Cour administrative d'appel de Versailles — Décision N° CAA78-26VE02163
jeudi 1 octobre 2026
| Juridiction | Cour administrative d'appel de Versailles |
| Section | Cour administrative d'appel de Versailles |
| N° Dossier | CAA78-26VE02163 |
| Type | Ordonnance |
| Recours | excès de pouvoir |
| Formation | Juge des référés |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Procédure contentieuse antérieure :
M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d’annuler l’arrêté du 19 février 2025 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de renouveler sa carte de résident et lui a délivré une autorisation provisoire de séjour valable six mois.
Par un jugement n° 2508009 du 21 mai 2026, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé cet arrêté, enjoint au préfet des Hauts‑de‑Seine de délivrer à M. B... une carte de résident dans un délai de deux mois suivant la notification du jugement, mis à la charge de l’État la somme de 1 200 euros, et rejeté le surplus des conclusions de la demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 17 juillet 2026, le préfet des Hauts-de-Seine demande à la cour d’annuler ce jugement et de rejeter la demande de M. B....
Le préfet soutient que :
- c’est à tort que le tribunal a annulé son arrêté, alors que la présence en France de M. B... constitue une menace grave pour l’ordre public ;
- les autres moyens présentés au soutien de sa demande d’annulation ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la cour administrative d’appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…), après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) ».
2. M. B..., ressortissant marocain né le 20 mai 1986, entré en France le 2 janvier 1990 et mis en possession d’une carte de résident valable jusqu’au 6 juillet 2024, en a demandé le renouvellement. Par l’arrêté en litige du 19 février 2025, le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de renouveler sa carte de résident et lui a délivré une autorisation provisoire de séjour. Le préfet des Hauts‑de‑Seine relève appel du jugement du 21 mai 2026 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé cet arrêté.
3. Aux termes de l’article L. 432-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « (…) Le renouvellement de la carte de résident peut être refusé à tout étranger lorsque : 1° Sa présence constitue une menace grave pour l’ordre public ; (…) ».
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B... a épousé le 18 décembre 2009 à Bourg-la-Reine (92) une ressortissante française, que, veuf depuis le 12 avril 2022, il est le père de trois enfants français mineurs, nés en 2010, 2013 et 2016, avec lesquels il établit résider, et que le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de renouveler sa carte de résident au seul motif que sa présence en France constituait une menace grave pour l’ordre public. Pour justifier de cette menace, le préfet fait valoir que M. B... a été condamné par un jugement correctionnel du 6 avril 2022 du tribunal judiciaire de Pontoise, à quatre mois d’emprisonnement, totalement assortis du sursis, pour des faits de violence suivie d’incapacité n’excédant pas huit jours sur la personne de son épouse, commis le 13 mars 2020, qu’il a fait l’objet de précédents signalements pour des faits de même nature commis en 2017, et qu’il a été mis en cause à raison d’autres faits encore plus anciens qui auraient été commis en 2001 et 2004, dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu’ils aient fait l’objet de poursuites. Dans ces circonstances, eu égard notamment à l’ancienneté des faits de reprochés, il ne peut être regardé comme établi que la présence en France de M. B... constitue une menace grave pour l’ordre public de nature à justifier le non‑renouvellement de sa carte de résident. Il s’ensuit qu’en refusant de renouveler la carte de résident de M. B..., le préfet des Hauts-de-Seine a, ainsi que l’a jugé le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, fait une inexacte application des dispositions rappelées au point précédent.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête d’appel du préfet des Hauts-de-Seine peut être rejetée, en application du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête du préfet des Hauts-de-Seine est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Versailles, le 1er octobre 2026.
La magistrate désignée,
O. Dorion
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
Procédure contentieuse antérieure :
M. A... B... a demandé au tribunal administratif de Cergy-Pontoise d’annuler l’arrêté du 19 février 2025 par lequel le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de renouveler sa carte de résident et lui a délivré une autorisation provisoire de séjour valable six mois.
