mardi 30 mai 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-1902989 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | PALOUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 21 juin 2019, le 30 décembre 2019 et le 22 juin 2021, M. B F, Mme A H, M. I J, Mme E L, épouse J, M. D C, représentés par Me Paloux, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler la décision par laquelle la métropole Nice Côte d'Azur a implicitement rejeté leur demande tendant à la réalisation de travaux de consolidation et de débouchage sur l'ouvrage hydraulique situé route de Cagnes à La Gaude ;
2°) d'enjoindre à la métropole de Nice Côte d'Azur de prendre toutes mesures nécessaires pour prévenir tout risque lié à l'effondrement de la voie d'accès, consistant notamment en des travaux de consolidation et de débouchage sur l'ouvrage hydraulique situé route de Cagnes à La Gaude, dans un délai de 10 jours à compter de la notification du jugement à venir, sous astreinte de 400 euros par jour de retard ;
3°) de mettre à la charge de la métropole de Nice Côte d'Azur les frais de l'expertise judiciaire à verser à M. et Mme J ;
4°) de mettre à la charge de la métropole de Nice Côte d'Azur les frais de constat d'huissier réalisés le 19 février à verser à M. F ;
5°) de mettre à la charge de la métropole de Nice Côte d'Azur la somme de 6 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dès lors qu'il appartient à la métropole d'effectuer les travaux nécessaires sur l'ouvrage hydraulique en tant qu'autorité compétente en matière d'assainissement.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 6 janvier 2020, le 14 janvier 2020, le 1er juin 2021 et le 1er juillet 2021, la métropole de Nice Côte d'Azur, représentée par Me Lafranchi, conclut, à titre principal, à l'irrecevabilité de la requête, à titre subsidiaire, à son rejet et demande au tribunal de mettre la somme de 3 000 euros à la charge des requérants sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- les requérants n'ont pas de qualité à agir dès lors que la voie d'accès est une partie commune d'un lotissement ;
- les conclusions aux fins d'injonction sont irrecevables ;
- les conclusions aux fins de condamnation de la métropole à payer les frais d'expertise sont irrecevables dès lors qu'il s'agit d'une demande nouvelle et qu'elles n'ont pas été précédées d'une demande préalable ;
- les autres moyens de la requête ne sont pas fondés.
Par des mémoires en intervention enregistrés le 30 décembre 2019, le 24 août 2020 et le 25 août 2020, M. K G, représenté par Me Paloux, conclut à l'annulation de la décision par laquelle la métropole Nice Côte d'Azur a rejeté la demande tendant à la réalisation de travaux de consolidation et de débouchage sur l'ouvrage public hydraulique situé route de Cagnes à La Gaude, à ce qui soit ordonné à la métropole de prendre toutes mesures nécessaires pour prévenir tout risque lié à l'effondrement de la voie d'accès, consistant notamment en des travaux de consolidation et de débouchage sur l'ouvrage hydraulique situé route de Cagnes à La Gaude, sous astreinte de 1 000 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement à venir et de mettre à la charge de la métropole la somme de 1 500 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Par un courrier en date du 3 avril 2023, les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré de l'irrecevabilité des conclusions tendant à ce qu'il soit enjoint à la métropole Nice Côte d'Azur de prendre les mesures de nature à mettre fin au dommage, dès lors qu'elles ne sont pas assorties de conclusions indemnitaires.
Un mémoire en réponse au moyen d'ordre public a été enregistré le 28 avril 2023 pour les requérants.
Par ordonnance du 24 juin 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 8 juillet 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'environnement ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Duroux, conseillère ;
- les conclusions de M. Soli, rapporteur public,
- et les observations de Me Paloux, représentant les requérants.
Vu la note en délibéré enregistré le 23 mai 2023 pour la métropole Nice Côte d'Azur.
Considérant ce qui suit :
1. M. F, Mme H, M. et Mme J et M. C sont propriétaires de parcelles situées route de Cagnes à La Gaude sur lesquelles se situent leurs habitations, lesquelles sont desservies par une voie privée ouverte à la circulation. Cette voie d'accès se situe, en partie, au-dessus d'un ouvrage hydraulique qui canalise l'évacuation des eaux pluviales qui se déversent dans le vallon des Près. Le 3 octobre 2015, à la suite de violentes intempéries, cette voie d'accès a subi de nombreux désordres. Les requérants déclarent que les eaux de ruissellement ont emporté une partie des piliers soutenant la voie d'accès entraînant son affaissement et rendant apparents les canalisations d'eau et les réseaux électriques. A la suite du rapport d'expertise diligenté par le tribunal de grande instance de Grasse, déposé le 3 août 2017, les intéressés ont demandé à la métropole Nice Côte d'Azur, par courrier du 5 avril 2018, reçu le 8 avril suivant, de procéder aux travaux de consolidation et de débouchage de l'ouvrage hydraulique situé sous la voie d'accès. Cette demande a fait l'objet d'un refus implicite. Par la présente requête, les requérants demandent au tribunal d'annuler la décision par laquelle la métropole Nice Côte d'Azur a implicitement refuser de procéder aux travaux de consolidation et de débouchage de l'ouvrage hydraulique.
