Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2001172
mercredi 5 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2001172 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
Texte intégral
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 4 mars 2020, Mme A C doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler les décisions implicites par lesquelles le ministre de l'intérieur et des outre-mer et des outre-mer a rejeté ses demandes du 8 et 15 novembre 2019 tendant à la reconstitution de sa carrière suite à l'attribution de l'avantage spécifique d'ancienneté ;
2°) d'enjoindre à l'administration de procéder à la reconstitution de sa carrière en prenant en compte cet avantage et de lui verser les sommes correspondantes pour les années durant lesquelles elle a été affectée à la circonscription de sécurité publique de Nice, dans un délai de quatre mois à compter de la notification du jugement à intervenir, sous astreinte de 100 euros par jour de retard.
Elle soutient que l'administration n'a pas reconstitué sa carrière et ne lui a toujours pas versé les sommes résultant de cette reconstitution malgré l'édiction de l'arrêté du 3 octobre 2018 du ministre de l'intérieur et des outre-mer et des outre-mer lui accordant le bénéfice de l'avantage spécifique d'ancienneté pour la période d'affectation à la circonscription de sécurité publique de Nice du 1er janvier 2011 au 16 décembre 2015.
Par un mémoire en défense enregistré le 18 mars 2021, le ministre de l'intérieur et des outre-mer et des outre-mer conclut au non-lieu à statuer sur la requête.
Il soutient qu'ayant pris une décision en date du 1er mars 2021 reconstituant la carrière de la requérante au regard de ses droits à l'ASA, la requête a dès lors perdu son objet.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 ;
- la loi n° 91-715 du 26 juillet 1991 ;
- le décret n° 95-313 du 21 mars 1995 ;
- le décret n° 96-1156 du 26 décembre 1996 ;
- l'arrêté du 17 janvier 2001 ;
- l'arrêté du 3 décembre 2015 ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 septembre 2022 :
- le rapport de M. Blanc, président-rapporteur,
- et les conclusions de M. Ringeval, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. En raison des termes de sa requête et des pièces qui y sont jointes, Mme A C, fonctionnaire de la police nationale, doit être regardée comme demandant l'annulation des décisions implicites par lesquelles le ministre de l'intérieur et des outre-mer a rejeté ses demandes du 8 et 15 novembre 2019 tendant à la reconstitution de sa carrière suite à l'attribution de l'avantage spécifique d'ancienneté par l'article 11 de la loi du 26 juillet 1991.
Sur les conclusions à fin de non-lieu à statuer sur la requête :
2. Un recours pour excès de pouvoir dirigé contre un acte administratif n'a d'autre objet que d'en faire prononcer l'annulation avec effet rétroactif. Si, avant que le juge n'ait statué, l'acte attaqué est rapporté par l'autorité compétente et si le retrait ainsi opéré acquiert un caractère définitif faute d'être critiqué dans le délai du recours contentieux, il emporte alors disparition rétroactive de l'ordonnancement juridique de l'acte contesté, ce qui conduit à ce qu'il n'y ait lieu pour le juge de la légalité de statuer sur le mérite de la requête dont il était saisi. Il en va ainsi, quand bien même l'acte rapporté aurait reçu exécution.
3. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que par une décision en date du 1er mars 2021, définitive faute d'avoir été contestée dans le délai de recours contentieux, le requérant en ayant eu connaissance au plus tard le 19 mars 2021, le ministre de l'intérieur et des outre-mer a reconstitué la carrière de la requérante au regard de ses droits à l'avantage spécifique d'ancienneté pour la période du 1er janvier 2011 au 16 décembre 2015. Dans ces conditions, il n'y a plus lieu de statuer sur la requête de Mme C.
Sur les conclusions à fin d'injonction et d'astreinte :
4. En vertu de l'article L. 911-1 du code de justice administrative : " Lorsque sa décision implique nécessairement qu'une personne morale de droit public ou un organisme de droit privé chargé de la gestion d'un service public prenne une mesure d'exécution dans un sens déterminé, la juridiction, saisie de conclusions en ce sens, prescrit, par la même décision, cette mesure assortie, le cas échéant, d'un délai d'exécution. ". Aux termes de l'article L. 911-3 du code de justice administrative : " Saisie de conclusions en ce sens, la juridiction peut assortir, dans la même décision, l'injonction prescrite en application des articles L. 911-1 et L. 911-2 d'une astreinte qu'elle prononce dans les conditions prévues au présent livre et dont elle fixe la date d'effet ".
5. La présente décision, qui prononce un non-lieu à statuer sur la requête de Mme C, n'appelle sur ce point aucune mesure d'exécution au sens des dispositions des articles L. 911-1 et L. 911-3 du code de justice administrative. Dès lors, les conclusions aux fins d'injonction sous astreinte présentées par Mme C ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Il n'y a pas lieu de statuer la requête de Mme C.
Article 2 : Le surplus des conclusions présentées par Mme C est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme A C et au ministre de l'intérieur et des outre-mer et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 14 septembre 2022, à laquelle siégeaient :
M. Blanc, président,
Mme Chevalier, conseillère,
Mme Bergantz, conseillère,
assistés de Mme Daverio, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 5 octobre 2022 .
Le président,
Signé
P. BLANC
L'assesseure la plus ancienne,
Signé
C. CHEVALIER
La greffière,
Signé
M. B
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Le greffier.
N°20117
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