mercredi 16 octobre 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2104200 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 3ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL SYMCHOWICZ-WEISSBERG & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés le 4 août 2021 et le 30 octobre 2023, M. D B et Mme A B, représentés par Me Lauret, demandent au tribunal :
1°) d'annuler la décision en date du 19 février 2021 par laquelle l'inspecteur d'académie, directeur académique des services de l'éducation nationale des Alpes-Maritimes, a prononcé le retrait d'un emploi et, par conséquent, la fermeture d'une classe au sein de l'école élémentaire Saint-Martin-de-Gioue de Mougins ;
2°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Ils soutiennent que :
- la décision contestée a été prise au terme d'une procédure irrégulière, en l'absence d'avis du comité technique départemental et du conseil départemental de l'éducation ;
- elle est entachée d'illégalité pour méconnaître les dispositions de l'article 351-1 du code de l'éducation.
Par un mémoire en défense, enregistré le 9 septembre 2022, la rectrice de l'académie de Nice soulève l'irrecevabilité de la requête pour défaut d'intérêt à agir des requérants et tardiveté de la requête. Sur le fond, elle conclut au rejet de la requête comme étant infondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'éducation ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 25 septembre 2024 :
- le rapport de Mme Raison,
- et les conclusions de M. Ringeval, rapporteur public.
Considérant ce qui suit :
1. Par une décision révélée par le communiqué de presse du 19 février 2021, l'inspecteur d'académie, directeur académique des services de l'éducation nationale des Alpes-Maritimes, a décidé, pour l'année 2021-2022, du retrait d'un emploi de professeur des écoles et de la suppression, en conséquence, d'une classe au sein de l'école élémentaire Saint-Martin-de-Gioue à Mougins. Mme A B et M. D B, parents de la jeune C, ont demandé au maire de Mougins, à titre dérogatoire, d'inscrire leur fille en cours préparatoire à l'école Saint-Martin-de-Gioue pour la rentrée scolaire 2021. Par décision du 7 mai 2021, le maire de Mougins a rejeté la demande de M. et Mme B aux motifs que les effectifs actuels de l'école étaient insuffisants en l'état d'une perte d'une classe en cours élémentaire. M. et Mme B demandent au tribunal d'annuler la décision de l'inspecteur d'académie révélée par le communiqué de presse du 19 février 2021.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. En premier lieu, aux termes de l'article D. 211-9 du code de l'éducation : " Le nombre moyen d'élèves accueillis par classe et le nombre des emplois par école sont définis annuellement par le directeur académique des services de l'éducation nationale agissant sur délégation du recteur d'académie, compte tenu des orientations générales fixées par le ministre chargé de l'éducation, en fonction des caractéristiques des classes, des effectifs et des postes budgétaires qui lui sont délégués, et après avis du comité technique départemental. ". Aux termes de l'article R. 235-11 du même code : " Le conseil départemental de l'éducation est notamment consulté : / 1° Au titre des compétences de l'Etat () / b) Sur la répartition des emplois d'enseignants des écoles maternelles et élémentaires publiques () ".
3. Il ressort des pièces du dossier, notamment du procès-verbal du comité technique spécial départemental établi le 12 février 2021, produit par l'administration, que ledit comité s'est régulièrement réuni aux fins d'examiner notamment la carte scolaire 1er degré pour la rentrée 2021, comprenant la fermeture de la classe concernée à l'école élémentaire Saint-Martin-de-Gioue. En outre, la rectrice de l'académie de Nice produit les convocations à la réunion du conseil départemental de l'éducation nationale qui s'est tenue le 19 février 2021, et dont l'ordre du jour a porté sur la préparation de la rentrée scolaire 2021 comprenant la répartition des emplois susvisée. Il suit de là que le moyen tiré de ce que la décision contestée aurait été adoptée à l'issue d'une procédure irrégulière doit être écarté comme manquant en fait.
4. En second lieu, aux termes de l'article L. 351-1 du code de l'éducation dans la version applicable aux faits de l'espèce : " Les enfants et adolescents présentant un handicap ou un trouble de santé invalidant sont scolarisés dans les écoles maternelles et élémentaires et les établissements visés aux articles L. 213-2, L. 214-6, L. 421-19-1, L. 422-1, L. 422-2 et L. 442-1 du présent code et aux articles L. 811-8 et L. 813-1 du code rural et de la pêche maritime, si nécessaire au sein de dispositifs adaptés, lorsque ce mode de scolarisation répond aux besoins des élèves. Les élèves accompagnés dans le cadre de ces dispositifs sont comptabilisés dans les effectifs scolarisés. Les parents sont étroitement associés à la décision d'orientation et peuvent se faire aider par une personne de leur choix. La décision est prise par la commission mentionnée à l'article L. 146-9 du code de l'action sociale et des familles, en accord avec les parents ou le représentant légal. A défaut, les procédures de conciliation et de recours prévues aux articles L. 146-10 et L. 241-9 du même code s'appliquent. Dans tous les cas et lorsque leurs besoins le justifient, les élèves bénéficient des aides et accompagnements complémentaires nécessaires () ".
5. Il ressort des pièces du dossier, notamment des observations de la direction des services départementaux de l'éducation nationale des Alpes-Maritimes, que les prévisions d'effectifs pour la rentrée 2021 à l'école élémentaire Saint-Martin-de-Gioue de Mougins étaient de 207 élèves, auxquels se sont ajoutés 9 élèves ULIS pour 8 classes, soit un taux de 24 élèves par classe, situé en dessous du seuil de fermeture fixé à 26 élèves par classe dans le département des Alpes-Maritimes. Les requérants soulignent que ces données chiffrées sont dénuées de force probante, sans toutefois apporter d'éléments en sens contraire. Ils exposent, en outre, que la méthode de comptabilisation des effectifs est inadaptée à la prise en compte spécifique des besoins des établissements accueillant les élèves bénéficiant du dispositif ULIS, lesquels doivent être traités différemment des établissements ne proposant pas un tel accueil. Sans dénier les difficultés manifestes auxquels les requérants sont confrontés pour organiser la scolarisation de leur fille C, qui par ailleurs n'a pas fait l'objet d'une orientation ULIS, il ressort cependant des pièces du dossier que l'inspection académique a régulièrement inclus, conformément aux dispositions légales, dans la comptabilisation des élèves scolarisés dans l'établissement concerné, les enfants inclus dans le dispositif ULIS, de telle sorte que le moyen sera rejeté.
6. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin d'examiner les fins de non-recevoir présentées par la rectrice de l'académie de Nice, que la requête de M. et Mme B doit être rejetée en toutes ses conclusions, y compris celles relatives aux frais de l'instance.
DÉCIDE :
Article 1er : La requête de M. et Mme. B est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à M. D B, Mme A B et au ministre de l'éducation nationale
Copie en sera adressée à la rectrice de l'académie de Nice et à la Commune de Mougins.
Délibéré après l'audience du 25 septembre 2024, à laquelle siégeaient :
- M. Emmanuelli, président,
- Mme Raison, première conseillère,
- M. Loustalot-Jaubert, conseiller.
assistés de Mme Foultier, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 16 octobre 2024.
La rapporteure,
L. RAISONLe président,
O. EMMANUELLI
La greffière,
M. FOULTIER
La République mande et ordonne au ministre de l'éducation nationale en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution du présent jugement.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation le greffier
2104200
1
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026