mardi 15 juillet 2025
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-25VE00894 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
| Avocat requérant | DJEMAOUN |
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. B a demandé au tribunal administratif de Versailles, d'annuler l'arrêté du 24 janvier 2025 par lequel la préfète de l'Essonne l'a assigné à résidence dans le département de l'Essonne pour une durée de 6 mois, lui a fait obligation de se présenter quotidiennement à 15 heures, y compris les dimanches et jours fériés, au commissariat de police de Juvisy-sur-Orge et lui a fait interdiction de sortir du département de l'Essonne sans autorisation.
Par un jugement n° 2501061 du 20 février 2025, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête et une pièce complémentaire enregistrées les 21 mars et 7 mai 2025, M. A, représenté par Me Djemaoun, demande à la cour :
1°) d'annuler ce jugement
2°) d'annuler cet arrêté ;
3°) d'enjoindre au préfet compétent de réexaminer sa situation, dans le délai d'un mois, et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour et de lui restituer son passeport, sous astreinte de 100 euros par jour de retard ;
4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
S'agissant de la régularité du jugement attaqué :
-la minute n'a pas été signée ;
-il est insuffisamment motivé ;
-le premier juge a omis de répondre au moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'arrêté du 5 juillet 2024 par lequel la préfète de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français ;
-le premier juge a dénaturé les pièces du dossier, et a entaché sa décision d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation ;
S'agissant de la décision d'assignation à résidence :
-elle est insuffisamment motivée ;
-elle est entachée d'erreur de droit et méconnaît les dispositions de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
-il n'existe aucune perspective d'éloignement vers la Russie dans un délai raisonnable ;
-elle est disproportionnée ;
-elle l'empêche d'exercer utilement le travail pour lequel il a eu une promesse d'embauche en date du 24 juin 2024 pour un emploi d'ouvrier qualifié à compter du 1er août 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code de justice administrative.
Par une décision en date du 2 septembre 2024, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné M. Camenen, président, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".
2. M. A, ressortissant russe né le 5 octobre 1991, entré en France en 2011 selon ses déclarations, a été interpellé le 4 juillet 2024 par les services de police pour conduite d'un véhicule sans permis et placé en garde à vue. Par un arrêté du 5 juillet 2024, la préfète de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans. Par un arrêté du même jour, la même préfète l'a placé en rétention administrative. Par une ordonnance du 8 juillet 2024, le juge des libertés et de la détention l'a remis en liberté. Par une décision du 8 juillet 2024, la préfète de l'Essonne l'a assigné à résidence pour une durée de quatre-vingt-dix jours, décision qui a été annulée par un jugement du magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Versailles du 22 juillet 2024 en tant qu'elle excédait quarante-cinq jours. Par un arrêté du 5 septembre 2024 il a été à nouveau assigné à résidence, assignation prolongée par un second arrêté en date du 20 octobre 2024. Par l'arrêté contesté du 24 janvier 2025, la préfète de l'Essonne l'a assigné à résidence dans le département de l'Essonne pour une durée de 6 mois, lui a fait obligation de se présenter les dimanches et jours fériés au commissariat de Juvisy-sur-Orge et lui a fait interdiction de sortir du département de l'Essonne sans autorisation. M. A relève appel du jugement du 20 février 2025 par lequel le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande d'annulation de cet arrêté.
Sur la régularité du jugement attaqué :
3. En premier lieu, aux termes de l'article R. 741-7 du code de justice administrative : " Dans les tribunaux administratifs (), la minute de la décision est signée par le président de la formation de jugement, le rapporteur et le greffier d'audience ".
4. Il ressort des pièces du dossier de première instance que la minute du jugement attaqué est signée par le magistrat désigné et le greffier. Par suite, le moyen tiré de ce que le jugement attaqué ne serait pas signé en méconnaissance des dispositions précitées doit être écarté.
5. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 9 du code de justice administrative : " Les jugements sont motivés. "
6. Le magistrat désigné, qui n'était pas tenu de répondre à l'ensemble des arguments exposés par les parties, a suffisamment précisé les motifs pour lesquels il a écarté les moyens soulevés en première instance par M. A. Le bien-fondé de ces motifs est sans incidence sur la régularité du jugement attaqué. Par suite, le moyen d'insuffisante motivation de ce jugement doit être écarté.
7. En troisième lieu, il ressort des pièces du dossier que le magistrat désigné a répondu au point 10 du jugement attaqué au moyen tiré de l'exception d'illégalité de l'assignation à résidence fondée sur l'arrêté du 5 juillet 2024 par la préfète de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il pourra être reconduit et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de cinq ans. Par suite, le moyen d'irrégularité du jugement tiré du défaut de réponse à ce moyen manque en fait.
8. En dernier lieu, M. A soutient que le magistrat désigné aurait entaché le jugement attaqué d'erreur de droit, d'erreur d'appréciation et dénaturé les pièces du dossier. Ces moyens, qui se rattachent au bien-fondé du raisonnement suivi par le magistrat désigné, sont sans incidence sur la régularité jugement attaqué.
