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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2002929

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2002929

jeudi 18 juillet 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2002929
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantFAUCHEUR

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et des mémoires, enregistrés les 22 juillet 2020, 16 septembre 2020, 21 septembre 2020, 30 novembre 2020, 29 mars 2021, 8 avril 2021 et 26 janvier 2021, et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 12 juillet 2023, M. B E, A F E, A K D, A N G et M. H D, représentés par Me Faucheur, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :

1°) d'annuler l'arrêté du 5 février 2020 par lequel le maire de la commune de Valbonne a accordé à M. et A O un permis de construire n° PC 006 152 19 T0052 ayant pour objet la démolition partielle d'une villa et la construction d'une villa en régularisation sur un terrain cadastré n° AX28 et n° AX441 et situé 2033 route de Cannes à Valbonne, ensemble les décisions des 15 mai 2020 et 25 juin 2020 par lesquelles le maire de la commune de Valbonne a rejeté leurs recours gracieux ;

2°) d'annuler, en application de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme, l'arrêté du 14 janvier 2021 par lequel le maire de la commune de Valbonne a accordé à M. et A O un permis de construire modificatif n° PC 006 152 19 T0052 M2 ayant pour objet la création d'une verrière en toiture, la modification des façades, la réduction de la cave, la modification de l'assainissement, de la rétention des eaux pluviales et du portail sur le même terrain ;

3°) d'ordonner, sur le fondement des dispositions des articles R. 623-1 du code de justice administrative et R. 625-2 du code de l'urbanisme, une expertise sur le contenu des dossiers de permis de construire de 2018 et de 2020 et sur les surfaces du projet ;

4°) de rejeter les conclusions présentées en défense par la commune de Valbonne et par M. et A O ;

5°) de mettre à la charge de la commune de Valbonne et de M. et A O la somme de 5 000 euros chacun au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

* S'agissant de l'arrêté du 5 février 2020 :

- le permis de construire a été obtenu par fraude ;

- le dossier de permis de construire est incomplet ;

- l'arrêté litigieux aurait dû faire l'objet d'un sursis à statuer en ce qu'il compromettait la mise en œuvre du futur plan local d'urbanisme de la commune ;

- il méconnait les dispositions de l'article UE4 du règlement du plan local d'urbanisme de Valbonne, relatives aux réseaux ;

- il méconnait les dispositions de l'article UE6 du même règlement, relatives à l'implantation des constructions par rapport aux voies et emprises publiques ;

- il méconnait les dispositions de l'article UE7 du même règlement, relatives à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives ;

- il méconnait les dispositions de l'article UE10 du même règlement, relatives à la hauteur des constructions ;

- il méconnait les dispositions de l'article UE11 du même règlement, relatives à l'aspect extérieur des constructions ;

- il méconnait les dispositions de l'article UE12 du même règlement, relatives au stationnement.

* S'agissant de l'arrêté du 14 janvier 2021 :

- l'arrêté litigieux a été signé par une autorité incompétente ;

- le dossier de permis de construire modificatif est incomplet ;

- l'arrêté litigieux méconnait les dispositions de l'article UE10 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Valbonne, relatives à l'aspect extérieur des constructions ;

- et il méconnaît le pourcentage de biotope exigé.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 9 octobre 2020, 6 et 15 février 2021, et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 10 juillet 2023, la commune de Valbonne, prise en la personne de son maire en exercice et représentée par Me Fiorentino, conclut :

1°) au rejet de la requête ;

2°) à ce qu'il soit fait application des dispositions de l'article L. 600-5 du code de l'urbanisme ;

3°) à la suppression de passages des écritures des requérants en application de l'article L. 741-2 du code de justice administrative ;

4°) à ce que la somme de 3 000 euros soit mise à la charge de M. B E, A F E, A K D, A N G et M. H D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

La commune fait valoir que :

- la requête est irrecevable à l'encontre de l'arrêté du 14 janvier 2021 portant permis de construire modificatif ;

- aucun des moyens soulevés n'est au demeurant fondé.

