mardi 8 juillet 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-25VE00606 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B A a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 27 décembre 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.
Par un jugement n° 2400770 du 30 janvier 2025, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête, enregistrée le 27 février 2025, M. A, représenté par Me Orum, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet du Val-d'Oise de lui délivrer une carte de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " ou " salarié " ou, à défaut, de procéder au réexamen de sa situation et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 50 euros par jour de retard à compter de la décision à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé et entaché d'un défaut d'examen de sa situation personnelle ;
- son droit d'être préalablement entendu a été méconnu ;
- il méconnaît les articles L. 423-23 et L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- il est entaché d'une erreur de fait concernant la pérennité et la stabilité de sa situation professionnelle ;
- il est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation de sa situation professionnelle et familiale ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- il méconnaît les stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention internationale relative aux droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- la charte des droits fondamentaux de l'Union européenne ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A, ressortissant turc né le 24 octobre 1994, entré en France en 2011 selon ses déclarations, a été mis en possession de cartes de séjour temporaire en qualité de salarié, en dernier lieu valable du 17 janvier 2022 au 16 janvier 2023, dont il a demandé le renouvellement. Par l'arrêté contesté du 27 décembre 2023, le préfet du Val-d'Oise a rejeté sa demande, l'a obligé à quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays de renvoi. M. A relève appel du jugement du 30 janvier 2025 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté.
3. En premier lieu, l'arrêté contesté, qui mentionne notamment la date d'entrée en France de M. A et sa situation professionnelle, et précise par des motifs non stéréotypés les raisons pour lesquelles le préfet a pris les décisions contestées, répond aux exigences de motivation des articles L. 211-2 et L. 211-5 du code des relations entre le public et l'administration. Il ressort de ces motifs que le préfet a procédé à un examen particulier de la situation professionnelle et familiale de l'intéressé.
4. En deuxième lieu, au soutien de son moyen tiré de ce que son droit d'être entendu a été méconnu, M. A fait valoir qu'il n'a pas été informé de ce qu'il devait produire à l'appui de sa demande de renouvellement de titre de séjour mention " salarié " une demande d'autorisation de travail de son nouvel employeur. Toutefois, lorsqu'il l'étranger sollicite la délivrance ou le renouvellement d'un titre de séjour, il lui appartient d'apporter à l'administration toutes les précisions utiles. Son droit d'être entendu est ainsi satisfait. Au surplus, le requérant ne pouvait ignorer qu'ayant changé d'employeur, le renouvellement de son titre de séjour mention " salarié " était soumis à la production d'une demande d'autorisation de travail présentée par cet employeur. Par suite, le moyen ne peut qu'être écarté.
5. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 421-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger qui exerce une activité salariée sous contrat de travail à durée indéterminée se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention " salarié " d'une durée maximale d'un an. La délivrance de cette carte de séjour est subordonnée à la détention préalable d'une autorisation de travail, dans les conditions prévues par les articles L. 5221-2 et suivants du code du travail. () ". Aux termes du dernier alinéa de l'article L. 433-1 du même code : " () la carte de séjour temporaire portant la mention "salarié" prévue à l'article L. 421-1, ainsi que la carte de séjour pluriannuelle portant la mention "passeport talent" prévue aux articles L. 421-9, L. 421-11 ou L. 421-14, sont renouvelées dans les conditions prévues à ces mêmes articles ". En vertu du 4.3 de l'annexe 10 à ce code, l'étranger qui demande le renouvellement de sa carte de séjour temporaire mention " salarié " doit fournir à l'appui de sa demande de renouvellement, s'il a changé d'emploi, l'attestation du précédent employeur destinée à Pôle Emploi justifiant la rupture du contrat de travail et l'autorisation de travail correspondant au poste occupé.
6. Il est constant que M. A n'a pas présenté l'autorisation de travail correspondant à l'emploi occupé mentionnée par les dispositions précitées. Le préfet du Val-d'Oise était, dès lors, légalement fondé à rejeter, pour ce seul motif, sa demande de renouvellement de son titre de séjour en qualité de salarié. Il s'ensuit que les moyens tirés de ce que le préfet a commis une erreur de fait et une erreur d'appréciation de sa situation professionnelle doivent être écartés.
7. En quatrième lieu, le requérant ne peut utilement se prévaloir des dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, dès lors que, déjà admis au séjour, il n'a pas présenté sa demande sur le fondement de cet article, et que le préfet du Val-d'Oise n'a pas examiné d'office son droit au séjour au regard de ces dispositions. Le préfet, qui n'y était pas tenu, a, en revanche, examiné sa situation personnelle et familiale au regard des dispositions de l'article L. 423-23.
8. M. A fait valoir qu'il est entré en France en 2011 à l'âge de dix-sept ans et y réside régulièrement depuis 2018, qu'il travaille depuis six ans dans le bâtiment, qu'il dispose d'un contrat de travail à durée indéterminée de coffreur conclu le 27 juillet 2023, qu'il a épousé une compatriote le 12 octobre 2023, qui vit avec lui et leur enfant née le 20 octobre 2022, qu'ils sont propriétaires de leur appartement, qu'il est dépourvu d'attaches dans son pays d'origine et que ses parents et sa sœur résident régulièrement en France. Toutefois, si M. A établit avoir été mis en possession d'un titre de séjour du 26 janvier 2018 au 25 janvier 2019, renouvelé du 3 septembre 2019 au 2 septembre 2020, puis du 17 janvier 2022 au 16 janvier 2023, il ne justifie pas d'un séjour régulier continu depuis 2018. De même, ses périodes d'emploi du 22 mars au 30 juin 2018, du 15 octobre 2018 au 30 décembre 2020, d'avril à décembre 2021, de novembre 2022 à juin 2023 et depuis le 24 juillet 2023, auprès de plusieurs employeurs, ne caractérisent pas une insertion professionnelle ancienne et pérenne. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que l'épouse du requérant, de même nationalité, est également en situation irrégulière sur le territoire français et que rien ne fait obstacle à ce que le couple poursuive, avec son enfant en bas âge, sa vie privée et familiale hors de France, notamment en Turquie, où l'intéressé n'établit pas être totalement dépourvu d'attaches. L'acquisition d'un bien immobilier est en tout état de cause postérieure à l'arrêté contesté et, par suite, sans incidence sur sa légalité, qui s'apprécie à la date à laquelle il a été pris. Dans ces conditions, l'arrêté contesté n'a pas porté une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales doivent être écartés.
9. En dernier lieu, l'arrêté contesté n'a pas pour effet de séparer l'enfant de M. A de l'un de ses deux parents. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des stipulations de l'article 3-1 de la convention internationale relative aux droits de l'enfant doit être écarté.
10. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. A est manifestement dépourvue de fondement et peut être rejetée, selon la procédure prévue au dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B A.
Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Versailles, le 8 juillet 2025.
La magistrate désignée,
O. Dorion
La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
3
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026