mercredi 18 octobre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2002426 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SCP LAUGA & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 26 juin, 8 septembre 2020, 21 mai, et 2 septembre 2021, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble " Villa Juan ", représenté par Me Luciani, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 26 novembre 2019 par laquelle le maire d'Antibes ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par la société Eden Beach Casino, ensemble la décision rejetant son recours gracieux ;
2°) de mettre à la charge de la commune d'Antibes la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- les travaux en litige étaient soumis à l'obligation d'obtenir un permis de construire ;
- il n'est pas démontré que toutes les autorisations préalables requises dans le cadre de la législation relative aux établissements recevant du public aient été obtenues ;
- l'arrêté en litige méconnaît le règlement du plan local d'urbanisme de la commune.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 février, 25 août et 16 septembre 2021, la commune d'Antibes conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le syndicat requérant ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 25 mai 2021, la société anonyme Eden Beach Casino, représentée par Me Lauga, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 5 000 euros soit mise à la charge du syndicat requérant au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par le syndicat requérant ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 30 août 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 23 septembre 2021.
Un mémoire présenté pour le syndicat des copropriétaires de l'immeuble " Villa Juan " a été enregistré le 28 juillet 2022.
Les parties ont été informées, en application des dispositions de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, de ce que le jugement était susceptible d'être fondé sur un moyen relevé d'office, tiré du défaut d'intérêt à agir du syndicat requérant à l'encontre de l'arrêté du 26 novembre 2019 par lequel le maire d'Antibes ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux déposée par la société Eden Beach Casino.
Le 6 septembre 2023, le syndicat requérant a répondu à ce moyen d'ordre public.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Soler,
- et les conclusions de M. Beyls, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision du 26 novembre 2019, le maire d'Antibes ne s'est pas opposé à la déclaration préalable déposée par la société Eden Beach Casino en vue de la régularisation de travaux réalisés sur la parcelle cadastrée section CP n°192 sis 12 boulevard Edouard Baudoin à Juan Les Pins. Par un courrier, reçu le 13 janvier 2020 par la commune, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble Villa Juan a formé un recours gracieux contre cette décision. Par une décision du 25 février2020, le maire d'Antibes a rejeté sa demande. Le syndicat requérant demande l'annulation de la décision du 26 novembre 2019, ensemble de la décision du 25 février 2020 rejetant son recours gracieux.
Sur la recevabilité de la requête :
2. Aux termes de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme : " Une personne autre que l'Etat, les collectivités territoriales ou leurs groupements ou une association n'est recevable à former un recours pour excès de pouvoir contre une décision relative à l'occupation ou à l'utilisation du sol régie par le présent code que si la construction, l'aménagement ou le projet autorisé sont de nature à affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien qu'elle détient ou occupe régulièrement ou pour lequel elle bénéficie d'une promesse de vente, de bail, ou d'un contrat préliminaire mentionné à l'article L. 261-15 du code de la construction et de l'habitation. / () ".
3. Il résulte de ces dispositions qu'il appartient à tout requérant qui saisit le juge administratif d'un recours pour excès de pouvoir tendant à l'annulation d'une décision de non-opposition à déclaration préalable de préciser l'atteinte qu'il invoque pour justifier d'un intérêt lui donnant qualité pour agir, en faisant état de tous éléments suffisamment précis et étayés de nature à établir que cette atteinte est susceptible d'affecter directement les conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance de son bien. Il appartient au défendeur, s'il entend contester l'intérêt à agir du requérant, d'apporter tous éléments de nature à établir que les atteintes alléguées sont dépourvues de réalité. Le juge de l'excès de pouvoir apprécie la recevabilité de la requête au vu des éléments ainsi versés au dossier par les parties, en écartant le cas échéant les allégations qu'il jugerait insuffisamment étayées mais sans pour autant exiger de l'auteur du recours qu'il apporte la preuve du caractère certain des atteintes qu'il invoque au soutien de la recevabilité de celui-ci. Pour l'application de ces dispositions et eu égard à sa situation particulière, le voisin immédiat justifie, en principe, d'un intérêt à agir lorsqu'il fait état devant le juge, qui statue au vu de l'ensemble des pièces du dossier, d'éléments relatifs à la nature, à l'importance ou à la localisation du projet de construction.
4. En l'espèce, pour justifier de son intérêt à agir, le syndicat requérant fait valoir que les travaux en litige auront pour conséquence de provoquer une concentration des clients du casino au sein des annexes nouvellement bâties, engendrant ainsi des bruits, une circulation piétonnière importante, des vues directes ainsi que des nuisances olfactives. Cependant, son intérêt à agir doit être apprécié au regard des seuls travaux autorisés par la décision de non opposition à déclaration préalable en litige. Or, cette déclaration préalable porte seulement sur le remplacement de la porte d'entrée de la villa, le remplacement des arches métalliques par des bandeaux horizontaux, la suppression des rideaux métalliques, le remplacement des toitures des bâtiments annexes et celui du portail de service. Les travaux ainsi déclarés, qui notamment ne créent ni surface de plancher ni emprise au sol, sont dès lors insusceptibles de porter atteinte aux conditions d'occupation, d'utilisation ou de jouissance du bien dont le syndicat requérant défend les intérêts. Par suite, le syndicat des copropriétaires de l'immeuble Villa Juan ne justifie pas d'un intérêt à agir au sens des dispositions de l'article L. 600-1-2 du code de l'urbanisme citées au point 2.
5. Il résulte de ce qui précède que la requête du syndicat des copropriétaires de l'immeuble Villa Juan doit être rejetée dès lors qu'elle est irrecevable.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune d'Antibes, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée par le syndicat requérant au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du syndicat des copropriétaires de l'immeuble Villa Juan une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par la société Eden Beach Casino et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du syndicat des copropriétaires de l'immeuble Villa Juan est rejetée.
Article 2 : Le syndicat des copropriétaires de l'immeuble Villa Juan versera à la société Eden Beach Casino une somme de 1 500 (mille cinq cents) euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires de l'immeuble Villa Juan, à la commune d'Antibes et à la société anonyme Eden Beach Casino.
Délibéré après l'audience du 27 septembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Bonhomme, président,
Mme Soler, conseillère,
Mme Sandjo, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 18 octobre 2023
La rapporteure,
Signé
N. SOLER
Le président,
Signé
T. BONHOMMELe greffier,
Signé
D. CREMIEUX
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026