mardi 9 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2101958 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | LAWTEC - SOCIÉTÉ D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire, enregistrés le 9 avril 2021 et le 21 septembre 2023, la société Amhosis Garages, représentée par Me Zago, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 9 octobre 2020 par lequel le maire de la commune de Théoule-sur-Mer s'est opposé à sa déclaration préalable n° DP 00613820D0010, ensemble la décision de rejet implicite de son recours gracieux ;
2°) d'enjoindre au maire de la commune de Théoule-sur-Mer, à titre principal, de lui délivrer une décision de non-opposition à déclaration préalable dans un délai de deux mois à compter du jugement à venir, à titre subsidiaire, d'instruire à nouveau sa demande ;
3°) de condamner la commune de Théoule-sur-Mer aux dépens ;
4°) de mettre à la charge de la commune de Théoule-sur-Mer la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'une insuffisance de motivation ;
- il est entaché d'un détournement de pouvoir dès lors que la commune souhaitait acquérir l'immeuble concerné ;
- le maire a commis une erreur d'appréciation en estimant que le nombre de places de stationnement était insuffisant.
Par un mémoire en défense, enregistré le 20 juillet 2023, la commune Théoule-sur-Mer, représentée par Me Masquelier, conclut au rejet de la requête et demande au tribunal de mettre à la charge de la société requérante la somme de 3 000 euros au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que les moyens soulevés par la société requérante ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 8 juin 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 30 septembre 2023.
Un mémoire présenté pour la commune de Théoule-sur-Mer a été enregistré le 3 octobre 2023, postérieurement à la clôture d'instruction.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Duroux, première conseillère ;
- les conclusions de Mme Moutry, rapporteure publique,
- et les observations de Me Zago, représentant la société Amhoris Garage, et de Me Quema, représentant la commune de Théoule-sur-Mer.
Considérant ce qui suit :
1. Le 23 avril 2020, la société Amhoris Garage a déposé auprès du maire de la commune de Théoule-sur-Mer une déclaration préalable sous le numéro DP 00613820D0010 en vue du changement de destination d'un hôtel de 39 chambres, situé au n° 1 boulevard Eugène de Quay à Théoule-sur-Mer, en 13 logements d'habitation. Par un arrêté du 9 octobre 2020, le maire a opposé un refus à cette déclaration préalable. Par courrier du 9 décembre 2020, reçu le 11 décembre suivant, la société Amhoris Garage a formé un recours gracieux qui a été implicitement rejeté. Par la présente requête, le société requérante demande au tribunal d'annuler l'arrêté du maire de Théoule-sur-Mer du 9 octobre 2020, ensemble la décision de rejet implicite de son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article L. 424-3 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au litige : " Lorsque la décision rejette la demande ou s'oppose à la déclaration préalable, elle doit être motivée. / Cette motivation doit indiquer l'intégralité des motifs justifiant la décision de rejet ou d'opposition, notamment l'ensemble des absences de conformité des travaux aux dispositions législatives et réglementaires mentionnées à l'article L. 421-6. / Il en est de même lorsqu'elle est assortie de prescriptions, oppose un sursis à statuer ou comporte une dérogation ou une adaptation mineure aux règles d'urbanisme applicables. ". Aux termes de l'article A. 424-3 du même code : " L'arrêté indique, selon les cas ; / a) Si le permis est accordé ; / b) Si le permis est refusé ou si la déclaration préalable fait l'objet d'une opposition ; / c) S'il est sursis à statuer sur la demande de permis ou sur la déclaration préalable. / Il indique en outre, s'il y a lieu : / d) Si la décision est assortie de prescriptions ; / e) Si la décision accorde une dérogation ou une adaptation mineure ; / f) Si la décision met à la charge du ou des bénéficiaires du permis une ou plusieurs des contributions mentionnées à l'article L. 332-28. ". Aux termes de l'article A. 424-4 du même code : " Dans les cas prévus aux b à f de l'article A. 424-3, l'arrêté précise les circonstances de droit et de fait qui motivent la décision et indique les voies et délais de recours. ".
3. Il ressort des termes de l'arrêté attaqué que celui-ci vise le code de l'urbanisme et le règlement national d'urbanisme. L'arrêté attaqué précise également que le motif sur lequel le maire s'est fondé pour s'opposer à la déclaration préalable, à savoir que " le projet présenté ne comporte pas un nombre suffisant de parkings compte tenu de la typologie des logements envisagés ". Dès lors, l'arrêté du 9 octobre 2020 comporte les éléments de fait et de droit qui en constituent le fondement. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation sera écarté comme manquant en fait.
4. En deuxième lieu, aux termes de l'article R. 111-25 du code de l'urbanisme, dans sa version applicable au présent litige : " Le permis ou la décision prise sur la déclaration préalable peut imposer la réalisation d'installations propres à assurer le stationnement hors des voies publiques des véhicules correspondant aux caractéristiques du projet. / Il ne peut être exigé la réalisation de plus d'une aire de stationnement par logement lors de la construction de logements locatifs financés avec un prêt aidé par l'Etat. / L'obligation de réaliser des aires de stationnement n'est pas applicable aux travaux de transformation ou d'amélioration de bâtiments affectés à des logements locatifs financés avec un prêt aidé par l'Etat, y compris dans le cas où ces travaux s'accompagnent de la création de surface de plancher, dans la limite d'un plafond de 50 % de la surface de plancher existant avant le commencement des travaux. ".
5. Il ressort des pièces du dossier que le projet soumis à déclaration préalable par la société Amhosis Garage prévoit de réunir les 39 chambres d'un hôtel en 13 appartements et de conserver les 13 places de stationnement existantes, 6 en sous-sol et 7 en surface, soit une place de stationnement par logement. Par ailleurs, le maire fait valoir, sans être contredit, qu'il n'existe pas suffisamment de stationnement sur la voie publique compte tenu de son caractère étroit et qu'aucun parc de stationnement ne se situe à proximité. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet serait desservi par un réseau de transports urbains suffisamment développé. Dans ces conditions, le maire de la commune de Théoule-sur-Mer n'a pas commis d'erreur d'appréciation en estimant que le nombre de places de stationnement n'était pas suffisant.
6. En troisième et dernier lieu, si la société requérante soutient que la commune souhaitait acquérir l'immeuble concerné, en se fondant sur un projet d'offre d'achat qui avait été rédigé, cette seule circonstance ne suffit pas à établir le détournement de pouvoir allégué. Par suite, ce moyen doit être écarté.
Sur les dépens :
7. La présente instance n'ayant donné lieu à aucun dépens, les conclusions formulées en ce sens sont sans objet et doivent donc être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
8. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de la commune de Théoule-sur-Mer qui n'est pas la partie perdante.
9. Il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la société Amhosis Garage la somme de 1 000 euros à verser à la commune de Théoule-sur-Mer au titre des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de la société Amhosis Garages est rejetée.
Article 2 : La société Amhosis Garages versera à la commune de Théoule-sur-Mer la somme totale de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à la société Amhosis Garages et à la commune de Théoule-sur-Mer.
Délibéré après l'audience du 19 mars 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pascal, président,
Mme Duroux, première conseillère,
Mme Chaumont, première conseillère,
assistés de Mme Ravera, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 9 avril 2024.
La rapporteure,
signé
G. DUROUX
Le président,
signé
F. PASCALLa greffière,
signé
C. RAVERA
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef
Ou par délégation, le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026