LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2001943

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2001943

mercredi 6 novembre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2001943
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation3ème Chambre
Avocat requérantREMY

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire enregistrés les 15 mai 2020 et 30 novembre 2021, la société à responsabilité limitée unipersonnelle (SARLU) CH les deux torrents, représentée par Me Rémy, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté n° 2020-051 du 12 mars 2020 par lequel le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer l'autorisation environnementale déposée le 25 avril 2019 portant sur la création et l'exploitation d'une centrale hydroélectrique ;

2°) de condamner l'Etat à lui verser la somme de 5 000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que :

- le principe du contradictoire a été méconnu en tant que principe général du droit et en tant que prévu aux articles L. 121-1 et suivants du code des relations entre le public et l'administration et à l'article R. 181-40 du code de l'environnement ;

- l'arrêté contesté est insuffisamment motivé ;

- les motifs opposés par le préfet ne sont pas justifiés.

Par un mémoire en défense, enregistré le 12 août 2021, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il soutient que les moyens tirés de la méconnaissance du principe du contradictoire et de l'insuffisance de motivation ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'environnement ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 octobre 2024 :

- le rapport de Mme Sorin, rapporteure ;

- les conclusions de M. Ringeval, rapporteur public ;

- et les observations de Me Bianchi, substituant Me Rémy, représentant la société à responsabilité limitée unipersonnelle CH les deux torrents.

Considérant ce qui suit :

1. La société à responsabilité limitée unipersonnelle (SARLU) CH les deux torrents a déposé, le 25 avril 2019, une demande d'autorisation environnementale en vue de créer et exploiter une centrale hydroélectrique. Par un arrêté n° 2020-051 du 12 mars 2020, le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de délivrer l'autorisation sollicitée. La SARLU CH les deux torrents demande au tribunal d'annuler cet arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. Pour refuser l'autorisation sollicitée, le préfet des Alpes-Maritimes a considéré que la réduction du débit des tronçons de cours d'eau court-circuités par le projet est de nature à affecter substantiellement l'hydrologie des réservoirs biologiques identifiés par le SDAGE du bassin Rhône méditerranée, que le projet est de nature à remettre en cause l'aide qu'apporte ces réservoirs biologiques dans le peuplement de la Tinée par la truite Fario, que le projet constitue, en application de l'article R. 214-109 du code de l'environnement, un obstacle à la continuité écologique, et qu'il est de nature à dégrader l'état de la masse d'eau de La Tinée, de sa source au torrent de la Guercha, et à empêcher qu'elle atteigne l'objectif de bon état écologique en 2021 fixé par le SDAGE.

3. En premier lieu, aux termes du III de l'article L. 212-1 du code de l'environnement dans sa rédaction applicable au litige : " Chaque bassin ou groupement de bassins hydrographiques est doté d'un ou de plusieurs schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux fixant les objectifs visés au IV du présent article et les orientations permettant de satisfaire aux principes prévus aux articles L. 211-1et L. 430-1. () ". Aux termes du XI de ce même article : " Les programmes et les décisions administratives dans le domaine de l'eau doivent être compatibles ou rendus compatibles avec les dispositions des schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux ".

4. Il résulte des dispositions citées au point précédent que les schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux doivent se borner à fixer des orientations et des objectifs, ces derniers pouvant être, en partie, exprimés sous forme quantitative. Les autorisations délivrées au titre de la législation de l'eau sont soumises à une simple obligation de compatibilité avec ces orientations et objectifs. Pour apprécier cette compatibilité, il appartient au juge administratif de rechercher, dans le cadre d'une analyse globale le conduisant à se placer à l'échelle de l'ensemble du territoire couvert, si l'autorisation ne contrarie pas les objectifs qu'impose le schéma, compte tenu des orientations adoptées et de leur degré de précision, sans rechercher l'adéquation de l'autorisation au regard de chaque disposition ou objectif particulier.

5. Ainsi qu'il a été indiqué au point 2, le préfet des Alpes-Maritimes a considéré que le projet affecterait substantiellement l'hydrologie des réservoirs biologiques identifiés par le SDAGE et qu'il est de nature à dégrader l'état de la masse d'eau FRDR84 La Tinée de sa source au torrent de la Guercha et empêchera qu'elle atteigne l'objectif de bon état écologique en 2021 fixé par le SDAGE. Ainsi que le soutient la société requérante, le préfet des Alpes-Maritimes n'explique pas en quoi le projet affecterait l'hydrologie de ces réservoirs biologiques et serait de nature à dégrader l'état de masse d'eau FRDR 84 de la Tinée. Dans ces conditions, en l'absence de tout élément produit en défense sur ce point, la société requérante est fondée à soutenir que ces motifs ne sont pas fondés.

