mercredi 5 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2001025 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | D |
| Formation | Magistrat M. BONHOMME |
| Avocat requérant | DE CAUMONT |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés les 26 février et 20 juin 2020,
M. A B, représenté par Me de Caumont, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision référencée " 48 SI " du 24 janvier 2020 par laquelle le ministre de l'intérieur lui a notifié le retrait de six points sur son titre de conduite à la suite d'une infraction commise le 16 juin 2019, a récapitulé les retraits de points antérieurs, a constaté la perte de validité de son permis de conduire pour solde de points nul et lui a enjoint de le restituer dans un délai de dix jours ;
2°) d'annuler les décisions de retrait de points relatives aux infractions commises les
3 août 2016, 6 juin 2018, 12 mai 2019 et 16 juin 2019 ;
3°) d'enjoindre au ministre de l'intérieur d'affecter à son permis de conduire les points illégalement retirés et de lui restituer son titre de conduite dans le délai d'un mois à compter de la notification du jugement à intervenir ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que les décisions de retrait de points afférentes aux infractions qu'il conteste ont été prises au terme d'une procédure irrégulière, dès lors que ces retraits ont été décidés sans que ne soit porté à sa connaissance, lors de la constatation des infractions, la totalité des informations mentionnées par les dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route.
Par un mémoire en défense, enregistré le 17 juin 2020, le ministre de l'intérieur conclut au non-lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre la 48SI en tant qu'elle invalide son permis pour solde nul et en tant qu'elle retire des points suite à l'infraction du 16 juin 2019, et au rejet du surplus des conclusions de la requête.
Il fait valoir que les moyens du requérant ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de procédure pénale ;
- le code de la route ;
- le code de justice administrative ;
La présidente du tribunal a désigné M. Bonhomme, vice-président, pour statuer sur les litiges relevant de l'article R. 222-13 du code de justice administrative.
Le magistrat désigné a dispensé le rapporteur public, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de M. Bonhomme, magistrat désigné, a été entendu au cours de l'audience publique du 21 septembre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision référencée " 48 SI " du 24 janvier 2020, le ministre de l'intérieur, après avoir rappelé ses précédentes décisions de retrait, a constaté la perte de validité du permis de M. B pour solde de points nul et a ordonné à l'intéressé de restituer ce permis dans le délai de dix jours. Par sa requête, M. B demande au tribunal l'annulation de l'ensemble de ces décisions.
Sur l'exception de non-lieu :
2. Il résulte de l'instruction que les mentions relatives à la décision référencée " 48 SI ", en tant qu'elle porte invalidation du permis de conduire de M. B et injonction de le restituer, et à la décision portant retrait de points suite à l'infraction du 16 juin 2019, ne figurent plus sur le relevé d'information intégral produit par le ministre de l'intérieur et des outre-mer et édité en cours d'instance le 17 juin 2020, qui fait apparaître un solde positif avec six points sur douze. Dès lors, le ministre de l'intérieur doit être regardé comme ayant implicitement mais nécessairement retiré, postérieurement à la date d'introduction de la requête, cette mesure d'invalidation et la décision de retrait de points. En conséquence, les conclusions tendant à l'annulation de la décision " 48 SI " et de la décision portant retrait de points suite à l'infraction du 16 juin 2019 contestées sont, dans cette mesure, devenues sans objet. Le ministre de l'intérieur est donc fondé à soutenir qu'il n'y a plus lieu d'y statuer.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la recevabilité des conclusions dirigées contre les infractions commises les 3 août 2016 et 6 juin 2018 :
3. Il résulte du relevé d'information intégral relatif au permis de conduire de
M. B du 17 juin 2020 et produit par le ministre de l'intérieur, que les points ôtés consécutivement aux infractions commises les 3 août 2016 et 6 juin 2018 ont e´te´ restitue´s au reque´rant respectivement les 3 novembre 2017 et 2 avril 2019, soit antérieurement à l'introduction de la requête. Dès lors, le ministre de l'intérieur est fondé à soutenir que les conclusions tendant à l'annulation des décisions de retrait de ces points sont dépourvues d'objet. Elles sont, par suite, irrecevables et doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions accessoires aux fins d'injonction de restitution de ces points.
En ce qui concerne la légalité de la décision portant retrait de points suite à l'infraction du 12 mai 2019 :
4. En application des dispositions des articles L. 223-3 et R. 223-3 du code de la route, lors de la contestation d'une infraction entraînant retrait de points, l'auteur de celle-ci est informé notamment qu'il encourt un retrait de points si la réalité de l'infraction est établie dans les conditions définies à l'article L. 223-1 du même code. Il est informé également de l'existence d'un traitement automatisé des retraits et reconstitutions de points et de la possibilité pour lui d'accéder aux informations le concernant. L'information prévue par ces dispositions du code de la route constitue une formalité substantielle dont l'accomplissement, qui est une garantie essentielle donnée à l'auteur de l'infraction pour lui permettre d'en contester la réalité et d'en mesurer les conséquences sur la validité de son permis, est une condition de la régularité de la procédure suivie et, partant, de la légalité du retrait de points. Il appartient à l'administration d'apporter la preuve, par tous moyens, qu'elle a satisfait à cette obligation.
