'Orléans a annulé les décisions portant refus de délai de départ volontaire, interdiction de retour sur territoire français pour une durée de cinq ans et assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, et a rejeté le surplus de sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et un mémoire, enregistrés respectivement, le 30 septembre 2024 et le 15 octobre 2024, M. B, représenté par Me Salkazanov, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement en tant qu'il a rejeté le surplus de sa demande ;
2°) d'annuler ces arrêtés ;
3°) d'enjoindre au préfet du Cher de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 400 euros au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de l'obligation de quitter le territoire français,
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle a été prise en violation du droit à être entendu ;
- elle méconnaît l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales car il est arrivé en France à l'âge de quinze ans, y travaille et vit en concubinage ;
S'agissant de la décision refusant l'octroi d'un délai de départ volontaire,
- il n'est pas justifié de la compétence de son signataire ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'erreur de fait et méconnaît l'article L.612-2 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile car s'il a été interpellé pour délit routier, il a été convoqué pour une audience en 2025, il n'a pas été condamné et sa présence en France ne peut être regardée comme une menace à l'ordre public ;
S'agissant de l'interdiction de retour sur le territoire français,
- il n'est pas justifié de la compétence de son signataire ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle méconnaît les articles L. 612-7 et L. 612-12 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation ;
S'agissant de la décision fixant le pays de renvoi,
- il n'est pas justifié de la compétence de son signataire ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- dès lors qu'il n'existe aucune certitude sur son pays d'origine, le préfet du Cher ne pouvait désigner la Tunisie ;
S'agissant de l'assignation à résidence,
- elle n'est pas justifiée car il présente des garanties de représentation ;
- elle porte atteinte à sa liberté d'aller et venir.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 1er avril 2025.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- la loi n°91-647 du 10 juillet 1991 modifiée ;
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. B, ressortissant tunisien né le 13 août 2003, est entré en France muni d'un passeport revêtu d'un visa de court séjour le 23 juillet 2018, s'y est maintenu au-delà de la durée de validité de ce visa. A la suite de son interpellation le 16 août 2024 lors d'un contrôle routier, par deux arrêtés du même jour, le préfet du Cher lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays de renvoi, lui a fait interdiction de retourner sur le territoire français pour une durée de cinq ans et l'a assigné à résidence dans le département pour une durée de quarante-cinq jours. La magistrate désignée par le président du tribunal administratif d'Orléans a annulé les décisions portant refus de délai de départ volontaire, interdiction de retour sur territoire français pour une durée de cinq ans et assignation à résidence pour une durée de quarante-cinq jours, par un jugement du 13 septembre 2024. M. B relève de ce jugement en tant qu'il rejette le surplus de sa demande d'annulation.
3. En premier lieu, les décisions portant refus de délai de départ volontaire, interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans et assignation à résidence ont été annulées par le jugement attaqué. Il s'ensuit que les conclusions dirigées contre ces décisions sont irrecevables et que les moyens soulevés au soutien de ces conclusions sont inopérants.
4. En deuxième lieu, M. B se borne en appel à reprendre les moyens soulevés en première instance, tirés de l'incompétence du signataire de l'arrêté contesté, du défaut de motivation de l'obligation de quitter le territoire français et de la décision fixant le pays de renvoi et de la méconnaissance de son droit d'être entendu, sans apporter ni précision supplémentaire, ni critique du jugement. Il y a lieu d'écarter ces moyens par adoption des motifs du jugement attaqué.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui. "
6. M. B se prévaut de sa présence en France depuis juillet 2018 où il est entré à l'âge de quinze ans, de son insertion professionnelle et de sa relation de concubinage depuis août 2023 avec une ressortissante de nationalité française avec laquelle il s'est marié le 12 octobre 2024. Toutefois, M. B, qui a été interpellé le 16 août 2024 en situation irrégulière et sans être en possession d'un document transfrontalier en cours de validité, ne conteste pas les termes de l'arrêté du préfet du Cher, selon lesquels sa présence en France constitue une menace à l'ordre public dès lors qu'il a commis vingt-huit infractions entre 2019 et 2024, dont dix-huit infractions routières, trois atteintes aux personnes et une atteinte aux biens. S'il a été pris en charge par les services de l'aide sociale à l'enfance du département des Yvelines d'août 2018 à novembre 2022, il ne justifie pas d'une activité professionnelle stable et établie, mais seulement de formations de " parcours d'entrée dans l'emploi " suivies en 2021, d'une scolarité en CAP restauration en 2022 sans justifier avoir obtenu le diplôme, d'une mission d'intérim en 2023 en tant que manutentionnaire et d'un bulletin de salaire de juin 2024 pour un emploi non qualifié d'employé polyvalent. La relation entretenue avec son épouse depuis 2023 reste très récente et le mariage, célébré en octobre 2024, est intervenu postérieurement à l'arrêté contesté. L'intéressé ne démontre pas être dépourvu de toutes attaches avec son pays d'origine. Dans ces conditions, M. B n'est pas fondé à soutenir qu'en l'obligeant à quitter le territoire français, le préfet a porté une atteinte disproportionnée, au regard des buts pour lesquels cette décision a été prise, à son droit au respect de sa vie privée et familiale et, ainsi, méconnu les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
7. En dernier lieu, en se bornant à soutenir qu'il n'existe aucune certitude sur son pays d'origine, alors qu'il est entré sur le territoire français muni d'un passeport tunisien, M. B ne conteste pas utilement la décision fixant le pays de renvoi.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. B est manifestement dépourvue de fondement et ne peut qu'être rejetée, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles présentées au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.
Copie en sera adressée au préfet du Cher.
Fait à Versailles, le 12 juin 2025.
La magistrate désignée,
O. Dorion
La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026