mercredi 16 novembre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1902215 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SOCIETE D AVOCATS PLENOT-SUARES-ORLANDINI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire enregistrés les 13 mai 2019 et 16 février 2021, M. B C demande au tribunal d'annuler la délibération n° 2018-187 du 6 novembre 2018 par laquelle le conseil municipal de Grasse a approuvé la révision du plan local d'urbanisme de la commune.
Il soutient que :
- le cadastre sur la base duquel a été établi le plan local d'urbanisme de la commune est inexact ;
- les documents d'inventaire du patrimoine bâti sont incohérents, imprécis et inefficaces ;
- les zones d'aménagement concerté n'apparaissent pas sur le document censé les inventorier ;
- les documents relatifs aux zones d'aménagement concerté de Roquevignon et de Saint-Donat sont obsolètes ;
- le périmètre de protection rapproché de la source de la Foux est erroné dans l'étude d'impact de la zone d'aménagement concerté de Roquevignon et n'a pas été repris dans le plan de zonage du plan local d'urbanisme ;
- le parti d'urbanisme retenu pour l'augmentation des surfaces agricoles est illégal ;
- le classement de certaines parcelles en zone agricole est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- dans les zones urbaines, le plan local d'urbanisme ne prend pas en compte les spécificités de chaque quartier ;
- le règlement opère une distinction concernant le nombre minimal de places de stationnement entre les logements sociaux et les autres logements ;
- il serait plus juste d'arrondir au nombre supérieur le nombre de places de stationnement règlementaire exigé quand le résultat du calcul présente une décimale et de comptabiliser les places visiteurs en plus des places exigées pour les résidents ;
- la délibération attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que des changements ont été apportés au projet de plan local d'urbanisme postérieurement à l'enquête publique ;
- le conseil régional n'a pas été consulté sur le projet de plan local d'urbanisme ;
- la délibération attaquée est caduque dès lors qu'une procédure de modification simplifiée du plan local d'urbanisme a été engagée par un arrêté municipal du 7 février 2019 ;
- le classement en zone 2AU du secteur au sud de l'hôpital est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- le classement en zone 2AUcc du quartier Saint-Laurent à Magnagnosc est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- le classement en zone urbaine à dominante d'habitat du secteur compris entre l'avenue Saint-Laurent et le chemin de la Moutonne est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- une partie du secteur de Magagnosc n'est pas zoné ;
- le classement en zone UCc d'une partie du quartier du Plan-de-Grasse est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- l'orientation d'aménagement et de programmation du quartier Carré/Marigarde est un simple état des lieux et non un projet d'ensemble ;
- l'orientation d'aménagement et de programmation relative au hameau du Plan est contraire aux orientations générales du plan local d'urbanisme ;
- dans le secteur de la Paoute, l'orientation d'aménagement et de programmation rend inopérante la servitude d'attente de projet ;
- le classement en zone 1AUCd d'une partie du secteur de la Paoute est impossible à mettre en œuvre ;
- le classement en zone agricole du quartier Saint-François est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- un programme immobilier a été mis en œuvre dans l'ancienne propriété dite des " jardins de la comtesse " sur la base de permis de construire délivrés antérieurement au PLU en litige alors que ce dernier classe les terrains en zone agricole ;
- le classement en zone 2AU du secteur de Roquevignon est entaché d'erreur manifeste d'appréciation ;
- le projet approuvé sur le secteur de Martelly ne correspond pas à ce qui était prévu dans les documents relatifs à la zone d'aménagement concerté.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 février 2021, la commune de Grasse, représentée par Me Orlandini, conclut à l'irrecevabilité de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de M. C au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que le requérant n'a pas d'intérêt pour agir.
Par ordonnance du 22 février 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 31 mars 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme A ;
- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,
- et les observations de Me Orlandini, représentant la commune de Grasse et de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C, architecte de profession, est propriétaire de la parcelle cadastrée section BD n° 210 située sur le territoire de la commune de Grasse. Le plan local d'urbanisme (PLU) de la commune a été approuvé par une délibération du 28 juin 2007. Par une délibération du 4 juillet 2013, le conseil municipal a prescrit la révision générale de son PLU. Le projet de plan a été arrêté par une délibération du 7 novembre 2017 et soumis à enquête publique du 26 mars au 27 avril 2018. Par une délibération du 6 novembre 2018, le conseil municipal a approuvé la révision du plan local d'urbanisme. M. C a formé un recours gracieux contre cette délibération, reçu le 7 janvier 2019 par la commune. Par une décision du 1er mars 2019, le maire de Grasse a rejeté son recours gracieux. Le requérant demande l'annulation de la délibération du 6 novembre 2018.
