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AccueilJurisprudence administrativeN° CAA78-25VE02141

Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-25VE02141

mardi 2 septembre 2025

JuridictionCour administrative d'appel de Versailles
SectionCour administrative d'appel de Versailles
N° DossierCAA78-25VE02141
TypeOrdonnance
Recoursexcès de pouvoir
FormationJuge des référés
Avocat requérantMALAVAL

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Procédure contentieuse antérieure :

M. A B a demandé au tribunal administratif de Versailles d'annuler l'arrêté du 10 janvier 2023 par lequel le préfet de l'Essonne lui a fait obligation de quitter le territoire français sans délai, a fixé le pays à destination duquel il sera éloigné et a prononcé à son encontre une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans.

Par un jugement n° 2505584 du 12 juin 2025, le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande.

Procédure devant la cour :

Par une requête enregistrée le 10 juillet 2025, M. B, représenté par Me Malaval, demande à la cour :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) d'annuler cet arrêté ;

3°) d'enjoindre au préfet compétent de réexaminer sa situation, dans le délai de quinze jours à compter de la notification de la décision à intervenir, et de lui délivrer, dans cette attente, une autorisation provisoire de séjour, sous astreinte de 25 euros par jour de retard ;

4°) de mettre à la charge de l'État la somme de 1 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- c'est à tort que le magistrat désigné par la présidente du tribunal a rejeté sa requête de première instance au motif qu'elle était tardive, dès lors que l'arrêté contesté est resté dépourvu de mesure d'exécution pendant une durée anormalement longue, que ce retard est exclusivement imputable à l'administration et que sa situation a évolué ;

- la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen sérieux de sa situation personnelle ;

- elle porte une atteinte excessive à sa vie privée et familiale en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;

- la décision portant refus de délai de départ volontaire est illégale par exception d'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est insuffisamment motivée ;

- cette insuffisance de motivation révèle un défaut d'examen sérieux et préalable de sa situation personnelle ;

- la décision fixant le pays de renvoi est illégale par voie de conséquence de l'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;

- la décision portant interdiction de retour sur le territoire français pendant trois ans est illégale par exception d'illégalité de la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français ;

- elle est insuffisamment motivée et entachée d'un défaut d'examen sérieux et préalable de sa situation personnelle ;

- elle est disproportionnée et injustifiée ;

- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article L.612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile et des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu le code de justice administrative.

Par une décision en date du 1er septembre 2025, la présidente de la cour administrative d'appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l'article R. 222-1 du code de justice administrative.

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article R. 222-1 du code de justice administrative : " Les () magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent () par ordonnance, rejeter (), après l'expiration du délai de recours () les requêtes d'appel manifestement dépourvues de fondement. () ".

2. M. B, ressortissant marocain né le 30 janvier 1990, entré en France en 2019, dont la demande d'asile a été rejetée par une décision de l'Office français des réfugiés et apatrides du 2 octobre 2010, confirmée par la Cour nationale du droit d'asile le 13 septembre 2021, a fait l'objet d'une première obligation de quitter le territoire français du 10 novembre 2021 du préfet de l'Essonne, puis d'une seconde obligation de quitter le territoire français sans délai assortie d'une interdiction de retour sur le territoire français d'une durée de trois ans, du même préfet, par l'arrêté contesté du 11 janvier 2023, suite à son interpellation le 9 janvier 2023 pour des faits d'outrage, rébellion et violences sur personne dépositaire de l'autorité publique. De nouveau interpellé le 13 mai 2025, il a été placé au centre de rétention administrative de Palaiseau et a saisi le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, le 14 mai 2025, d'une demande d'annulation de l'arrêté du 11 janvier 2023. M. B relève appel du jugement du 12 juin 2025 par lequel le magistrat désigné par la présidente du tribunal administratif de Versailles a rejeté sa demande au motif qu'elle était tardive et par suite irrecevable.

3. En premier lieu, l'arrêté contesté du 10 janvier 2023, qui comportait la mention des voies et délais de recours, a été notifié M. B le 11 janvier 2023. La circonstance que cet arrêté n'a pas reçu d'exécution est sans incidence sur le délai de recours contentieux ouvert contre les décisions qu'il comporte. La demande d'annulation de cet arrêté, enregistrée le 14 mai 2025, a été présentée après l'expiration du délai de quarante-huit heures dont M. B disposait pour contester cette décision en application des dispositions alors en vigueur de l'article L. 614-6 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile. Il s'ensuit que les conclusions tendant à l'annulation de cet arrêté sont tardives et, dès lors, irrecevables.

4. En second lieu, aux termes de l'article L. 722-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile : " Lorsque l'étranger n'a pas satisfait à son obligation d'exécuter la décision d'éloignement dont il fait l'objet, l'autorité administrative peut prendre les décisions prévues aux titres III et IV, nécessaires à l'exécution d'office des décisions d'éloignement, sous réserve de ne procéder à l'éloignement effectif que dans les conditions prévues aux articles L. 722-7 à L. 722-10 ". Aux termes de l'article L. 731-1 relatif à l'assignation à résidence, applicable au placement en rétention en vertu du premier alinéa de l'article L. 741-1, du même code : " L'autorité administrative peut assigner à résidence l'étranger qui ne peut quitter immédiatement le territoire français mais dont l'éloignement demeure une perspective raisonnable, dans les cas suivants : / 1° L'étranger fait l'objet d'une décision portant obligation de quitter le territoire français, prise moins de trois ans auparavant () ".

5. A supposer la demande d'annulation de M. B dirigée contre une nouvelle décision d'éloignement, dont l'existence serait révélée par le placement en rétention de l'intéressé par un arrêté du 13 mai 2025, le délai de moins de trois ans qui s'est écoulé entre ces deux décisions ne saurait être regardé comme anormalement long, ni, au demeurant, comme exclusivement imputable à l'administration. Par suite, alors même que des changements dans sa situation personnelle et familiale sont intervenus depuis la décision lui faisant obligation de quitter le territoire français, la demande de M. B était tardive et dès lors, ainsi que l'a jugé le magistrat désigné, irrecevable.

6. Il résulte de ce qui précède que la requête d'appel de M. B ne peut qu'être rejetée, y compris ses conclusions à fin d'injonction sous astreinte et celles tendant à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

O R D O N N E :

Article 1er : La requête de M. B est rejetée.

Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée à M. A B.

Fait à Versailles, le 2 septembre 2025.

La magistrate désignée,

O. Dorion

La République mande et ordonne au ministre d'État, ministre de l'intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

3

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