mardi 6 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2101118 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | SAJOUS |
Vu la procédure suivante :
I. - Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés sous le n° 2101118, les 25 février 2021 et 5 juillet 2023, M. C E, représenté par Me Sajous, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 25 mai 2020 par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud a supprimé son traitement à compter du 19 septembre 2019 pour service non fait ;
2°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle ou de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761 1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- le tribunal pourra, en application de l'article R. 623-1 du code de justice administrative, prescrire une enquête ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle ne lui a pas été notifiée ;
- elle comporte une mention erronée ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en ce que l'administration n'a procédé à aucune enquête dans le cadre de l'exercice de son droit de retrait qu'il avait pourtant demandé par courrier du 30 juin 2017 ;
- la décision attaquée est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur d'appréciation dès lors que son absence du service est justifiée par l'exercice du droit de retrait et qu'en conséquence, aucune retenue sur son traitement ne pouvait être opérée.
Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juin 2023, le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés sont infondés et que les conclusions présentées au titre des frais liés au litige par le requérant sont devenues sans objet dès lors qu'il a obtenu l'aide juridictionnelle.
Des observations, présentées par le ministre de l'intérieur et des outre-mer, ont été enregistrées le 16 septembre 2021.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nice du 10 décembre 2020.
Une note en délibéré présentée par le requérant a été enregistrée le 22 janvier 2024.
II. - Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés sous le n° 2101274, les 26 février 2021, 6 novembre 2022 et 19 juin 2023, M. C E, représenté par Me Sajous, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler la décision du 21 juillet 2020 par laquelle le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud l'a placé à la retraite pour limite d'âge ;
2°) de lui accorder le bénéfice de l'aide juridictionnelle ou de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 500 euros à verser à son conseil en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- sa requête est recevable ;
- le tribunal pourra, en application de l'article R. 623-1 du code de justice administrative, prescrire une enquête ;
- la décision attaquée est entachée d'un vice d'incompétence ;
- elle ne lui a jamais été notifiée ;
- elle est entachée d'une erreur de droit et d'une erreur manifeste d'appréciation en ce qu'elle a été prise en méconnaissance, d'une part, des dispositions de l'article 4 de la loi du 18 août 1936 relative à la mise à la retraite pour ancienneté alors qu'il en remplissait les conditions, d'autre part, des dispositions de la loi du 17 décembre 2008.
Par un mémoire en défense, enregistré le 3 mai 2023, le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud conclut au rejet de la requête.
Il fait valoir que les moyens soulevés par M. E sont infondés.
Des observations, présentées par le ministre de l'intérieur et des outre-mer, ont été enregistrées le 30 mars 2021.
M. E a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nice du 9 mai 2022 rectifiée le 16 mai 2022.
Une note en délibéré présentée par le requérant a été enregistrée le 22 janvier 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- la loi du 18 août 1936 ;
- la loi n° 61-825 du 29 juillet 1961 ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n° 84-834 du 13 septembre 1984 ;
- le décret n° 82-453 du 28 mai 1982 ;
- le décret n° 2009-1744 du 30 décembre 2009 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 16 janvier 2024 :
- le rapport de Mme Gazeau,
- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,
- et les observations de Me Sajous, représentant M. E.
Considérant ce qui suit :
1. M. E, major de police, a été arrêté pour maladie à compter du 17 septembre 2018 jusqu'au 30 juin 2019. L'intéressé ne s'est pas présenté à son service à l'issue de ce congé et n'a pas non plus transmis à l'administration de certificat médical prolongeant son arrêt de travail. M. E ne s'est par ailleurs pas présenté à une première expertise médicale prévue le 25 juin 2019, puis à une seconde expertise organisée le 9 octobre 2019. Par lettre recommandée réceptionnée le 19 décembre 2019, M. E a été mis en demeure dans un délai de 8 jours, de prendre contact avec le service médical statutaire et de contrôle afin de fixer un nouveau rendez-vous, invitation à laquelle il n'a pas répondu. Par arrêté du 25 mai 2020, le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud a décidé de supprimer le versement du traitement de M. E pour service non fait à compter du 19 septembre 2019.