Sur la fin de non-recevoir tirée de l'absence d'intérêt pour agir du requérant :
2. La commune soutient que la requête de M. C est irrecevable dès lors que celui-ci se prévaut de sa qualité d'architecte pour contester la délibération approuvant le plan local d'urbanisme révisé. Toutefois, M. C fait également valoir qu'il est habitant de la commune et invoque un préjudice direct de vie découlant du document d'urbanisme adopté. Ainsi, il justifie, en sa qualité d'habitant de la commune de Grasse, d'un intérêt lui donnant qualité à contester le plan local d'urbanisme dans l'ensemble de ses dispositions. Par suite, la fin de non-recevoir opposée par la commune doit être écartée.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
Sur le moyen selon lequel la délibération attaquée est entachée d'un vice de procédure dès lors que des changements ont été apportés au projet de plan local d'urbanisme postérieurement à l'enquête publique :
3. Aux termes de l'article L. 153-21 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable au litige : " A l'issue de l'enquête, le plan local d'urbanisme, éventuellement modifié pour tenir compte des avis qui ont été joints au dossier, des observations du public et du rapport du commissaire ou de la commission d'enquête, est approuvé () ".
4. Il résulte de ces dispositions que les modifications apportées à un projet de plan local d'urbanisme entre la date de sa soumission à enquête publique et celle de son approbation sont possibles à une double condition. D'une part, elles ne peuvent avoir pour objet que de tenir compte des résultats de l'enquête publique ou de l'avis des personnes publiques associées à condition que ces avis aient été joints au dossier. D'autre part, ces modifications ne peuvent remettre en cause l'économie générale du projet.
5. En premier lieu, d'une part, il ressort des éléments accessibles à tous sur le site internet de la commune que trois secteurs de taille et de capacité d'accueil limitées (STECAL) étaient prévus dans le projet de PLU soumis à enquête publique (Domaine des sens, Jardins parfumés, Saint-Georges) et qu'un seul a finalement été créé dans le PLU adopté (Jardins parfumés). Il ressort par ailleurs de l'avis de la commission départementale de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers (CDPENAF) du 20 février 2018, également disponible sur le site internet de la commune, que celle-ci a donné un avis favorable avec réserve à la création de la STECAL du Château Saint-Georges et un avis défavorable à la création de la STECAL du Domaine des Sens, tout en précisant que ce dernier projet avait été abandonné par la commune. Il ressort enfin du rapport du commissaire enquêteur que cet avis a bien été joint au dossier d'enquête publique de sorte que les modifications lui faisant suite doivent être regardées comme résultant de l'enquête publique. D'autre part, à supposer que la suppression de la STECAL du Domaine des sens puisse être regardée comme postérieure à l'enquête publique dès lors que le projet semble avoir été abandonné au préalable, il ne ressort pas des pièces du dossier que la suppression de ces deux STECAL serait de nature à remettre en cause l'économie générale du projet. Par suite, la première branche du moyen doit être écartée.
6. En deuxième lieu, il ressort du même avis que la CDPENAF a donné un avis défavorable au classement en zone UJr du secteur de la Paoute, des quartiers des Roumiguières, de Magnagnosc, de la Madeleine, de Saint-Antoine et de Saint-Jacques, au classement en zone UJb du secteur des Marronniers et au classement en zone U du secteur Emmanuel Rouquier. A supposer que les neuf modifications de zonage invoquées par le requérant soient celles pour lesquelles la commission a donné un avis défavorable, ce qu'il ne précise pas, il ressort de cet avis que les zones concernées présentent une surface totale inférieure à 5,7 hectares soit 0,12% de la surface totale du territoire communal, de sorte que ces modifications ne sont pas de nature à remettre en cause l'économie générale du projet. Par suite, la deuxième branche du moyen doit également être écartée.
7. En troisième lieu, d'une part, il ressort du règlement du PLU disponible en intégralité sur le site internet de la commune que sont autorisées en zone UP les aires d'accueil des gens du voyage alors que cette précision n'apparaissait pas sur la version du règlement soumise à enquête publique, également accessible à tous sur le même site. Cette modification fait suite à l'avis de l'Etat du 21 février 2018 précisant qu'un emplacement réservé E8 est dédié à la création d'une aire d'accueil intercommunale des gens du voyage de 45 places mais que le règlement du PLU ne reprend pas cette disposition de manière littérale dans les caractéristiques de la zone UP et qu'il convient de le modifier en ce sens. Il ressort enfin du rapport du commissaire enquêteur que cet avis a bien été joint au dossier d'enquête publique de sorte que les modifications lui faisant suite doivent être regardées comme résultant de l'enquête publique. D'autre part, cette mention supplémentaire dans le règlement du PLU, alors même que la création d'une aire d'accueil des gens du voyage faisait déjà l'objet d'un emplacement réservé dans le projet de PLU soumis à enquête publique, n'est pas de nature à remettre en cause l'économie générale du projet. Par suite, la troisième branche du moyen doit être écartée.
