LogoMeilleurAvocats.fr
AvocatsAssistant IABlogPrix
ConnexionDéposer ma demande

Vous avez un problème juridique ?

Décrivez votre situation en 2 minutes — un avocat spécialisé vous répond sous 24h.

Déposer ma demandeJe suis avocat
Logo MeilleurAvocats.frMeilleurAvocats.fr

Mise en relation avocat–client par l'IA. Gratuit pour les particuliers.

Particuliers

  • Déposer une demande
  • Trouver un avocat
  • Assistant IA gratuit
  • Bibliothèque juridique
  • Guides pratiques
  • Jurisprudence

Avocats

  • Pour les avocats
  • Espace avocat
  • Tarifs et formules
  • Recevoir des leads
  • Programme d'affiliation
  • Contact commercial

Spécialités

  • Droit général
  • Droit du travail
  • Droit de la sécurité sociale et de la protection sociale
  • Droit fiscal et droit douanier
  • Droit de la famille, des personnes et de leur patrimoine
  • Droit immobilier

Légal

  • Mentions légales
  • Confidentialité
  • CGU
  • Cookies
  • Contact

Newsletter juridique hebdomadaire

Décisions clés, évolutions législatives, conseils pratiques — chaque semaine.

© 2026 MeilleurAvocats.fr— KONSEIL SAS. Tous droits réservés.

Mentions légales|Confidentialité|Cookies

BOB★La messagerie française & cryptée pour des échanges confidentiels entre avocats et clients.

En savoir +TéléchargerBOB
AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2101929

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2101929

mardi 23 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2101929
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation6ème chambre
Avocat requérantSELARL ITINERAIRES AVOCATS - CADOZ-LACROIX-REY-VERNE

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête, enregistrée le 8 avril 2021, le fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante (FIVA), représenté par Me Tuillier, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision par laquelle la commune de Nice a rejeté sa demande d'indemnisation du 11 décembre 2020 ;

2°) de condamner la commune de Nice à lui verser la somme de 15 900 euros en remboursement de l'indemnité versée à M. B et d'assortir cette somme des intérêts au taux légal à compter du 15 décembre 2020 et de leur capitalisation annuelle ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Nice la somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Il soutient que :

- la ville de Nice a reconnu l'imputabilité au service de la pathologie de M. B ;

- il a versé à M. B une indemnité de 15 900 euros et se trouve subrogé dans ses droits.

Par un mémoire en défense, enregistré le 17 novembre 2023, la commune de Nice conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge du FIVA une somme de 2 500 euros en application de l'article L.761-1 du code de justice administrative.

Elle soutient que les demandes du fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante ne sont pas fondées.

Vu :

- les autres pièces du dossier ;

Vu :

- la loi n° 2000-1257 du 23 décembre 2000

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Guilbert,

- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,

- et les observations de Me Le Morvan, représentant le FIVA et Me Benyahia, représentant la commune de Nice.

Considérant ce qui suit :

1. M. B était employé en qualité de technicien au sein du service des bâtiments de la commune de Nice, puis conducteur de travaux au sein de la direction du patrimoine et du bâtiment. Le 25 octobre 2019, la commune de Nice a reconnu l'imputabilité au service d'une asbestose avec plaques pleurales calcifiées bilatérales et fibrose interstitielle pulmonaire. L'intéressé a saisi le FIVA, qui lui a octroyé une indemnisation de 15 900 euros. Par courrier du 11 décembre 2020, dont la commune de Nice a accusé réception le 22 mars 2021, le FIVA, subrogé dans les droits de M. B, a demandé à la commune de Nice de lui rembourser cette somme. Le silence gardé par l'administration sur cette demande pendant un délai de deux mois a fait naître une décision implicite de rejet, dont le FIVA demande l'annulation. Le fonds demande également au tribunal de condamner la commune de Nice à lui verser la somme de 15 900 euros.

Sur les conclusions aux fins d'annulation :

2. Si le FIVA demande au tribunal d'annuler la décision implicite par laquelle la commune de Nice a rejeté sa demande d'indemnisation, la naissance d'une telle décision a pour seul objet de lier le contentieux de sorte que ses conclusions doivent être regardées comme tendant exclusivement au remboursement des sommes exposées.