Par des mémoires en défense, enregistrés les 18 août 2020, 19 août 2020, 10 novembre 2020, 6 et 7 décembre 2022, et un mémoire récapitulatif produit en application de l'article R. 611-8-1 du code de justice administrative, enregistré le 11 juillet 2023, A M O et M. L O, représentés par Me Zago, concluent :

1°) au rejet de la requête ;

2°) à ce que M. B E, A F E, A K D, A N G et M. H D soient condamnés à leur verser la somme de 50 000 euros sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme ;

3°) à ce que la somme de 4 000 euros soit mise à la charge de M. B E, A F E, A K D, A N G et M. H D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils font valoir que :

- M. B E, A F E, A K D, A N G et M. H D n'ont pas intérêt à agir à l'encontre de l'arrêté du 5 février 2020 portant permis de construire, cet arrêté portant permis de construire modificatif ;

- aucun des moyens soulevés n'est au demeurant fondé.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de la construction et de l'habitation ;

- le code de l'urbanisme ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 24 juin 2024 :

- le rapport de M. Combot ;

- les conclusions de A Sorin, rapporteure publique ;

- les observations de Me Faucheur, représentant M. B E, A F E, A K D, A N G et M. H D ;

- et les observations de Me Zago, représentant A M O et M. L O.

Considérant ce qui suit :

1. Par un arrêté du 9 janvier 2018, M. L O et A M C (ci-après, " consorts O ") se sont vus délivrer par le maire de la commune de Valbonne un permis de construire en vue de la démolition partielle d'une villa ainsi que la modification et l'extension d'une villa sur un terrain cadastré n° AX28 et n° AX441 et situé 2033 route de Cannes à Valbonne. Suite à un constat du 26 septembre 2019 réalisé par un agent assermenté de la commune de Valbonne, plusieurs infractions en exécution de ce permis de construire ont été relevées. Par arrêté du 5 février 2020, le maire de la commune de Valbonne a accordé aux consorts O un permis de construire n° PC 006 152 19 T0052 ayant pour objet, en régularisation des infractions constatées, la démolition partielle d'une villa et la construction d'une villa sur le même terrain que précédemment exposé. M. B E, A F E, A K D, A N G et M. H D (ci-après, " consorts E et D ") ont, par l'intermédiaire de leur conseil, formé un recours gracieux le 27 mars 2020, lequel a été rejeté par le maire de la commune de Valbonne le 15 mai 2020. Les consorts E et D ont de nouveau formé un recours gracieux, le 27 mai 2020, qui a également été rejeté par le maire de la commune de Valbonne le 25 mai 2020. Les consorts E et D demandent au Tribunal d'annuler l'arrêté du 5 février 2020 ainsi que les décisions des 15 mai et 25 juin 2020 rejetant leurs recours gracieux. En cours d'instance, un arrêté du 14 janvier 2021 du maire de la commune de Valbonne portant permis de construire modificatif n° PC 006 152 19 T0052 M2 a été délivré aux consorts O. Ce permis de construire a pour objet la création d'une verrière en toiture, la modification des façades, la réduction de la cave, la modification de la rétention des eaux pluviales, la modification du portail et la modification des arbres plantés sur le même terrain que précédemment exposé. En application de l'article L. 600-5-2 du code de l'urbanisme, les consorts E et D demandent également au Tribunal l'annulation de ce dernier arrêté.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 5 février 2020 :

2. En premier lieu, la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme. Si les requérants soutiennent que le projet a été volontairement présenté sur la base d'éléments erronés, ils ne rattachent ces supposées manœuvres à la méconnaissance d'aucune règle d'urbanisme. Par suite, le moyen tiré de la fraude doit être écarté.

3. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 431-8 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend une notice précisant : / 1° L'état initial du terrain et de ses abords indiquant, s'il y a lieu, les constructions, la végétation et les éléments paysagers existants ; / 2° Les partis retenus pour assurer l'insertion du projet dans son environnement et la prise en compte des paysages, faisant apparaître, en fonction des caractéristiques du projet : / a) L'aménagement du terrain, en indiquant ce qui est modifié ou supprimé ; / b) L'implantation, l'organisation, la composition et le volume des constructions nouvelles, notamment par rapport aux constructions ou paysages avoisinants ; / c) Le traitement des constructions, clôtures, végétations ou aménagements situés en limite de terrain ; / d) Les matériaux et les couleurs des constructions ; / e) Le traitement des espaces libres, notamment les plantations à conserver ou à créer ; / f) L'organisation et l'aménagement des accès au terrain, aux constructions et aux aires de stationnement. " Aux termes de l'article R. 431-9 du même code : " Le projet architectural comprend également un plan de masse des constructions à édifier ou à modifier coté dans les trois dimensions. Ce plan de masse fait apparaître les travaux extérieurs aux constructions, les plantations maintenues, supprimées ou créées et, le cas échéant, les constructions existantes dont le maintien est prévu. / Il indique également, le cas échéant, les modalités selon lesquelles les bâtiments ou ouvrages seront raccordés aux réseaux publics ou, à défaut d'équipements publics, les équipements privés prévus, notamment pour l'alimentation en eau et l'assainissement. / Lorsque le terrain n'est pas directement desservi par une voie ouverte à la circulation publique, le plan de masse indique l'emplacement et les caractéristiques de la servitude de passage permettant d'y accéder. / Lorsque le projet est situé dans une zone inondable délimitée par un plan de prévention des risques, les cotes du plan de masse sont rattachées au système altimétrique de référence de ce plan. " Aux termes de l'article R. 431-10 du même code : " Le projet architectural comprend également : / a) Le plan des façades et des toitures ; lorsque le projet a pour effet de modifier les façades ou les toitures d'un bâtiment existant, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / b) Un plan en coupe précisant l'implantation de la construction par rapport au profil du terrain ; lorsque les travaux ont pour effet de modifier le profil du terrain, ce plan fait apparaître l'état initial et l'état futur ; / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse. " Aux termes de l'article UE4 du règlement du plan local d'urbanisme (ci-après, " PLU ") de la commune de Valbonne, dans sa rédaction applicable au litige : " Article UE4 - Desserte par les réseaux / 1. Eau potable / Toute construction ou installation requérant une alimentation en eau potable doit être raccordée au réseau public d'eau potable / 2. Assainissement / a) Eaux usées / Toute construction ou installation requérant un assainissement doit être raccordée au réseau public d'assainissement / A défaut de réseau public, un dispositif d'assainissement individuel en conformité avec la réglementation sanitaire en vigueur est admis. Il doit être conçu de façon à pouvoir être mis hors circuit et la construction directement raccordée au réseau lorsque celui-ci sera réalisé. / Pour les installations classées tout rejet sera soumis à un traitement préalable, conformément à la réglementation en vigueur. Cette règle ne s'applique pas en UEa3. / Tout déversement d'eaux usées autres que domestiques, dans les égouts publics doit être préalablement autorisé par la collectivité à laquelle appartiennent les ouvrages qui seront empruntés par ces eaux usées, avant de rejoindre le milieu naturel. / b) Eaux pluviales / Les aménagements réalisés sur tout terrain ne doivent pas faire obstacle au libre écoulement des eaux de ruissellement des terrains naturels et ne doivent pas aggraver les servitudes d'écoulement sur les fonds intérieurs. / Les eaux de ruissellement pluvial provenant des toitures, des constructions et de toute surface imperméable doivent être stockées sur le terrain supportant la construction de l'opération, puis rejetées ensuite : / - soit vers des caniveaux, fossés et réseaux collectifs d'évacuation d'eaux pluviales de capacité suffisante, / - soit en l'absence de réseau pluvial, rejetées dans un épandage. / En aucun cas, les eaux pluviales ne doivent être rejetées dans le réseau public d'assainissement des eaux usées. / 3. Autres réseaux / Tous les branchements nouveaux devront être réalisés en souterrain. "

4. La circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

5. En l'espèce, il ressort premièrement des pièces du dossier notamment de la demande de permis de construire que si la notice de présentation du projet apparaît sommaire, le dossier comporte un document graphique PCMI06 permettant d'apprécier l'insertion de la construction dans son environnement. Deuxièmement, si les requérants soutiennent que les raccordements aux réseaux ne sont pas représentés, il ressort du plan de masse du dossier de demande de permis de construire que ces raccordements sont indiqués. Troisièmement, il ressort des plans de coupe du dossier de demande de permis de construire que, contrairement à ce que les consorts E et D soutiennent, le profil du terrain est bien représenté. Quatrièmement, les requérants ne peuvent pas soutenir que le projet est silencieux en ce qui concerne le système d'assainissement autonome dès lors que ce dernier est présenté par la note de présentation du projet et reporté sur le plan de masse. Il ressort également des pièces du dossier de demande de permis de construire que ce dernier comporte une étude hydrogéologique du 11 décembre 2015 ainsi qu'un avenant du 26 décembre 2019 prenant en compte les surfaces imperméabilisées. Cinquièmement, si les requérants soutiennent que le dossier ne comporte pas de document relatif à la règlementation thermique et à l'accès des personnes à mobilité réduite, il ressort des pièces du dossier que l'attestation sur la règlementation thermique RT 2012 est annexée au dossier de demande de permis de construire et il résulte des dispositions de l'article R. 111-18-4 du code de la construction et de l'habitation, alors en vigueur, que la règlementation relative à l'accessibilité des personnes à mobilité réduite n'est pas applicable au projet. Sixièmement, si les consorts E et D soutiennent que le tableau des surfaces est incompréhensible et que le terrain a fait l'objet d'un rehaussement, il ressort des pièces du dossier, notamment des formulaire Cerfa des précédentes autorisations accordées et des plans de la demande de permis de construire que, d'une part, les surfaces déclarées sont cohérentes et, d'autre part, aucun rehaussement du terrain n'est déclaré. La circonstance que ces éléments de la demande de permis de construire pourraient ne pas être respectées lors de l'exécution du permis de construire n'est pas de nature à affecter la légalité de l'arrêté du 5 février 2020. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis doit être écarté dans toutes ses branches.

