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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2103430

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2103430

jeudi 11 avril 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2103430
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation1ère chambre
Avocat requérantAVOCATS ANTOMARCHI & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

I. Par une requête, enregistrée le 24 juin 2021 sous le n° 2103430, Mme A D et M. C B, représentés par Me Antomarchi, demandent au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 46 829 euros correspondant à des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux dues au titre des années 2012 et 2013 et à la taxe d'habitation due au titre de l'année 2014 ;

2°) de mettre une somme de 3 000 euros à la charge de l'Etat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- les paiements qu'ils ont effectués pour un montant total de 23 588,35 euros n'ont pas été affectés, comme ils l'avaient demandé à l'administration fiscale, à l'apurement de la dette due au titre de l'impôt sur le revenu de l'année 2017 et de la taxe d'habitation des années 2018 et 2019 ;

- la prescription est acquise concernant les cotisations d'impôt sur le revenu dues au titre des années 2012 et 2013 et la taxe d'habitation due au titre de l'année 2014.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2021, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés au soutien de la requête n'est fondé.

II. Par une requête, enregistrée le 24 juin 2021 sous le n° 2106769, Mme A D et M. C B, représentés par Me Antomarchi, demandent au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 46 829 euros correspondant à des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux dues au titre des années 2012 et 2013 et à la taxe d'habitation due au titre de l'année 2014 ;

2°) de mettre une somme de 3 000 euros à la charge de l'Etat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- les paiements qu'ils ont effectués pour un montant total de 23 588,35 euros n'ont pas été affectés, comme ils l'avaient demandé à l'administration fiscale, à l'apurement de la dette due au titre de l'impôt sur le revenu de l'année 2017 et de la taxe d'habitation des années 2018 et 2019 ;

- la prescription est acquise concernant les cotisations d'impôt sur le revenu dues au titre des années 2012 et 2013 et la taxe d'habitation due au titre de l'année 2014.

Par un mémoire en défense, enregistré le 5 juillet 2021, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés au soutien de la requête n'est fondé.

III. Par une requête, enregistrée le 3 mai 2022 sous le n° 2202174, Mme A D et M. C B, représentés par Me Antomarchi, demandent au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 46 829 euros correspondant à des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux dues au titre des années 2012 et 2013 et à la taxe d'habitation due au titre de l'année 2014 ;

2°) de mettre une somme de 3 000 euros à la charge de l'Etat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- les paiements qu'ils ont effectués pour un montant total de 23 588,35 euros n'ont pas été affectés, comme ils l'avaient demandé à l'administration fiscale, à l'apurement de la dette due au titre de l'impôt sur le revenu de l'année 2017 et de la taxe d'habitation des années 2018 et 2019 ;

- la prescription est acquise concernant les cotisations d'impôt sur le revenu dues au titre des années 2012 et 2013 et la taxe d'habitation du au titre de l'année 2014.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2022, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés au soutien de la requête n'est fondé.

IV. Par une requête, enregistrée le 3 mai 2022 sous le n° 2202177, Mme A D et M. C B, représentés par Me Antomarchi, demandent au tribunal :

1°) de prononcer la décharge de l'obligation de payer la somme de 46 829 euros correspondant à des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux dues au titre des années 2012 et 2013 et à la taxe d'habitation due au titre de l'année 2014 ;

2°) de mettre une somme de 3 000 euros à la charge de l'Etat en application des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Ils soutiennent que :

- les paiements qu'ils ont effectués pour un montant total de 23 588,35 euros n'ont pas été affectés, comme ils l'avaient demandé à l'administration fiscale, à l'apurement de la dette due au titre de l'impôt sur le revenu de l'année 2017 et de la taxe d'habitation des années 2018 et 2019 ;

- la prescription est acquise concernant les cotisations d'impôt sur le revenu dues au titre des années 2012 et 2013 et la taxe d'habitation due au titre de l'année 2014.

Par un mémoire en défense, enregistré le 23 novembre 2022, le directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes conclut au rejet de la requête.

Il fait valoir qu'aucun des moyens soulevés au soutien de la requête n'est fondé.

Vu les autres pièces des dossiers.

Vu :

- le livre des procédures fiscales et le code général des impôts ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique :

- le rapport de Mme Kolf, rapporteure,

- et les conclusions de Mme Perez, rapporteure publique.