Sur les conclusions indemnitaires :

En ce qui concerne la responsabilité de la commune de Nice :

3. D'une part, aux termes de l'article 53 de la loi du 23 décembre 2000 susvisée : " I. - Peuvent obtenir la réparation intégrale de leurs préjudices : / 1° Les personnes qui ont obtenu la reconnaissance d'une maladie professionnelle occasionnée par l'amiante au titre de la législation française de sécurité sociale ou d'un régime assimilé ou de la législation applicable aux pensions civiles et militaires d'invalidité ; / 2° Les personnes qui ont subi un préjudice résultant directement d'une exposition à l'amiante sur le territoire de la République française ; / 3° Les ayants droit des personnes visées aux 1° et 2°. / II. - Il est créé, sous le nom de "A d'indemnisation des victimes de l'amiante", un établissement public national à caractère administratif, doté de la personnalité juridique et de l'autonomie financière, placé sous la tutelle des ministres chargés de la sécurité sociale et du budget. Cet établissement a pour mission de réparer les préjudices définis au I du présent article. / () / III. - Le demandeur justifie de l'exposition à l'amiante et de l'atteinte à l'état de santé de la victime. () Le fonds d'indemnisation des victimes de l'amiante examine si les conditions de l'indemnisation sont réunies. () Vaut justification de l'exposition à l'amiante la reconnaissance d'une maladie professionnelle occasionnée par l'amiante au titre de la législation française de sécurité sociale ou d'un régime assimilé ou de la législation applicable aux pensions civiles et militaires d'invalidité, ainsi que le fait d'être atteint d'une maladie provoquée par l'amiante et figurant sur une liste établie par arrêté des ministres chargés du travail et de la sécurité sociale. () / IV.- Dans les six mois à compter de la réception d'une demande d'indemnisation, le fonds présente au demandeur une offre d'indemnisation. Il indique l'évaluation retenue pour chaque chef de préjudice, ainsi que le montant des indemnités qui lui reviennent compte tenu des prestations énumérées à l'article 29 de la loi n° 85-677 du 5 juillet 1985 tendant à l'amélioration de la situation des victimes d'accidents de la circulation et à l'accélération des procédures d'indemnisation, et des indemnités de toute nature reçues ou à recevoir d'autres débiteurs du chef du même préjudice. / () / Une offre est présentée dans les mêmes conditions en cas d'aggravation de l'état de santé de la victime. / () / VI. - Le fonds est subrogé, à due concurrence des sommes versées, dans les droits que possède le demandeur contre la personne responsable du dommage ainsi que contre les personnes ou organismes tenus à un titre quelconque d'en assurer la réparation totale ou partielle dans la limite du montant des prestations à la charge desdites personnes () La reconnaissance de la faute inexcusable de l'employeur, à l'occasion de l'action à laquelle le fonds est partie, ouvre droit à la majoration des indemnités versées à la victime ou à ses ayants droit en application de la législation de sécurité sociale. L'indemnisation à la charge du fonds est alors révisée en conséquence. () ".

4. D'autre part, les dispositions qui instituent, en faveur des fonctionnaires victimes d'accidents de service ou de maladies professionnelles, une rente d'invalidité en cas de mise à la retraite et une allocation temporaire d'invalidité en cas de maintien en activité déterminent forfaitairement la réparation à laquelle les intéressés peuvent prétendre, au titre des conséquences patrimoniales de l'atteinte à leur intégrité physique, dans le cadre de l'obligation qui incombe aux collectivités publiques de garantir leurs agents contre les risques qu'ils peuvent courir dans l'exercice de leurs fonctions. Elles ne font en revanche obstacle ni à ce que le fonctionnaire qui a enduré, du fait de l'accident ou de la maladie, des dommages ne revêtant pas un caractère patrimonial, tels que des souffrances physiques ou morales, un préjudice esthétique ou d'agrément ou des troubles dans les conditions d'existence, obtienne de la collectivité qui l'emploie, même en l'absence de faute de celle-ci, une indemnité complémentaire réparant ces chefs de préjudice, ni à ce qu'une action de droit commun pouvant aboutir à la réparation intégrale de l'ensemble du dommage soit engagée contre la collectivité, dans le cas notamment où l'accident ou la maladie serait imputable à une faute de nature à engager la responsabilité de cette collectivité ou à l'état d'un ouvrage public dont l'entretien lui incomberait.

