mercredi 6 décembre 2023
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2101052 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BENDOTTI |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés les 24 février, 31 mai, 27 septembre et 19 novembre 2021, M. E A et Mme B A, représentés par Me Bendotti, doivent être regardés comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision née du silence gardé par le maire de Carros sur la déclaration préalable de travaux déposée par M. C en vue de la réalisation d'ouvrages de clôture sur les parcelles cadastrées section A n°905 et 910, ensemble la décision implicite rejetant leur recours gracieux ;
2°) d'annuler le certificat de décision de non-opposition à une déclaration préalable délivré par le maire de Carros le 28 octobre 2020 ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Carros et de M. C la somme de 2 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- les décisions attaquées méconnaissent les dispositions de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme ;
- le déclarant a indiqué de manière frauduleuse que le terrain d'assiette du projet était situé dans un lotissement ;
- il a modifié de manière frauduleuse les plans afin de laisser croire qu'il possédait la jouissance exclusive du terrain d'assiette du projet.
Par des mémoires en défense, enregistrés les 29 avril, 26 juillet et 15 octobre 2021, M. D C conclut, dans le dernier état de ses écritures, au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 500 euros soit mise à la charge des requérants au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par un mémoire en défense, enregistré le 1er octobre 2021, le préfet des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
La requête a été communiquée à la commune de Carros, qui n'a pas produit d'observations.
Par ordonnance du 30 septembre 2021, la clôture d'instruction a été fixée au 6 décembre 2021.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative ;
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Soler,
- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,
- et les observations de Me Bendotti, représentant les requérants, et de M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a déposé, le 4 août 2020, une déclaration préalable, complétée le 10 août 2020, en vue de la réalisation d'ouvrages de clôture sur les parcelles cadastrées section A n°905 et 910 situées sur le territoire de la commune de Carros. En l'absence de réponse, une décision tacite de non-opposition est née à l'expiration d'un délai de deux mois. Le maire de Carros a délivré, le 28 octobre 2020, au nom de l'Etat, un certificat de décision tacite de non-opposition. Par un courrier du 4 novembre 2020, M. et Mme A ont formé un recours gracieux contre cette décision et ce certificat. Aucune réponse n'a été apportée à leur demande. Par leur requête, M. et Mme A demandent l'annulation de la décision tacite de non-opposition, du certificat du 28 octobre 2020 et de la décision implicite rejetant leur recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. La caractérisation de la fraude résulte de ce que le pétitionnaire a procédé de manière intentionnelle à des manœuvres de nature à tromper l'administration sur la réalité du projet dans le but d'échapper à l'application d'une règle d'urbanisme. Une information erronée ne peut, à elle seule, faire regarder le pétitionnaire comme s'étant livré à l'occasion du dépôt de sa demande à des manœuvres destinées à tromper l'administration.
Sur la méconnaissance alléguée des dispositions de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme :
3. Aux termes de l'article R.*423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / () / b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ; / () " et aux termes de l'article R.*431-5 du même code : " La demande de permis de construire précise : / a) L'identité du ou des demandeurs, qui comprend son numéro SIRET lorsqu'il s'agit d'une personne morale en bénéficiant et sa date de naissance lorsqu'il s'agit d'une personne physique ; / () / La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R*423-1 pour déposer une demande de permis ".
4. Sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme selon laquelle il remplit les conditions de l'article R. 423-1 du même code, relatives aux personnes ayant qualité pour déposer une déclaration préalable, doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande. Il résulte de ces mêmes dispositions, notamment du b) de l'article R. 423-1, qu'une demande d'autorisation d'urbanisme concernant un terrain en indivision peut être régulièrement présentée par un seul co-indivisaire, alors même que les travaux en cause pourraient être contestés par les autres propriétaires devant le juge judiciaire. Il appartient au seul juge judiciaire, le cas échéant, de se prononcer sur le bien-fondé d'une telle contestation, qui ne peut, en tout état de cause, caractériser, par elle-même, une fraude du pétitionnaire. Par suite, la seule circonstance que l'autorité compétente ait eu connaissance d'une contestation émanant de propriétaires co-indivisaires ne peut légalement fonder une décision d'opposition.
5. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que le déclarant a attesté avoir qualité pour déposer la déclaration préalable en litige en signant la case prévue à cet effet dans le formulaire Cerfa. Par suite, M. C doit être regardé comme ayant qualité pour déposer cette déclaration, sans que l'autorité administrative puisse exiger de lui la production d'un document établissant soit qu'il est seul propriétaire du terrain d'assiette du projet, soit qu'il a l'accord de l'autre copropriétaire de ce terrain. Il suit de là que le moyen tiré de ce que le pétitionnaire n'aurait pas qualité pour déposer la déclaration préalable en litige dès lors que le terrain d'assiette du projet appartient à une indivision doit être écarté.
Sur la mention que le terrain d'assiette est situé dans un lotissement :
6. Contrairement à ce que soutiennent les requérants, l'opération consistant à la construction ou l'achat, par chaque co-indivisaire, sur un même terrain, d'une villa destinée à devenir sa propriété exclusive et particulière, emporte nécessairement la subdivision en jouissance dudit terrain, alors même que la propriété du sol est restée indivise, et constitue ainsi une opération de lotissement au sens des dispositions du code de l'urbanisme. Dès lors, les requérants ne sont pas fondés à soutenir que le déclarant aurait indiqué de manière frauduleuse que le terrain d'assiette du projet était situé dans un lotissement. Il suit de là que ce moyen doit être écarté.
Sur les plans produits par le déclarant :
7. Comme rappelé au point 4, une demande d'autorisation d'urbanisme concernant un terrain en indivision peut être régulièrement présentée par un seul co-indivisaire, alors même que les travaux en cause pourraient être contestés par les autres propriétaires devant le juge judiciaire. Il appartient au seul juge judiciaire, le cas échéant, de se prononcer sur le bien-fondé d'une telle contestation, qui ne peut, en tout état de cause, caractériser, par elle-même, une fraude du pétitionnaire. Dès lors, l'élément intentionnel de la fraude n'est pas caractérisé et le moyen doit être écarté.
8. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation présentées par les requérants doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Carros et de M. C, qui ne sont pas la partie perdante dans la présente instance, la somme que les époux A demandent au titre des frais exposés et non compris dans les dépens.
10. Si M. C, qui n'a pas eu recours au ministère d'avocat, demande qu'une somme soit mise à la charge de la partie adverse au titre des frais exposés par lui et non compris dans les dépens, il ne fait toutefois état d'aucun frais spécifiquement exposé pour assurer sa défense devant le tribunal. Ses conclusions présentées au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative doivent, par suite, être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. et Mme A est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de M. C présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. E A, à Mme B A, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, à M. D C et à la commune de Carros.
Copie pour information en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 15 novembre 2023, à laquelle siégeaient :
M. Bonhomme, président,
Mme Soler, conseillère,
Mme Sandjo, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 décembre 2023.
La rapporteure,
Signé
N. SOLER
Le président,
Signé
T. BONHOMMELe greffier,
Signé
D. CREMIEUX
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation le greffier,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026