Considérant ce qui suit :

1. Mme D et M. B ont été assujettis à des cotisations d'impôt sur le revenu et de prélèvements sociaux au titre des années 2012 et 2013 qui ont été mises en recouvrement le 30 avril 2014 et le 31 juillet 2014 ainsi qu'à la taxe d'habitation au titre de l'année 2014, mise en recouvrement le 30 septembre 2014. Le 8 mars 2021, l'administration fiscale a notifié aux requérants un avis à tiers détenteur afin d'obtenir, entre autres, le recouvrement de ces impositions. Un procès-verbal de saisie-vente a ensuite été notifié aux requérants le 4 janvier 2022. Mme D et M. B, qui ont formellement contesté l'obligation de payer cette somme, en demandent au tribunal la décharge à hauteur de 46 829 euros.

2. En premier lieu, les requêtes nos 2103430, 2106769, 2202174 et 2202177 introduites par les mêmes requérants, présentent à juger des questions semblables et ont fait l'objet d'une instruction commune. Il y a donc lieu de les joindre pour statuer par un même jugement.

3. En deuxième lieu, il ressort de l'avis à tiers détenteur du 8 mars 2021 que la somme de 23 588,35 euros que les requérants ont déjà acquittée a été déduite, de façon indistincte et globalisée, du total restant dû par ces derniers. Dès lors, Mme D et M. B ne sauraient utilement se prévaloir de ce que l'administration fiscale n'aurait pas, conformément à leur volonté, affecté cette somme à l'apurement de leur dette au titre de l'impôt sur le revenu 2017 et de la taxe d'habitation 2018 et 2019.

4. En troisième et dernier lieu, aux termes de l'article R. 281-3-1 du livre des procédures fiscales : " La demande prévue à l'article R. 281-1 doit, sous peine d'irrecevabilité, être présentée dans un délai de deux mois à partir de la notification : / () c) A l'exclusion des amendes et condamnations pécuniaires, du premier acte de poursuite permettant de contester l'exigibilité de la somme réclamée ". Et aux termes de l'article L. 274 du même livre : " Les comptables publics des administrations fiscales qui n'ont fait aucune poursuite contre un redevable pendant quatre années consécutives à compter du jour de la mise en recouvrement du rôle ou de l'envoi de l'avis de mise en recouvrement sont déchus de tous droits et de toute action contre ce redevable ".

5. Il est constant que les cotisations d'impôt sur le revenu auxquelles les requérants ont été assujettis au titre des années 2012 et 2013 ont été mis en recouvrement par des avis d'imposition en date des 30 avril et 31 juillet 2014, et que la taxe d'habitation à laquelle ils ont été assujettis au titre de l'année 2014 a été mise en recouvrement le 30 septembre 2014. Il s'ensuit que l'action en recouvrement était en principe prescrite le 31 décembre 2018. Toutefois, l'administration fiscale fait valoir en défense, sans être contredite sur ce point, avoir notifié à Mme D et à M. B des avis à tiers détenteur en date du 23 mars 2015 et du 6 novembre 2018, qui portaient notamment sur les cotisations d'impôt sur le revenu au titre des années 2012 et 2013 et sur la taxe d'habitation au titre de l'année 2014. Ces actes, que les requérants ne contestent pas avoir reçus, ont interrompu la prescription, qui courrait jusqu'au 31 décembre 2022. Il s'ensuit que Mme D et M. B ne sont pas fondés à soutenir que leur dette était prescrite lors de l'émission de l'avis à tiers détenteur du 8 mars 2021 et de la signification du procès-verbal de saisie-vente en date du 4 janvier 2022.

6. Il résulte de ce qui précède que les requêtes de Mme D et de M. B doivent être rejetées en toutes leurs conclusions, y compris celles présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : Les requêtes n° 2103430, 2106769, 2202174 et 2202177 sont rejetées.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme A D, à M. C B et au directeur départemental des finances publiques des Alpes-Maritimes.

Délibéré après l'audience du 21 mars 2024, à laquelle siégeaient :

Mme Chevalier-Aubert présidente,

Mme Chevalier, première conseillère,

Mme Kolf, conseillère.

Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 avril 2024.

La rapporteure,

signé

S. Kolf

La présidente,

signé

V. Chevalier-AubertLa greffière,

signé

C. Martin

La République mande et ordonne au ministre de l'économie, des finances, de la souveraineté industrielle et numérique en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

ou par délégation la greffière,

Nos 2103430, 2106769, 2202174 et 2202177

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