2. Par ailleurs, le 22 janvier 2020, M. E a déposé auprès de sa hiérarchie une demande de prolongation d'activité au-delà de la limite d'âge, pour une année supplémentaire au motif qu'il est père d'un enfant encore à charge. Le chef de service de M. E a émis, le 7 février 2020, un avis défavorable sur cette demande au motif que l'intéressé est absent du service depuis le 17 septembre 2018, qu'il a d'initiative quitté le département des Alpes-Maritimes et qu'une procédure d'abandon de poste à son encontre est en cours. Par arrêté du 21 juillet 2020, le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud a admis M. E à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 20 août 2020 pour limite d'âge. M. E demande au tribunal d'annuler, pour excès de pouvoir, l'arrêté du 25 mai 2020 et l'arrêté du 21 juillet 2020.
Sur la jonction :
3. Les requêtes susvisées nos 2101274 et 2101118 présentées par M. E, concernent la situation d'un même fonctionnaire, présentent à juger des questions communes et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur la demande tendant à l'octroi de l'aide juridictionnelle :
4. Par décision du 10 décembre 2020 et décision du 9 mai 2022, rectifiée le 16 mai suivant, M. E a obtenu l'aide juridictionnelle totale pour chacune des deux instances. Par suite, il n'y a pas lieu de se prononcer sur son admission au bénéfice de l'aide juridictionnelle.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
En ce qui concerne la légalité de la décision du 25 mai 2020 :
5. En premier lieu, Mme B A, directrice des ressources humaines du secrétariat général pour l'administration du ministère de l'intérieur (SGAMI) Sud, qui a signé la décision litigieuse du 25 mai 2020, a reçu délégation de signature par arrêté du 9 mars 2020, accessible tant aux juges qu'aux parties, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture des Bouches-du-Rhône n° 13-2020-078 du 11 mars 2020, à l'effet de signer au nom du préfet de la zone de défense et de sécurité Sud, les arrêtés, décisions, lettres et notes établis par la direction des ressources humaines, dont relève notamment l'arrêté en litige, lequel intéresse la gestion administrative et financière d'un agent de la police nationale, en cas d'absence ou d'empêchement de M. Christian Chassaing, secrétaire général de la zone de défense et de sécurité Sud et de M. D H, adjoint au secrétaire général. En vertu de ces dispositions, Mme A a pu régulièrement remplacer M. G et M. H pour prendre la décision litigieuse dès lors que le requérant n'établit ni même n'allègue qu'ils n'auraient pas été absents ou empêchés. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit dès lors être écarté.
6. En deuxième lieu, la circonstance que l'arrêté attaqué comporte la mention " sur la proposition de la secrétaire générale de la zone de défense et de sécurité Sud " alors qu'à la date de son édiction, le poste de secrétaire général n'était plus occupé par Mme F mais par M. G, constitue une erreur matérielle dépourvue d'incidence sur la légalité de cet arrêté.
7. En troisième lieu, les conditions de notification d'un acte administratif sont sans incidence sur sa légalité. M. E ne peut donc utilement soutenir qu'il n'a pas reçu notification de l'arrêté du 25 mai 2020.
