mardi 30 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2103905 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 5ème Chambre |
| Avocat requérant | CABINET BENSA & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 19 juillet 2021, le 4 mai 2023 et le 15 novembre 2023, Mme C D E et M. A D E, représentés par Me Troin, demandent au tribunal, dans le dernier état de leurs écritures :
1°) d'annuler l'arrêté du préfet des Alpes-Maritimes du 2 octobre 2020 portant autorisation d'occuper temporairement des propriétés privées en vue d'y effectuer des travaux publics relatifs à la desserte des quartiers sinistrés à la suite des intempéries du 2 octobre 2020 ;
2°) d'ordonner la fin des travaux, de sécuriser immédiatement leur propriété afin de la rendre inaccessible par cette voie d'accès, de protéger immédiatement leur propriété de la vue directe de cette voie d'accès, de remettre en état la partie de la parcelle qui a été injustement déboisée, de leur verser une compensation financière au prorata de la taxe foncière payée et pour les années à venir, de leur verser une compensation financière au prorata de leur crédit immobilier depuis l'occupation du terrain, de réparer leur préjudice de jouissance ;
3°) à titre subsidiaire, d'ordonner la remise état de la zone déboisée sur leur propriété dépassant les prescriptions du rapport d'expertise du 26 novembre 2021 ;
4°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 1 800 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- l'arrêté attaqué est entaché d'une méconnaissance du champ d'application de la loi dès lors que les travaux en cause ne peuvent recevoir la qualification de travaux publics ;
- il est entaché d'un détournement de procédure.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 16 novembre 2021 et le 12 juin 2023, le préfet des Alpes-Maritimes conclut :
- à l'irrecevabilité des conclusions tendant à ordonner la fin des travaux, à sécuriser immédiatement la propriété afin de la rendre inaccessible par cette voie d'accès, de protéger immédiatement la propriété de la vue directe de cette voie d'accès, à remettre en état la partie de la parcelle qui a été injustement déboisée, à leur verser une compensation financière au prorata de la taxe foncière payée et pour les années à venir, à leur verser une compensation financière au prorata de leur crédit immobilier depuis l'occupation du terrain, à la réparation de leur préjudice de jouissance ;
- au rejet de la requête.
Il fait valoir que :
- les conclusions tendant à ordonner la fin des travaux, à sécuriser immédiatement la propriété afin de la rendre inaccessible par cette voie d'accès, de protéger immédiatement la propriété de la vue directe de cette voie d'accès, à remettre en état la partie de la parcelle qui a été injustement déboisée, à leur verser une compensation financière au prorata de la taxe foncière payée et pour les années à venir, à leur verser une compensation financière au prorata de leur crédit immobilier depuis l'occupation du terrain, à la réparation de leur préjudice de jouissance constituent des demandes nouvelles ;
- les moyens soulevés par les requérants ne sont pas fondés.
Par ordonnance du 26 avril 2023, la clôture d'instruction a été fixée au 25 mai 2023.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- la loi du 29 décembre 1892 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique :
- le rapport de Mme Duroux, première conseillère ;
- les conclusions de Mme Moutry, rapporteure publique,
- et les observations de Me Starace, substituant Me Troin représentant de M. et Mme D E, et de M. B, représentant le préfet.
Considérant ce qui suit :
1. A la suite d'un épisode pluvieux de très forte intensité survenu du 2 au 3 octobre 2020, dénommé " tempête Alex ", la commune de Malaussène a été classée en état de catastrophe naturelle pour le risque inondation et coulées de boue par arrêté ministériel du 7 octobre 2020. Afin d'assurer les opérations de déblaiements et d'évacuation des déchets, et compte tenu des caractéristiques techniques de la voie publique, unique voie d'accès, qui ne permet pas le passage d'engins lourds de chantier, le maire de la commune de Malaussène a identifié une piste d'accès provisoire sur des parcelles privatives dont certaines appartenant aux époux D E. Face à leur opposition de conclure une convention d'occupation temporaire avec le maire de la commune, le préfet des Alpes-Maritimes a, par arrêté du 2 octobre 2020, autorisé l'occupation temporaire de propriétés privées en vue d'effectuer des travaux publics relatifs à la desserte des quartiers sinistrés à la suite de la tempête Alex. Par la présente requête, les époux D E demandent au tribunal d'annuler l'arrêté préfectoral du 2 octobre 2020.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article 1er de la loi du 29 décembre 1892 relative aux dommages causés à la propriété privée par l'exécution des travaux publics : " Les agents de l'administration ou les personnes auxquelles elle délègue ses droits, ne peuvent pénétrer dans les propriétés privées pour y exécuter les opérations nécessaires à l'étude des projets de travaux publics, civils ou militaires, exécutés pour le compte de l'Etat, des collectivités territoriales et de leurs groupements, ainsi que des établissements publics, qu'en vertu d'un arrêté préfectoral indiquant les communes sur le territoire desquelles les études doivent être faites. / () ".
3. Même lorsqu'ils sont réalisés par des personnes privées, les travaux immobiliers exécutés dans un but d'intérêt général et pour le compte d'une personne publique ont le caractère de travaux publics.
4. En l'espèce, l'arrêté attaqué a pour objet de permettre aux agents communaux et aux entreprises mandatées par la commune d'entreprendre les travaux d'aménagements nécessaires à la réalisation d'une piste d'accès temporaire pour permettre aux engins de chantier d'accéder aux quartiers de la commune de Malaussène sinistrés suite à la tempête Alex afin d'assurer les opérations de déblaiements des matériaux, d'entretenir les vallons et d'évacuer les débris des démolitions effectuées dans le cadre de la procédure du fonds Barnier. De tels travaux effectués pour le compte de la commune de Malaussène dans un but d'intérêt général présentent le caractère de travaux publics, sans qu'il soit nécessaire qu'ils présentent un caractère d'urgence contrairement à ce que soutiennent les requérants.
5. En second lieu, aux termes de l'article 9 de la loi du 29 décembre 1892 relative aux dommages causés à la propriété privée par l'exécution des travaux publics : " L'occupation des terrains ou des carrières nécessaires à l'exécution des travaux publics ne peut être ordonnée pour un délai supérieur à cinq années. / Si l'occupation doit se prolonger au-delà de ce délai, et à défaut d'accord amiable, l'administration devra procéder à l'expropriation, qui pourra aussi être réclamée par le propriétaire dans les formes prescrites par la loi du 3 mai 1841. / () ".
6. En l'espèce, l'arrêté attaqué prévoit en son article premier, d'une part, que l'occupation temporaire des parcelles concernées est autorisée pendant une durée de 5 ans maximum, conformément à l'article 9 de la loi du 29 décembre 1892, et d'autre part, que les ouvrages réalisés seront provisoires. Par ailleurs, la loi du 29 décembre 1892 prévoit elle-même l'engagement d'une procédure d'expropriation, le cas échéant, à l'issue du délai de 5 ans. Par suite, le moyen tiré d'un détournement de procédure sera écarté.
7. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée par le préfet des Alpes-Maritimes, que les conclusions aux fins d'annulation doivent être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions aux fins d'injonction.
Sur les conclusions indemnitaires :
8. Aux termes de l'article 10 de la loi du 29 décembre 1892 relative aux dommages causés à la propriété privée par l'exécution des travaux publics : " Immédiatement après la fin de l'occupation temporaire des terrains et à la fin de chaque campagne, si les travaux doivent durer plusieurs années, la partie la plus diligente, à défaut d'accord amiable sur l'indemnité, saisit le tribunal administratif pour obtenir le règlement de cette indemnité conformément à la loi du 22 juillet 1889. "
9. Il est constant que les requérants ont présenté des conclusions indemnitaires avant la fin de l'occupation temporaire des terrains concernés et alors que les travaux sont en cours. Une telle demande présente un caractère prématuré et doit donc être rejetée au regard des dispositions législatives précitées.
Sur les frais liés au litige :
10. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce qu'une quelconque somme soit mise à la charge de l'Etat, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête des époux D E est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme C D E, à M. A D E, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires.
Copie en sera faite au préfet des Alpes-Maritimes et à la commune de Malaussène.
Délibéré après l'audience du 9 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Pascal, président,
Mme Duroux, première conseillère,
Mme Chaumont, première conseillère,
assistés de Mme Bianchi, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 30 avril 2024.
La rapporteure,
signé
G. DUROUX
Le président,
signé
F. PASCALLa greffière,
signé
L. BIANCHI
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef
Ou par délégation, le greffier
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026