mercredi 15 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2103755 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | BRAUNSTEIN & ASSOCIES |
Vu les procédures suivantes :
I. - Par une requête enregistrée le 9 juillet 2021, sous le n°2103757, Mme B A, représentée par Me Guillotin, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision n°2021/326 du 21 avril 2021 par laquelle la directrice adjointe du centre hospitalier " La Palmosa " de Menton l'a placée en congé de maladie ordinaire pour la période du 25 mai 2020 au 24 mai 2021 ;
2°) de condamner le centre hospitalier " La Palmosa " de Menton à lui verser la somme de 3 000 euros en réparation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi en raison de cette décision ;
3°) d'enjoindre au directeur du centre hospitalier " La Palmosa " de Menton de la placer sous le régime de l'autorisation spéciale d'absence pour la période du 25 mai 2020 au 24 mai 2021 ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier " La Palmosa " de Menton la somme de 2 500 euros, au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
-elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de communication de l'avis du comité médical du 9 mars 2021 et du procès-verbal de la séance afférente ;
- elle méconnaît le principe de l'égalité des armes ;
- elle est entachée d'une erreur de droit dès lors qu'elle aurait dû être placée en autorisation spéciale d'absence.
Par un mémoire en défense enregistré le 28 novembre 2023, le centre hospitalier " La Palmosa " de Menton, représenté par Me Andrieux, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 25% par une décision du 18 novembre 2021.
Par ordonnance du 29 novembre 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 15 décembre 2023.
II. - Par une requête et un mémoire enregistrés les 9 juillet 2021 et 9 août 2022 sous le n°2103755, Mme B A, représentée par Me Guillotin, doit être regardée comme demandant au tribunal :
1°) d'annuler la décision n° 2021/327 du 21 avril 2021 par laquelle la directrice adjointe du centre hospitalier " La Palmosa " de Menton l'a placée en disponibilité d'office à compter du 25 mai 2021 ;
2°) de condamner le centre hospitalier " La Palmosa " de Menton à lui verser la somme de 3 000 euros en réparation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi en raison de cette décision ;
3°) d'enjoindre au directeur du centre hospitalier " La Palmosa " de Menton de la placer sous le régime de l'autorisation spéciale d'absence à compter du 25 mai 2021 ;
4°) de mettre à la charge du centre hospitalier " La Palmosa " de Menton la somme de 2 500 euros, au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée est entachée d'un défaut de motivation ;
- elle est entachée d'un vice de procédure en l'absence de consultation du comité médical ;
- elle méconnaît le principe de l'égalité des armes ;
- elle est entachée d'une erreur de droit, dès lors qu'elle n'avait pas épuisé ses droits à congés de longue maladie ;
- elle est illégale par voie de l'exception d'illégalité de la décision du 21 avril 2021 par laquelle la directrice adjointe du centre hospitalier " La Palmosa " de Menton l'a placée en congé de maladie ordinaire entre le 25 mai 2020 et le 24 mai 2021.
Par des mémoires en défense enregistrés les 17 décembre 2021, 3 novembre 2022 et 13 avril 2023, le centre hospitalier " La Palmosa " de Menton, représenté par Me Andrieux, conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 1 500 euros soit mise à la charge de Mme A au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
Il fait valoir que les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Mme A a été admise au bénéfice de l'aide juridictionnelle partielle à hauteur de 25% par une décision du 18 novembre 2021.
Par ordonnance du 20 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 19 mai 2023.