6. En troisième lieu, aux termes de l'article L. 153-11 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente mentionnée à l'article L. 153-8 prescrit l'élaboration du plan local d'urbanisme et précise les objectifs poursuivis et les modalités de concertation, conformément à l'article L. 103-3. / La délibération prise en application de l'alinéa précédent est notifiée aux personnes publiques associées mentionnées aux articles L. 132-7 et L. 132-9. / L'autorité compétente peut décider de surseoir à statuer, dans les conditions et délai prévus à l'article L. 424-1, sur les demandes d'autorisation concernant des constructions, installations ou opérations qui seraient de nature à compromettre ou à rendre plus onéreuse l'exécution du futur plan dès lors qu'a eu lieu le débat sur les orientations générales du projet d'aménagement et de développement durable. " Par ailleurs, aux termes de l'article L. 424-1 du même code, dans sa rédaction alors applicable : " L'autorité compétente se prononce par arrêté sur la demande de permis ou, en cas d'opposition ou de prescriptions, sur la déclaration préalable. / Il peut être sursis à statuer sur toute demande d'autorisation concernant des travaux, constructions ou installations dans les cas prévus au 6° de l'article L. 102-13 et aux articles L. 153-11 et L. 311-2 du présent code et par l'article L. 331-6 du code de l'environnement. / () Le sursis à statuer doit être motivé et ne peut excéder deux ans. L'autorité compétente ne peut, à l'expiration du délai de validité du sursis ordonné, opposer à une même demande d'autorisation un nouveau sursis fondé sur le même motif que le sursis initial. Si des motifs différents rendent possible l'intervention d'une décision de sursis à statuer par application d'une disposition législative autre que celle qui a servi de fondement au sursis initial, la durée totale des sursis ordonnés ne peut en aucun cas excéder trois ans. A l'expiration du délai de validité du sursis à statuer, une décision doit, sur simple confirmation par l'intéressé de sa demande, être prise par l'autorité compétente chargée de la délivrance de l'autorisation, dans le délai de deux mois suivant cette confirmation. Cette confirmation peut intervenir au plus tard deux mois après l'expiration du délai de validité du sursis à statuer. Une décision définitive doit alors être prise par l'autorité compétente pour la délivrance de l'autorisation, dans un délai de deux mois suivant cette confirmation. A défaut de notification de la décision dans ce dernier délai, l'autorisation est considérée comme accordée dans les termes où elle avait été demandée. / Lorsqu'une décision de sursis à statuer est intervenue, les propriétaires des terrains auxquels a été opposé le refus d'autorisation de construire ou d'utiliser le sol peuvent mettre en demeure la collectivité ou le service public qui a pris l'initiative du projet de procéder à l'acquisition de leur terrain dans les conditions et délai mentionnés aux articles L. 230-1 et suivants. "

7. En l'espèce, il est constant que le projet de PLU de la commune de Valbonne a été arrêté par délibération du conseil municipal de la commune de Valbonne du 25 juillet 2019 et était dans un état d'avancement suffisant à la date à laquelle le permis de construire litigieux a été délivré. Si les requérants soutiennent que le maire aurait dû surseoir à statuer sur la demande de permis de construire dès lors que le projet en cause comporte un pourcentage de biotope de 62 % alors que le projet de PLU prévoyait à son article UD4 un pourcentage de biotope de 70 %, cette différence entre le projet accordé par l'arrêté litigieux et le projet de PLU arrêté est, d'une part, limité à cette seule question du pourcentage de biotope et, d'autre part, de faible importance. Dès lors, le projet accordé par l'arrêté du 5 février 2020 n'était pas de nature à compromettre l'exécution du futur PLU ni à la rendre plus onéreuse. Il s'ensuit que le maire de Valbonne, en ne prononçant pas un sursis à statuer sur la demande de permis de construire en cause, n'a pas entaché l'arrêté du 22 janvier 2018 d'une erreur de droit.

8. En quatrième lieu, les requérants soutiennent que le projet méconnaît les dispositions de l'article UE4 du règlement du PLU de la commune de Valbonne, dans leur rédaction applicable au litige et citées au point 3 du jugement.

