mardi 15 juillet 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-25VE00056 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | HAGEGE |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 21 mars 2024 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.
Par un jugement n° 2405429 du 6 décembre 2024, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 8 janvier 2025, M. A, représenté par Me Hagege, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet compétent de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans le délai de deux mois à compter de la décision à intervenir, et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté a été signé par un agent incompétent ;
- il est insuffisamment motivée ;
- il est entaché d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle en estimant qu'elle ne répondait pas à des motifs exceptionnels justifiant son admission exceptionnelle au séjour au sens des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- les stipulations de l'accord franco-algérien ont été méconnues.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A, ressortissant algérien né le 24 janvier 1977, qui déclare être entré en France le 24 octobre 2015, a présenté une demande d'asile rejetée le 5 juillet 2016 par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, décision confirmée le 23 novembre 2016 par la Cour nationale du droit d'asile. Le 3 octobre 2022, M. A a présenté une demande de titre de séjour en se prévalant de son insertion professionnelle. Par l'arrêté contesté du 21 mars 2024, le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. A relève appel du jugement du 6 décembre 2024 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, Mme C D, adjointe au directeur des migrations et de l'intégration, a reçu délégation par un arrêté n° 23-071 du 22 décembre 2023 du préfet du Val-d'Oise, régulièrement publié le même jour au recueil des actes administratifs de l'Etat, à l'effet de signer " pour toutes les matières visées à l'article 1 " , au nombre desquelles figurent les décisions portant délivrance de titres de séjour, " toute obligation de quitter le territoire français avec fixation ou non d'un délai de départ volontaire, toute décision fixant le pays de destination, () ". Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire des décisions contestées doit être écarté.
4. En deuxième lieu, l'arrêté contesté vise l'accord franco-algérien et le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, notamment l'article L. 611-1, et mentionne les éléments de faits propres à la situation personnelle de M. A, notamment sa date de naissance et sa nationalité et les circonstances qu'il déclare être entré en France le 24 octobre 2015 muni d'un visa Schengen valable du 13 octobre 2015 au 9 avril 2016, qu'il a sollicité son admission au séjour le 3 octobre 2022, qu'il ne peut se prévaloir des stipulations de l'article 7b de l'accord franco-algérien dès lors qu'il ne justifie pas de la production du visa long séjour prévu à l'article 9 de cet accord et ne produit pas de contrat de travail visé conformément aux dispositions de l'article L. 5221-2 du code du travail, que sa demande a été examinée au titre du pouvoir général de régularisation dont dispose le préfet, que M. A ne justifie d'aucune considération humanitaire ni d'aucun motif exceptionnel de nature à permettre la régularisation de sa situation en qualité de salarié dès lors que les documents produits ne sont de nature à justifier de façon probante sa présence ininterrompue en France qu'à partir de l'année 2019, qu'il ne produit que sept bulletins de salaire et ne présente pas d'autorisation de travail. En outre, il est mentionné que M. A ne peut davantage bénéficier des dispositions de l'article 6-5 de l'accord franco-algérien dès lors qu'il est célibataire, sans charge de famille, et que selon ses déclarations il n'est pas dépourvu d'attaches familiales dans son pays d'origine où résident ses parents et sa fratrie et où il a vécu jusqu'à l'âge de trente-huit ans. Enfin, l'arrêté précise que M. A a déjà fait l'objet d'une obligation de quitter le territoire, notifiée le 2 mars 2017, mesure qu'il n'a pas mise à exécution, et qu'il n'est pas porté une atteinte disproportionnée à son droit à mener une vie familiale normale. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation manque en fait.
5. En troisième lieu, dès lors que les conditions dans lesquelles les ressortissants algériens peuvent être admis à séjourner en France soit au titre d'une activité salariée, soit au titre de la vie familiale sont régies de manière exclusive par l'accord franco-algérien du 27 décembre 1968, un ressortissant algérien ne peut utilement invoquer les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile à l'appui d'une demande d'admission au séjour sur le territoire national. Toutefois, si l'accord franco-algérien ne prévoit pas, pour sa part, de semblables modalités d'admission exceptionnelle au séjour, ses stipulations n'interdisent pas au préfet de délivrer un certificat de résidence à un ressortissant algérien qui ne remplit pas l'ensemble des conditions auxquelles est subordonnée sa délivrance de plein droit. Il appartient au préfet, dans l'exercice du pouvoir discrétionnaire dont il dispose sur ce point, d'apprécier, compte tenu de l'ensemble des éléments de la situation personnelle de l'intéressé, l'opportunité d'une mesure de régularisation.
6. M. A se prévaut de l'ancienneté de son séjour en France depuis 2015 et de son insertion professionnelle, sociale et familiale. Toutefois, il ressort des pièces du dossier que M. A s'est maintenu irrégulièrement sur le territoire français au-delà de la durée de validité de son visa de court séjour, en dépit du rejet de sa demande d'asile et d'un arrêté du 27 février 2017 de la préfète de Seine-Maritime lui faisant obligation de quitter le territoire français. Il se prévaut de son insertion professionnelle sans en justifier. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que M. A, célibataire sans charge de famille, n'a pas d'attaches familiales en France, tandis qu'il n'en est pas dépourvu dans son pays d'origine où résident ses parents et sa fratrie, et où il a lui-même vécu jusqu'à l'âge de trente-huit ans. Dans ces conditions, les décisions contestées ne sont pas entachées d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation personnelle et professionnelle.
7. En dernier lieu, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'accord franco-algérien n'est pas assorti de précisions suffisantes permettant à la cour d'en apprécier le bien-fondé.
8. Il résulte de ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement et peut être rejetée, selon la procédure prévue au dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction et celles tendant à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Versailles, le 15 juillet 2025.
La magistrate désignée,
O. Dorion
La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
3
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026