Vu les autres pièces des dossiers ;
Vu :
- le code des relations entre le public et l'administration ;
- la loi n° 86-33 du 9 janvier 1986 ;
- le décret n° 86-442 du 14 mars 1986 ;
- le décret n° 88-386 du 19 avril 1988 ;
- l'arrêté du 14 mars 1986 relatif à la liste des maladies donnant droit à l'octroi de congés de longue maladie ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 avril 2024 :
- le rapport de Mme Soler, rapporteure,
- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,
- et les observations de Me Poinat, substituant Me Andrieux, représentant le centre hospitalier, Mme A n'étant ni présente, ni représentée.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A est employée depuis 2003 en qualité d'agent d'entretien qualifiée titulaire au sein du centre hospitalier " La Palmosa " de Menton. Dans le cadre de la crise sanitaire, Mme A a été placée sous le régime de l'autorisation spéciale d'absence (ASA) jusqu'au 25 mai 2020, dès lors qu'elle était considérée comme une personne à risque face à l'épidémie du virus SARS-CoV-2 puis pour garde d'enfant. Par un courrier du 29 mai 2020, la directrice par intérim du centre hospitalier l'a informée qu'elle ne bénéficiait plus de l'ASA depuis le 25 mai 2020 et lui a demandé de régulariser sa situation. Mme A a produit plusieurs arrêts de travail afin de régulariser sa situation. D'une part, par une décision n° 2021/326 du 21 avril 2021, la directrice adjointe du centre hospitalier " La Palmosa " de Menton a confirmé son placement en congé de maladie ordinaire pour la période du 25 mai 2020 au 24 mai 2021. D'autre part, par une décision n° 2021/327 du même jour, la directrice adjointe du centre hospitalier l'a placée en disponibilité d'office à compter du 25 mai 2021. Par un courrier du 20 mai 2021, Mme A a formé un recours gracieux contre ces décisions. Elle demande au tribunal d'annuler les décisions du 21 avril 2021 et l'indemnisation du préjudice moral qu'elle estime avoir subi.
Sur la jonction :
2. Les requêtes susvisées enregistrées sous les n°s2103755 et 2103757, présentées pour Mme A, concernent la situation d'une même requérante et présentent à juger les mêmes questions. Par suite, il y a lieu de les joindre pour statuer par un seul jugement.
Sur les conclusions à fins d'indemnisation :
3. Aux termes de l'article R.612-1 du code de justice administrative : " Lorsque des conclusions sont entachées d'une irrecevabilité susceptible d'être couverte après l'expiration du délai de recours, la juridiction ne peut les rejeter en relevant d'office cette irrecevabilité qu'après avoir invité leur auteur à les régulariser " et aux termes de l'article R.421-1 du même code : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / Lorsque la requête tend au paiement d'une somme d'argent, elle n'est recevable qu'après l'intervention de la décision prise par l'administration sur une demande préalablement formée devant elle. / () ".
4. Par une lettre du 29 février 2024 adressée à Me Guillotin par le biais de l'application informatique mentionnée à l'article R. 414-1 du code de justice administrative, dite " Télérecours ", le tribunal a invité Mme A à régulariser ses conclusions à fin d'indemnisation présentées dans les deux requêtes en lui demandant de produire une copie de la demande préalable d'indemnisation adressée au centre hospitalier et de l'éventuelle décision explicite intervenue en réponse à cette demande. En dépit de cette invitation, Mme A n'a pas régularisé ses conclusions. Dès lors, les conclusions à fin d'indemnisation présentées par la requérante sont irrecevables et doivent, par suite, être rejetées.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision n°2021/326 du 21 avril 2021 et d'injonction :