5. Il est constant que les plaques pleurales calcifiées bilatérales et la fibrose interstitielle pulmonaire dont est atteint M. B ont été reconnues en tant que maladie professionnelle. Le FIVA, qui lui a versé une somme de 15 900 euros, subrogé dans les droits de l'intéressé, est ainsi fondé à rechercher la responsabilité de la commune de Nice, ce que la défenderesse ne conteste pas et à demander le remboursement des sommes accordées.

En ce qui concerne l'indemnisation :

6. En premier lieu, compte tenu de l'âge de M. B et de son taux d'incapacité permanente fixé à 10 %, il sera fait, dans les circonstances de l'espèce, une juste appréciation du préjudice moral subi par l'intéressé, atteint d'un syndrome anxio-dépressif à l'annonce du diagnostic qu'il attribue à la peur d'une évolution maligne de sa pathologie, en mettant à ce titre à la charge de la commune de Nice une somme de 13 400 euros, correspondant au montant de l'indemnité qui a été allouée à M. B par le FIVA.

7. En deuxième lieu, il sera fait, dans les circonstances de l'espèce, et eu égard notamment à la teneur de l'expertise du 21 mai 2019 produit par le FIVA, faisant état d'une restriction modérée de la capacité respiratoire de M. B, avec une capacité pulmonaire totale à 63 % de la théorique, une juste appréciation du préjudice physique subi par M. B du fait de sa pathologie en mettant à la charge de la commune de Nice à ce titre une somme de 400 euros, correspondant au montant de l'indemnité allouée à l'intéressé par le FIVA.

8. En troisième lieu, le FIVA ne verse au dossier aucune pièce de nature à établir que M. B aurait été contraint, du fait de sa pathologie, de renoncer à certains loisirs ou certaines activités. Le préjudice d'agrément invoqué ne peut dès lors donner lieu à indemnisation.

9. Il résulte de tout ce qui précède que le FIVA est fondé à demander la condamnation de la commune de Nice à lui verser une somme totale de 13 800 euros en remboursement de l'indemnisation versée au titre des préjudices liés à l'exposition à l'amiante de M. B.

Sur les intérêts et la capitalisation :

10. Le FIVA a droit aux intérêts au taux légal sur la somme précitée de 13 800 euros à compter du 15 décembre 2020, date de réception de sa demande d'indemnisation. Il y a également lieu de faire droit à sa demande de capitalisation des intérêts à compter du 15 décembre 2021, date à laquelle était due, pour la première fois, une année d'intérêts, ainsi qu'à chaque échéance annuelle à compter de cette date.

Sur les frais liés au litige :

11. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de faire application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative et de mettre à la charge de la commune de Nice une somme de 1 500 euros au titre des frais exposés par le FIVA et non compris dans les dépens.

D E C I D E :

Article 1er : La commune de Nice est condamnée à verser au FIVA, en remboursement de l'indemnisation versée au titre des préjudices liés à l'exposition à l'amiante de M. B, et sous réserve de la justification du versement effectif de cette indemnisation, une somme de 13 800 euros, avec intérêts au taux légal à compter du 15 décembre 2020. Les intérêts échus à la date du 15 décembre 2021 seront capitalisés à cette date et à chaque échéance annuelle ultérieure pour produire eux-mêmes intérêts.

Article 2 : La commune de Nice versera au FIVA une somme de 1 500 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié au A d'indemnisation des victimes de l'amiante et à la commune de Nice.

Délibéré après l'audience du 2 avril 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Pouget, présidente,

Mme Gazeau, première conseillère,

Mme Guilbert, première conseillère,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 23 avril 2024.

La rapporteure,

signé

L. Guilbert

La présidente,

signé

M. Pouget La greffière,

signé

S. Génovèse

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou par délégation, la greffière.

Décisions similaires

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

← Retour aux décisions