mardi 25 octobre 2022
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2101384 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | ZOLEKO TSANE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 8 mars 2021, M. E B, représenté par Me Zoleko, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a implicitement refusé de l'admettre au séjour ;
2°) d'ordonner à titre principal au préfet des Alpes-Maritimes de lui délivrer un titre de séjour temporaire mention " vie privée et familiale " sous astreinte de 200 euros par jour de retard à compter du jugement à intervenir ;
3°) d'ordonner à titre subsidiaire au préfet des Alpes-Maritimes de procéder au réexamen de sa demande de titre de séjour dans un délai d'un mois suivant la notification du jugement à intervenir et sous astreinte de 200 euros par jour de retard, et de lui délivrer, dans l'attente de ce réexamen, une autorisation provisoire de séjour dès notification du jugement ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 1 000 euros à verser à son conseil en application des articles 37 de la loi du 10 juillet 1991 et L. 761-1 du code de justice administrative.
Le requérant soutient que :
- la décision a été prise par une autorité incompétente ;
- elle est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un défaut d'examen réel et sérieux ;
- elle est entachée d'erreurs de fait ;
- elle est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation ;
- elle est entachée d'une erreur de droit en ce qu'il a droit à un titre de séjour sur le fondement de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- elle a été prise en méconnaissance des stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- elle porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au regard des buts poursuivis ;
- elle a été prise en méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
La procédure a été communiquée au préfet des Alpes-Maritimes qui n'a pas produit de mémoire en défense.
M. B a été admis au bénéfice de l'aide juridictionnelle totale par une décision du bureau d'aide juridictionnelle près le tribunal judiciaire de Nice du 4 février 2021.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales ;
- le code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile ;
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 91-647 du 10 juillet 1991 ;
- le code de justice administrative.
La présidente de la formation de jugement a dispensé la rapporteure publique, sur sa proposition, de prononcer des conclusions à l'audience.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Le rapport de Mme C a été entendu au cours de l'audience publique du 4 octobre 2022.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, ressortissant philippin né le 31 août 1998, a sollicité son admission exceptionnelle au séjour par une demande enregistrée par le préfet des Alpes-Maritimes le 17 septembre 2020. Par une décision du 3 décembre 2020, le préfet des Alpes-Maritimes a refusé de lui délivrer un titre de séjour. M. B demande au tribunal d'annuler pour excès de pouvoir cette décision.
Sur les conclusions d'annulation :
2. En premier lieu, la décision du 3 décembre 2020 a été signée pour le préfet des Alpes-Maritimes par M. D A, directeur adjoint à la direction de la règlementation, de l'intégration et des migrations. Par arrêté n° 2020-323 du 19 mai 2020, accessible tant au juge qu'aux parties et publié le 19 mai 2020 au recueil des actes administratifs spécial n° 106.2020 de la préfecture des Alpes-Maritimes, M. A a reçu délégation de signature à l'effet de signer au nom du préfet des Alpes-Maritimes les actes et documents relevant du domaine de compétence de la direction précitée, dont la décision 3 décembre 2020 rejetant sa demande d'admission au séjour. Par suite, le moyen tiré de l'incompétence du signataire de la décision attaquée manque en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, la décision attaquée mentionne les dispositions du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dont le préfet des Alpes-Maritimes a fait application pour refuser la délivrance d'un titre de séjour à M. B. Elle mentionne également les circonstances de fait sur lesquelles le préfet s'est fondé. Par suite, dès lors que la décision n'a pas à mentionner l'ensemble des circonstances de fait propres à la situation de l'intéressé, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation de l'acte querellé ne peut qu'être écarté.
4. En troisième lieu, il ne ressort pas des termes mêmes de la décision en litige que le préfet n'aurait pas procédé à un examen réel et sérieux de la situation du requérant notamment au regard de sa situation personnelle. Ce moyen doit dès lors être écarté.
5. En quatrième lieu, le requérant soutient que les motifs de refus qui lui ont été opposés soit sont infondés soit manquent en fait et qu'en conséquence, la décision en litige est entachée d'une erreur manifeste d'appréciation et d'erreurs de fait. Il ressort cependant des pièces du dossier qu'ainsi que le préfet des Alpes-Maritimes l'a relevé dans l'acte querellé, que le requérant est célibataire et sans charge de famille, qu'il ne justifie pas d'une activité professionnelle en France ni d'une intégration suffisamment caractérisée, qu'il ne démontre pas l'absence d'attaches dans son pays d'origine dans lequel sa cellule familiale peut se poursuivre et qu'il s'est maintenu sur le territoire après l'expiration de son visa en juillet 2015. Les circonstances que le requérant serait arrivé en France à l'âge de 17 ans, qu'il aurait poursuivi une scolarité de 2015 à 2019 en France et qu'il résiderait en France avec ses parents et sa sœur dont la régularité du séjour n'est d'ailleurs pas démontrée, ne démontrent pas à elles seules que le préfet des Alpes-Maritimes aurait entaché sa décision d'une erreur de fait ou commis une erreur manifeste d'appréciation au vu de sa situation personnelle. Les moyens soulevés tirés des erreurs de fait et de l'erreur manifeste d'appréciation entachant la décision litigieuse ne peuvent qu'être écartés.
6. En cinquième lieu, pour les mêmes motifs que ceux exposés au point précédent, et dès lors qu'il ne ressort pas des pièces du dossier que le requérant aurait fixé en France le centre de ses intérêts personnels et familiaux, ce dernier n'est pas fondé à soutenir que le préfet, en refusant de l'admettre au séjour, a commis une erreur de droit au regard des dispositions de l'article L. 313-11 7° du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa numérotation applicable.
7. En sixième lieu, et ainsi qu'il a été dit précédemment, le requérant ne démontre pas avoir établi en France le centre de ses intérêts privés et familiaux. Il n'est ainsi pas fondé à soutenir que l'acte en litige porte une atteinte disproportionnée à son droit au respect de sa vie privée et familiale au vu des buts poursuivis et méconnaît ainsi les stipulations de l'article 8 de la convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme et des libertés fondamentales.
8. En septième et dernier lieu, le requérant, qui ne se prévaut d'aucune considération humanitaire ou motif exceptionnel, n'est pas fondé, au soutien de sa demande d'annulation, à se prévaloir d'une méconnaissance des dispositions de l'article L. 313-14 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile dans sa version applicable.
9. Il résulte de tout ce qui précède que les conclusions à fin d'annulation présentées par M. B doivent être rejetées ainsi que, par voie de conséquence, ses conclusions à fin d'injonction et d'astreinte et celles formulées au titre des articles L. 761-1 du code de justice administrative et 37 de la loi du 10 juillet 1991.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. E B et au préfet des Alpes-Maritimes.
Copie en sera adressée au ministre de l'intérieur et des outre-mer.
Délibéré après l'audience du 4 octobre 2022, à laquelle siégeaient :
Mme Chevalier-Aubert, présidente,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2022.
La rapporteure,
signé
D. C
La présidente,
signé
V. Chevalier-Aubert La greffière,
signé
C. Ravera
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026