5. En premier lieu, aux termes de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière dans sa rédaction applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () / 2° A des congés de maladie dont la durée totale peut atteindre un an pendant une période de douze mois consécutifs en cas de maladie dûment constatée mettant l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions. Celui-ci conserve alors l'intégralité de son traitement pendant une durée de trois mois ; ce traitement est réduit de moitié pendant les neuf mois suivants. Le fonctionnaire conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. Le bénéfice de ces dispositions est subordonné à la transmission par le fonctionnaire, à son administration, de l'avis d'arrêt de travail justifiant du bien-fondé du congé de maladie, dans un délai et selon les sanctions prévus en application de l'article 42. / () ". Aux termes du point 1.2 de la circulaire du 31 mars 2017 relative à l'application des règles en matière de temps de travail dans les trois fonctions publiques, publiée conformément aux exigences de l'article L.312-2 du code des relations entre le public et l'administration : " Les autorisations spéciales d'absence (A.S.A) permettent à l'agent de s'absenter de son service alors qu'il aurait dû exercer ses fonctions, lorsque les circonstances le justifient. / Certaines autorisations spéciales d'absence sont prévues par la loi ou le règlement. Elles peuvent être de droit ou accordées sous réserve des nécessités de service () / Les autres autorisations spéciales d'absence, mentionnées au travers de circulaires et d'instructions ou de délibération des collectivités territoriales et de leurs établissements publics locaux, constituent une faculté, accordée par le chef de service ou par l'autorité investie du pouvoir de nomination dans la fonction publique hospitalière, en fonction de situations individuelles particulières, et sous réserve des nécessités de service ". Aux termes de l'instruction n°7 du 23 mars 1950 prise pour l'application des dispositions du statut général des fonctionnaires relatives aux congés annuels et autorisations exceptionnelles d'absence publiée au bulletin officiel des armées : " La question s'est posée de savoir dans quelle position devaient être placés les fonctionnaires cohabitant avec une personne atteinte de maladie contagieuse, et qui, porteurs de germes contagieux, doivent être éloignés de leurs services. En l'absence de dispositions particulières, les intéressés bénéficieront d'autorisation spéciales d'absence. Toutefois, ces autorisations ayant pour objet d'éviter la propagation des maladies contagieuses ne seront accordées que dans la mesure où les mesures prophylactiques se révèleraient insuffisantes. / () S'il s'agissait d'une maladie exceptionnelle en France (choléra, typhus, peste, etc.), les intéressés seraient soumis aux mesures spéciales qui pourraient être prescrites en pareil cas ". Aux termes de l'article L.100-1 du code des relations entre le public et l'administration : " Le présent code régit les relations entre le public et l'administration en l'absence de dispositions spéciales applicables. Sauf dispositions contraires du présent code, celui-ci est applicable aux relations entre l'administration et ses agents. ". Aux termes de l'article L.211-2 du même code : " Les personnes physiques ou morales ont le droit d'être informées sans délai des motifs des décisions administratives individuelles défavorables qui les concernent. / A cet effet, doivent être motivées les décisions qui : / () / 6° Refusent un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir ; / () ". L'article L.211-5 de ce code précise : " La motivation exigée par le présent chapitre doit être écrite et comporter l'énoncé des considérations de droit et de fait qui constituent le fondement de la décision ".
6. Il résulte des dispositions précitées du point 1.2. de la circulaire du 31 mars 2017, que l'autorisation spéciale d'absence prévue dans le cadre de la crise sanitaire du virus SARS-CoV-2 ne constitue pas un droit pour les agents publics, mais une faculté accordée par l'autorité investie du pouvoir de nomination dans la fonction publique hospitalière. Dès lors, la décision par laquelle l'administration place un fonctionnaire hospitalier en position de congé de maladie ordinaire et lui refuse le bénéfice de cette autorisation spéciale d'absence n'entre dans aucune des hypothèses prévues par l'article L.211-2 du code des relations entre le public et l'administration, et ne constitue notamment pas une décision qui refuse un avantage dont l'attribution constitue un droit pour les personnes qui remplissent les conditions légales pour l'obtenir. Dans ces conditions, la décision du 21 avril 2021 n'avait pas à être motivée et le moyen tiré de l'insuffisante motivation de celle-ci doit, par suite, être écarté comme inopérant.
