mercredi 6 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2004581 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET FREDERIC TOCQUET |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 10 novembre 2020, M. A H et Mme E H, représentés par Me Marino, demandent au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 25 mai 2020 par lequel le maire de Saint-Vallier-de-Thiey a délivré à M. F un permis de construire une maison individuelle avec piscine sur la parcelle cadastrée section AC n°42 ;
2°) d'annuler l'arrêté du 8 juillet 2020 par lequel le maire de Saint-Vallier-de-Thiey a délivré à M. F un permis de construire modificatif ;
3°) de mettre à la charge de M. F la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;
4°) de condamner M. F aux entiers dépens.
Ils soutiennent que :
- le permis de construire modificatif et la décision rejetant leur recours gracieux ont été signés par une autorité incompétente ;
- les arrêtés attaqués ont été obtenus par la fraude et sont entachés d'irrégularité.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 avril 2022, M. C F et Mme G F, représentés par Me Tocquet, concluent au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils font valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Une mise en demeure a été adressée le 23 mars 2022 à la commune de Saint-Vallier-de-Thiey qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Par ordonnance du 29 avril 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 31 mai 2022.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code général des collectivités territoriales ;
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Soler,
- et les conclusions de M. Beyls, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. M. et Mme H sont copropriétaires du lot n°1 au sein d'un immeuble situé sur la parcelle cadastrée section AC n°42 sur le territoire de la commune de Saint-Vallier-de-Thiey. M. et Mme F sont copropriétaires du lot n°2. Par un arrêté du 25 mai 2020, le maire de
Saint-Vallier-de-Thiey a délivré à M. F un permis de construire une maison individuelle avec piscine sur l'assiette foncière de la copropriété. Par un arrêté du 8 juillet 2020, M. F a obtenu un permis de construire modificatif. Par un courrier, reçu le 27 juillet 2020 par la commune,
M. et Mme H ont formé un recours gracieux contre ces arrêtés. Par un courrier du 11 septembre 2020, le maire de Saint-Vallier-de-Thiey a rejeté leur recours. Les requérants demandent l'annulation des arrêtés du 25 mai et 8 juillet 2020.
Sur les conclusions aux fins d'annulation
Sur l'incompétence alléguée de l'auteur de l'acte :
2. D'une part aux termes de l'article L. 422-1 du code de l'urbanisme : " L'autorité compétente pour délivrer le permis de construire () est : / Le maire, au nom de la commune, dans les communes qui se sont dotées d'un plan local d'urbanisme () ". Selon l'article L. 2122-18 du code général des collectivités territoriales : " Le maire est seul chargé de l'administration, mais il peut, sous sa surveillance et sa responsabilité, déléguer par arrêté une partie de ses fonctions à un ou plusieurs de ses adjoints () ". Aux termes de l'article L. 2131-1 du même code dans sa rédaction applicable au litige : " Les actes pris par les autorités communales sont exécutoires de plein droit dès qu'il a été procédé à leur publication ou affichage () ainsi qu'à leur transmission au représentant de l'Etat dans le département ou à son délégué dans l'arrondissement () ". L'article L. 2131-2 précise, dans sa rédaction applicable au litige, que : " Sont soumis aux dispositions de l'article L. 2131-1 les actes suivants : / () 3° Les actes à caractère réglementaire pris par les autorités communales dans tous les autres domaines qui relèvent de leur compétence en application de la loi () ".
3. En l'espèce, d'une part, il ressort des pièces du dossier que l'arrêté délivrant le permis de construire modificatif en litige a été signé par M. D B, adjoint au maire délégué à l'urbanisme. Le pétitionnaire a versé aux débats l'arrêté du 5 juin 2020 par lequel le maire de la commune a donné délégation à M. B pour signer tous les arrêtés accordant les autorisations d'urbanisme. Cette délégation, suffisamment précise, a été transmise à la préfecture des
Alpes-Maritimes le 5 juin 2020 et a fait l'objet d'un affichage en mairie à compter du 11 juin 2020 et ce jusqu'au 20 septembre 2023, ainsi que cela ressort de l'attestation du maire de la commune établie le 20 septembre 2023.