Sur la nature du litige :
2. Il appartient au juge, saisi de conclusions tendant à ce que la responsabilité de la personne publique soit engagée, de se prononcer sur les modalités de la réparation du dommage, au nombre desquelles figure le prononcé d'injonctions, alors même que le requérant demanderait seulement l'annulation du refus de la personne publique de mettre fin au dommage, assortie de conclusions aux fins d'injonction à prendre de telles mesures. Dans ce cas, il doit regarder ce refus de la personne publique comme ayant pour seul effet de lier le contentieux.
3. Il résulte du point précédent que les conclusions de la requête aux fins d'annulation doivent être requalifiées de conclusions de plein contentieux tendant à engager la responsabilité de la métropole Nice Côte d'Azur, la décision de refus la métropole de procéder aux travaux pour mettre fin au dommage ayant pour seul effet de lier le contentieux.
Sur les fins de non-recevoir opposées par la métropole :
4. En premier lieu, la métropole fait valoir que les requérants ne justifient d'aucune qualité à agir dès lors que la procédure concernerait la voie d'accès d'un lotissement qui constitue une partie commune. Elle allègue que seul le représentant du syndicat des copropriétaires ou de l'association syndicale libre a qualité pour agir. Toutefois, la métropole n'apporte aucun élément de preuve quant à l'existence d'un syndicat des copropriétaires ou de l'association syndicale libre. La fin de non-recevoir tirée du défaut à agir des requérants sera donc écartée.
5. En second lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / () ".
6. Les frais d'expertise qu'a définitivement supportés une personne en raison d'une instance judiciaire dans laquelle elle était partie sont au nombre des préjudices dont elle peut obtenir réparation de la part de l'auteur du dommage.
7. Par un mémoire enregistré le 22 juin 2021, soit après l'expiration du délai de recours contre la décision attaquée, les requérants demandent au tribunal de mettre à la charge de la métropole de Nice Côte d'Azur les frais de l'expertise judiciaire à verser à M. et Mme J. Toutefois, ainsi que le fait valoir la métropole, il s'agit là d'une nouvelle demande présentée tardivement et qui n'a pas fait l'objet d'une demande préalable. Par suite, la fin de non-recevoir tirée de l'irrecevabilité de ces conclusions doit être accueillie.
Sur les conclusions tendant à enjoindre à la métropole de prendre des mesures pour faire cesser les dommages :
8. Le juge administratif ne peut être saisi, dans le cadre d'une action en responsabilité sans faute pour dommages de travaux publics, de conclusions tendant à ce qu'il enjoigne à la personne publique de prendre les mesures de nature à mettre fin au dommage ou à en pallier les effets, qu'en complément de conclusions indemnitaires.
9. Il résulte de l'instruction qu'en demandant au tribunal d'enjoindre à la métropole Nice Côte d'Azur de réaliser des travaux de consolidation et de débouchage sur l'ouvrage hydraulique litigieux, les requérants doivent être regardés comme ayant présenté des conclusions tendant à engager la responsabilité sans faute de la métropole Nice Côte d'Azur pour dommages de travaux publics. Toutefois, ces conclusions ne sont assorties d'aucune conclusion indemnitaire. Par suite, les conclusions de la requête tendant à enjoindre à la métropole de prendre des mesures pour faire cesser les dommages sont irrecevables et doivent donc être rejetées.
Sur l'intervention volontaire de M. G :
10. Cette intervention est présentée à l'appui de la requête des réquérants. Cette requête étant, ainsi qu'il a été dit au point 9, irrecevable, l'intervention n'est, en conséquence, pas recevable.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de la métropole Nice Côte d'Azur qui n'est pas la partie perdant dans la présente instance.
12. Dans les circonstances de l'espèce, il y a lieu de mettre à la charge des requérants une somme de 1 000 euros à verser à la métropole Nice Côte d'Azur au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention de M. G n'est pas admise.
Article 2 : La requête de M. F et autres est rejetée.
Article 3 : Les requérants verseront à la métropole Nice Côte d'Azur une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B F, Mme A H, M. I J, Mme E L épouse J, M. D C, à M. K G et à la métropole Nice Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 9 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pascal, président,
Mme Duroux, conseillère,
Mme Bergantz, conseillère,
assistés de Mme Génovèse, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 mai 2023.
La rapporteure,
signé
G. DUROUX
Le président,
signé
F. PASCALLa greffière,
signé
S. GENOVESE
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef
Ou par délégation, le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026