9. Premièrement, en ce qui concerne les eaux pluviales, il ressort des pièces du dossier que le projet a fait l'objet d'une étude hydrogéologique du 11 décembre 2015 par le bureau d'étude 3Ge et que cette étude a été complétée par un avenant du 26 décembre 2019, tous deux concluant favorablement au projet et comportant des prescriptions. Les requérants n'établissent pas que les techniques présentées pour le stockage des eaux pluviales seraient insuffisantes. Par ailleurs, la communauté d'agglomération Sophia Antipolis a émis le 23 janvier 2020 un avis favorable assorti de prescriptions qui ont été reprises par l'arrêté litigieux. Deuxièmement, en ce qui concerne les eaux usées, les requérants n'établissent pas que le dispositif d'assainissement individuel serait insuffisant dès lors qu'indépendamment de la surface de plancher de la construction, le nombre d'habitant reste le même. Il ressort également des pièces du dossiers que la SPL Hydropolis, gestionnaire du réseau d'assainissement, a émis un avis favorable au projet le 15 novembre 2019, assorti de prescriptions qui ont également été reprises par l'arrêté litigieux. Par suite, le moyen susmentionné au point précédent doit être écarté dans toutes ses branches.

10. En cinquième lieu, aux termes de l'article UE6 du règlement du PLU de la commune de Valbonne, dans sa rédaction applicable au litige : " Article UE6 - Implantations des constructions par rapport aux voies et aux emprises publiques / Les bâtiments et les piscines doivent s'implanter à une distance au moins à 5 mètres de l'alignement de fait ou de la limite d'un emplacement réservé. / Toutefois, les bâtiments doivent s'implanter à une distance au moins égale à 12 mètres de l'ace des routes départementales. () "

11. En l'espèce, les requérants soutiennent que le balcon et les fenêtres situées du côté de la route de Cannes ne respectent pas la règle de prospect par rapport aux voies et aux emprises publiques. Comme le soutiennent la commune défenderesse et les pétitionnaires, même en l'absence de cote sur le plan de masse, le service d'instruction de la commune a pu contrôler le respect de cette règle au regard de l'échelle utilisée sur ce plan. Le moyen manque ainsi en fait et doit donc être écarté.

12. En sixième lieu, aux termes de l'article UE7 du règlement du PLU de la commune de Valbonne, dans sa rédaction applicable au litige : " Article UE7 - Implantation des constructions par rapport aux limites séparatives / Les bâtiments et les piscines doivent s'implanter à une distance des limites séparatives au moins égale à 5 mètres. / En outre, les bâtiments annexes à usage de stationnement (garage, abri voiture) peuvent s'implanter sur les limites séparatives ou en retrait dans une bande de 5 mètres comptée à partir des limites séparatives la plus proche si leur hauteur n'excède pas 2,50 mètres à l'égout du toit et 3,50 mètres au faitage. () ". La circonstance qu'une construction existante n'est pas conforme à une ou plusieurs dispositions d'un plan d'occupation des sols régulièrement approuvé ne s'oppose pas, en l'absence de dispositions de ce plan spécialement applicables à la modification des immeubles existants, à la délivrance ultérieure d'un permis de construire s'il s'agit de travaux qui, ou bien doivent rendre l'immeuble plus conforme aux dispositions réglementaires méconnues, ou bien sont étrangers à ces dispositions.

13. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de masse de l'existant et du plan de masse du projet, que les travaux objets du permis de construire litigieux consistent à modifier une construction existante initialement construite sur sa façade nord à moins de cinq mètres de la limite séparative pour n'en conserver qu'une partie et implanter une nouvelle construction en continuité de la partie conservée plus au sud. Si les requérants soutiennent que la partie de la construction existante et conservée ainsi que le terrain sur lequel la construction est implantée ont été rehaussés, s'appuyant sur un constat d'huissier du 13 juillet 2020 dont les constatations ne sont pas chiffrées et relèvent d'une estimation, cette circonstance à supposer qu'elle soit établie, est en tout état de cause relative à l'exécution de l'autorisation d'urbanisme et n'est ainsi pas de nature à entacher d'illégalité l'arrêté du 5 février 2020 attaqué. Au demeurant, il ressort des pièces du dossier, notamment du plan de masse du projet, que la construction nouvelle est implantée à plus de cinq mètres de la limite séparative et qu'aucun rehaussement tant de la partie de la construction conservée que du terrain ne sont prévus. Il ressort également du relevé du géomètre du 27 mai 2020 qu'aucun rehaussement de la construction, ni rehaussement du terrain ne sont constatés. Par suite, les consorts E et D ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté du 5 février 2020 méconnaît les dispositions de l'article UE7 du règlement du PLU de la commune de Valbonne.