6. En deuxième lieu, le conseil d'Etat ayant par sa décision n°s 435026, 435036, 435060, 435182, 438369 du 15 février 2021, annulé l'article 1° du décret n° 2019-827 du 3 août 2019 modifiant l'article L. 214-17 du code de l'environnement, il y a lieu d'appliquer la version antérieure de cet article qui dispose : " I.- Après avis des conseils départementaux intéressés, des établissements publics territoriaux de bassin concernés, des comités de bassins et, en Corse, de l'Assemblée de Corse, l'autorité administrative établit, pour chaque bassin ou sous-bassin : / 1° Une liste de cours d'eau, parties de cours d'eau ou canaux parmi ceux qui sont en très bon état écologique ou identifiés par les schémas directeurs d'aménagement et de gestion des eaux comme jouant le rôle de réservoir biologique nécessaire au maintien ou à l'atteinte du bon état écologique des cours d'eau d'un bassin versant ou dans lesquels une protection complète des poissons migrateurs vivant alternativement en eau douce et en eau salée est nécessaire, sur lesquels aucune autorisation ou concession ne peut être accordée pour la construction de nouveaux ouvrages s'ils constituent un obstacle à la continuité écologique." () ". Aux termes de l'article R. 214-109 du même code : " I.- Constituent un obstacle à la continuité écologique, dont la construction ne peut pas être autorisée sur les cours d'eau classés au titre du 1° du I de l'article L. 214-17, les ouvrages suivants : / 1° Les seuils ou les barrages en lit mineur de cours d'eau atteignant ou dépassant le seuil d'autorisation du 2° de la rubrique 3.1.1.0 de la nomenclature annexée à l'article R. 214-1, et tout autre ouvrage qui perturbe significativement la libre circulation des espèces biologiques vers les zones indispensables à leur reproduction, leur croissance, leur alimentation ou leur abri, y compris en faisant disparaître ces zones ; Ne sont pas concernés les seuils ou barrages à construire pour la sécurisation des terrains en zone de montagne dont le diagnostic préalable du projet conclut à l'absence d'alternative ; / 2° Les ouvrages qui empêchent le bon déroulement du transport naturel des sédiments ; / 3° les ouvrages qui interrompent les connexions latérales avec les réservoirs biologiques, les frayères et les habitats des annexes hydrauliques, à l'exception de ceux relevant de la rubrique 3.2.6.0 de la nomenclature annexée à l'article R. 214-1 en l'absence d'alternative permettant d'éviter cette interruption ; / 4° les ouvrages qui affectent substantiellement l'hydrologie des cours d'eau, à savoir la quantité, la variabilité, la saisonnalité des débits et la vitesse des écoulements. Entrent dans cette catégorie, les ouvrages qui ne laissent à leur aval immédiat que le débit minimum biologique prévu à l'article L. 214-18, une majeure partie de l'année. () ".

7. La société requérante soutient que le projet n'est pas de nature à remettre en cause la fonction des réservoirs biologiques en litige de soutien au peuplement de la Tinée par la truite Fario et qu'il ne constitue pas un obstacle à la continuité écologique. Le préfet, qui n'a pas défendu sur ce point, ne justifie pas que le projet est de nature à remettre en cause la fonction évoquée et qu'il constitue un obstacle à la continuité écologique. Dans ces conditions et dès lors que l'arrêté attaqué ne contient aucune justification, la société requérante est fondée à soutenir que ces motifs de refus ne sont pas fondés.

8. Il résulte de ce qui précède que la société requérante est fondée à soutenir que l'ensemble des motifs de refus opposés par le préfet des Alpes-Maritimes à sa demande d'autorisation ne sont pas justifiés et à demander, dès lors, l'annulation de l'arrêté contesté sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête.

Sur les frais liés au litige :

9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 200 euros au titre des frais exposés par la SARLU CH les deux torrents et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : L'arrêté n° 2020-051 du 12 mars 2020 du préfet des Alpes-Maritimes est annulé.

Article 2 : L'Etat versera à la SARLU CH les deux torrents une somme de 1 200 (mille deux cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le surplus des conclusions de la requête est rejeté.

Article 4 : Le présent jugement sera notifié à la société à responsabilité limitée unipersonnelle CH les deux torrents, à la commune de Saint-Etienne-de-Tinée, à la commune de Saint-Dalmas-Le-Selvage et au ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques.

Copie en sera transmise au préfet des Alpes-Maritimes.

Délibéré après l'audience du 16 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Emmanuelli, président,

Mme Sorin, première conseillère,

M. Loustalot-Jaubert, conseiller,

assistés de Mme Katarynezuk, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 novembre 2024.

La rapporteure,

Signé

G. SORIN

Le président,

Signé

O. EMMANUELLILa greffière,

Signé

N. KATARYNEZUK

La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique, de l'énergie, du climat et de la prévention des risques en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation le greffier

No 2001943

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions