LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2101372

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2101372

mardi 21 mars 2023

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2101372
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
FormationMagistrat Mme Chevalier Aubert
Avocat requérantETTORI MYRIAM

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête enregistrée le 10 mars 2021, Mme C D, représentée par Me Ettori, demande au tribunal :

- d'annuler l'entretien d'évaluation professionnelle pour l'année 2020, son compte-rendu et la décision par laquelle le maire de Nice a implicitement rejeté son recours en révision de son évaluation ;

- d'enjoindre au maire de Nice de retirer cette évaluation, de la replacer dans la situation professionnelle dans laquelle elle se trouvait avant l'entretien, en écartant toute mobilité professionnelle et toute baisse de son régime indemnitaire.

Elle soutient que :

- elle n'était pas éligible au dispositif de l'entretien d'évaluation annuel sur la période courant du 13 janvier au 31 juillet 2020, mais seulement sur la période du 1er août 2020 au 1er août 2021 dès lors qu'aucune disposition légale ou règlementaire n'autorise le cumul, sur un tel dispositif d'évaluation, d'une période contractuelle inférieure à un an ne relevant pas de ce dispositif et d'une période titulaire inférieure également à un an ; les dispositions de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ont été méconnues :

- le compte-rendu est insuffisamment motivé ;

- le principe du contradictoire et le principe de " la loyauté " de la procédure d'évaluation ont été méconnus dès lors qu'il ne lui pas été communiqué avant, durant et pendant l'entretien d'élément permettant de justifier l'évaluation contestée et les faits avancés ; elle a eu des difficultés à se voir notifier le compte-rendu d'entretien ;

- l'évaluation est entachée d'erreurs de fait sur la réalité de son travail et son comportement professionnel :

- son évaluation est entachée d'erreur manifeste d'appréciation et de détournement de pouvoir ;

- son évaluation qui la contraint à une mobilité professionnelle non souhaitée et a pour conséquence une baisse de son régime indemnitaire constitue une sanction déguisée.

Par un mémoire enregistré le 10 février 2023, la commune de Nice, représentée par Me Bazin, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge de Mme D, en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 ;

- le décret n° 88-145 du 15 février 1988 ;

- le décret n° 87-1099 du 30 décembre 1987 ;

- le décret n° 2014-1526 du 16 décembre 2014.

- le code de justice administrative.

La présidente du tribunal a désigné Mme E, pour statuer sur les litiges visés à l'article R. 222-13 du code de justice administrative.

Les parties ayant été régulièrement averties du jour de l'audience.

Après avoir entendu au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme E,

- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,

- les observations de Me Marginean, représentant la commune de Nice.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D, agent de catégorie C, a été recrutée par la commune de Nice sur un emploi d'agent administratif contractuel par un contrat à durée indéterminée du 13 janvier au 31 juillet 2020 pour un emploi de gestionnaire comptable au sein de la direction de la règlementation et du contrôle des espaces publics. Par un arrêté du 7 juillet 2020, elle a été " recrutée par voie de mutation sur le même poste " par la commune de Nice. Elle demande au tribunal d'annuler le compte-rendu d'entretien d'évaluation professionnelle pour 2020 et la décision implicite de rejet de son recours en révision intervenue le 2 mars 2021.

2. En premier lieu, aux termes de l'article 1-3 du décret du 15 février 1988 pris pour l'application de l'article 136 de la loi du 26 janvier 1984 modifiée portant dispositions statutaires relative à la fonction publique territoriale et relatif aux agents contractuels de la fonction publique territoriale dans sa rédaction applicable au litige : " I. - Les agents recrutés sur un emploi permanent par contrat à durée indéterminée ou par contrat à durée déterminée d'une durée supérieure à un an bénéficient chaque année d'un entretien professionnel qui donne lieu à un compte rendu. / () / IV. - Les modalités d'organisation de l'entretien professionnel sont les suivantes : / 1° L'agent est convoqué huit jours au moins avant la date de l'entretien par le supérieur hiérarchique direct ; / 2° La convocation est accompagnée de la fiche de poste de l'intéressé et d'un exemplaire de la fiche d'entretien professionnel servant de base au compte rendu ; () ". Aux termes des dispositions de l'article 76 de la loi du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale : " L'appréciation, par l'autorité territoriale, de la valeur professionnelle des fonctionnaires se fonde sur un entretien professionnel annuel conduit par le supérieur hiérarchique direct qui donne lieu à l'établissement d'un compte rendu. () ".

