mardi 11 juin 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2104633 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | BAZIN & ASSOCIES |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et deux mémoires complémentaires, enregistrés les 6 septembre 2021, 22 septembre 2023 et 11 novembre 2023, M. A B demande au tribunal de condamner la commune de Nice à lui verser la somme de 67 200 euros correspondante à 40% de la rémunération attendue par prestation annulée pendant la période de pandémie de la Covid-19, en application de la délibération du conseil municipal du 25 mars 2021 approuvant la signature d'un protocole transactionnel en faveur du personnel intermittent du spectacle pour faire face à la crise sanitaire de la Covid-19.
Il soutient que :
- la délibération de la ville de Nice du 25 mars 2021 approuvant l'indemnisation à titre transactionnel du personnel intermittent de l'Opéra de Nice-Côte d'Azur est motivée par le risque d'actions judiciaires qui pourraient être intentées par les artistes et leurs agents ;
- la délibération du 25 mars 2021 qui fixe à 40% du montant des indemnités dues par concert annulé lui est applicable dès lors qu'elle s'applique à tous les artistes ;
- le refus de l'indemniser à hauteur de 40% de ses revenus est constitutif d'une rupture d'égalité de traitement ; certains bénéficiaires des indemnités versées par la ville de Nice n'avaient pas la qualité d'intermittent du spectacle et la ville de Nice n'apporte pas la preuve que cette qualité ait été recherchée pour procéder à leur indemnisation ;
- il a droit à une indemnisation correspondante à 40% de sa rémunération prévue par prestation annulée, soit pour 24 concerts.
Par deux mémoires en défense, enregistrés les 13 septembre 2023 et 13 octobre 2023, la commune de Nice, représentée par Me Bazin, conclut au rejet de la requête et demande que la somme de 2 000 euros soit mise à la charge de M. B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle fait valoir que :
- elle n'a commis aucune faute en ne faisant pas bénéficier le requérant du dispositif prévu par la délibération du 25 mars 2021 :
- dès lors que ce mécanisme d'indemnisation avait pour unique but d'indemniser les intermittents du spectacle ;
- dès lors qu'il ne dispose pas de la qualité d'intermittent du spectacle mais du statut d'agent contractuel de droit public ;
- dès lors qu'il ne se trouve pas dans la même situation que les intermittents du spectacle et les agents concernés par la délibération du 25 mars 2021 et ne peut donc se prévaloir d'une rupture d'égalité de traitement à son égard ;
- le préjudice financier dont le requérant se prévaut n'est pas déterminé :
- seules 22 représentations ont été annulées et non 24 ;
- le taux de 40% de la rémunération à lui verser dans l'hypothèse où la délibération précitée serait regardée comme lui étant applicable devra porter sur les rémunérations nettes des cotisations patronales et salariales déduites des rémunérations perçues ;
- le préjudice réel du requérant, si la délibération lui est applicable, est de 5 600 euros.
Par ordonnance du 27 mars 2024, la clôture d'instruction a été fixée au 9 avril 2024.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code général de la fonction publique ;
- le code du travail ;
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 21 mai 2024 :
- le rapport de Mme Gazeau,
- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,
- et les observations de Me Merci, représentant la commune de Nice.
Considérant ce qui suit :
1. M. B, après avoir occupé un emploi sous contrat à la direction de l'Opéra de la ville de Nice du 20 février 2017 au 19 mars 2017, a été recruté en qualité d'agent contractuel par cette même autorité sur le poste de directeur musical de l'orchestre philarmonique de Nice au sein de l'Opéra de Nice-Côte d'Azur du 1er septembre 2017 au 31 août 2020. Ce contrat a été renouvelé jusqu'au 31 août 2021. En raison de la pandémie de la Covid-19, la commune de Nice a annulé des représentations programmées par l'Opéra de Nice-Côte d'Azur sur la période 2020-2021. Par courrier du 15 avril 2021, complété le 21 mai 2021, M. B a sollicité auprès de la commune de Nice une compensation financière en raison de l'annulation des concerts sur la période 2020-2021. Cette demande a été explicitement rejetée par décision du maire de Nice du 7 juillet 2021. M. B demande au tribunal de condamner la commune de Nice à lui verser la somme de 67 200 euros correspondante à 40% de la rémunération attendue par prestation annulée pendant la période de pandémie de la Covid-19, en application de la délibération du conseil municipal du 25 mars 2021 approuvant la signature d'un protocole transactionnel en faveur du personnel intermittent du spectacle pour faire face à la crise sanitaire de la Covid-19.