7. En deuxième lieu, aux termes de l'article 7 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires dans sa rédaction applicable au litige : " Les comités médicaux sont chargés de donner à l'autorité compétente, dans les conditions fixées par le présent décret, un avis sur les contestations d'ordre médical qui peuvent s'élever à propos de l'admission des candidats aux emplois publics, de l'octroi et du renouvellement des congés de maladie, de longue maladie et de longue durée et de la réintégration à l'issue de ces congés. / Ils sont consultés obligatoirement en ce qui concerne : / 1. La prolongation des congés de maladie au-delà de six mois consécutifs ; / () / L'avis du comité médical est communiqué au fonctionnaire sur sa demande. / () ".
8. Il résulte de ces dispositions, que l'administration n'avait pas à communiquer d'office l'avis du comité médical dès lors que celui-ci est communiqué au fonctionnaire sur sa demande ; et aucune disposition n'impose la communication de l'avis du comité médical ou du procès-verbal de la séance afférente préalablement à l'édiction de la décision en vue de laquelle il a été émis. Dès lors, le moyen tiré du vice de procédure est inopérant et doit, par suite, être écarté.
9. En troisième lieu, la circonstance que la décision attaquée aurait été notifiée à la requérante par un courrier daté du 7 mai 2021 seulement, est sans influence sur la légalité de celle-ci, dès lors les conditions de notification d'une décision sont distinctes de son existence. En outre, il ne résulte d'aucune disposition législative ou règlementaire, que l'administration serait tenue de respecter un délai entre l'avis du comité médical se prononçant sur une demande de prolongation d'un congé de maladie ordinaire et l'édiction de la décision en vue de laquelle cet avis a été émis. Enfin, il résulte de ce qui a été dit au point 6 que la décision en litige n'entre dans aucune des hypothèses prévues par l'article L.211-2 du code des relations entre le public et l'administration. Dès lors, le moyen tiré de la méconnaissance alléguée du principe de loyauté dans la procédure administrative est inopérant et doit, par suite, être écarté.
10. En quatrième lieu, la circulaire du 10 novembre 2020 de la direction générale de l'administration et de la fonction publique invoquée par la requérante n'a pas fait l'objet d'une publication dans les conditions prévues par l'article L.312-3 du code des relations entre le public et l'administration. Il suit de là, d'une part, que Mme A ne peut utilement se prévaloir de sa méconnaissance à l'appui de ses conclusions à fin d'annulation, et d'autre part, que le cadre juridique applicable aux autorisations spéciales d'absences délivrées dans le cadre de la pandémie du virus SARS-CoV-2 aux fonctionnaires hospitaliers, est celui fixé par la circulaire du 31 mars 2017 relative à l'application des règles en matière de temps de travail dans les trois fonctions publiques et par l'instruction n°7 du 23 mars 1950 prise pour l'application des dispositions du statut général des fonctionnaires relatives aux congés annuels et autorisations exceptionnelles d'absence, toutes deux publiées conformément aux exigences de l'article L. 312-2 du code des relations entre le public et l'administration.
11. En l'espèce, il est constant que Mme A appartenait aux personnes vulnérables présentant un risque de développer une forme grave d'infection au virus SARS-CoV-2. Le centre hospitalier fait valoir en défense, que malgré cette circonstance, l'intéressée ne pouvait être placée en autorisation spéciale d'absence, dès lors que des mesures de protection suffisantes avaient été prises de nature à la protéger des risques sur son poste de travail. Le centre hospitalier fait notamment valoir que des mesures d'accès au restaurant de l'établissement réservé au personnel et des consignes strictes s'agissant des gestes barrières avaient été mises en place pour assurer la protection des agents et le respect des distanciations, que des plexiglass de protection avaient été installés sur le poste de travail de l'intéressée et dans tout ledit service de restauration rapide et que des solutions hydro-alcooliques et des masques de protection avaient été distribués à tous les professionnels. Il produit à l'appui de ses allégations une facture datée du 10 mars 2020 pour l'achat de 8 plaques en polycarbonate, une facture datée du 14 avril 2021 pour l'achat de 14 plaques de protection de tables en plexiglass et une note datée du 24 mars 2020 précisant les règles d'hygiène audit restaurant et notamment l'interdiction des tenues professionnelles, du port du masque " en collier " et de la dépose de mouchoirs sales ou de tout autre équipement de protection usagé sur les plateaux repas. Il ressort par ailleurs des pièces du dossier, que dès le 18 juin 2020, la directrice par intérim du centre hospitalier avait informé Mme A de ce que la direction avait tout mis en œuvre pour que les gestes barrières et la distanciation sociale soient respectés. Il ne ressort pas des pièces du dossier, que les mesures prises par le centre hospitalier n'étaient pas suffisantes à assurer la protection de Mme A, quand bien même elle appartenait aux personnes vulnérables présentant un risque de développer une forme grave d'infection au virus SARS-CoV-2. Dès lors, la directrice adjointe du centre hospitalier de Menton n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation ou de droit, en plaçant Mme A en congés de maladie ordinaire entre le 25 mai 2020 et le 24 mai 2021 et par suite, le moyen formulé à ce titre doit être écarté.