4. D'autre part, lorsqu'un requérant présente simultanément des conclusions à fin d'annulation d'une décision administrative et du refus de faire droit au recours gracieux présenté à l'encontre de celle-ci, les moyens critiquant les vices propres dont la décision de rejet du recours gracieux serait entachée ne peuvent être utilement invoqués par l'intéressé à l'appui de sa requête. Dès lors, la deuxième branche du moyen, tirée de l'incompétence du signataire de la décision rejetant le recours gracieux des requérants, doit être écartée comme inopérante. Il suit de là que le moyen doit être écarté dans ses deux branches.
Sur la fraude et les irrégularités alléguées :
5. La caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme. Une information erronée ne peut, à elle seule, faire regarder le pétitionnaire comme s'étant livré à l'occasion du dépôt de sa demande à des manœuvres destinées à tromper l'administration.
6. En premier lieu, il ressort de la notice jointe à la demande de permis de construire initial que l'abri figurant sur le plan cadastral a été démoli en raison de sa vétusté. Le plan de masse joint à la demande mentionne l'emplacement de cet abri démoli. Ainsi, dès lors que le pétitionnaire avait mentionné dans la notice que cet abri avait été démoli, l'élément matériel de la fraude n'est pas établi et les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le permis de construire aurait été délivré en tenant compte d'une construction inexistante. Il suit de là que la première branche du moyen doit être écartée.
7. En deuxième lieu, il ressort de la notice jointe à la demande de permis de construire initial que le terrain dispose de cinq places de stationnement existantes et que trois places supplémentaires seront créées. Le plan de masse de l'existant fait apparaître ces cinq places de stationnement. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, il ne ressort pas des pièces du dossier que ces places n'existeraient pas à ce jour. Dès lors, l'élément matériel de la fraude n'est pas établi et la deuxième branche du moyen doit également être écartée.
8. En troisième lieu, d'une part, si les requérants soutiennent que le pétitionnaire mentionne une terrasse supprimée alors que celle-ci existerait toujours, il ressort de la demande de permis de construire en litige que celle-ci a précisément pour objet d'autoriser la suppression de cette terrasse. Dès lors, les requérants ne peuvent se prévaloir du fait que la terrasse n'aurait pas été supprimée avant la demande de permis de construire en litige. D'autre part, le permis de construire, qui est délivré sous réserve des droits des tiers, a pour seul objet d'assurer la conformité des travaux qu'il autorise avec la réglementation d'urbanisme. Dès lors, la circonstance que cette terrasse appartiendrait à la copropriété relève du droit privé et n'est pas de nature à entacher le permis de construire en litige d'illégalité. Il suit de là que la troisième branche du moyen doit être écartée.
9. En dernier lieu, il ressort de la notice jointe à la demande de permis de construire initial que l'accès au terrain se fait par une seule entrée principale existante sur le chemin de la Cabre d'Or et que l'accès au parking se fait par la même entrée. Cet accès est matérialisé sur le plan de masse joint à la demande. Dès lors que l'accès au projet ne faisait pas l'objet de modification, il ne résulte d'aucune disposition législative ou règlementaire que le pétitionnaire était tenu de représenter à nouveau cet accès dans la demande de permis de construire modificatif. Il suit de là que la dernière branche du moyen doit également être écartée.
10. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par les requérants doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
11. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de M. F, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que M. et Mme H demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de
M. et Mme H la somme demandée par M. F au même titre.
12. Aucun dépens n'a été exposé au cours de la présente instance. Les conclusions présentées à ce titre par les requérants ne peuvent donc qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme H est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de M. F présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A H, à Mme E H, à la commune de Saint-Vallier-de-Thiey, à M. C F et à Mme G F.
Délibéré après l'audience du 15 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Bonhomme, président,
Mme Soler, conseillère,
Mme Sandjo, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
N. SOLER
Le président,
Signé
T. BONHOMMELe greffier,
Signé
D. CREMIEUX
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026