jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2102724 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | DE SURVILLE |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 15 mai 2021, Mme B A, représentée par Me De Surville, demande au tribunal, dans le dernier état de ses écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du 4 janvier 2021 par lequel le maire de la commune de Tourrette-Levens a refusé le permis de construire n° PC 06147 20 J0017 pour une maison individuelle située sur un terrain cadastré A0 n°631, 632 et A2 n°620 et 621 au 196, chemin du Barbe à Tourrette-Levens ;
2°) d'enjoindre à la commune de Tourrette-Levens de lui délivrer le permis de construire sollicité, sous astreinte de 100 euros par jour de retard à compter de la notification du jugement ;
3°) de mettre à la charge de la commune de Tourrette-Levens la somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La requérante soutient :
- que sa requête est recevable ;
- et que l'arrêté litigieux méconnaît tant les dispositions de l'article 2.1.3.2 (secteur UFc1) du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Nice Côte d'Azur relatif aux limites séparatives que celles de l'article 2.5 (secteur UFc1) dudit règlement relatif aux places de stationnement.
Par un mémoire en défense, enregistré le 28 septembre 2021, la commune de Tourrette-Levens, prise en la personne de son maire en exercice et représentée par Me Parriaux, conclut au rejet de la requête et à ce que la somme de 3 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune de Tourrette-Levens fait valoir que les moyens soulevés ne sont pas fondés.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 janvier 2024 :
- le rapport de M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président ;
- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique ;
- et les observations de Me De Surville pour la requérante et de Me Parriaux, représentant la commune de Tourrette-Levens.
Considérant ce qui suit :
1. Par arrêté du 4 janvier 2021, le maire de la commune de Tourrette-Levens a refusé le permis de construire n° PC 06147 20 J0017 sollicité par Mme B A pour une maison individuelle située sur un terrain cadastré A0 n°631, 632 et A2 n°620 et 621 au 196, chemin du Barbe à Tourrette-Levens. Mme A demande au tribunal d'annuler cet arrêté.
Sur les conclusions à fin d'annulation :
2. D'une part, aux termes de l'article L. 471-1 du code de l'urbanisme : " Lorsqu'en application des dispositions d'urbanisme la délivrance du permis de construire est subordonnée, en ce qui concerne les distances qui doivent séparer les constructions, à la création, sur un terrain voisin, de servitudes de ne pas bâtir ou de ne pas dépasser une certaine hauteur en construisant, ces servitudes, dites "de cours communes", peuvent, à défaut d'accord amiable entre les propriétaires intéressés, être imposées par la voie judiciaire dans des conditions définies par décret. / Les mêmes servitudes peuvent être instituées en l'absence de document d'urbanisme ou de mention explicite dans le document d'urbanisme applicable. ". D'autre part, aux termes de l'article 2.1.3.2 (secteur UFc1) du règlement du plan local d'urbanisme de la métropole Nice Côte d'Azur (ci-après, " PLUM ") : " Les constructions doivent s'implanter à une distance minimale de 5 m des limites séparatives ".
3. Par les dispositions précitées de l'article L. 471-1 du code de l'urbanisme, le législateur a entendu que l'institution d'une servitude de cour commune puisse, même en l'absence de mention explicite dans le plan local d'urbanisme d'une commune, permettre de garantir le respect des règles de prospect posées par ce plan relativement à l'implantation des constructions par rapport aux limites séparatives, en permettant de déterminer la distance de prospect par rapport à la limite opposée de l'espace grevé par la servitude, au lieu de la calculer à partir de la limite séparative séparant le terrain d'assiette de la construction projetée du terrain grevé par cette servitude. En revanche la constitution d'une telle servitude n'a pour effet d'écarter ni l'application de ces règles de prospect, ni celle des règles du plan, relatives à la hauteur des constructions.
4. En l'espèce, l'arrêté litigieux du 4 janvier 2021 par lequel le maire de la commune de Tourrette-Levens a refusé le permis de construire à Mme A est fondé notamment sur le motif que les règles susmentionnées avaient été méconnues en ce que le projet prévoit une surélévation de l'ordre de 0.6 mètre en limite séparative ouest, au lieu des 5 mètres de distance exigés. Toutefois, et contrairement à ce que soutient la requérante, l'existence d'une servitude de cour commune ne permet pas d'écarter ni l'application de ces règles de prospect, ni celle des règles du PLUM relatives à la hauteur des constructions. Or il ressort des pièces du dossier que les seuls documents produits dans le dossier de permis de construire, notamment les plans des façades du projet, qui prévoient une surélévation de 4 mètres, ne permettent dès lors pas de considérer que la distance de 5 mètres des limites séparatives est respectée. Il s'ensuit que le motif de refus susmentionné retenu par l'arrêté litigieux est fondé et qu'il pouvait dès lors, à lui seul, justifier le refus de permis de construire opposé par la commune de Tourrette-Levens.
5. Il résulte de l'ensemble de ce qui précède que les conclusions aux fins d'annulation doivent être rejetées. Par voie de conséquence, les conclusions de la requête aux fins d'injonction et d'astreinte doivent également être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Tourrette-Levens, qui n'est pas, dans la présente instance, la partie perdante, la somme que la requérante demande au titre des frais exposés par eux et non compris dans les dépens. En revanche il y a lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de la requérante une somme de 1 000 euros au titre des frais liés au litige exposés par la commune de Tourrette-Levens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Mme A versera à la commune de Tourrette-Levens une somme de 1 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la commune de Tourrette-Levens.
Délibéré après l'audience du 18 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président ;
M. Holzer, conseiller ;
M. Combot, conseiller ;
Assistés de Mme Suner, greffière.
Décision rendue publique par mise à disposition au greffe, le 8 février 2024.
Le président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa L'assesseur le plus ancien,
signé
M. Holzer
La greffière,
signé
V. Suner
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation, la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
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Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
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