12. Il résulte de tout ce qui précède, que les conclusions à fin d'annulation de la décision n°21021/326 du 21 avril 2021 par laquelle la directrice adjointe du centre hospitalier " La Palmosa " de Menton a placé Mme A en congé de maladie ordinaire entre le 25 mai 2020 et le 24 mai 2021 doivent être rejetées, ensemble les conclusions à fin d'injonction présentées par la requérante dans la requête n°2103757.
Sur les conclusions aux fins d'annulation de la décision n° 2021/327 du 21 avril 2021 et d'injonction :
13. En premier lieu, aux termes de l'article 62 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière dans sa rédaction applicable au litige : " La disponibilité est la position du fonctionnaire qui, placé hors de son établissement, cesse de bénéficier, dans cette position, de ses droits à l'avancement et à la retraite. / () / La disponibilité est prononcée soit à la demande de l'intéressé, soit d'office à l'expiration des congés prévus aux 2°, 3° et 4° de l'article 41 et à l'article 43 et dans les cas prévus aux articles 55 et 56 ou à l'issue de la période correspondant à la situation définie à l'article 50-1. Le fonctionnaire mis en disponibilité qui refuse successivement trois postes qui lui sont proposés en vue de sa réintégration peut être licencié après avis de la commission administrative paritaire. / Un décret en Conseil d'Etat détermine les cas et conditions de mise en disponibilité, sa durée ainsi que les modalités de réintégration des fonctionnaires intéressés à l'expiration de la période de disponibilité ". Aux termes de l'article 41 de la même loi dans sa rédaction applicable au litige : " Le fonctionnaire en activité a droit : / () / 3° A des congés de longue maladie d'une durée maximale de trois ans dans les cas où il est constaté que la maladie met l'intéressé dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions, rend nécessaires un traitement et des soins prolongés et présente un caractère invalidant et de gravité confirmée. Le fonctionnaire conserve l'intégralité de son traitement pendant un an ; le traitement est réduit de moitié pendant les deux années qui suivent. L'intéressé conserve, en outre, ses droits à la totalité du supplément familial de traitement et de l'indemnité de résidence. / Le fonctionnaire qui a obtenu un congé de longue maladie ne peut bénéficier d'un autre congé de cette nature s'il n'a pas auparavant repris l'exercice de ses fonctions pendant un an. / Les dispositions des deuxième, troisième et quatrième alinéas du 2° du présent article sont applicables aux congés de longue maladie ; / () ". Aux termes de l'article 36 du décret du 19 avril 1988 relatif aux conditions d'aptitude physique et aux congés de maladie des agents de la fonction publique hospitalière dans sa rédaction applicable au litige : " La mise en disponibilité prévue aux articles 17 et 35 du présent décret est prononcée après avis du comité médical ou de la commission départementale de réforme sur l'inaptitude du fonctionnaire à reprendre ses fonctions. / () ". Aux termes de l'article 7 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires dans sa rédaction applicable au litige : " Les comités médicaux sont chargés de donner à l'autorité compétente, dans les conditions fixées par le présent décret, un avis sur les contestations d'ordre médical qui peuvent s'élever à propos de l'admission des candidats aux emplois publics, de l'octroi et du renouvellement des congés de maladie, de longue maladie et de longue durée et de la réintégration à l'issue de ces congés. / Ils sont consultés obligatoirement en ce qui concerne : / 1. La prolongation des congés de maladie au-delà de six mois consécutifs ; / () / 6. La mise en disponibilité d'office pour raison de santé et son renouvellement ; / () ".