3. Il ne résulte pas de ces dispositions ni d'aucune disposition législative ou règlementaire que les agents contractuels de la fonction publique territoriale employés à contrat à durée déterminée d'une durée limitée à un an doivent faire l'objet d'une évaluation professionnelle. Toutefois, l'évaluation des agents contractuels des collectivités territoriales n'est pas au nombre des matières que la loi réserve expressément au décret en Conseil d'Etat. Par suite, l'autorité administrative compétente peut, dans le cadre des dispositions législatives et réglementaires applicables, fixer et modifier les dispositions réglementaires qui régissent les agents publics contractuels. Ainsi, un chef de service, à qui il appartient de prendre les mesures nécessaires au bon fonctionnement de l'administration placée sous son autorité, peut instituer un système d'évaluation pour les agents non titulaires recrutés par un contrat à durée déterminée d'une durée limitée à un an qui sont titularisés en cours d'année sur le même poste ne pourraient faire l'objet d'une évaluation annuelle. Par suite, la requérante ne peut utilement se prévaloir des dispositions précitées de l'article 1-3 du décret du 15 février 1988 dès lors que les modalités régissant son entretien professionnel sont fixées par l'autorité administrative compétente et non par ces dispositions. Il résulte de ce qui précède que le moyen tiré du vice de procédure qui est inopérant doit être écarté.

4. Il ne résulte pas des dispositions précitées que l'entretien annuel prévu ne pourrait porter sur une période inférieure à un an ou qu'un entretien unique ne pouvait être mené pour évaluer une période où l'intéressée a eu deux statuts mais a occupé le même poste. Par suite, le moyen tiré du fait que l'entretien annuel devait porter sur la période globale allant du 13 janvier 2020 au 27 janvier 2021 doit être écarté.

5. Les conditions de notification d'un acte administratif sont sans incidence sur sa légalité. Par suite, le moyen tiré du retard avec lequel aurait été notifié à Mme D le compte-rendu d'entretien professionnel (CREP) en litige ne peut qu'être écarté.

6. Aux termes des dispositions de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : () 8° Rejettent un recours administratif dont la présentation est obligatoire préalablement à tout recours contentieux en application d'une disposition législative ou réglementaire ". Aux termes de l'article 7 du décret n° 2014-1526 du 16 décembre 2014 relatif à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires territoriaux " I. - L'autorité territoriale peut être saisie par le fonctionnaire d'une demande de révision du compte rendu de l'entretien professionnel/ Cette demande de révision est exercée dans un délai de quinze jours francs suivant la notification au fonctionnaire du compte rendu de l'entretien. L'autorité territoriale notifie sa réponse dans un délai de quinze jours à compter de la date de réception de la demande de révision du compte rendu de l'entretien professionnel ".

7. Ni le compte-rendu d'entretien professionnel d'un agent public ni le rejet d'une demande de révision de ce compte-rendu, laquelle ne constitue pas un recours administratif préalable obligatoire à l'exercice d'un recours contentieux ainsi que cela résulte des dispositions précitées du décret du 16 décembre 2014, ne sont au nombre des décisions qui doivent être motivées en application des dispositions précitées de l'article L. 211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Aucune autre disposition législative ou réglementaire nationale ou européenne n'impose de motiver de telles décisions. Par suite, le moyen tiré du défaut de motivation doit être écarté.