8. En quatrième lieu, d'une part, il ressort des éléments disponibles sur le site internet de la commune que deux nouveaux emplacements réservés ont été délimités postérieurement à l'enquête publique : l'emplacement VS-C19 d'une surface de 1 686 m² en vue de créer une voie pour les engins de lutte contre les incendies entre le vieux chemin de Saint-Anne, le chemin des Maures et celui des Adrets et l'emplacement VS-C20 d'une surface de 3 374 m² en vue d'élargir le chemin du Pilon pour les engins de lutte contre les incendies avec création de places de croisements. Il ressort par ailleurs que cette modification fait suite à l'avis de l'État susmentionné qui précisait que les dernières données relatives aux plans de prévention des risques applicables sur le territoire de la commune n'avaient pas été prises en compte par la commune de sorte qu'il convenait de corriger le plan local d'urbanisme dans ce sens. D'autre part, la création de ces emplacements réservés, d'une surface totale de 5 060 m², inférieure à 0,02% de la surface totale de la commune n'est pas de nature à remettre en cause l'économie générale du projet. Par suite, la quatrième branche du moyen doit également être écartée.
9. En cinquième lieu, d'une part, il ressort de l'avis de la mission régionale de l'autorité environnementale (MRAe) du 14 février 2018 disponible sur le site internet de la commune que cette dernière recommande de présenter des données plus précises et localisées sur les capacités de densification, de mutation et d'extension des espaces bâtis justifiant les ouvertures à l'urbanisation, d'analyser les incidences du projet de PLU sur la ressource en eau et de produire une analyse détaillée des capacités actuelles et futures d'assainissement. Il ressort par ailleurs du rapport du commissaire enquêteur que cet avis a bien été joint au dossier d'enquête publique de sorte que les modifications lui faisant suite doivent être regardées comme résultant de l'enquête publique. D'autre part, le requérant ne précise pas quelles sont les modifications apportées au projet de PLU suite à ces recommandations ni ne justifie en quoi ces modifications seraient de nature à remettre en cause l'économie générale du projet. Par suite, la cinquième branche du moyen doit être écartée.
10. En sixième lieu, d'une part il ressort de l'avis du conseil départemental des Alpes-Maritimes du 13 février 2018, disponible sur le site internet de la commune, que le département a demandé aux auteurs du PLU de rectifier l'emprise de l'emplacement réservé VL-D9 relatif à l'aménagement d'une bretelle entre l'avenue Emmanuel Rouquier et la RD 6185. Il ressort par ailleurs du rapport du commissaire enquêteur que cet avis a bien été joint au dossier d'enquête publique de sorte que les modifications lui faisant suite doivent être regardées comme résultant de l'enquête publique. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que cette modification, d'une surface de 1 705 m², inférieure à 0,01% du territoire communal, serait de nature à remettre en cause l'économie générale du projet. Par suite, la sixième branche du moyen doit également être écartée.
11. En septième lieu, il ressort du même avis que le conseil départemental a également demandé à la commune de prendre en compte le règlement départemental de voirie actualisé en 2014 et de modifier le règlement applicable en zone UB interdisant les constructions à fonction d'entrepôt afin de préciser que cette interdiction ne s'applique pas pour les équipements d'intérêt collectif et les équipements publics. Il ne ressort pas des pièces du dossier que cette modification, résultant de l'enquête publique, serait de nature à remettre en cause l'économie générale du projet. Par suite, la septième branche du moyen doit être également écartée.
12. En huitième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, il ne ressort pas de l'avis de la chambre de commerce et d'industrie du 20 février 2018, disponible sur le site internet de la commune, que celle-ci aurait sollicité la reconnaissance de deux sites comme sites industriels. Par suite, la huitième branche du moyen doit être écartée.
13. En neuvième lieu, il ressort de l'avis de la chambre d'agriculture du 19 février 2018, disponible sur le site internet de la commune et joint au dossier d'enquête publique, que cette dernière a demandé à la commune que les tunnels et serres soient autorisés dans une plus grande mesure au sein des zones Ap, que les constructions à usage agricole soient autorisées dans les zones U et AU qui en accueillent et que le classement en espaces boisés classés soit restreint aux espaces ayant un caractère remarquable ou environnemental avéré ou dont la justification environnementale émane de documents supra-communaux. D'une part, si le règlement modifié après enquête publique, également accessible à tous sur le même site, précise que les serres agricoles sont autorisées sous réserve que leur superficie n'excède pas 20% de la surface de l'unité foncière contre 30 m² par hectare d'exploitation dans le projet de règlement soumis à enquête publique, et que sont désormais admises dans l'ensemble des zones U et AU les extensions des constructions agricoles existantes, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces modifications, résultant de l'enquête publique, seraient de nature à remettre en cause l'économie générale du projet. D'autre part, si le requérant soutient que des poches d'espaces boisés classés ont été réduites, il ne précise pas lesquelles ni leur surface et ne démontre pas que ces réductions, qu'il qualifie lui-même de " ponctuelles ", seraient de nature à remettre en cause l'économie générale du projet. Par suite, cette branche doit également être écartée.
