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AccueilJurisprudence administrativeN° 489143

Conseil d'État — Décision N° 489143

mercredi 5 juin 2024

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier489143
ECLIECLI:FR:CECHS:2024:489143.20240605
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation7ème chambre jugeant seule
Avocat requérantSAS BOULLOCHE, COLIN, STOCLET ET ASSOCIÉS

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Les sociétés Michel Beauvais et associés, Acra architecture, Lorenzo architecture et Oasiis, Ion Cindea Ingénieur, Egis bâtiments et M. B A ont demandé au tribunal administratif de la Martinique d'arrêter le décompte général et définitif du marché principal de maîtrise d'œuvre et des quatre marchés complémentaires dont ils étaient titulaires, conclus pour la construction de la nouvelle cité hospitalière de Mangot-Vulcin, et de condamner le groupement de coopération sanitaire de Mangot-Vulcin à leur verser les sommes correspondant au solde créditeur de ces marchés, ainsi que les intérêts sur diverses sommes. Le groupement de coopération sanitaire de Mangot-Vulcin a présenté des conclusions reconventionnelles tendant à la restitution, par les membres du groupement de maîtrise d'œuvre, de diverses sommes et au versement d'indemnités au titre des fautes commises par les membres de ce groupement dans l'exécution de leurs marchés.

Par un jugement n°s 1800450, 1900039, 1900210 du 12 avril 2021, le tribunal administratif de la Martinique a condamné le groupement de coopération sanitaire de Mangot-Vulcin à verser à verser à la société Michel Beauvais et associés une somme de 324 130,47 euros TTC, à la société Acra architecture une somme de 36 467,86 euros TTC, à la société Lorenzo architecture une somme de 32 317,12 euros TTC, à la société Oasiis une somme de 15 854,07 euros TTC, à M. A une somme de 128 410,78 euros TTC, à la société Ion Cindea Ingénieur Conseil une somme de 208 518,87 euros TTC et à la société Egis bâtiments une somme de 208 518,87 euros TTC, sommes assortie des intérêts moratoires, et a rejeté le surplus des conclusions des parties.

Par une ordonnance n° 456341 du 15 octobre 2021, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a, sur le fondement de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, attribué à la cour administrative d'appel de Paris le jugement de la requête d'appel enregistrée à la cour administrative d'appel de Bordeaux.

Par un arrêt n° 21PA05469 du 31 juillet 2023, la cour administrative d'appel de Paris a rejeté l'appel principal formé par le groupement de coopération sanitaire de Mangot-Vulcin et les appels incidents formés par les sociétés Michel Beauvais et associés, Acra architecture, Lorenzo architecture et Oasiis et M. B A, la société Egis bâtiments Ile-de-France, la société Ion Cindea Ingénieur Conseil et la SCP Thevenot Perdereau Manière El Baze, en qualité de commissaire à l'exécution du plan de redressement de cette société, contre le jugement du 12 avril 2021.

Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et un nouveau mémoire, enregistrés les 30 octobre 2023 et 31 janvier et 7 mai 2024 secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, le groupement de coopération sanitaire de Mangot-Vulcin demande au Conseil d'Etat :

1°) d'annuler cet arrêt ;

2°) de mettre à la charge des sociétés Michel Beauvais et associés, Acra architecture, Lorenzo architecture, Oasiis, Egis Bâtiments, Ion Cindea Ingénieur Conseil, Mutuelle des Architectes Français Assurance et de la SCP Thevenot Perdereau Manière et Baze, la somme de 3 000 euros chacun au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code des marchés publics ;

- la loi n° 85-704 du 12 juillet 1985 ;

- le décret n° 93-1268 du 29 novembre 1993 ;

- le code de justice administrative ;

Après avoir entendu en séance publique :

- le rapport de Mme Marie Lehman, maîtresse des requêtes en service extraordinaire,

- les conclusions de M. Nicolas Labrune, rapporteur public ;

La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Matuchansky, Poupot, Valdelièvre, Rameix, avocat du groupement de coopération sanitaire de Mangot-Vulcin ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".

2. Pour demander l'annulation de l'arrêt qu'il attaque, le groupement de coopération sanitaire de Mangot-Vulcin soutient que la cour administrative d'appel de Paris a :

- rendu son arrêt au terme d'une procédure irrégulière, l'instruction ayant été close de manière immédiate sans respecter les prescriptions de l'article R. 613-1 du code de justice administrative ;

- insuffisamment motivé son arrêt, entaché celui-ci d'une contradiction de motifs et commis une erreur de droit en jugeant qu'il était loisible aux parties de décider, par avenants, de modifier le prix forfaitaire du marché initial, sans rechercher si cette modification était justifiée par l'une des hypothèses autorisées par le droit de la commande publique ;

- commis une erreur de droit et insuffisamment motivé son arrêt en jugeant que les clauses de ces avenants ne constituaient pas une libéralité dès lors que leur objet n'était pas strictement identique à celui du marché initial ;

- dénaturé les pièces du dossier en jugeant que les clauses des avenants prévoyant un supplément de rémunération au profit du groupement de maîtrise d'œuvre n'étaient pas illicites et, partant, entachées de nullité.

3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

D E C I D E :

--------------

Article 1er : Le pourvoi du groupement de coopération sanitaire de Mangot Vulcin n'est pas admis.

Article 2 : La présente décision sera notifiée au groupement de coopération sanitaire de Mangot-Vulcin.

Copie en sera adressée aux sociétés Michel Beauvais et associés, Acra architecture, Lorenzo architecture et Oasiis, à M. B A, à la société Egis bâtiments Ile-de-France, à la société Ion Cindea Ingénieur Conseil, à la SCP Thevenot Perdereau Manière El Baze, en qualité de commissaire à l'exécution du plan de redressement de cette société et à la Mutuelle des Architectes de France.

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