8. En quatrième lieu, aux termes de l'article 2-1 du décret n° 82-453 du 28 mai 1982 relatif à l'hygiène et à la sécurité du travail ainsi qu'à la prévention médicale dans la fonction publique : " Les chefs de service sont chargés, dans la limite de leurs attributions et dans le cadre des délégations qui leur sont consenties, de veiller à la sécurité et à la protection de la santé des agents placés sous leur autorité ". Aux termes de l'article 5-6 de ce décret : " I. - L'agent alerte immédiatement l'autorité administrative compétente de toute situation de travail dont il a un motif raisonnable de penser qu'elle présente un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé ainsi que de toute défectuosité qu'il constate dans les systèmes de protection. / Il peut se retirer d'une telle situation. / L'autorité administrative ne peut demander à l'agent qui a fait usage de son droit de retrait de reprendre son activité dans une situation de travail où persiste un danger grave et imminent résultant notamment d'une défectuosité du système de protection. / II. - Aucune sanction, aucune retenue de salaire ne peut être prise à l'encontre d'un agent ou d'un groupe d'agents qui se sont retirés d'une situation de travail dont ils avaient un motif raisonnable de penser qu'elle présentait un danger grave et imminent pour la vie ou la santé de chacun d'eux () ". Et l'article 5-7 de ce décret dispose : " Le représentant du personnel au comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail qui constate qu'il existe une cause de danger grave et imminent, notamment par l'intermédiaire d'un agent, en alerte immédiatement le chef de service ou son représentant selon la procédure prévue au premier alinéa de l'article 5-5 et consigne cet avis dans le registre établi dans les conditions fixées à l'article 5-8. / Le chef de service procède immédiatement à une enquête avec le représentant du comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail qui lui a signalé le danger et prend les dispositions nécessaires pour y remédier. Il informe le comité des décisions prises () ".
9. M. E soutient que la décision litigieuse est intervenue à l'issue d'une procédure irrégulière dès lors que l'administration n'a procédé à aucune enquête dans le cadre de l'exercice de son droit de retrait. Toutefois, il est constant que le requérant n'a pas fait usage de sa possibilité d'alerter le CHSCT prévue par l'article 5-7 du décret du 28 mai 1982, mais a uniquement entendu, par le courrier du 30 juin 2017 adressé à sa hiérarchie, faire usage du droit de retrait prévu par les dispositions précitées de l'article 5-6 de ce décret, lesquelles n'imposent à l'administration la réalisation d'aucune enquête. Il s'ensuit que la procédure prévue à l'article 5-7 de ce décret n'avait pas à être respectée préalablement à la mise en œuvre des retenues sur salaire. Par suite, le moyen tiré du vice de procédure ne peut qu'être écarté.
10. En cinquième lieu, aux termes de l'article 20 de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dans sa rédaction applicable : " Les fonctionnaires ont droit, après service fait, à une rémunération comprenant le traitement, l'indemnité de résidence, le supplément familial de traitement ainsi que les indemnités instituées par un texte législatif ou réglementaire. Les indemnités peuvent tenir compte des fonctions et des résultats professionnels des agents ainsi que des résultats collectifs des services. S'y ajoutent les prestations familiales obligatoires () ". Aux termes de l'article 4 de la loi du 29 juillet 1961 portant loi de finances rectificative pour 1961, dans sa rédaction applicable : " () L'absence de service fait, pendant une fraction quelconque de la journée, donne lieu à une retenue dont le montant est égal à la fraction du traitement frappée d'indivisibilité en vertu de la réglementation prévue à l'alinéa précédent. / Il n'y a pas service fait : / 1°) Lorsque l'agent s'abstient d'effectuer tout ou partie de ses heures de services ; () ". Par ailleurs, l'article 5-6 précité du décret du 28 mai 1982 fait obstacle aux retenues de salaire des agents faisant valoir à bon droit leur droit de retrait.
11. M. E soutient, pour contester la retenue sur traitement opérée par la décision attaquée à compter du 19 septembre 2019, avoir entendu faire usage de son droit de retrait en raison des faits de harcèlement moral dont il faisait l'objet depuis de nombreuses années, des menaces qui ont été prononcées à son encontre et qu'il indique avoir dénoncées à l'IGPN et de la décision prise par son supérieur hiérarchique de le désarmer, le mettant ainsi " dans la plus totale insécurité ". Toutefois, en se bornant à produire le courrier du 30 juin 2017 adressé à sa hiérarchie, par lequel il a entendu faire usage de son droit de retrait ainsi que la plainte pour faux et usage de faux déposée auprès du procureur de la République, M. E n'établit pas qu'il avait un motif raisonnable de penser que la situation de travail à la direction départementale de la sécurité publique des Alpes-Maritimes aurait présenté un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé. Par suite, dès lors que les circonstances que fait valoir l'intéressé pour justifier son droit de retrait ne sont pas de nature à caractériser un danger grave et imminent pour sa vie ou pour sa santé, c'est sans commettre d'erreur de droit et d'erreur d'appréciation que le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud a supprimé le traitement de M. E pour absence de service fait à compter du 19 septembre 2019.
12. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu de prescrire une enquête, que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 25 mai 2020 présentées par M. E doivent être rejetées.
En ce qui concerne la légalité de l'arrêté du 21 juillet 2020 :
13. En premier lieu, Mme B A, directrice des ressources humaines du secrétariat général pour l'administration du ministère de l'intérieur (SGAMI) Sud, qui a signé la décision litigieuse du 21 juillet 2020, a reçu délégation de signature par arrêté du 24 juin 2020, régulièrement publié au recueil des actes administratifs de la préfecture des Bouches-du-Rhône n° 13-2020-156 du 26 juin 2020, à l'effet de signer au nom du préfet de la zone de défense et de sécurité Sud les arrêtés, décisions, lettres et notes établis par la direction des ressources humaines, dont relève notamment l'arrêté en litige, lequel intéresse la gestion administrative et financière d'un agent de la police nationale, en cas d'absence ou d'empêchement de M. Christian Chassaing, secrétaire général de la zone de défense et de sécurité Sud et de M. D H, adjoint au secrétaire général. En vertu de ces dispositions, Mme A a pu régulièrement remplacer M. G et M. H pour prendre la décision litigieuse dès lors que le requérant n'établit ni même n'allègue qu'ils n'auraient pas été absents ou empêchés. Le moyen tiré de l'incompétence de l'auteur de l'acte manque en fait et doit dès lors être écarté.
14. En deuxième lieu, les conditions de notification d'un acte administratif sont sans incidence sur sa légalité. M. E ne peut donc utilement soutenir qu'il n'a pas reçu notification de l'arrêté du 21 juillet 2020.
15. En troisième lieu, d'une part, aux termes de l'article 4 de la loi du 18 août 1936 : " Les limites d'âge sont reculées d'une année par enfant à charge, sans que la prolongation d'activité puisse être supérieure à trois ans. Les enfants pris en compte pour l'application de la présente disposition sont ceux qui sont définis par les lois et règlements régissant l'attribution des prestations familiales, ainsi que ceux qui ouvrent droit au versement de l'allocation aux adultes handicapés () ".
16. D'autre part, aux termes de l'article 1er de la loi n° 84-834 du 13 septembre 1984 relative à la limite d'âge dans la fonction publique et le secteur public, créé par l'article 93 de la loi n° 2008-1330 du 17 décembre 2008, dans sa rédaction applicable : " Sous réserve des reculs de limite d'âge pouvant résulter des textes applicables à l'ensemble des agents de l'Etat, la limite d'âge des fonctionnaires civils de l'Etat est fixée à soixante-sept ans lorsqu'elle était, avant l'intervention de la loi n° 2010-1330 du 9 novembre 2010 portant réforme des retraites, fixée à soixante-cinq ans () ". Aux termes de l'article 1-3 de cette loi, dans sa rédaction applicable : " Sous réserve des droits au recul des limites d'âge prévus par l'article 4 de la loi du 18 août 1936 concernant les mises à la retraite par ancienneté, les fonctionnaires régis par la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires appartenant à des corps ou des cadres d'emplois dont la limite d'âge est inférieure à la limite d'âge prévue au premier alinéa de l'article 1er de la présente loi sont, sur leur demande, lorsqu'ils atteignent cette limite d'âge, maintenus en activité jusqu'à un âge égal à la limite d'âge prévue au même premier alinéa, dans les conditions prévues par décret en Conseil d'Etat, sous réserve de leur aptitude physique () ".