14. En dernier lieu, si le requérant soutient que l'Etat avait sollicité une reprise de l'inventaire du patrimoine dont il n'a pas été tenu compte, que les demandes de l'Office national des forêts et de l'Etat concernant la suppression de tous les espaces boisés classés du PLU sur les forêts domaniales et communales sous régime forestier ont été ignorées et que la demande de la chambre de commerce et d'industrie de reconnaître le site Charabot en centre-ville comme site artisanal a été rejetée par la commune, il ne résulte pas des dispositions citées au point 3 que l'autorité approuvant le plan local d'urbanisme soit tenue de prendre en compte les observations du public et des personnes publiques associées. Par suite, cette dernière branche sera également écartée.
15. Il résulte de ce qui précède que le moyen sera écarté dans toutes ses branches.
Sur le moyen selon lequel le conseil régional n'a pas été consulté sur le projet de plan local d'urbanisme :
16. Aux termes de l'article R. 123-8 du code de l'environnement dans sa rédaction applicable au litige : " Le dossier soumis à l'enquête publique comprend les pièces et avis exigés par les législations et réglementations applicables au projet, plan ou programme. / Le dossier comprend au moins : / () / 4° Lorsqu'ils sont rendus obligatoires par un texte législatif ou réglementaire préalablement à l'ouverture de l'enquête, les avis émis sur le projet plan, ou programme ; / () ". Aux termes de l'article L. 153-16 du code de l'urbanisme : " Le projet de plan arrêté est soumis pour avis : / 1° Aux personnes publiques associées à son élaboration mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9 ; / () ". L'article L. 132-7 du même code dans sa rédaction applicable au litige précise : " L'Etat, les régions, les départements, () sont associés à l'élaboration des schémas de cohérence territoriale et des plans locaux d'urbanisme dans les conditions définies aux titres IV et V. / () ". Enfin, aux termes de l'article R. 153-4 du code de l'urbanisme : " Les personnes consultées en application des articles L. 153-16 et L. 153-17 donnent un avis dans les limites de leurs compétences propres, au plus tard trois mois après transmission du projet de plan. / A défaut de réponse dans ce délai, ces avis sont réputés favorables ".
17. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que par un courrier reçu le 21 novembre 2017 par le conseil régional, la commune a sollicité l'avis de la collectivité sur son projet de plan local d'urbanisme révisé. En l'absence de réponse, un avis réputé favorable est né. Par suite, le requérant n'est pas fondé à soutenir que le conseil régional n'aurait pas été consulté sur le projet de plan de la commune.
Sur le moyen selon lequel la délibération attaquée est caduque dès lors qu'une procédure de modification simplifiée du plan local d'urbanisme a été engagée par un arrêté municipal du 7 février 2019 :
18. Ce moyen n'est pas assorti des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé et doit être écarté.
Sur le moyen selon lequel le cadastre sur la base duquel a été établi le plan local d'urbanisme de la commune est inexact :
19. D'une part, il ressort des vues aériennes des secteurs du lycée Fénelon et du Mont Ventoux que ces espaces sont densément urbanisés, de sorte que la circonstance que le cadastre utilisé ne ferait pas apparaître que des bâtiments auraient été démolis et des espaces publics déplacés ou les dernières constructions édifiées n'est pas de nature à entacher le classement en zone urbaine de ces secteurs d'une erreur manifeste d'appréciation ou à avoir eu une influence sur ce classement. D'autre part, si le requérant soutient que le quartier du Claux Amix est classé en zone Ng, il ressort du plan de zonage Nord, disponible sur le site internet de la commune, que celui-ci est en réalité classé en zone Ufgc. La circonstance que le cadastre utilisé ne ferait pas apparaître les constructions édifiées n'est dès lors pas de nature à entacher ce classement en zone urbaine d'une erreur manifeste d'appréciation. Par suite, le moyen doit être écarté.
Sur le moyen selon lequel les documents d'inventaire du patrimoine bâti sont incohérents, imprécis et inefficaces :
20. Aux termes de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme : " Le règlement peut identifier et localiser les éléments de paysage et identifier, localiser et délimiter les quartiers, îlots, immeubles bâtis ou non bâtis, espaces publics, monuments, sites et secteurs à protéger, à conserver, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural et définir, le cas échéant, les prescriptions de nature à assurer leur préservation leur conservation ou leur restauration. () ". Aux termes de l'article R.*421-28 du même code : " Doivent en outre être précédés d'un permis de démolir les travaux ayant pour objet de démolir ou de rendre inutilisable tout ou partie d'une construction : / () / e) Identifiée comme devant être protégée en étant située à l'intérieur d'un périmètre délimité par un plan local d'urbanisme ou un document d'urbanisme en tenant lieu en application de l'article L. 151-19 ou de l'article L. 151-23 () ".
21. En premier lieu, aucune disposition législative ou réglementaire n'impose aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de définir des critères permettant d'identifier les immeubles à protéger, à conserver, à mettre en valeur ou à requalifier pour des motifs d'ordre culturel, historique ou architectural. Par suite, la première branche du moyen doit être écartée.