Sur les conclusions indemnitaires :
2. Par délibération du 25 mars 2021, le conseil municipal de la ville de Nice a autorisé le maire de Nice à signer un protocole transactionnel en faveur du personnel intermittent du spectacle pour faire face à la crise sanitaire de la Covid-19. Aux termes de cette délibération, il a ainsi été prévu une indemnisation à hauteur de 40% du montant des cachets dus en vertu des contrats de travail des intermittents du spectacle et de 40% du montant de la commission due aux agents artistiques en vertu de ces contrats, en contrepartie d'un renoncement de ceux-ci à engager une action précontentieuse ou contentieuse relative à l'exécution, l'interprétation et les conséquences des contrats concernés. Il résulte des termes de la délibération précitée que ses auteurs ont entendu réserver le bénéfice de cette indemnisation aux intermittents du spectacle et leurs agents qui ont été engagés par la commune par des contrats de travail conclus sur le fondement du 3° de l'article L. 1242-2 du code du travail.
3. Or, il résulte de l'instruction que M. B a été recruté par la ville de Nice à compter du 1er septembre 2017 par un contrat de droit public sur le fondement de la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires et du 1° de l'article 3-3 de la loi n° 84-53 du 26 janvier 1984 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique territoriale. Par suite, n'ayant pas été engagé sur le fondement du 3° de l'article L. 1242-2 du code du travail, il n'est pas éligible au dispositif d'indemnisation mis en place par la ville de Nice par lé délibération précitée du 25 mars 2021. M. B n'est dès lors pas fondé à se prévaloir de l'application à son profit du mécanisme indemnitaire prévu par ladite délibération et à demander que lui soit versé 40% du montant des indemnités dues par concert annulé.
4. Il résulte de ce qui a été dit au point précédent que M. B ne se trouve pas dans une situation identique à celles des artistes concernés par la délibération du conseil municipal de la ville de Nice du 25 mars 2021. Dès lors, la circonstance que le requérant n'a pas bénéficié du dispositif d'indemnisation prévue par cette délibération n'est pas constitutive d'une rupture d'égalité de traitement.
5. Par ailleurs, la circonstance, à la supposer établie, que certains bénéficiaires des indemnités versées par la ville de Nice n'avaient pas la qualité d'intermittents du spectacle et que la ville de Nice n'aurait pas entrepris des recherches pour s'assurer de la qualité de ceux-ci, est sans incidence sur sa non-éligibilité à ce dispositif d'indemnisation.
6. Enfin, à supposer que le requérant ait entendu exciper de l'illégalité de la délibération du 25 mars 2021, la seule circonstance que cette délibération ait été motivée par le souhait de la ville d'éviter le risque d'actions judiciaires intentées par les artistes et leurs agents est, en tout état de cause, pas de nature à l'entacher d'illégalité.
7. Il résulte de ce qui précède que M. B ne remplissait pas les conditions pour se voir octroyer le bénéfice du dispositif d'indemnisation prévu par la délibération du conseil municipal de Nice du 25 mars 2021. Par suite, l'absence de versement de cette indemnité ne constitue pas une faute de nature à engager la responsabilité de la commune de Nice.
8. Il résulte de tout ce qui précède, en l'absence de faute de la ville de Nice, que les conclusions indemnitaires présentées par M. B doivent être rejetées.
Sur les frais liés au litige :
9. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la commune de Nice présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de M. B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions de la commune de Nice présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B et à la commune de Nice.
Délibéré après l'audience du 21 mai 2024, à laquelle siégeaient :
M. Soli, président,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère.
Rendu public par mise à disposition au greffe le 11 juin 2024.
La rapporteure,
signé
D. Gazeau
Le président,
signé
P. Soli La greffière,
signé
C. Ravera
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026