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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2104123

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2104123

jeudi 16 janvier 2025

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2104123
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
PublicationC
Formation2ème Chambre
Avocat requérantDELPLANCKE-POZZO DI BORGO-ROMETTI & ASSOCIES

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire, enregistrés les 29 juillet et 4 novembre 2021, l'association Galice, prise en la personne de son président en exercice et représentée par Me Sanseverino, demande au tribunal :

1°) d'annuler la décision du 11 février 2021 par laquelle l'inspectrice du travail de la section 4 de l'unité de contrôle Nice nord et ouest des Alpes-Maritimes a refusé d'autoriser le licenciement pour motif disciplinaire de M. C A B, ensemble la décision implicite, née le 6 juillet 2021, par laquelle la ministre du travail a rejeté le recours hierarchique formé à l'encontre de cette décision ;

2°) de mettre à la charge de l'Etat une somme de 2 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

L'association soutient que la décision ministérielle attaquée est entachée d'erreur de droit dès lors que la ministre aurait du rapporter la décision erronée de l'inspectrice du travail.

Par un mémoire en défense, enregistré le 26 septembre 2023, le ministre du travail, du plein emploi et de l'insertion conclut au rejet de la requête, dès lors qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

Par mémoires en défense, enregistrés les 6 septembre et 8 novembre 2021, M. C A B conclut au rejet de la requête, dès lors qu'aucun des moyens soulevés n'est fondé.

L'ordonnance du 2 octobre 2023 a fixé la clôture de l'instruction à la date du 16 octobre 2023 à 12 heures.

En application de l'article R. 611-7 du code de justice administrative, les parties ont été informées par courrier du tribunal du 13 novembre 2024 que la solution du litige était susceptible de reposer sur le moyen soulevé d'office de l'irrecevabilité des conclusions de la requête en raison de l'absence d'intérêt à agir de l'association Galice, la prise d'acte par le salarié de la rupture de son contrat de travail étant antérieure à la date d'introduction de la requête. La réponse de l'association Galice a été enregistrée le 18 novembre 2024.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

-le code du travail ;

-le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 19 décembre 2024 :

- le rapport de M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président ;

- et les conclusions de M. Combot, rapporteur public.

Considérant ce qui suit :

1. Par une demande en date du 18 décembre 2020, l'association Galice a présenté au service de l'inspection du travail une demande d'autorisation de licenciement pour motif disciplinaire de M. C A B, référent socio-professionnel et exerçant les mandats de délégué syndical et représentant du personnel au comité social et économique. Par décision du 11 février 2021, l'inspectrice du travail de la section 4 de l'unité de contrôle Nice nord et ouest des Alpes-Maritimes a refusé d'autoriser le licenciement de l'intéressé. Sur recours hiérarchique formé par l'association Galice, le ministre du travail a implicitement confirmé cette décision par une décision née le 6 juillet 2021. Par la présente requête, l'association Galice demande l'annulation des décisions susmentionnées de l'inspectrice du travail et du ministre du travail.

Sur la recevabilité :

2. En vertu des dispositions du code du travail, les salariés légalement investis de fonctions représentatives bénéficient, dans l'intérêt des travailleurs qu'ils représentent, d'une protection exceptionnelle, et ne peuvent être licenciés qu'avec l'autorisation de l'inspecteur du travail. Lorsque le licenciement d'un de ces salariés est envisagé, ce licenciement ne doit pas être en rapport avec les fonctions représentatives normalement exercées ou l'appartenance syndicale de l'intéressé. Dans le cas où la demande de licenciement est motivée par un comportement fautif, il appartient à l'inspecteur du travail et, le cas échéant, au ministre, de rechercher, sous le contrôle du juge de l'excès de pouvoir, si les faits reprochés au salarié sont d'une gravité suffisante pour justifier son licenciement, compte tenu de l'ensemble des règles applicables au contrat de travail de l'intéressé et des exigences propres à l'exécution du mandat dont il est investi.

3. Toutefois, le contrat de travail d'un salarié protégé est rompu dès la prise d'acte, par ce dernier, de la rupture de ce contrat. Par suite, l'intérêt qui donne à l'employeur d'un salarié protégé qualité pour demander l'annulation du refus opposé par l'inspecteur du travail ou, le cas échéant, par le ministre, à sa demande d'autorisation de licenciement de ce salarié tient à sa qualité d'employeur de ce salarié à la date d'introduction de sa demande d'annulation devant le juge de la légalité.

4. En l'espèce, il est constant que, par courier électronique du 17 mai 2021, M. A B a pris acte de la rupture de son contrat de travail avec l'association Galice, de sorte que, à la date d'introduction de la présente requête le 29 juillet 2021, tendant à l'annulation des décisions attaquées, les liens contractuels entre les deux parties avaient été rompus et l'association ne disposait ainsi plus de la qualité d'employeur lui donnant intérêt à agir pour demander l'annulation de la décision lui refusant l'autorisation de licencier M. A B. Si, en réponse au moyen soulevé d'office par le Tribunal, l'association requérante fait valoir que le jugement de la présente requête "lui permettra d'exciper si de besoin l'illicéité" de la décision litigieuse de l'inspectrice du travail, "notamment dans le cadre de l'instance prud'hommale dans laquelle le salarié reproche précisément à l'employeur d'avoir déposé une demande d'autorisation de licenciement", l'éventualité de sa condamnation par le conseil des prud'hommes n'est en tout état de cause pas de nature à lui conférer un intérêt pour agir dans la présente instance. Par suite, les conclusions de la requête aux fins d'annulation sont irrecevables et doivent dès lors être rejetées, ainsi que, par voie de conséquence, les conclusions de l'association Galice formées au titre des frais liés au litige.

D E C I D E :

Article 1er : La requête de l'association Galice est rejetée.

Article 2 : Le présent jugement sera notifié à l'association Galice, à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des familles et à M. C A B.

Copie sera adressée à la direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travai et des solidarités.

Délibéré après l'audience du 19 décembre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président,

M. Holzer, conseiller,

Mme Cueilleron, conseillère,

Assistés de Mme Martin, greffière.

Rendu public par mise à disposition au greffe, le 16 janvier 2025.

Le président,

signé

F. Silvestre-Toussaint-Fortesa

L'assesseur le plus ancien,

signé

M. Holzer

La greffière,

signé

C. Martin

La République mande et ordonne à à la ministre du travail, de la santé, des solidarités et des famille, en ce qui la concerne, ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Le greffier en chef,

Ou, par délégation, la greffière

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