17. En outre, aux termes de l'article 2 du décret n° 2009-1744 du 30 décembre 2009 pris pour l'application de l'article 1-3 de la loi n° 84-834 du 13 septembre 1984 relative à la limite d'âge dans la fonction publique et le secteur public, dans sa rédaction applicable : " La prolongation d'activité régie par le présent décret peut être accordée lorsque le fonctionnaire atteint la limite d'âge statutaire après application, le cas échéant : / 1°) Des droits à recul de limite d'âge pour charges de famille de l'intéressé prévus à l'article 4 de la loi du 18 août 1936 susvisée. / 2° Du régime de prolongation d'activité des agents ayant une carrière incomplète régi par l'article 1er-1 de la loi du 13 septembre 1984 susvisée. / La limite d'âge au sens du présent décret est la limite d'âge statutaire après application, le cas échéant, de ces deux mécanismes de report () ". L'article 3 du même décret précise : " La prolongation d'activité ne peut être demandée par les fonctionnaires qui, à la date de leur limite d'âge, sont placés en congé de longue maladie, en congé de longue durée ou accomplissent un service à temps partiel pour raison thérapeutique () ". Le recul de la limite d'âge de départ à la retraite constitue un droit pour les agents qui remplissent les conditions légales.
18. Si M. E fait valoir qu'il pouvait bénéficier d'une prolongation d'activité pour raisons de famille dès lors qu'au jour de la survenance de la limite d'âge, le 20 août 2020, son fils était encore à sa charge, il est constant qu'à cette date, il était irrégulièrement absent du service, n'ayant pas rejoint son poste le 1er juillet 2019, date de fin du dernier arrêt maladie transmis, ni fait parvenir un arrêt de travail prolongeant ledit arrêt maladie. En outre, il ressort des pièces du dossier que le requérant ne s'est pas présenté aux différentes convocations aux expertises médicales qui lui ont été adressées dans le cadre de la procédure d'examen de sa situation par le comité médical interdépartemental aux fins de le placer dans une position statutaire régulière. Ainsi, à la date de la décision de refus de prolongation d'activité en litige M. E, qui était en position d'absence irrégulière n'occupait pas effectivement son emploi. Il ne se trouvait pas, dans ces conditions, dans une position assimilable à une position d'activité, celle-ci étant définie, par les dispositions de l'article 32 alors en vigueur de la loi n° 84-16 du 11 janvier 1984 portant statut de la fonction publique de l'Etat, comme étant la position du fonctionnaire qui, titulaire d'un grade, exerce effectivement les fonctions de l'un des emplois correspondant à ce grade. Dès lors, le requérant ne pouvait prétendre à une prolongation d'activité au-delà de la limite d'âge. Il suit de là qu'en admettant M. E à faire valoir ses droits à la retraite à compter du 20 août 2020 et en rejetant dès lors, implicitement mais nécessairement, la demande de prolongation d'activité présentée par le requérant pour raisons de famille, le préfet de la zone de défense et de sécurité Sud n'a pas entaché la décision en litige d'une erreur de droit ni d'une erreur manifeste d'appréciation.
19. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il y ait lieu de prescrire une enquête, que les conclusions à fin d'annulation de la décision du 21 juillet 2020 présentées par M. E doivent être rejetées.
20. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation des décisions des 25 mai 2020 et 21 juillet 2020 présentées par M. E doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions du requérant présentées sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ne peuvent qu'être rejetées.
D E C I D E :
Article 1er : Les requêtes nos 2101118 et 2101274 de M. E sont rejetées.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. C E et au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Copie en sera transmise au préfet de la zone de défense et de sécurité Sud.
Délibéré après l'audience du 16 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Soli, président,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 6 février 2024.
La rapporteure,
signé
D. Gazeau
Le président,
signé
P. Soli La greffière,
signé
C. Ravera
La République mande et ordonne au ministre de l'intérieur et des outre-mer en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière
Nos 2101118 et 2101274
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026