22. En deuxième lieu, il résulte des dispositions précitées du code de l'urbanisme que la seule obligation qui découle de l'identification d'un édifice protégé en application de l'article L. 151-19 du code de l'urbanisme est celle d'obtenir un permis de démolir pour tous travaux ayant pour objet de démolir ou de rendre inutilisable tout ou partie d'une telle construction. Par suite, la circonstance que les mesures adoptées par les auteurs du PLU de Grasse ne seraient pas suffisantes pour protéger ou mettre en valeur les constructions recensées dans l'inventaire du patrimoine bâti ou qu'il ne serait pas fait état de contraintes urbaines architecturales ou juridiques précises est inopérante à l'encontre de la délibération attaquée.
23. En troisième lieu, s'il ressort de la lecture des dispositions de l'article PE4 du règlement relatif à la protection du patrimoine bâti identifié qu'il existe effectivement une contradiction entre la prescription consistant à interdire tous travaux ayant pour effet de détruire un élément de ce patrimoine et celle consistant à rappeler que doivent être précédées d'un permis de démolir les travaux ayant pour effet de démolir ou de rendre inutilisable tout ou partie d'un élément identifié, cette contradiction n'est pas de nature à entacher d'illégalité la délibération attaquée. Il résulte de la lecture de ces dispositions que le PLU doit être regardé comme interdisant tous travaux ayant pour effet de détruire un élément de ce patrimoine, nonobstant la circonstance qu'un permis de démolir serait effectivement sollicité par un pétitionnaire.
24. En quatrième lieu, la circonstance qu'un élément bâti protégé au titre de l'inventaire aurait été démoli en méconnaissance de ces dispositions est inopérante à l'encontre de la délibération attaquée.
25. En dernier lieu, si le requérant soutient que les documents relatifs à l'inventaire du patrimoine bâti seraient incohérents avec les demandes de l'Etat dès lors qu'il est difficile de lire ces documents et de les confronter les uns aux autres, cette dernière branche du moyen n'est pas assortie des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé.
26. Il résulte de ce qui précède que le moyen doit être écarté dans toutes ses branches.
Sur les moyens relatifs aux zones d'aménagement concerté de Roquevignon, Saint-Donat et Martelly :
27. En premier lieu, il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire que les auteurs d'un plan local d'urbanisme seraient tenus d'inventorier les zones d'aménagement concerté (ZAC) du territoire en annexe du PLU. Par suite, le moyen selon lequel les zones d'aménagement concerté n'apparaissent pas sur le document censé les inventorier est inopérant et doit être écarté comme tel.
28. En deuxième lieu, si le requérant soutient qu'il est impensable de réfléchir à un document d'urbanisme sur la base de documents relatifs au ZAC obsolètes, sans prendre en compte les nouveaux enjeux environnementaux ou les nouvelles réglementations en vigueur, il ne précise pas quels sont ces enjeux ou réglementations qui n'auraient pas été pris en compte ni leur influence sur le plan local d'urbanisme objet du litige. Par suite, le moyen n'est pas assorti des précisions permettant d'en apprécier le bien-fondé et doit être écarté.
29. En troisième lieu, il ne résulte d'aucune disposition législative ou réglementaire que les auteurs d'un plan local d'urbanisme seraient tenus d'intégrer au plan de zonage les périmètres de protection instaurés dans le cadre d'une zone d'aménagement concerté. Par suite, le moyen selon lequel le périmètre de protection de la source de la Foux est erroné et n'a pas été repris dans le zonage du PLU est inopérant et doit être écarté comme tel.
30. En dernier lieu, le moyen selon lequel le projet approuvé sur le secteur de Martelly ne correspond pas à ce qui était programmé dans les documents relatifs à la zone d'aménagement concerté afférente est également inopérant et doit être écarté comme tel.
Sur le moyen selon lequel le parti d'urbanisme retenu pour l'augmentation des surfaces agricoles est illégal :
31. Il appartient aux auteurs d'un plan local d'urbanisme de déterminer le parti d'aménagement à retenir en tenant compte de la situation existante et des perspectives d'avenir, et de fixer en conséquence le zonage et les possibilités de construction. Ils ne sont pas liés, pour déterminer l'affectation future des divers secteurs, par les modalités existantes d'utilisation des sols, dont ils peuvent prévoir la modification dans l'intérêt de l'urbanisme. Leur appréciation sur ces différents points ne peut être censurée par le juge administratif qu'au cas où elle serait entachée d'une erreur manifeste ou fondée sur des faits matériellement inexacts.
32. D'une part, il ne ressort pas des pièces du dossier que le classement en zone agricole de zones préalablement classées en N serait contraire au parti d'aménagement retenu par les auteurs du PLU et consistant à densifier l'existant et limiter l'étalement urbain dès lors qu'il ressort du règlement du PLU disponible sur le site internet de la commune que sont interdites en zone A les occupations et utilisations du sol autres que celles destinées à l'exploitation agricole et forestière ou soumises à conditions particulières.
33. D'autre part, à supposer que le requérant ait entendu soutenir que l'extension des zones agricoles par la reconversion de zones urbaines aurait été mieux adaptée et que le choix de la commune est entaché d'une erreur manifeste d'appréciation compte tenu de cette solution alternative, il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur l'opportunité du choix opéré par la commune. Il suit de là que le moyen doit être écarté.
Sur les moyens relatifs au règlement :
34. En premier lieu, si le requérant soutient que les règles d'alignement imposées aux constructions nouvelles dans le quartier du Bon marché seraient contraires à l'identité pavillonnaire du secteur et entraîneraient une sous-densification par rapport à l'existant et indique que, compte tenu de l'identité historique de la commune de Grasse, l'extension des hameaux de Magagnosc de manière concentrique était plus indiquée qu'une extension linéaire, une telle argumentation est inopérante pour établir que la création d'une zone d'urbanisation future de 2,5 hectares ou que la réglementation applicable au quartier du Bon marché seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation dès lors qu'il n'appartient pas au juge administratif de se prononcer sur l'opportunité du choix opéré par la commune. Par suite, le moyen doit être écarté.
35. En deuxième lieu, aux termes de l'article L. 151-34 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable au litige : " Le règlement peut ne pas imposer la réalisation d'aires de stationnement lors de la construction : / 1° De logements locatifs financés avec un prêt aidé par l'Etat ; / () " et aux termes de l'article L. 151-35 du même code : " Il ne peut, nonobstant toute disposition du plan local d'urbanisme, être exigé pour les constructions destinées à l'habitation mentionnées aux 1° à 3° de l'article L. 151-34 la réalisation de plus d'une aire de stationnement par logement. / () ".
36. Il résulte de ces dispositions que le règlement du plan local d'urbanisme en litige n'est pas entaché d'illégalité en imposant la réalisation d'une seule place de stationnement par logement pour les constructions de logements locatifs financés avec un prêt aidé de l'Etat. Il suit de là que ce moyen doit être écarté.
37. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 151-30 du code de l'urbanisme : " Lorsque le règlement prévoit des obligations en matière de stationnement des véhicules motorisés, il fixe des obligations suffisantes pour les vélos pour les immeubles d'habitation et de bureaux, dans le respect des conditions prévues à l'article L. 113-18 du code de la construction et de l'habitation ".
38. D'une part, ni les dispositions de l'article L. 151-30 du code de l'urbanisme ni aucune autre disposition ne font obligation à un plan local d'urbanisme de comporter des prescriptions relatives à la création d'aires de stationnement pour les véhicules à moteur. D'autre part, il ne ressort pas des pièces du dossier que les prescriptions du règlement du plan local d'urbanisme en litige, en prévoyant que le calcul du nombre de places de stationnement réglementaire exigé sera arrondi au nombre supérieur dès que la décimale est supérieure ou égale à 5 et, par conséquent, au nombre inférieur dans le cas inverse, et en comptabilisant un pourcentage de places visiteurs au sein de ce nombre et non en supplément, seraient entachées d'une erreur manifeste d'appréciation.
Sur les moyens relatifs aux orientations d'aménagement et de programmation :
39. Aux termes de l'article L. 151-6 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable au litige : " Les orientations d'aménagement et de programmation comprennent, en cohérence avec le projet d'aménagement et de développement durables, des dispositions portant sur l'aménagement, l'habitat, les transports, les déplacements et, en zone de montagne, sur les unités touristiques nouvelles. / () " et aux termes de l'article L. 151-7 du même code dans sa rédaction applicable au litige : " I. - Les orientations d'aménagement et de programmation peuvent notamment : / 1° Définir les actions et opérations nécessaires pour mettre en valeur l'environnement, notamment les continuités écologiques, les paysages, les entrées de villes et le patrimoine, lutter contre l'insalubrité, permettre le renouvellement urbain et assurer le développement de la commune ; / 2° Favoriser la mixité fonctionnelle en prévoyant qu'en cas de réalisation d'opérations d'aménagement, de construction ou de réhabilitation un pourcentage de ces opérations est destiné à la réalisation de commerces ; / 3° Comporter un échéancier prévisionnel de l'ouverture à l'urbanisation des zones à urbaniser et de la réalisation des équipements correspondants ; / 4° Porter sur des quartiers ou des secteurs à mettre en valeur, réhabiliter, restructurer ou aménager ; / 5° Prendre la forme de schémas d'aménagement et préciser les principales caractéristiques des voies et espaces publics ; / 6° Adapter la délimitation des périmètres, en fonction de la qualité de la desserte, où s'applique le plafonnement à proximité des transports prévu aux articles L. 151-35 et L. 151-36 ".
40. En premier lieu, il ressort de la lecture du document relatif aux orientations d'aménagement et de programmation (OAP) stratégiques, accessible à tous sur le site internet de la commune, que la commune de Grasse souhaite aménager le quartier Carré Marigarde en permettant l'installation d'activités économiques en lien avec le plan de Grasse, en diminuant la densité du secteur et en créant un espace public au sein du quartier de la gare. Les auteurs du PLU projettent également la mise en œuvre de connexions entre le quartier de la gare, au centre-historique, et la plaine de Grasse et d'un traitement paysager visant à permettre une transition visuelle avec les quartiers existants et les espaces agricoles et à prendre en compte la trame verte. Ainsi, contrairement à ce que soutient le requérant, cette orientation d'aménagement et de programmation comporte bien des orientations définissant des actions ou opérations visant, dans un souci de cohérence à l'échelle du périmètre qu'elle couvre, à aménager le secteur. Il suit de là que le moyen doit être écarté.
