mercredi 3 juillet 2024
| Juridiction | Conseil d'État |
| Section | Section du Contentieux |
| N° Dossier | 489152 |
| ECLI | ECLI:FR:CECHS:2024:489152.20240703 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | 7ème chambre jugeant seule |
| Avocat requérant | SCP BORE, SALVE DE BRUNETON, MEGRET |
Vu la procédure suivante :
La société Sogea Martinique, la société industrielle martiniquaise de préfabrication (SIMP), la société GTM génie civil et services et la société compagnie martiniquaise de bâtiment (COMABAT), titulaires du marché " gros-œuvre " de la construction de la cité hospitalière de Mangot-Vulcin, ont demandé au tribunal administratif de la Martinique :
- au titre du marché complémentaire " Hémodialyse ", de condamner le groupement de coopération sanitaire de Mangot-Vulcin à leur verser la somme de 4 417,50 euros toutes taxes comprises (TTC) ;
- au titre du règlement du marché principal de gros-œuvre, de condamner le groupement de coopération sanitaire de Mangot-Vulcin à leur verser les sommes de 14 066,52 euros TTC au titre des travaux supplémentaires, 697 385,68 euros TTC au titre du différentiel de valorisation des prix nouveaux, 8 465 863,93 euros hors taxes (HT), 2 864 972,24 HT euros et 5 000 euros HT au titre de pénalités de retard sur tâches, sur levée de réserves et dans la remise de documents indûment appliquées, 24 955,00 euros TTC indûment retenus pour réfactions, 73 665,71 euros indûment retenus pour " assurance tous risques chantier ", 465 244,84 euros TTC au titre des dépenses communes de chantier, 1 257 799,54 euros TTC au titre du préjudice subi du fait de la durée d'exécution globale du chantier, 319 019,13 euros TTC au titre du différentiel de révision de prix et 269 286,02 euros au titre des intérêts moratoires dus sur les acomptes mensuels, le tout assorti des intérêts moratoires au taux de 8,25 % à compter du 3 octobre 2011 et capitalisation des intérêts (hors intérêts sur acomptes) ;
- de condamner le groupement de coopération sanitaire de Mangot-Vulcin à leur verser la somme de 56 000 euros qu'elles ont dû acquitter à titre de provision sur frais et honoraires de l'expertise.
Par un jugement n° 1300251 du 10 octobre 2017, le tribunal administratif de la Martinique a condamné le groupement de coopération sanitaire de Mangot-Vulcin à verser aux sociétés Sogea Martinique et autres la somme de 4 417,50 euros TTC au titre du marché complémentaire de construction de l'unité d'hémodialyse et a modifié le solde du marché en inscrivant au débit des demanderesses les sommes de 4 220 062,53 euros au titre des pénalités pour retard global d'exécution, 11 335 836,17 euros au titre des autres pénalités et 24 955 euros TTC pour " réfaction ", et à leur crédit les sommes de 437 378,74 euros TTC au titre des travaux supplémentaires, 73 609,75 euros au titre du surcoût lié à l'allongement du délai d'exécution, 239 589,85 euros au titre des dépenses communes de chantier et 14 144,02 euros au titre des intérêts moratoires dus sur acomptes mensuels.
Par une ordonnance du 1er mars 2019 prise sur le fondement de l'article R. 351-8 du code de justice administrative, le président de la section du contentieux du Conseil d'Etat a attribué à la cour administrative de Paris le jugement de la requête contre ce jugement enregistrée à la cour administrative d'appel de Bordeaux.
Par un arrêt n° 18PA20476 du 31 juillet 2023, la cour administrative d'appel de Paris a, sur appel des sociétés Sogea Martinique, SIMP, GTM génie civil et services et COMABAT et appel incident du groupement de coopération sanitaire de Mangot-Vulcin, condamné les sociétés Sogea Martinique et autres à verser au groupement de coopération sanitaire de Mangot-Vulcin une somme de 1 887 570,77 euros TTC au titre du solde de leur marché, réformé le jugement du tribunal administratif de la Martinique en ce qu'il a de contraire à son arrêt et rejeté le surplus des conclusions des parties. Cet arrêt a été rectifié par un arrêt n°s 23PA03739, 23PA04040 du 21 novembre 2023, qui a ramené cette somme à 372 089,98 euros TTC.
