jeudi 4 avril 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2104446 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | PALOUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête, enregistrée le 19 août 2021, et trois mémoires, enregistrés le 8 septembre 2021, le 9 septembre 2021 et le 15 septembre 2023, le syndicat des copropriétaires de la résidence 1 et 9 rue de l'ancien Sénat, représenté par Me Paloux, demande au tribunal :
1°) d'annuler l'arrêté du 18 septembre 2020 par lequel le maire de Nice ne s'est pas opposé à la déclaration de travaux déposée par M. A C portant sur un changement de destination d'un entrepôt en local commercial situé 1 Rue de l'ancien Sénat, ensemble la décision implicite de rejet de son recours gracieux.
2°) de mettre à la charge de la commune de Nice la somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que la décision de non-opposition attaquée a été obtenue par fraude.
Par deux mémoires en défense, enregistré le 3 mars 2022 et le 6 octobre 2023, M. A C, représenté par Me Jacquemin, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mis à la charge du syndicat des copropriétaires de la résidence 1 et 9 rue de l'ancien Sénat le versement de la somme de 3 000 € sur le fondement de l'article L.761-1 - du Code de Justice Administrative ;
M. C soutient que :
-la requête est irrecevable dès lors que le syndicat des copropriétaires n'était pas habilité à engager la requête;
-le moyen n'est pas fondé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 14 mars 2022, la commune de Nice, représentée par son maire en exercice, conclut au rejet de la requête.
Elle fait valoir que l'unique moyen de la requête n'est pas fondé.
Vu les autres pièces du dossier ;
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 14 mars 2024 :
- le rapport de Mme Cueilleron,
- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique,
- les observations de Me Paloux, représentant le syndicat des copropriétaires de la résidence 1 et 9 rue de l'ancien Sénat et de Me Benhadj pour M. C.
Considérant ce qui suit :
1. M. C a déposé le 6 août 2020 auprès de la commune de Nice une déclaration préalable ayant pour objet le changement de destination d'un entrepôt en local commercial concernant le lot numéro 1, situé 1 rue de l'Ancien Sénat, 06300 Nice. Par arrêté du 18 septembre 2020, le maire de la commune de Nice ne s'est pas opposé à la déclaration préalable de travaux. Par un courrier du 19 avril 2021, le syndicat des copropriétaires de la Résidence 1 et 9, rue de l'Ancien Sénat, 06300 Nice (ci-après le syndicat), représenté par son syndic bénévole, M. D B, a formé un recours gracieux contre cette décision. Aucune réponse n'a été apportée à sa demande. Par la présente requête, le syndicat demande l'annulation de la l'arrêté du 18 septembre 2020, ensemble la décision par laquelle le maire de la commune de Nice a implicitement rejeté son recours gracieux.
Sur les conclusions aux fins d'annulation :
2. Aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux ; / b) Soit, en cas d'indivision, par un ou plusieurs co-indivisaires ou leur mandataire ; / c) Soit par une personne ayant qualité pour bénéficier de l'expropriation pour cause d'utilité publique ". Aux termes du dernier alinéa de l'article R. 431-5 du même code : " La demande comporte également l'attestation du ou des demandeurs qu'ils remplissent les conditions définies à l'article R. 423-1 pour déposer une demande de permis ". En vertu de l'article R. 431-4 du même code, " le dossier est réputé complet lorsqu'il comprend les informations et pièces limitativement énumérées aux articles R. 431-5 à R. 431-33-1, aucune autre information ou pièce ne pouvant être exigée par l'autorité compétente. Par ailleurs, le permis est délivré sous réserve du droit des tiers, il vérifie la conformité du projet aux règles et servitudes d'urbanisme, il ne vérifie pas si le projet respecte les autres réglementations et les règles de droit privé. Toute personne s'estimant lésée par la méconnaissance du droit de propriété ou d'autres dispositions de droit privé peut donc faire valoir ses droits en saisissant les tribunaux civils, même si le permis respecte les règles d'urbanisme ".
3. Il résulte de ces dispositions que, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 431-5 du code de l'urbanisme selon laquelle il remplit les conditions fixées par l'article R. 423-1 du même code doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande. Il résulte également de ces dispositions qu'une demande d'autorisation d'urbanisme concernant un terrain soumis au régime juridique de la copropriété peut être régulièrement présentée par son propriétaire, son mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par lui à exécuter les travaux, alors même que la réalisation de ces travaux serait subordonnée à l'autorisation de l'assemblée générale de la copropriété, une contestation sur ce point ne pouvant être portée, le cas échéant, que devant le juge judiciaire. Une contestation relative au défaut d'autorisation des travaux par l'assemblée générale de la copropriété ne saurait caractériser une fraude du pétitionnaire visant à tromper l'administration sur la qualité qu'il invoque à l'appui de sa demande d'autorisation d'urbanisme, l'absence d'une telle autorisation comme un refus d'autorisation des travaux envisagés par l'assemblée générale étant, par eux-mêmes, dépourvus d'incidence sur la qualité du copropriétaire à déposer une demande d'autorisation d'urbanisme et ne pouvant être utilement invoqués pour contester l'autorisation délivrée.
4. En l'espèce, il ressort des pièces du dossier que M. C, qui a fourni l'attestation selon laquelle il remplissait les conditions fixées par l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, disposait à la date du dépôt de sa déclaration préalable d'un acte authentique d'achat, lequel établissait la préexistence d'un bail commercial dans les locaux objets du litige. Il ressort également des pièces du dossier que les services instructeurs de la commune ont été informés par un courrier recommandé du 28 juillet 2020 du syndicat de copropriété, antérieur à la décision en litige, de la contestation par le syndicat du projet de M. C et qu'ils ainsi été mis à même de se prononcer en toute connaissance de cause. La circonstance selon laquelle le syndicat de copropriété s'est formellement opposé au projet en litige par une délibération du 19 septembre 2021, postérieure à la décision litigieuse, n'est pas de nature à établir que la demande de M. C présentait un caractère frauduleux. Par suite, le moyen tiré de la fraude et de la méconnaissance de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme doit être écarté.
5. Il résulte de ce qui précède, sans qu'il soit besoin de se prononcer sur la fin de non-recevoir opposée en défense, que les conclusions aux fins d'annulation présentées par les requérants doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
6. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Nice, qui n'est pas la partie perdante dans la présente instance, la somme demandée au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il y a lieu, en revanche, dans les circonstances de l'espèce, de faire application de ces dispositions et de mettre à la charge du syndicat des copropriétaires de la résidence 1 et 9 rue de l'ancien Sénat la somme de 1 000 au titre des frais exposés par M. C et non compris dans les dépens.
D E C I D E :
Article 1er : La requête du syndicat des copropriétaires de la résidence 1 et 9 rue de l'ancien Sénat est rejetée.
Article 2 : Le syndicat des copropriétaires de la résidence 1 et 9 rue de l'ancien Sénat versera à M. A C la somme de 1000 euros sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié au syndicat des copropriétaires de la résidence 1 et 9 rue de l'ancien Sénat, à M. A C et à la commune de Nice.
Délibéré après l'audience du 14 mars 2024, à laquelle siégeaient :
Mme Pouget, présidente,
M. Holzer, conseiller,
Mme Cueilleron, conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 4 avril 2024.
La rapporteure,
signé
S. Cueilleron
La présidente,
signé
M. Pouget La greffière,
signé
C. Sussen
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou, par délégation, la greffière
2104446
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026