14. En l'espèce, le centre hospitalier " La Palmosa " de Menton produit en défense l'avis du comité médical départemental du 9 mars 2021. Toutefois, le comité médical n'a été saisi que de la question de l'octroi d'un congé de maladie ordinaire en application du 3e alinéa de l'article 7 du décret du 14 mars 1986 précité. Par ailleurs, le comité médical a rendu un avis qui ne porte que sur la période du 25 mai 2020 au 24 mai 2021, et non sur celle visée par la décision contestée à savoir la période courant à compter du 25 mai 2021, l'avis en litige précisant d'ailleurs que la situation de l'intéressée devait être revue à compter du 24 mai 2021. Ainsi, en l'absence de consultation du comité médical sur la question de la mise en disponibilité d'office en application du 8e alinéa du même article, aucun avis n'a été rendu sur l'aptitude ou l'inaptitude de Mme A à la reprise de ses fonctions, préalable pourtant indispensable à un placement en disponibilité d'office, et le cas échéant à l'examen d'une demande de reclassement. En l'absence de consultation du comité médical sur ce point, Mme A est fondée à soutenir que la décision la plaçant en disponibilité d'office est entachée d'un vice de procédure l'ayant privée d'une garantie.
15. En deuxième lieu, aux termes de l'article 36 du décret du 14 mars 1986 relatif à la désignation des médecins agréés, à l'organisation des comités médicaux et des commissions de réforme, aux conditions d'aptitude physique pour l'admission aux emplois publics et au régime de congés de maladie des fonctionnaires dans sa rédaction applicable au litige : " Un congé de longue maladie ou de longue durée peut être accordé ou renouvelé pour une période de trois à six mois. La durée du congé est fixée, dans ces limites, sur la proposition du comité médical. / () ". Aux termes de l'article 1er de l'arrêté du 14 mars 1986 relatif à la liste des maladies donnant droit à l'octroi de congés de longue maladie : " Un fonctionnaire est mis en congé de longue maladie lorsqu'il est dûment constaté qu'il est dans l'impossibilité d'exercer ses fonctions au cours d'une des affections suivantes lorsqu'elle est devenue invalidante : / () / 9. Rhumatismes chroniques invalidants, inflammatoires ou dégénératifs. / () ". Le guide annexé à l'instruction DGOS/RH3/DGCS/4B n°2012-70 du ministre du travail, de l'emploi et de la santé et du ministre des solidarités et de la cohésion sociale du 9 février 2012 relative à la protection sociale des fonctionnaires hospitaliers contre les risques maladie et accident de service précise, s'agissant du congé de longue maladie : " 2.2. Durée - Droits à rémunération. / Il est accordé ou renouvelé pour une période de 3 à 6 mois sur proposition du comité médical, mais la durée maximale du CLM peut atteindre trois ans sur une période de référence pouvant aller jusqu'à quatre ans (trois ans si le congé est pris de manière continue et trois ans sur quatre ans si le congé est fractionné avec durée de reprise d'activité inférieure à un an). / () / 2.3. Décompte du CLM. / Le fonctionnaire hospitalier qui a bénéficié de la totalité d'un CLM ne peut bénéficier d'un autre congé de même nature, pour la même maladie ou pour une autre maladie s'il n'a pas auparavant repris l'exercice de ses fonctions pendant un an au moins. / Les droits du fonctionnaire hospitalier en CLM fractionné s'apprécient selon le système dit de "l'année de référence mobile", qui conduit, dans ce cas, à apprécier sur une période de quatre ans, au jour le jour, les droits à rémunération du bénéficiaire du congé. / () ".