14. En septième lieu, aux termes de l'article UE10 du règlement du PLU de la commune de Valbonne, dans sa rédaction alors applicable : " Article UE10 - hauteur maximum des constructions / La hauteur des constructions mesurées en tout point des façades, du sol naturel ou excavé jusqu'au niveau de l'égout du toit ne pourra excéder 7 mètres. / () La hauteur des constructions annexes à usage de stationnement (garage - abri voiture) implantées sur la limite séparative ou en retrait dans une bande de 5 mètres comptée à partir des limites séparatives ne pourra excéder 2,50 mètres à l'égout du toit et 3,50 mètres au faitage. () ".

15. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier et notamment des plans de coupe AA et BB du dossier de demande de permis de construire, que la construction principale présente, à son point le plus haut, une hauteur de six mètres soixante depuis le terrain naturel jusqu'à l'égout du toit, aucun rehaussement du terrain n'étant prévu ni constaté comme cela a été indiqué au point 13 du jugement. Par ailleurs, s'agissant du garage, il ressort des plans de coupe CC et DD que sa hauteur est de deux mètres cinquante depuis le terrain naturel jusqu'à l'égout du toit. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions de l'article UE10 du règlement du PLU de la commune de Valbonne doit également être écarté.

16. En huitième lieu, aux termes de l'article UE11 du règlement du PLU de la commune Valbonne, dans sa rédaction applicable au litige : " Article UE 11 - Aspect extérieur / Les constructions doivent présenter un aspect compatible avec le caractère ou l'intérêt des lieux avoisinants, des sites et des paysages. / L'architecture contemporaine est autorisée. "

17. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le terrain d'assiette du projet est situé en zone urbaine du PLU de Valbonne. Il se situe dans le périmètre du site inscrit de la bande côtière de Nice à Théoule. Il ressort des photographies aériennes produites au dossier que le terrain d'assiette se situe dans un secteur dans lequel sont implantés des constructions individuelles d'aspect varié et des commerces. Il s'ensuit que cet environnement ne présente pas un caractère particulier. Par ailleurs, il ressort des pièces du dossier que le projet consiste en la construction d'une villa d'architecture contemporaine. Par ses caractéristiques, ce projet qui a fait l'objet d'un avis favorable de l'architecte des Bâtiments de France le 30 octobre 2019, ne présente pas un aspect incompatible avec le caractère ou l'intérêt des lieux avoisinants, des sites et des paysages. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point précédent doit dès lors être écarté.

18. En neuvième et dernier lieu, aux termes de l'article UE12 du règlement du PLU de la commune de Valbonne, dans sa rédaction applicable au litige : " Article UE12 - Stationnement / Les aires de stationnement, (y compris pour les deux-roues) et leurs zones de manœuvre doivent être réalisées en dehors des voies publiques ou privée ouvertes à la circulation sur des emplacements prévus à cet effet. Il est notamment exigé : / - pour les constructions à usage d'habitation, 1 place de stationnement pour 60 m² de surface de plancher hors œuvre nette de construction (surface de plancher) avec au minimum 2 places de stationnement, / () Dans le cas d'extension de constructions existantes, les normes ci-dessus ne s'appliquent qu'aux extensions projetées. / Dans le cas de réaménagement de constructions existantes, les normes ci-dessus ne s'appliqueront qu'en cas de création de surface de plancher. / () Hormis pour les constructions à usage de logement et de bureaux (Cf. article 11 des dispositions générales), il est exigé : / - 1 place de stationnement pour les cycles par 80 m² de surface de plancher, / Les emplacements réservés aux cycles devront être sécurisés et couverts. () ".

19. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le projet prévoit la création d'une surface de plancher de cinq cent neuf mètres carrés quatre-vingt huit. Il résulte de l'application des dispositions citées au point précédent que le projet doit donc comporter neufs places de stationnement, ce qui est avéré. En outre, il résulte des mêmes dispositions que le projet n'est pas soumis à la création de place de stationnement pour les cycles. Par suite, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté litigieux méconnaît les disposition de l'article UE12 du règlement du PLU de la commune de Valbonne.

En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 14 janvier 2021 :

20. En premier lieu, par arrêté du 29 décembre 2020 du maire de la commune de Valbonne, M. J I, cinquième adjoint au maire, a reçu délégation de fonction et de signature en matière d'urbanisme, couvrant ainsi la décision en litige. Il s'ensuit que le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur l'acte manque en fait et doit dès lors être écarté.