5. En application du second alinéa de l'article 529-2 du code de procédure pénale, en l'absence de paiement ou de requête en exonération dans le délai de quarante-cinq jours suivant, selon les cas, la date de constatation de l'infraction ou la date d'envoi de l'avis de contravention, l'amende forfaitaire est majorée de plein droit et recouvrée en vertu d'un titre rendu exécutoire par le ministère public. Le paiement de l'amende forfaitaire majorée établit que le contrevenant a reçu un avis d'amende forfaitaire majorée. Le formulaire d'avis d'amende forfaitaire majorée utilisé par l'administration rappelle la qualification de l'infraction au code de la route et précise que l'émission de l'amende forfaitaire majorée peut entraîner un retrait de points du permis de conduire, que cette amende peut être contestée dans un délai de trois mois, que les retraits et reconstitutions de points font l'objet d'un traitement automatisé et que le titulaire du permis peut accéder à ces informations. Ces indications mettent le contrevenant en mesure de comprendre qu'en l'absence de contestation de l'amende il sera procédé au retrait de points et portent à sa connaissance l'ensemble des informations requises par les articles L. 223-3 et R. 223-3 précités du code de la route. Dans ces conditions, lorsqu'il est établi que le titulaire du permis de conduire a payé l'amende forfaitaire majorée, il découle de cette seule constatation qu'il doit être regardé comme établi que l'administration s'est acquittée envers lui de son obligation de lui délivrer, préalablement au paiement de l'amende, les informations requises, à moins que l'intéressé, à qui il appartient à cette fin de produire l'avis qu'il a nécessairement reçu, démontre avoir été destinataire d'un avis inexact ou incomplet.
6. Il résulte de l'instruction, en particulier des mentions figurant sur le relevé d'information intégrale du requérant, que l'infraction relevée le 12 mai 2019 a été constatée par procès-verbal électronique et a donné lieu à l'émission d'un titre exécutoire en vue du recouvrement de l'amende forfaitaire majorée en résultant. Si ces mentions établissent la réalité de l'infraction en application des dispositions de l'article L. 223-1 du code la route, elles ne permettent pas d'établir que M. B aurait reçu les avis de contravention comportant les informations exigées par les dispositions précitées du code de la route. Par ailleurs, si le ministre de l'intérieur et des outre-mer rappelle qu'il appartient au titulaire du certificat d'immatriculation d'un véhicule de déclarer tout changement de domicile et qu'un manquement à cette obligation constitue une contravention de 4ème classe, et soutient que compte tenu de l'ensemble des diligences mises en œuvre le requérant a nécessairement reçu un avis de majoration de l'amende forfaitaire correspondante, il ne précise toutefois pas la nature des démarches ainsi réalisées. Le ministre de l'intérieur n'apporte en outre aucun élément susceptible d'établir la réalité des notifications alléguées, et ne produit pas de bordereau de situation ou une attestation de paiement établie par le trésorier principal du contrôle automatisé de la direction générale de la comptabilité publique de nature à établir qu'en l'espèce M. B se serait acquitté de l'amende forfaitaire majorée mise à sa charge et aurait ainsi nécessairement eu connaissance de ce titre exécutoire. Dans ces conditions, le requérant, qui dans les circonstances de l'espèce a été privé d'une garantie à défaut d'avoir reçu cette information à l'occasion d'infractions antérieures de mêmes types suffisamment récentes, est fondé à soutenir que la décision de retrait de points prise à la suite de l'infraction du 12 mai 2019 est intervenue au terme d'une procédure irrégulière et qu'elle est, pour ce motif, illégale. Il s'ensuit que cette décision doit être annulée.
7. Il résulte de tout ce qui précède que M. B est seulement fondé à demander l'annulation de la décision du 12 mai 2019.
Sur les conclusions aux fins d'injonction :
8. Si l'annulation contentieuse d'une décision ou de plusieurs décisions de retrait de points implique nécessairement que le ministre de l'intérieur et des outre-mer reconnaisse à l'intéressé le bénéfice des points illégalement retirés, le capital de points dont dispose ce dernier doit être recalculé en tenant compte également des retraits de points légalement intervenus à son encontre, et le cas échéant, des décisions de retrait ou de reconstitution de points qui n'avaient pu être prises en compte par l'administration aussi longtemps que l'invalidation annulée était exécutoire. Il y a lieu dès lors, d'enjoindre à l'administration de reconnaître à l'intéressé le bénéfice des deux points irrégulièrement retirés et de réexaminer la situation de M. B dans le sens des observations qui précèdent, en en tirant elle-même toutes les conséquences sur le capital de points et le droit de conduire de l'intéressé. Ce réexamen devra intervenir dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement.
Sur les frais liés au litige :
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à M. B au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu à statuer sur les conclusions dirigées contre la décision d'invalidation du permis de conduire de M. B pour solde de points nul prise le 24 janvier 2020, ainsi que sur les conclusions dirigées contre la décision portant retrait de points suite à l'infraction du 16 juin 2019.
Article 2 : La décision par laquelle le ministre de l'intérieur a retiré deux points au permis de conduire de M. B suite à l'infraction du 12 mai 2019 est annulée.
Article 3 : Il est enjoint au ministre de l'intérieur et des outre-mer, dans un délai de deux mois à compter de la notification du présent jugement, de restituer deux points au capital de points du permis de conduire de M. B, sous réserve de la commission de nouvelles infractions ayant entrainé des retraits de points, et d'en tirer les conséquences sur le capital de points et le droit de conduire de l'intéressé.
Article 4 : L'Etat versera à M. B la somme de 1 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 5 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.
Article 6 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2022.
Le magistrat désigné,
Signé
T. BONHOMMELa greffière,
Signé
M.L. DAVERIO
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
N°2001025
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026