mardi 20 mai 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-25VE00839 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
Vu la procédure suivante :
Procédures contentieusse antérieures :
I. M. C A a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 17 novembre 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel il pourra être éloigné.
II. Mme D A a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d'annuler l'arrêté du 17 novembre 2023 par lequel le préfet du Val-d'Oise a refusé de lui délivrer un titre de séjour, lui a fait obligation de quitter le territoire français dans un délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel elle pourra être éloignée.
Par un jugement nos 2317050, 2316668 du 25 février 2025, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté leurs demandes.
Procédurse devant la cour :
I. Par une requête et des pièces, enregistrées respectivement le 17 mars 2025 et les 11, 16 et 30 avril 2025, sous le n° 25VE00839, M. A, représenté par Me Maillet, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler l'arrêté le concernant ;
3°) d'enjoindre au préfet compétent de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la décision portant refus de titre de séjour est insuffisamment motivée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en raison de l'absence de saisine de la commission de titre de séjour ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle méconnaît les dispositions de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste dans l'appréciation de ses conséquences sur sa situation personnelle ;
- la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français porte une atteinte excessive à sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle méconnaît les articles 3-1, 9 et 16 de la convention internationale des droits de l'enfant.
II. Par une requête et des pièces, enregistrées respectivement le 18 mars 2025 et les 1er, 11, 16 et 30 avril 2025, sous le n° 25VE00849, Mme A, représentée par Me Maillet, demande à la cour, par les mêmes moyens :
1°) d'annuler ce jugement ;
2°) d'annuler l'arrêté la concernant ;
3°) d'enjoindre au préfet compétent de lui délivrer un titre de séjour ou, à défaut, de réexaminer sa situation, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces des dossiers.
Vu :
- la convention internationale des droits de l'enfant ;
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A, ressortissant indien né le 20 mars 1982, et son épouse de même nationalité, née le 19 février 1992, entrés en France le 27 avril 2019 sous couvert d'un visa court séjour avec leurs enfants nés le 15 mars 2012 et 10 septembre 2013, ont présenté le 16 juin 2023 des demandes de titre de séjour au titre de leur vie privée et familiale. Par deux arrêtés du 17 novembre 2023, le préfet du Val-d'Oise a refusé de leur délivrer un titre de séjour, leur a fait obligation de quitter le territoire français dans le délai de trente jours et a fixé le pays à destination duquel ils pourront être éloignés. Par deux requêtes dirigées contre le même jugement, qu'il y a lieu de joindre pour statuer par une seule décision, M. et Mme A relèvent appel du jugement du 25 février 2025 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a rejeté leurs demandes d'annulation de ces arrêtés.
3. En premier lieu, M. et Mme A reprennent en appel les moyens, déjà soulevés en première instance, tirés, en ce qui concerne les décisions portant refus de titre de séjour, de ce qu'elles sont insuffisamment motivées et de ce que la commission du titre de séjour devait être consultée. Il y a lieu d'écarter ces moyens pour les motifs retenus à bon droit par le tribunal, qu'il y a lieu d'adopter.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales : " 1. Toute personne a droit au respect de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance. / () ". Aux termes de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger () qui dispose de liens personnels et familiaux en France tels que le refus d'autoriser son séjour porterait à son droit au respect de sa vie privée et familiale une atteinte disproportionnée au regard des motifs du refus, se voit délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "vie privée et familiale" d'une durée d'un an, sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1 () ".
5. M. et Mme A se prévalent de l'ancienneté de leur résidence en France depuis le 27 avril 2019, avec leurs deux enfants nés les 15 mars 2012 et 10 septembre 2013, scolarisés en France depuis 2020, et de l'insertion professionnelle de M. A. Toutefois, il ressort des pièces du dossier qu'ils se sont maintenus irrégulièrement sur le territoire français au-delà de la durée de validité de leur visa. Rien ne s'oppose à ce que leur vie familiale avec leurs deux enfants, et la scolarité de ces derniers, se poursuive hors de France, notamment dans le pays dont ils ont la nationalité, où résident leurs parents et certains de leurs frères et sœurs, et où ils ont eux-mêmes vécus jusqu'à l'âge de trente-sept et vingt-sept ans. Par ailleurs, si M. A établit exercer une activité salariée depuis le 1er octobre 2021, d'abord sous contrat à durée déterminée puis sous contrat à durée indéterminée à compter du 1er février 2023, en qualité d'employé polyvalent, cet emploi était encore récent à la date des arrêtés contestés. Quant à Mme A, elle ne produit aucun élément permettant d'établir une quelconque insertion professionnelle. Dans ces conditions, en dépit de la scolarisation des enfants et des efforts d'insertion professionnelle de M. A, en refusant de délivrer un titre de séjour à M. et Mme A, et en leur faisant obligation de quitter le territoire français, le préfet du Val-d'Oise n'a pas porté une atteinte disproportionnée à leur droit au respect de leur vie privée et familiale. Par suite, les moyens tirés de la méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales et de l'article L. 423-23 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile doivent être écartés.
6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 435-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'étranger ne vivant pas en état de polygamie dont l'admission au séjour répond à des considérations humanitaires ou se justifie au regard des motifs exceptionnels qu'il fait valoir peut se voir délivrer une carte de séjour temporaire portant la mention "salarié", "travailleur temporaire" ou "vie privée et familiale", sans que soit opposable la condition prévue à l'article L. 412-1. / () ".
7. Dans les circonstances de fait rappelées au point 5 de la présente ordonnance, en considérant que l'admission au séjour de M. et Mme A ne répondait pas à des circonstances humanitaires, ni ne se justifiaient au regard de motifs exceptionnels, le préfet du Val-d'Oise n'a pas entaché ses décisions de refus de séjour d'une erreur manifeste d'appréciation. A cet égard, les requérants ne peuvent utilement se prévaloir des énonciations de la circulaire du 28 novembre 2012 du ministre de l'intérieur relative aux conditions d'examen des demandes d'admission au séjour déposées par des ressortissants étrangers en situation irrégulière dans le cadre du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile, qui ne comporte que des orientations générales que le ministre de l'intérieur a adressées aux préfets pour les éclairer dans la mise en œuvre de leur pouvoir de régularisation et qui ne peuvent utilement être invoquées à l'appui de recours dirigés contre des décisions portant refus de titre de séjour.
8. En dernier lieu, dès lors notamment que les décisions portant obligation de quitter le territoire français en litige n'ont pas pour effet de séparer la famille, le moyen tiré de ce que ces décisions méconnaissent les stipulations des articles 3-1, 9 et 16 de la convention internationale des droits de l'enfant peuvent être écartés.
9. Il résulte de ce qui précède que les requêtes de M. et Mme A sont manifestement dépourvues de fondement et ne peuvent qu'être rejetées, selon la procédure prévue au dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris leurs conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : Les requêtes de M. et Mme A sont rejetées.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. B et à Mme D A.
Copie en sera adressée au préfet du Val-d'Oise.
Fait à Versailles, le 20 mai 2025.
La magistrate désignée,
O. Dorion
La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
La greffière,
3
Nos 25VE00839,
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026