41. En deuxième lieu, le requérant soutient que l'orientation d'aménagement et de programmation relative au hameau du Plan est contraire aux orientations générales du plan local d'urbanisme. D'une part, si le projet d'aménagement et de développement durable comporte une orientation consistant à soutenir et dynamiser l'activité agricole, notamment en faisant du PLU un facilitateur pour le développement ou le redéploiement des installations agricoles et en reclassant en zone agricole les grandes réserves d'urbanisation future dans les quartiers de Saint-Mathieu, de Saint-Marc et de Saint-Antoine, il comporte également une orientation visant à modérer la consommation de l'espace notamment en optimisant les espaces déjà urbanisés par le biais des dents creuses existantes dans la zone agglomérée. D'autre part, si l'OAP du hameau du Plan porte sur la création de 80 logements dont 40 logements sociaux sur une zone anciennement agricole, la chambre d'agriculture a donné un avis favorable le 19 février 2018 au zonage du plan local d'urbanisme sans émettre de réserve sur ce point et en soulignant accueillir positivement la décision de la commune de conserver la grande majorité des espaces agricoles du PLU en vigueur (176,5 hectares) et d'en affecter de nouveaux (744 hectares) de sorte que les espaces agricoles représentent près de 21 % du territoire communal. Le projet porté par l'OAP n'apparaît pas, dans ces conditions, incohérent avec les orientations du projet d'aménagement et de développement durable.
42. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 151-41 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable au litige : " Le règlement peut délimiter des terrains sur lesquels sont institués : / () / 5° Dans les zones urbaines et à urbaniser, des servitudes interdisant, sous réserve d'une justification particulière, pour une durée au plus de cinq ans dans l'attente de l'approbation par la commune d'un projet d'aménagement global, les constructions ou installations d'une superficie supérieure à un seuil défini par le règlement. Ces servitudes ne peuvent avoir pour effet d'interdire les travaux ayant pour objet l'adaptation, le changement de destination, la réfection ou l'extension limitée des constructions existantes. / () ".
43. Il ne résulte ni des dispositions précitées ni d'aucune disposition législative ou réglementaire que les auteurs du PLU ne pourraient instituer une servitude d'attente de projet grevant un secteur d'opération d'aménagement et de programmation. Ainsi, il est loisible à la commune de recourir à une orientation d'aménagement et de programmation en tant qu'outil visant à concrétiser le projet d'aménagement global. Il suit de là que le moyen selon lequel, dans le secteur de la Paoute, l'orientation d'aménagement et de programmation rendrait inopérante la servitude d'attente de projet doit être écarté.
Sur les moyens relatifs au zonage :
44. En premier lieu, aux termes de l'article R. 151-22 du code de l'urbanisme : " Les zones agricoles sont dites " zones A ". Peuvent être classés en zone agricole les secteurs de la commune, équipés ou non, à protéger en raison du potentiel agronomique, biologique ou économique des terres agricoles ".
45. Si le requérant soutient que le classement de certaines parcelles en zone agricole est entaché d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que des logements, annexes et jardins d'agrément sont présents sur les parcelles, ne permettant pas ainsi le développement réel de zones agricoles efficientes, il ne résulte pas des dispositions précitées que l'artificialisation d'une parcelle interdirait nécessairement son classement en zone agricole. Par suite, la circonstance que des logements, annexes et jardins d'agrément seraient présents sur les parcelles classées en zone agricole, ce qui par ailleurs ne ressort pas des pièces du dossier, n'est pas suffisante pour démontrer que le classement de ces parcelles serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation.
46. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 151-31 du code de l'urbanisme : " Dans les zones U, AU, A et N, les documents graphiques du règlement font apparaître, s'il y a lieu : / 1° Les espaces boisés classés définis à l'article L. 113-1 ; / () ".
47. Aucun principe ni aucune disposition n'interdit à un document d'urbanisme de délimiter des espaces boisés classés en zone urbaine ou à urbaniser. Par suite, le moyen selon lequel le classement en zone 2AU du secteur au sud de l'hôpital serait entaché d'une erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
48. En troisième lieu, aux termes de l'article R. 151-20 du code de l'urbanisme : " Les zones à urbaniser sont dites " zones AU ". Peuvent être classés en zone à urbaniser les secteurs destinés à être ouverts à l'urbanisation. / Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone et que des orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement en ont défini les conditions d'aménagement et d'équipement, les constructions y sont autorisées soit lors de la réalisation d'une opération d'aménagement d'ensemble, soit au fur et à mesure de la réalisation des équipements internes à la zone prévus par les orientations d'aménagement et de programmation et, le cas échéant, le règlement. / Lorsque les voies ouvertes au public et les réseaux d'eau, d'électricité et, le cas échéant, d'assainissement existant à la périphérie immédiate d'une zone AU n'ont pas une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter dans l'ensemble de cette zone, son ouverture à l'urbanisation est subordonnée à une modification ou à une révision du plan local d'urbanisme comportant notamment les orientations d'aménagement et de programmation de la zone ".
