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AccueilJurisprudence administrativeN° 492768

Conseil d'État — Décision N° 492768

jeudi 31 octobre 2024

JuridictionConseil d'État
SectionSection du Contentieux
N° Dossier492768
ECLIECLI:FR:CECHS:2024:492768.20241031
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationD
Formation9ème chambre jugeant seule

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Mme A B a demandé au tribunal administratif de Rennes d'annuler neuf titres de perception par lesquels l'Etat a mis à sa charge le remboursement des aides versées pour les mois de mars à juin 2020, octobre à décembre 2020 ainsi que février et mars 2021 au titre du fonds de solidarité institué en faveur des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 ainsi que la décision du 22 novembre 2021 par laquelle le directeur départemental des finances publiques du Morbihan a rejeté sa contestation de ces titres. Par un jugement n° 2106699 du 18 janvier 2023, ce tribunal a rejeté sa demande.

Par un arrêt n° 23NT01382 du 5 janvier 2024, la cour administrative d'appel de Nantes a rejeté l'appel formé par Mme B contre ce jugement.

Par un pourvoi sommaire et un mémoire complémentaire, enregistrés les 20 mars et 19 juin 2024 au secrétariat du contentieux du Conseil d'Etat, Mme B demande au Conseil d'Etat :

1°) d'annuler cet arrêt ;

2°) réglant l'affaire au fond, de faire droit à son appel ;

3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 500 euros à verser à la SCP Delamarre et Jéhannin, son avocat, au titre des dispositions des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.

Vu les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;

- l'ordonnance n° 2020-317 du 25 mars 2020 ;

- le décret n° 2020-371 du 30 mars 2020 ;

- le code de justice administrative ;

Après avoir entendu en séance publique :

- le rapport de M. Cyril Martin de Lagarde, maître des requêtes en service extraordinaire,

- les conclusions de Mme Emilie Bokdam-Tognetti, rapporteure publique ;

La parole ayant été donnée, après les conclusions, à la SCP Delamarre, Jéhannin, avocat de Mme B ;

Considérant ce qui suit :

1. Aux termes de l'article L. 822-1 du code de justice administrative : " Le pourvoi en cassation devant le Conseil d'Etat fait l'objet d'une procédure préalable d'admission. L'admission est refusée par décision juridictionnelle si le pourvoi est irrecevable ou n'est fondé sur aucun moyen sérieux ".

2. Pour demander l'annulation de l'arrêt qu'elle attaque, Mme B soutient que la cour administrative d'appel de Nantes :

- a omis de statuer ou, à tout le moins, a insuffisamment motivé son arrêt en écartant le moyen tiré du caractère inintelligible des dispositions, d'une part, de l'ordonnance du 25 mars 2020 portant création d'un fonds de solidarité à destination des entreprises particulièrement touchées par les conséquences économiques, financières et sociales de la propagation de l'épidémie de covid-19 et des mesures prises pour limiter cette propagation et, d'autre part, du décret du 30 mars 2020 relatif à ce fonds au motif qu'à l'exception des cas où une question prioritaire de constitutionnalité est présentée dans un mémoire distinct, il n'appartient pas au juge administratif de connaître de la question de la conformité d'une loi à la Constitution ;

- a commis une erreur de droit en jugeant, pour écarter le moyen tiré du caractère inintelligible des dispositions du décret du 30 mars 2020, que la circonstance que ce décret ait fait l'objet de modifications près de seize fois ne pouvait révéler à elle seule l'imprécision de chacune des versions modifiées, et par suite son caractère inintelligible, sans tenir compte du caractère extrêmement bref de la période au cours de laquelle ces modifications ont été apportées, et sans examiner la clarté du décret litigieux dans son ensemble.

3. Aucun de ces moyens n'est de nature à permettre l'admission du pourvoi.

D E C I D E :

--------------

Article 1er : Le pourvoi de Mme B n'est pas admis.

Article 2 : La présente décision sera notifiée à Mme A B.

Copie en sera adressée au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie et au ministre auprès du Premier ministre, chargé du budget et des comptes publics.

Délibéré à l'issue de la séance du 3 octobre 2024 où siégeaient : Mme Anne Egerszegi, présidente de chambre, présidant ; M. Vincent Daumas, conseiller d'Etat et M. Cyril Martin de Lagarde, maître des requêtes en service extraordinaire-rapporteur.

Rendu le 31 octobre 2024.

La présidente :

Signé : Mme Anne Egerszegi

Le rapporteur :

Signé : M. Cyril Martin de Lagarde

Le secrétaire :

Signé : M. Brian Bouquet

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances et de l'industrie et au ministre auprès du Premier ministre, chargé du budget et des comptes publics chacun en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour la secrétaire du contentieux, par délégation :

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