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AccueilJurisprudence administrativeN° 490940

Conseil d'État — Décision N° 490940

jeudi 25 juillet 2024

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier490940
ECLIECLI:FR:CECHS:2024:490940.20240725
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation1ère chambre jugeant seule
Avocat requérantVICTORIA

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

La société civile immobilière Frederika, M. A C et Mme B C ainsi que l'association Luberon nature ont demandé au tribunal administratif de Nîmes d'annuler pour excès de pouvoir l'arrêté du 9 août 2022 par lequel le maire d'Ansouis a délivré à la société Méditerranée Aménagement Promotion un permis de construire PC n° 084 0022 1S 0014 pour la réalisation d'un ensemble immobilier de vingt-cinq logements. Par un jugement n° 2203057 du 10 octobre 2023, le tribunal administratif de Nîmes a rejeté cette demande.

Par une ordonnance n° 23TL02914 du 16 janvier 2024, enregistrée le même jour au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, le président de la cour administrative d'appel de Toulouse a transmis au Conseil d'Etat, en application de l'article R. 351-2 du code de justice administrative, le pourvoi, enregistré le 13 décembre 2024 au greffe de cette cour, présenté par la société Frederika, M. et Mme C et l'association Luberon nature.

Par ce pourvoi et par deux nouveaux mémoires, enregistrés les 31 mai et 10 juillet 2024 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, la société Frederika et autres demandent au Conseil d'Etat :

1°) d'annuler ce jugement ;

2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à leur demande de première instance ;

3°) de mettre à la charge de la commune d'Ansouis et de la société Méditerranée Aménagement Promotion la somme de 4 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative ;

Après avoir entendu en séance publique :

- le rapport de M. Pierre Boussaroque, conseiller d'Etat,

- les conclusions de M. Mathieu Le Coq, rapporteur public ;

La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SAS Hannotin avocats, avocat de la société Frederika et autres ;

Considérant ce qui suit :

1.Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".

2.Pour demander l'annulation du jugement qu'ils attaquent, la société Frederika et autres soutiennent que :

-le tribunal administratif a commis une erreur de droit et dénaturé les faits de l'espèce et les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant que le projet litigieux ne comportait pas une aire de stationnement ouverte au public de plus de cinquante places, au sens de la rubrique n° 41 du tableau annexé à l'article R. 122-2 du code de l'environnement, en estimant que n'avaient pas à être prises en compte à ce titre les places qui n'étaient pas ouvertes au public et, en tout état de cause, sans prendre en compte la totalité des places ouvertes au public ;

-il a commis une erreur de droit en prenant en compte des mesures d'atténuation destinées à minimiser l'impact du projet litigieux sur son environnement pour juger que ce projet n'était pas soumis à l'obligation de réaliser une évaluation environnementale compte tenu de ses caractéristiques, de la qualité patrimoniale de son environnement et de ses impacts potentiels et a, en tout état de cause, dénaturé les faits et les pièces du dossier en jugeant que cette évaluation environnementale n'était pas requise en l'espèce ;

-il a commis une erreur de droit et dénaturé les faits de l'espèce et les pièces du dossier qui lui était soumis en jugeant, sans avoir apprécié, dans un premier temps, la qualité patrimoniale du site et, dans un second temps, l'impact du projet, en prenant notamment en compte la covisibilité du projet avec le château d'Ansouis, que le projet litigieux ne portait pas atteinte au caractère des lieux avoisinants au sens des articles R. 111-27 du code de l'urbanisme et 1AU11 du règlement du plan local d'urbanisme.

3.Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

D E C I D E :

--------------

Article 1er : Le pourvoi de la société Frederika et autres n'est pas admis.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à la société civile immobilière Frederika, première dénommée, pour l'ensemble des requérants.

Copie en sera adressée à la commune d'Ansouis et à la société Méditerranée Aménagement Promotion.

Délibéré à l'issue de la séance du 11 juillet 2024 où siégeaient : Mme Gaëlle Dumortier, présidente de chambre, présidant ; M. Jean-Luc Nevache, conseiller d'Etat et M. Pierre Boussaroque, conseiller d'Etat-rapporteur.

Rendu le 25 juillet 2024.

La présidente :

Signé : Mme Gaëlle Dumortier

Le rapporteur :

Signé : M. Pierre Boussaroque

La secrétaire :

Signé : Mme Paule Troly

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