21. En deuxième lieu, les requérants soutiennent que l'arrêté du 14 janvier 2021 a été accordé sur la base d'un dossier de demande de permis de construire modificatif incomplet aux termes des articles R. 431-8, R. 431-9 et R. 431-10 du code de l'urbanisme précédemment cités au point 3 du jugement. Comme cela a déjà été indiqué, la circonstance que le dossier de demande de permis de construire ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité le permis de construire qui a été accordé que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

22. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier, notamment du dossier de demande de permis de construire modificatif, que, premièrement, au regard de l'objet du permis de construire modificatif tenant à la création d'une verrière en toiture, à la modification des façades, à la réduction de la cave, à la modification de la rétention des eaux pluviales, à la modification du portail et à la modification des arbres plantés, le dossier de demande de permis de construire modificatif n'était pas tenu de comporter de nouvelles pièces relatives à l'insertion du projet dans son environnement, et que, contrairement à ce que soutiennent les consorts E et D, il comportait un plan de masse présentant l'emplacement et le volume de la verrière projetée sur la toiture de la construction principale. Deuxièmement, il ressort également du plan de masse du dossier de demande de permis de construire modificatif que les plantations modifiées sont présentées et que les réseaux, bien que non modifiés, sont également représentés. Troisièmement, la demande de permis de construire modificatif n'ayant pas pour objet de modifier l'implantation et le volume des constructions, la circonstance que les plans de coupe ne présentent pas le profil du terrain est sans incidence sur la légalité de l'arrêté du 14 janvier 2021 litigieux. Par suite, le moyen tiré de l'incomplétude du dossier de demande de permis modificatif doit être écarté dans toutes ses branches.

23. En troisième lieu, aux termes de l'article UE11 du règlement du PLU de la commune de Valbonne, dans sa rédaction alors applicable : " Article 11 - Aspect extérieur / Les constructions doivent présenter un aspect compatible avec le caractère ou l'intérêt des lieux avoisinants. / () 4. Les toitures : / Les couvertures seront en tuiles canales en terre cuite naturelle avec une pente compris entre 27 et 33 %. / Les toitures terrasses sont autorisées. () ".

24. D'une part, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point 17 du jugement, il ne ressort pas des pièces du dossier que, par ses caractéristiques, le projet litigieux, qui a au demeurant fait l'objet d'un avis favorable de l'architecte des Bâtiments de France le 6 janvier 2021, présenterait un aspect incompatible avec le caractère ou l'intérêt des lieux avoisinants, des sites et des paysages. D'autre part, si le projet prévoit l'implantation d'une verrière sur la toiture de la construction principale, il ne résulte pas des dispositions citées au point précédent que l'implantation d'une telle structure sur une toiture terrasse soit interdite. Par suite, les consorts E et D ne sont pas fondés à soutenir que l'arrêté du 14 janvier 2021 méconnaît les dispositions de l'article UE11 du règlement du PLU de la commune de Valbonne.

25. En quatrième et dernier lieu, si les requérants soutiennent que l'arrêté du 14 janvier 2021 méconnaîtrait le pourcentage de 70% de biotope, ils ne rattachent ce moyen à la méconnaissance d'aucune règle d'urbanisme précise. Par suite, le moyen susmentionné doit être écarté.

26. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que, sans qu'il soit besoin de statuer sur les fins de non-recevoir soulevées en défense, les consorts E et D ne sont pas fondés à demander l'annulation des arrêtés du 5 février 2020 et du 14 janvier 2021 litigieux.

Sur les conclusions à fins de désignation d'un expert :

27. D'une part, aux termes de l'article R. 623-1 du code de justice administrative : " La juridiction peut, soit sur la demande des parties, soit d'office, prescrire une enquête sur les faits dont la constatation lui paraît utile à l'instruction de l'affaire. " D'autre part, aux termes de l'article R. 625-2 du même code : " La formation de jugement peut tenir une audience publique d'instruction au cours de laquelle les parties sont entendues sur toute question de fait ou de droit dont l'examen paraît utile. () "

28. Les consorts E et D soutiennent qu'une enquête ou qu'une audience publique d'instruction est nécessaire afin de déterminer le contenu des dossiers de permis de construire et de clarifier les surfaces en cause. Toutefois, les pièces versées au dossier permettent au tribunal de déterminer les faits sur lesquels il est saisi. Il n'y a dès lors pas lieu, avant dire droit, d'ordonner une enquête sur ce point, pas davantage qu'il n'y a lieu de tenir une audience publique d'instruction. Les conclusions en ce sens doivent par suite être rejetées.

Sur les conclusions présentées par M. et A O sur le fondement de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme :

29. Aux termes de l'article L. 600-7 du code de l'urbanisme : " Lorsque le droit de former un recours pour excès de pouvoir contre un permis de construire, de démolir ou d'aménager est mis en œuvre dans des conditions qui traduisent un comportement abusif de la part du requérant et qui causent un préjudice au bénéficiaire du permis, celui-ci peut demander, par un mémoire distinct, au juge administratif saisi du recours de condamner l'auteur de celui-ci à lui allouer des dommages et intérêts. La demande peut être présentée pour la première fois en appel. " Si les pétitionnaires se prévalent de ces dispositions, applicables au présent litige, ils ne justifient toutefois pas, eu égard à l'intérêt à agir des consorts E et D, que leur demande excèderait la défense de leurs intérêts légitimes. Par suite, les conclusions à fin d'indemnisation présentées par les consorts O sur le fondement des dispositions précitées doivent être rejetées.

Sur les conclusions présentées par la commune de Valbonne au titre des dispositions de l'article L. 741-2 du code de justice administrative :

30. Aux termes de l'article L. 741-2 du code de justice administrative : " Sont également applicables les dispositions des alinéas 3 à 5 de l'article 41 de la loi du 29 juillet 1881 ci-après reproduites : "Art. 41, alinéas 3 à 5.-Ne donneront lieu à aucune action en diffamation, injure ou outrage, ni le compte rendu fidèle fait de bonne foi des débats judiciaires, ni les discours prononcés ou les écrits produits devant les tribunaux. Pourront néanmoins les juges, saisis de la cause et statuant sur le fond, prononcer la suppression des discours injurieux, outrageants ou diffamatoires, et condamner qui il appartiendra à des dommages-intérêts. Pourront toutefois les faits diffamatoires étrangers à la cause donner ouverture, soit à l'action publique, soit à l'action civile des parties, lorsque ces actions leur auront été réservées par les tribunaux et, dans tous les cas, à l'action civile des tiers" ". Il résulte de ces dispositions que les tribunaux administratifs peuvent, dans les causes dont ils sont saisis, prononcer, même d'office, la suppression des écrits injurieux, outrageants ou diffamatoires.

31. En l'espèce, et d'une part, le passage du mémoire du 30 novembre 2020 des consorts E et D qui commence par " et cela ne semble " et qui se termine par " sur la commune de Valbonne (Pièce 29) " (page 7 du mémoire) ainsi que le passage du même mémoire qui commence par " 3. La Commune ne dit mot " et qui se termine par " le 30 octobre 2019 " (pages 7 et 8 du mémoire), dont la suppression est demandée par la commune de Valbonne, excèdent le droit à la libre discussion et présentent un caractère diffamatoire. Par suite, il y a lieu de prononcer la suppression de ces passages et de ces termes en application des dispositions de l'article L. 741-2 du code de justice administrative.

32. D'autre part, l'autre passage dont la suppression est demandée par la commune de Valbonne le fondement des dispositions de l'article L. 741-2 du code de justice administrative n'excèdent pas le droit à la libre discussion et ne présentent pas un caractère injurieux, outrageant ou diffamatoire. La demande de suppression présentée par la commune de Valbonne doit, dès lors, être rejetée.

Sur les frais liés au litige :

33. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Valbonne et des consorts O, qui ne sont pas les parties perdantes dans la présente instance, la somme que les consorts E et D demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge des consorts E et D une somme de 1 500 euros à verser, d'une part, à la commune de Valbonne, et d'autre part, aux consorts O, au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La requête présentée par M. et A E, M. et A D et A G est rejetée.

Article 2 : M. et A E, M. et A D et A G verseront, d'une part, à la commune de Valbonne et, d'autre part, à M. et A O, une somme de 1 500 euros, en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Les passages contenus dans le mémoire du 30 novembre 2020 de M. et A E, A et A D et de A G, tels que mentionnés au point 31 du présent jugement, sont supprimés.

Article 4 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 5 : Le présent jugement sera notifié à M. B E, à A F E, à A K D, à A N G, à M. H D, à la commune de Valbonne ainsi qu'à A M O et M. L O.

Délibéré après l'audience du 24 juin 2024, à laquelle siégeaient :

M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président ;

M. Holzer, conseiller ;

M. Combot, conseiller.

Décision rendue publique par mise à disposition au greffe, le 18 juillet 2024.

Le rapporteur,

signé

J. Combot

Le président,

signé

F. Silvestre-Toussaint-Fortesa

La greffière,

signé

C. Sussen

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou, par délégation, la greffière

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