49. D'une part, si le requérant soutient que le secteur 1AUCc des Roumégons de Magagnosc ne présente aucun cheminement autre que le chemin des deux chapelles en limite haute de la zone, d'une largeur inférieure à 3 mètres et se terminant en cul de sac, cette allégation n'est pas établie par les pièces du dossier. D'autre part, il ne ressort pas davantage des pièces du dossier que les constructions seraient interdites dans les secteurs identifiés en zone bleue aux termes du plan de prévention des risques naturels prévisibles de mouvements de terrains applicable sur le territoire communal. Par suite, le moyen selon lequel le classement en zone 2AUcc du quartier Saint-Laurent à Magnagnosc serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
50. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 151-18 du code de l'urbanisme : " Les zones urbaines sont dites " zones U ". Peuvent être classés en zone urbaine, les secteurs déjà urbanisés et les secteurs où les équipements publics existants ou en cours de réalisation ont une capacité suffisante pour desservir les constructions à implanter ".
51. Le requérant soutient que le classement en zone urbaine à dominante d'habitat du secteur compris entre l'avenue Saint-Laurent et le chemin de la Moutonne est entaché d'erreur manifeste d'appréciation. D'une part, il n'est pas démontré que les équipements publics existants ou en cours de réalisation auraient une capacité insuffisante pour desservir les constructions à implanter. D'autre part, si le requérant soutient que le secteur serait boisé d'oliviers, il ne ressort pas des pièces du dossier que le déplacement de ces arbres serait impossible ou que cette végétation ferait obstacle à toute construction. Par suite, le moyen doit être écarté.
52. En cinquième lieu, contrairement à ce que soutient le requérant, la double zone qu'il identifie dans le secteur de Magagnosc comme étant non zonée est identifiée en zone agricole sur les documents graphiques du plan local d'urbanisme. Par suite, ce moyen doit également être écarté.
53. En sixième lieu, aux termes de l'article R. 151-34 du code de l'urbanisme dans sa rédaction applicable au litige : " Dans les zones U, AU, A et N les documents graphiques du règlement font apparaître, s'il y a lieu : / 1° Les secteurs où les nécessités du fonctionnement des services publics, de l'hygiène, de la protection contre les nuisances et de la préservation des ressources naturelles ou l'existence de risques naturels, de risques miniers ou de risques technologiques justifient que soient soumises à des conditions spéciales les constructions et installations de toute nature, permanentes ou non, les plantations, dépôts, affouillements, forages et exhaussements des sols ; / () ".
54. En l'espèce, il ressort des documents graphiques relatifs au secteur Plan-de-Grasse, accessibles à tous sur le site de la commune, qu'une partie du secteur classé en zone UCc, largement urbanisé, est couverte par une servitude de zone non aedificandi pour les occupations et utilisations du sol en zone d'inondabilité forte. Il ne ressort pas des pièces du dossier que cette interdiction de toute construction nouvelle excèderait ce qui est nécessaire à l'objectif recherché, à savoir la protection contre l'existence d'un risque naturel d'inondation. Par suite, le moyen selon lequel le classement en zone UCc d'une partie du quartier du Plan-de-Grasse serait entaché d'erreur manifeste d'appréciation doit être écarté.
55. En septième lieu, si le requérant soutient que le classement en zone 1AUCd d'une partie du secteur de la Paoute est impossible à mettre en œuvre et que le classement en zone agricole du quartier Saint-François et celui en zone 2AU du secteur de Roquevignon sont entachés d'erreur manifeste d'appréciation, ces moyens ne sont pas assortis des précisions suffisantes permettant d'en apprécier le bien-fondé et doivent être écartés.
56. En dernier lieu, si le requérant soutient qu'un programme immobilier a été mis en œuvre dans l'ancienne propriété dite des " jardins de la comtesse " sur la base de permis de construire délivrés antérieurement au PLU en litige alors que ce dernier classe les terrains en zone agricole, ce moyen est inopérant et doit être écarté comme tel.
57. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation de la délibération du 6 novembre 2018 présentées par M. C doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
58. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de M. C la somme de 500 euros au titre des frais exposés par la commune de Grasse et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. C est rejetée.
Article 2 : M. C versera à la commune de Grasse une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. B C et à la commune de Grasse.
Délibéré après l'audience du 19 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Bonhomme, président,
Mme Soler, conseillère,
M. Holzer, conseiller,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 novembre 2022.
La rapporteure,
Signé
N. A
Le président,
Signé
T. BONHOMMELa greffière,
Signé
N. KATARYNEZUK
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026