Par un pourvoi sommaire, un mémoire complémentaire et un nouveau mémoire, enregistrés les 30 octobre 2023 et 30 janvier et 3 mai 2024 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, le groupement de coopération sanitaire de Mangot-Vulcin demande au Conseil d'Etat :
1°) d'annuler l'arrêt n° 18PA20476 du 31 juillet 2023 en tant qu'il lui fait grief ;
2°) de mettre à la charge des sociétés Sogea Martinique, société industrielle martiniquaise de préfabrication, GTM Génie civil et services et Compagnie Martiniquaise de bâtiment la somme de 4 000 euros chacune au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code des marchés publics ;
- le code de justice administrative ;
Après avoir entendu en séance publique :
- le rapport de M. François Lelièvre, maître des requêtes,
- les conclusions de M. Nicolas Labrune, rapporteur public ;
La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SARL Matuchansky, Poupot, Valdelièvre, Rameix, avocat du groupement de coopération sanitaire de moyens de Mangot-Vulcin ;
Considérant ce qui suit :
1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".
2. Pour demander l'annulation de l'arrêt qu'il attaque, le groupement de coopération sanitaire de Mangot-Vulcin soutient que la cour administrative d'appel de Paris a :
- commis une erreur de droit en jugeant que l'absence de pénalités infligées au titre du retard dans l'exécution des travaux faisait obstacle à ce que le juge puisse recourir à la faculté de moduler à la hausse les pénalités de tous ordres ;
- commis une erreur de droit en jugeant que le pouvoir adjudicateur ne pouvait rechercher la responsabilité de son cocontractant au titre des retards dans l'exécution des travaux dès lors qu'il n'avait pas fait application des pénalités prévues à ce titre par le contrat;
- commis une erreur de droit, dénaturé les stipulations du contrat et s'est méprise sur la portée de ses écritures en jugeant que l'absence de retenues journalières en cours d'exécution du contrat faisait obstacle, d'une part, à ce qu'il puisse sanctionner par des pénalités le retard pris par le titulaire du marché dans la réalisation des tâches et, d'autre part, à ce que le juge du contrat puisse lui-même infliger de telles pénalités ;
- dénaturé les pièces du marché et entaché son arrêt d'une contradiction de motifs en se fondant sur l'additif n° 3 au cahier des clauses administratives générales applicables aux marchés publics de travaux pour le calcul des pénalités de retard dans la levée des réserves ;
- commis une erreur de droit, s'est méprise sur la portée de ses écritures et insuffisamment motivé son arrêt en rejetant ses conclusions d'appel en garantie dirigées contre les titulaires des lots de prestations intellectuelles.
3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.
D E C I D E :
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Article 1er : Le pourvoi du groupement de coopération sanitaire de Mangot Vulcin n'est pas admis.
Article 2 : La présente décision sera notifiée au groupement de coopération sanitaire de Mangot-Vulcin.
Copie en sera adressée à la société Sogea Martinique, première requérante dénommée, aux sociétés Michel Beauvais et associés, Acra architecture, Lorenzo architecture, Ion Cindea Ingénieur Conseil, Oasiis Consultant Bet, Egis bâtiments, Tunzini et Tunzini Antilles, Icade Promotion, Semavil, Socotec Antilles Guyane, Réalisations médicales et industrielles, Artelia bâtiment et industrie, Cloison Doublage Ravalement Isolation, Bureau Véritas Constructions, Bouygues Energies et Services, Asco BTP, El Baze Charpentier et à Maître Beuzeboc, mandataire judiciaire de la société modulaire de l'ouest.
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026