8. Aux termes de l'article 5 du décret du 16 décembre 2014 relatif à l'appréciation de la valeur professionnelle des fonctionnaires territoriaux : " Le compte rendu de l'entretien, établi et signé par le supérieur hiérarchique direct, comporte une appréciation générale littérale exprimant la valeur professionnelle du fonctionnaire au regard des critères fixés à l'article 4. ". L'article 6 de ce même décret dispose que : " Les modalités d'organisation de l'entretien professionnel sont les suivantes : () 4° Dans un délai maximum de quinze jours, le compte rendu est notifié au fonctionnaire qui, le cas échéant, le complète par ses observations sur la conduite de l'entretien ou les différents sujets sur lesquels il a porté, le signe pour attester qu'il en a pris connaissance et le renvoie à son supérieur hiérarchique direct ; 5° Le compte rendu, complété, le cas échéant, des observations de l'agent, est visé par l'autorité territoriale ; 6° Le compte rendu est versé au dossier du fonctionnaire par l'autorité territoriale et communiqué à l'agent ; (). ".

9. Il est constant que la requérante était présente lors de l'entretien d'évaluation le 27 janvier 2021. Elle ne justifie pas avoir été privée de la possibilité de discuter utilement de l'appréciation de sa valeur professionnelle, comme en attestent au demeurant les observations qu'elle a formulées à cette occasion. Dans ces conditions, le moyen tiré d'une méconnaissance du principe du contradictoire et de " la loyauté " de la procédure d'évaluation ne peut qu'être écarté.

10. Il ressort des pièces du dossier que Mme B, supérieure hiérarchique de la requérante, a estimé que la manière de servir de Mme D n'était pas à la hauteur des attentes sur ce poste et qu'elle n'a pas su s'intégrer à l'équipe. En ce qui concerne son savoir-être, il a été également constaté un comportement parfois inadapté dans l'application de règles et connaissances nécessaires aux fonctions. Sur les capacités professionnelles de Mme D, la commune de Nice fait valoir qu'elle ne respecte pas les consignes données, qu'elle remet en cause les procédures internes mises en place, le circuit hiérarchique dans la gestion des dossiers et fait des erreurs répétées dans le traitement des dossiers.

11. Mme D fait valoir pour contester son évaluation professionnelle qu'elle estime infondée et excessive, l'excellence de son profil universitaire, le fait qu'elle a été " mutée en qualité de titulaire " au terme d'une période de six mois, qu'elle n'a fait que constater les manquements professionnels répétés de sa supérieure hiérarchique et que Mme B et M. A sont " en souffrance " dans l'exercice de leurs fonctions de managers. Elle soutient, en outre, qu'elle a une maîtrise incomplète de certaines compétences en raison de son intégration récente dans le service, de la période de confinement puis de télétravail. Toutefois, les circonstances exposées et les très nombreux échanges de courriels que produisent les parties, ne permettent pas d'établir que l'évaluation professionnelle contestée serait entachée d'erreurs de fait ou d'une erreur manifeste d'appréciation dans l'évaluation des aptitudes professionnelles de la requérante.

12. Mme D soutient que les décisions attaquées sont entachées de détournement de pouvoir dès lors qu'elles sont la conséquence de sa demande du bénéfice du télétravail, du respect des gestes sanitaires contre le covid 19 dans le bureau partagé et de ses alertes sur les irrégularités commises dans le service. Il ne ressort d'aucune des pièces du dossier que le compte rendu d'évaluation de la requérante et le refus de procéder à sa révision, ont été fondés sur un motif étranger à l'intérêt du service. Eu égard à l'absence de volonté du maire de la commune de Nice de sanctionner le comportement de l'intéressée la décision attaquée ne présente pas le caractère d'une sanction déguisée. Par suite, ces moyens doivent être écartés.

13. Il résulte de ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation de Mme D doivent être rejetées.

Sur les conclusions à fin d'injonction avec astreinte;

14. Le présent jugement n'impliquant aucune mesure d'exécution, les conclusions de la requérante à fin d'injonction avec astreinte ne peuvent qu'être rejetées.

Sur les frais liés au litige :

15. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions que la commune de Nice présente au titre des frais d'instance.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de Mme D est rejetée.

Article 2 : Les conclusions présentées par la commune de Nice sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D et à la commune de Nice.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 21 mars 2023.

La magistrate désignée,

signé

V.ELa greffière,

signé

S. Génovèse

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

ou par délégation la greffière.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions