jeudi 27 mars 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-24VE02674 |
| Type | Ordonnance |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
Mme A B a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 19 juillet 2023 par lequel le préfet des Yvelines a refusé de lui délivrer un certificat de résidence, l'a obligée à quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée.
Par un jugement no 2306927 du 8 février 2024, le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et des pièces, enregistrées les 2 octobre et 30 décembre 2024, Mme B, représentée par Me Simon, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet territorialement compétent de lui délivrer un certificat de résidence portant la mention " vie privée et familiale " ou, à défaut, de réexaminer sa situation et lui délivrer dans l'attente une autorisation de séjour l'autorisant à travailler, dans le délai de deux mois à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 150 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation ;
- le préfet s'est abstenu d'examiner sa demande au regard des stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien alors qu'elle remplit les conditions pour se voir délivrer un titre de plein droit sur ce fondement ;
- le préfet n'a pas examiné sa demande d'admission exceptionnelle sous l'angle de la vie privée et familiale ;
- il s'est abstenu de saisir le collège des médecins de l'office français de l'immigration et l'intégration sur son état de santé ;
- le refus de séjour méconnaît les articles L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et 6-5 de l'accord franco-algérien ; il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- l'obligation de quitter le territoire français méconnaît le 9° de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et de droit d'asile ;
- elle méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
Mme B a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du 3 septembre 2024 du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Versailles.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 modifié ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991, modifiée ;
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter () après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. Mme B, ressortissante algérienne née le 22 mai 1955, entrée en France en dernier lieu le 22 novembre 2015, sous-couvert d'un visa de court séjour, a présenté le 13 septembre 2022 une demande de délivrance d'un certificat de résidence algérien portant la mention " salarié ". Par un arrêté du 19 juillet 2023, le préfet des Yvelines a rejeté sa demande, l'a obligée à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. Mme B relève appel du jugement du 8 février 2024 par lequel le tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté.
Sur la légalité de la décision de refus de titre de séjour :
3. En premier lieu, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de la décision portant refus de séjour doit être écarté par adoption des motifs retenus à bon droit par les premiers juges et exposés au point 2 du jugement attaqué.
4. En deuxième lieu, il ressort des pièces du dossier que, pour rejeter la demande de titre de séjour " salarié " présentée par Mme B sur le fondement des stipulations de l'article 7 b) de l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, le préfet a, dans un premier temps, constaté qu'en l'absence de visa de long séjour et d'un contrat de travail visé par les autorités, l'intéressée ne remplissait pas les conditions fixées dans cet accord. Il a ensuite examiné la situation de Mme B dans le cadre de son pouvoir général de régularisation, au regard de son insertion professionnelle et de ses attaches familiales. Dès lors que sa demande n'était pas fondée sur les stipulations de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien, le préfet n'était pas tenu d'examiner d'office si elle pouvait prétendre à la délivrance d'un titre de séjour sur ce fondement. Par suite, le moyen tiré du défaut d'examen sérieux de sa demande doit être écarté.
5. En troisième lieu, dès lors que les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France soit au titre d'une activité salariée, soit au titre de la vie familiale, sont régies de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, un ressortissant algérien ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national. Toutefois, ces stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle des intéressés, l'opportunité d'une mesure de régularisation.
6. Mme B se prévaut de sa présence sur le territoire français depuis novembre 2015, de son activité de bénévole auprès de l'association Emmaüs et de la présence en France d'un neveu dont elle s'occupe en raison de son handicap. Toutefois, si Mme B a compté parmi les effectifs de la communauté Emmaüs du 9 mars 2016 au 31 décembre 2019, et participé à diverses actions de bénévolat, elle ne justifie pas de son insertion professionnelle à la date de l'arrêté contesté. Séparée, sans charge de famille, Mme B ne démontre pas davantage avoir noué des liens personnels ou familiaux intenses en France et, si elle évoque la situation de handicap de son neveu, elle n'établit pas que sa présence auprès de lui serait indispensable. Elle n'est pas dépourvue de toutes attaches dans son pays d'origine où réside au moins l'une de ses sœurs et où elle-même a vécu jusqu'à l'âge de soixante ans. Enfin, Mme B ne justifie pas avoir déposé une demande de titre de séjour en raison de son état de santé et, en tout état de cause, elle ne démontre pas que son état de santé relèverait de circonstances d'une exceptionnelle gravité. Dans ces conditions, la requérante n'est pas fondée à soutenir qu'en ne l'admettant pas au séjour au titre de son pouvoir de régularisation, le préfet a entaché sa décision d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle, professionnelle et familiale.
7. En dernier lieu, il ne ressort d'aucun élément du dossier que Mme B aurait déposé une demande de titre de séjour en raison de son état de santé. Par suite, le moyen tiré de ce que le collège de médecins du service médical de l'Office français de l'immigration et de l'intégration aurait dû être saisi pour avis ne peut qu'être écarté.
Sur la légalité de la décision portant obligation de quitter le territoire français :
8. En premier lieu, aux termes de l'article L. 611-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dans sa rédaction applicable : " Ne peuvent faire l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français : () 9° L'étranger résidant habituellement en France si son état de santé nécessite une prise en charge médicale dont le défaut pourrait avoir pour lui des conséquences d'une exceptionnelle gravité et si, eu égard à l'offre de soins et aux caractéristiques du système de santé du pays de renvoi, il ne pourrait pas y bénéficier effectivement d'un traitement approprié. ( ) ".
9. Mme B fait valoir qu'elle est atteinte d'un syndrome d'apnée du sommeil et d'une dysthyroïdie nécessitant une prise en charge spécialisée. Toutefois, il ne ressort pas des certificats médicaux qu'elle produit qu'un défaut de prise en charge médicale pourrait entraîner des conséquences d'une exceptionnelle gravité, ni qu'elle ne pourrait bénéficier d'un traitement approprié dans son pays d'origine. La requérante n'est dès lors pas fondée à soutenir que les dispositions du 9° de l'article L. 611-3 faisaient obstacle à son éloignement.
10. En second lieu, aux termes des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / 2. Il ne peut y avoir ingérence d'une autorité publique dans l'exercice de ce droit que pour autant que cette ingérence est prévue par la loi et qu'elle constitue une mesure qui, dans une société démocratique, est nécessaire à la sécurité nationale, à la sûreté publique, au bien-être économique du pays, à la défense de l'ordre et à la prévention des infractions pénales, à la protection de la santé ou de la morale, ou à la protection des droits et libertés d'autrui ".
11. Dans les circonstances de fait rappelées au point 6 ci-dessus, en faisant obligation à Mme B de quitter le territoire français, le préfet des Yvelines n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doit être écarté.
12. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de Mme B est manifestement dépourvue de fondement et ne peut qu'être rejetée, en application du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées au titre des dispositions combinées de l'article 37 de la loi du 10 juillet 1991 et de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de Mme B est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à Mme A B.
Copie en sera adressée au préfet des Yvelines.
Fait à Versailles, le 27 mars 2025.
La magistrate désignée,
O. DORION
La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026