Sur la légalité de la décision portant assignation à résidence :
9. En premier lieu, aux termes de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " L'autorité administrative peut autoriser l'étranger qui justifie être dans l'impossibilité de quitter le territoire français ou ne pouvoir ni regagner son pays d'origine ni se rendre dans aucun autre pays, à se maintenir provisoirement sur le territoire en l'assignant à résidence jusqu'à ce qu'existe une perspective raisonnable d'exécution de son obligation, dans les cas suivants : 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français pour laquelle le délai de départ volontaire est expiré ou n'a pas été accordé () ".
10. L'arrêté portant assignation à résidence contesté cite ces dispositions et précise que M. A a fait l'objet, par un arrêté 5 juillet 2024 d'une obligation de quitter le territoire français assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de cinq ans et qu'il justifie d'une adresse et qu'il ne peut actuellement être éloigné à destination de la Fédération de Russie. Il est ainsi suffisamment motivé, alors même qu'il ne mentionne pas les différentes mesures précédemment prises à l'encontre de M. A.
11. En deuxième lieu, si M. A a reçu un ordre de mobilisation et a sollicité le réexamen de sa demande d'asile postérieurement à l'arrêté du 5 juillet 2024 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, ces circonstances ne suffisent pas à établir que l'arrêté contesté l'assignant à résidence serait fondé sur une mesure d'éloignement illégale. Il en va de même de la circonstance que M. A a sollicité son admission exceptionnelle au séjour en novembre 2023.
12. En troisième lieu, il n'est pas contesté que M. A est dans l'impossibilité de quitter le territoire, le requérant indiquant d'ailleurs lui-même que les vols vers la Russie sont suspendus. Il n'est pas établi, notamment par cette dernière circonstance ou par le fait que M. A a sollicité le réexamen de sa demande d'asile, que l'exécution de l'obligation de quitter le territoire français dont il a fait l'objet ne pouvait devenir une perspective raisonnable à la date de l'arrêté contesté. Ainsi, la préfète de l'Essonne a pu l'assigner à résidence sans entacher sa décision d'une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 731-3 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
13. Enfin, si M. A soutient que cette mesure d'assignation à résidence est disproportionnée dès lors que celle-ci l'empêche d'exercer utilement le travail pour lequel il a eu une promesse d'embauche le 24 juin 2024, il ne justifie toutefois, à la date de l'arrêté contesté, de l'exercice d'aucune activité professionnelle. Par suite, le moyen tiré du caractère disproportionné de l'assignation à résidence doit être écarté.
14. Il résulte de tout ce qui précède que la requête de M. A est manifestement dépourvue de fondement et peut être rejetée en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative, y compris ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et ses conclusions tendant à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête de M. A est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. C A.
Copie en sera adressée à la préfète de l'Essonne.
Fait à Versailles, le 15 juillet 2025.
Le magistrat désigné,
G. Camenen
La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
3
Conseil d'État — N° 516229
Le juge des référés du Conseil d'État a rejeté la requête de M. B... qui demandait la suspension de l'exécution de la loi du pays n° 2026-4 du 15 mai 2026 portant création du code des douanes de Polynésie française. Le requérant invoquait une atteinte grave à plusieurs libertés fondamentales, mais le juge a estimé qu'il n'apportait aucun élément caractérisant une situation d'urgence justifiant une mesure de sauvegarde à très bref délai. La décision a été prise sur le fondement de l'article L. 521-2 du code de justice administrative, en application de la procédure simplifiée prévue à l'article L. 522-3 du même code.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Versailles — N° CAA78-25VE03336
La Cour administrative d’appel de Versailles, statuant en référé, a rejeté la requête de Mme C... contestant l’ordonnance du tribunal administratif de Versailles qui avait rejeté sa demande indemnitaire pour rupture abusive de son contrat de travail avec la commune de Carrières-sous-Poissy. La cour a confirmé que la demande de première instance était irrecevable, faute pour la requérante d’avoir produit la preuve du dépôt d’une demande indemnitaire préalable, condition nécessaire pour lier le contentieux. En l’absence de contestation de cette irrecevabilité, les moyens soulevés en appel ont été jugés inopérants. L’ordonnance a été rendue sur le fondement de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Paris — N° CAA75-26PA02997
Suspension de refus de titre de séjour et d'obligation de quitter le territoire. La Cour administrative d'appel de Paris, statuant en référé, rejette la demande de suspension de l'arrêté préfectoral du 5 mai 2025. Le juge des référés estime la demande manifestement infondée, car le tribunal administratif a déjà validé la légalité de la décision par un jugement argumenté, sans qu'aucun moyen nouveau et sérieux ne soit soulevé. La requête est rejetée sur le fondement de l'article L. 522-3 du code de justice administrative.
01/06/2026
Cour administrative d'appel de Toulouse — N° CAA31-26TL00807
Cette ordonnance de la Cour administrative d’appel de Toulouse, statuant en référé, rejette la requête de Mme B... comme manifestement irrecevable. Celle-ci contestait le refus de l’Office national des combattants de prendre en compte la totalité de ses jours de présence dans un camp de transit. La cour applique les articles R. 222-1, R. 811-7 et R. 612-1 du code de justice administrative, constatant que l’appel, non dispensé du ministère d’avocat, n’a pas été présenté par un avocat malgré la notification claire de cette obligation.
01/06/2026