16. Il ressort des pièces du dossier, qu'avant d'être placée en disponibilité d'office, à partir du 25 mai 2021, par la décision contestée du 21 avril 2021, Mme A s'est vue accorder le bénéfice d'un congé de maladie ordinaire, du 25 mai 2020 au 24 mai 2021. Auparavant, Mme A avait été placée en congé de longue maladie, pour une durée de deux ans, du 30 octobre 2017 au 29 octobre 2019. Il n'est allégué par aucune des parties et il ne ressort pas de ces mêmes pièces, que Mme A aurait précédemment, durant sa carrière, bénéficié d'autres périodes de congé de longue maladie. Par conséquent, à la date de son placement en disponibilité d'office, Mme A ne pouvait pas être regardée comme ayant épuisé l'intégralité de ses droits à congés de longue maladie. A cet égard, contrairement à ce que fait valoir le centre hospitalier en défense, il résulte des dispositions du guide annexé à l'instruction du ministre du travail, de l'emploi et de la santé et du ministre des solidarités et de la cohésion sociale du 9 février 2012 précitées, que Mme A pouvait bénéficier d'un tel congé quand bien même elle n'avait pas repris l'exercice de ses fonctions pendant un an au moins, dès lors qu'elle n'avait pas bénéficié de la totalité de ce congé sur une période de quatre ans. Par ailleurs, il n'est pas contesté en défense, que Mme A souffrait encore, à la date de la décision attaquée, d'une maladie auto-immune spondylarthrite ankylosante susceptible de relever du cas envisagé par le 3° de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986 et l'article 1er de l'arrêté du 14 mars 1986 relatif à la liste des maladies donnant droit à l'octroi de congés de longue maladie. Dès lors, et alors même qu'à l'issue de sa dernière période de congé de longue maladie, la requérante n'en a pas sollicité le renouvellement, celle-ci est fondée à soutenir que la décision du 21 avril 2021 par laquelle la directrice adjointe du centre hospitalier " La Palmosa " de Menton l'a placée en disponibilité d'office à compter du 25 mai 2021 a été pris en méconnaissance des dispositions de l'article 41 de la loi du 9 janvier 1986.
17. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur les autres moyens de la requête, que la décision n°2021/327 du 21 avril 2021 par laquelle la directrice adjointe du centre hospitalier " La Palmosa " de Menton a placé Mme A en disponibilité d'office à compter du 25 mai 2021 doit être annulée. Toutefois, cette annulation n'implique pas qu'il soit enjoint au directeur du centre hospitalier " La Palmosa " de Menton de placer Mme A sous le régime de l'autorisation spéciale d'absence à compter du 25 mai 2021. Il suit de là que les conclusions à fin d'injonction présentées par la requérante doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
18. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de Mme A et du centre hospitalier " La Palmosa " de Menton présentées sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La décision n°2021/327 du 21 avril 2021 par laquelle la directrice adjointe du centre hospitalier " La Palmosa " de Menton a placé Mme A en disponibilité d'office à compter du 25 mai 2021 est annulée.
Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et au centre hospitalier " La Palmosa " de Menton.
Délibéré après l'audience du 10 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Taormina, président,
Mme Soler, première conseillère,
Mme Sandjo, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mai 2024.
La rapporteure,
signé
N. SOLER
Le président,
signé
G. TAORMINA La greffière,
signé
M-L. DAVERIO
La République mande et ordonne à la ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
N°s2103755 et 2103757
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026