Par un jugement n° 2508009 du 21 mai 2026, le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé cet arrêté, enjoint au préfet des Hauts‑de‑Seine de délivrer à M. B... une carte de résident dans un délai de deux mois suivant la notification du jugement, mis à la charge de l’État la somme de 1 200 euros, et rejeté le surplus des conclusions de la demande.
Procédure devant la cour :
Par une requête enregistrée le 17 juillet 2026, le préfet des Hauts-de-Seine demande à la cour d’annuler ce jugement et de rejeter la demande de M. B....
Le préfet soutient que :
- c’est à tort que le tribunal a annulé son arrêté, alors que la présence en France de M. B... constitue une menace grave pour l’ordre public ;
- les autres moyens présentés au soutien de sa demande d’annulation ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la cour administrative d’appel de Versailles a désigné Mme Dorion, présidente, pour statuer par ordonnance en application de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative : « Les (…) magistrats ayant le grade de président désignés à cet effet par le président de la cour peuvent (…) par ordonnance, rejeter (…), après l’expiration du délai de recours (…) les requêtes d’appel manifestement dépourvues de fondement. (…) ».
2. M. B..., ressortissant marocain né le 20 mai 1986, entré en France le 2 janvier 1990 et mis en possession d’une carte de résident valable jusqu’au 6 juillet 2024, en a demandé le renouvellement. Par l’arrêté en litige du 19 février 2025, le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de renouveler sa carte de résident et lui a délivré une autorisation provisoire de séjour. Le préfet des Hauts‑de‑Seine relève appel du jugement du 21 mai 2026 par lequel le tribunal administratif de Cergy-Pontoise a annulé cet arrêté.
3. Aux termes de l’article L. 432-3 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile : « (…) Le renouvellement de la carte de résident peut être refusé à tout étranger lorsque : 1° Sa présence constitue une menace grave pour l’ordre public ; (…) ».
4. Il ressort des pièces du dossier que M. B... a épousé le 18 décembre 2009 à Bourg-la-Reine (92) une ressortissante française, que, veuf depuis le 12 avril 2022, il est le père de trois enfants français mineurs, nés en 2010, 2013 et 2016, avec lesquels il établit résider, et que le préfet des Hauts-de-Seine a refusé de renouveler sa carte de résident au seul motif que sa présence en France constituait une menace grave pour l’ordre public. Pour justifier de cette menace, le préfet fait valoir que M. B... a été condamné par un jugement correctionnel du 6 avril 2022 du tribunal judiciaire de Pontoise, à quatre mois d’emprisonnement, totalement assortis du sursis, pour des faits de violence suivie d’incapacité n’excédant pas huit jours sur la personne de son épouse, commis le 13 mars 2020, qu’il a fait l’objet de précédents signalements pour des faits de même nature commis en 2017, et qu’il a été mis en cause à raison d’autres faits encore plus anciens qui auraient été commis en 2001 et 2004, dont il ne ressort pas des pièces du dossier qu’ils aient fait l’objet de poursuites. Dans ces circonstances, eu égard notamment à l’ancienneté des faits de reprochés, il ne peut être regardé comme établi que la présence en France de M. B... constitue une menace grave pour l’ordre public de nature à justifier le non‑renouvellement de sa carte de résident. Il s’ensuit qu’en refusant de renouveler la carte de résident de M. B..., le préfet des Hauts-de-Seine a, ainsi que l’a jugé le tribunal administratif de Cergy-Pontoise, fait une inexacte application des dispositions rappelées au point précédent.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête d’appel du préfet des Hauts-de-Seine peut être rejetée, en application du dernier alinéa de l’article R. 222-1 du code de justice administrative.
O R D O N N E :
Article 1er : La requête du préfet des Hauts-de-Seine est rejetée.
Article 2 : La présente ordonnance sera notifiée au ministre de l’intérieur.
Copie en sera adressée au préfet des Hauts-de-Seine.
Fait à Versailles, le 1er octobre 2026.
La magistrate désignée,
O. Dorion
La République mande et ordonne au ministre de l’intérieur en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l’exécution de la présente décision.
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