mardi 20 juin 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2005366 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | GOLDWIN SOCIETE D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
I.- Par une requête enregistrée sous le n° 2004279, le 20 octobre 2020, M. C B, représenté par Me Bellaiche, demande au tribunal :
1°) de surseoir à statuer dans l'attente du jugement du tribunal administratif de Nice dans l'affaire enregistrée sous le n° 2002905 ;
2°) d'annuler la décision de la sous-préfète de Grasse du 20 août 2020 prononçant la fermeture administrative de l'établissement " Le Panini's Burger " pour une durée de 15 jours ;
3°) de condamner l'Etat aux dépens ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice d'incompétence ;
- il est entaché d'un défaut de motivation ;
- il est entaché de vices de procédure dès lors que le procureur de la République n'a pas été préalablement informé, qu'aucun compte rendu n'a été adressé au ministre de la santé, qu'aucune mise en demeure du maire d'Antibes ne lui a été préalablement adressée et que le principe du contradictoire a été méconnu ;
- il est dépourvu de base légale ;
- il est entaché d'erreurs manifestes d'appréciation ;
- il porte atteinte à la liberté d'entreprendre.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Une mise en demeure a été adressée le 21 juin 2022 au préfet des Alpes-Maritimes.
Par ordonnance du 9 septembre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 26 septembre 2022.
II.- Par une requête enregistrée sous le n° 2005366, le 20 octobre 2020, M. C B, représenté par Me Bellaiche, demande au tribunal :
1°) de surseoir à statuer dans l'attente du jugement du tribunal administratif de Nice dans l'affaire enregistrée sous le n° 2002905 ;
2°) d'annuler la décision par laquelle la sous-préfète de Grasse a implicitement rejeté son recours gracieux à l'encontre de l'arrêté du 20 août 2020 prononçant la fermeture administrative de l'établissement " Le Panini's Burger " pour une durée de 15 jours ;
3°) de condamner l'Etat aux dépens ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'un vice d'incompétence ;
- il est entaché d'un défaut de motivation ;
- il est entaché de vices de procédure dès lors que le procureur de la République n'a pas été préalablement informé, qu'aucun compte rendu n'a été adressé au ministre de la santé, qu'aucune mise en demeure du maire d'Antibes ne lui a été préalablement adressée et que le principe du contradictoire a été méconnu ;
- il est dépourvu de base légale ;
- il est entaché d'erreurs manifestes d'appréciation ;
- il porte atteinte à la liberté d'entreprendre.
La requête a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
Une mise en demeure a été adressée le 21 juin 2022 au préfet des Alpes-Maritimes.
Par ordonnance du 28 octobre 2022, la clôture d'instruction a été fixée au 23 novembre 2022.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de sécurité intérieure ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Duroux, conseillère,
- et les conclusions de M. Soli, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par un arrêté du 20 août 2020, le préfet des Alpes-Maritimes a prononcé la fermeture administrative pour une durée de 15 jours de l'établissement de vente à emporter " Le Panini's Burger ", exploité par M. B, situé au n° 1 boulevard de La Pinède à Antibes. Par la requête enregistrée sous le n° 2004279, M. B demande au tribunal d'annuler l'arrêté préfectoral du 20 août 2020. Par la requête enregistrée sous le n° 2005366, le requérant demande au tribunal d'annuler le rejet implicite de son recours gracieux dirigé contre l'arrêté du 20 août 2020.
Sur la jonction :
2. Les conclusions de la requête enregistrée sous le n° 2005366 tendant à l'annulation de la décision de rejet implicite du recours gracieux dirigé contre l'arrêté du 20 août 2020 doivent être regardées comme dirigées contre cet arrêté. Dès lors, les requêtes enregistrées sous le n° 2004279 et sous le n° 2005366 présentées par M. B sont dirigées contre la même décision et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
3. Aux termes de l'article L. 332-1 du code de la sécurité intérieure : " Les établissements fixes ou mobiles de vente à emporter de boissons alcoolisées ou d'aliments assemblés et préparés sur place, destinés à une remise immédiate au consommateur, dont l'activité cause un trouble à l'ordre, la sécurité ou la tranquillité publics peuvent faire l'objet d'un arrêté de fermeture administrative d'une durée n'excédant pas trois mois pris par le représentant de l'Etat dans le département ou, à Paris, par le préfet de police. () ".
4. L'arrêté attaqué du 20 août 2020 a été signé par Mme A D, sous-préfète de Grasse. Il ressort des termes de cet arrêté que celui-ci vise l'arrêté
n° 2020-321du 19 mai 2020 régulièrement publié le même jour au recueil spécial n° 106.2020 des actes administratifs de la préfecture des Alpes-Maritimes, aux termes duquel Mme A D a reçu délégation de signature du préfet des Alpes-Maritimes pour assurer l'administration de l'arrondissement de Grasse dans un nombre de matières énumérées à l'article 2. Si parmi ces attributions figure celle relative à la fermeture administrative des débits de boisson, en revanche, celle relative à la fermeture administrative des établissements de vente à emporter n'y figure pas. Dès lors, et en l'absence d'observation de la préfecture des Alpes-Maritimes qui n'a produit aucun mémoire en défense, Mme A D, sous-préfète de Grasse, ne justifie d'aucune délégation pour signer l'arrêté attaqué relatif à la fermeture administrative d'un établissement de vente à emporter. Par suite, le requérant est fondé à soutenir que l'arrêté attaqué du 20 mai 2020 est entaché d'un vice d'incompétence.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête ni de surseoir à statuer, que l'arrêté du 20 mai 2020 prononçant la fermeture administrative de l'établissement " Le Panini's Burger " pour une durée de 15 jours doit être annulé, ensemble le rejet implicite de son recours gracieux.
Sur les dépens :
6. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions formées à ce titre sont sans objet et doivent dès lors être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
7. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 000 euros à verser à M. B au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : L'arrêté de la sous-préfète de Grasse du 20 août 2020 est annulé, ensemble le rejet implicite du recours gracieux.
Article 2 : L'État versera à M. B la somme de 1 000 euros en application de l'article
L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le surplus des conclusions la requête est rejeté.
Article 4: Le présent jugement sera notifié à M. C B et au préfet des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 30 mai 2023, à laquelle siégeaient :
M. Pascal, président,
Mme Duroux, conseillère,
Mme Kolf, conseillère,
assistés de Mme Antoine, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 20 juin 2023.
La rapporteure,
signé
G. DUROUX
Le président,
signé
F.PASCALLa greffière,
signé
B-P ANTOINE
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef
Ou par délégation, le greffier
N°s 2004279, 2005379
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026