jeudi 8 août 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2104763 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 6ème chambre |
| Avocat requérant | PALOUX |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et des mémoires, enregistrés le 14 septembre 2021, le 14 décembre 2023 et le 15 janvier 2024, Mme B A, représentée par Me Paloux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 15 juillet 2021 par laquelle la chambre de commerce et d'industrie Provence-Alpes-Côte d'Azur a prononcé son licenciement pour insuffisance professionnelle ;
2°) de mettre à la charge de la chambre de commerce et d'industrie Provence-Alpes-Côte d'Azur une somme de 3 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ainsi que les dépens de l'instance.
Elle soutient que :
- la décision en litige est insuffisamment motivée ;
- elle est intervenue au terme d'une procédure irrégulière dès lors que la chambre n'a pas cherché au préalable à la reclasser ;
- il n'est pas établi que la commission paritaire régionale se soit effectivement réunie au préalable ni que ses membres aient disposé d'un dossier complet pour se prononcer ;
- elle est entachée d'erreur manifeste d'appréciation dès lors que la matérialité des insuffisances qui lui sont reprochées n'est pas établie et que le burn-out qui l'a affectée n'a pas été pris en compte ; elle a été titularisée en 1996 et a toujours, depuis lors, donné satisfaction ; les éléments produits par l'administration concernent une période très courte ; alors qu'elle se plaignait d'une surcharge de travail, la chambre aurait dû s'interroger sur son aptitude médicale ;
- dès lors qu'elle n'a pas été mise en demeure de produire le mémoire complémentaire annoncé, elle ne saurait être regardée comme s'étant désistée d'office.
Par des mémoires en défense, enregistrés le 1er décembre 2023, le 14 décembre 2023 et le 11 janvier 2024, le président de la chambre de commerce et d'industrie Provence-Alpes- Côte d'Azur, représentée par Me Rouillot, conclut au rejet de la requête et à ce que soit mise à la charge de Mme A une somme de 2 000 euros en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la requérante, faute d'avoir produit le mémoire complémentaire annoncé, est réputée s'être désistée d'office ;
- les moyens soulevés par la requérante ne sont pas fondés.
Vu :
- les autres pièces du dossier ;
Vu :
- la loi n° 83-634 du 13 juillet 1983 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 juillet 2024 :
- le rapport de Mme Guilbert,
- les conclusions de Mme Belguèche, rapporteure publique,
- et les observations de Me Dumouchel de Premare, substituant Me Paloux, représentant Mme A et de Me Bosetti, représentant la chambre de commerce et d'industrie Provence Alpes-Côte d'Azur.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A a intégré la chambre de commerce et d'industrie de Nice en qualité de comptable le 28 avril 1995. Elle a été transférée à la chambre de commerce et d'industrie Provence-Alpes-Côte d'Azur le 1er janvier 2013. Le 12 juillet 2021, la commission paritaire régionale s'est prononcée en faveur de son licenciement pour insuffisance professionnelle. La chambre de commerce et d'industrie a prononcé ledit licenciement le 15 juillet 2021. Par la présente requête, Mme A en demande l'annulation.
2. En premier lieu, la décision en litige reprend sur trois pages les considérations de droit et de fait qui en constituent le fondement, en listant, notamment, les objectifs assignés à Mme A et les insuffisances constatées dans leur réalisation, rappelant que ces mêmes objectifs ont pu être atteints par l'intérimaire qui la remplaçait en son absence, faisant référence aux nombreux dysfonctionnements constatés par sa hiérarchie, à la procédure contradictoire suivie, ainsi que l'avis de la commission administrative paritaire. Le moyen tiré du défaut de motivation manque dès lors en fait et doit être écarté.
3. En deuxième lieu, si Mme A se prévaut de ce que l'administration aurait dû lui adresser une proposition de reclassement avant de la licencier, il ressort des pièces du dossier qu'à son retour de maladie, le médecin du travail l'a reçue, à sa demande, le 1er février 2021 et n'a formulé aucune réserve ou préconisation à sa reprise d'activité. Par ailleurs, s'il n'est pas contesté que l'intéressée s'est prévalue auprès de sa hiérarchie de la surcharge de travail à laquelle elle s'estimait soumise, il ne ressort pas des pièces du dossier et n'est d'ailleurs pas allégué par la requérante, qu'elle ait fait valoir, en réponse aux nombreux messages d'accompagnement et d'orientation qui lui ont été adressés par sa hiérarchie ou dans le cadre des trois entretiens dont elle a bénéficié préalablement à son licenciement, un état de santé de nature à la rendre inapte à l'exercice de certaines de ses fonctions. Dans ces conditions, elle n'est pas fondée à soutenir que l'administration, qui n'était pas tenue, en l'absence de tels éléments, de se saisir de son aptitude à l'exercice de ses fonctions, ne pouvait prononcer son licenciement pour insuffisance professionnelle sans examiner son aptitude ni chercher à la reclasser.
4. En troisième lieu, aux termes de l'article 34 des statuts de la chambre, relatif au licenciement pour insuffisance professionnelle : " l'introduction d'un dossier de licenciement pour insuffisance professionnelle devant la Commission paritaire Régionale doit avoir respecté la procédure suivante : () - la commission paritaire régionale, lors de sa tenue, possédera l'ensemble des éléments constitutifs du dossier établi à l'issue des divers entretiens lui permettant d'émettre son avis ". En l'espèce, il ressort de l'avis et des pièces produites par l'administration que la commission paritaire régionale saisie du licenciement professionnel de Mme A s'est effectivement réunie, et disposait, pour fonder son avis, d'un dossier particulièrement détaillé reprenant l'ensemble des insuffisances constatées dans l'exercice des fonctions de l'intéressée, établi, notamment, à l'issue des trois entretiens dont l'intéressée a bénéficié. Mme A n'est dès lors pas fondée à soutenir que la décision en litige serait entachée d'un vice de procédure, faute pour la commission de s'être valablement prononcée sur son licenciement.
5. En quatrième lieu, si Mme A soutient que la matérialité des insuffisances qui lui sont reprochées n'est pas établie, faute pour l'administration de produire des témoignages en attestant, il ressort des pièces du dossier que la hiérarchie de Mme A lui a adressé de nombreux messages électroniques attirant son attention sur ses insuffisances et l'invitant à y remédier, tout en l'invitant à exprimer ses éventuelles difficultés, qu'en dépit de cet accompagnement constant, Mme A n'est pas apparue en mesure de réaliser ses missions de manière satisfaisante, qu'elle a été conviée à trois entretiens, qu'au cours des deux premiers, des objectifs précis, accompagnés d'observations en vue de leur mise en œuvre lui ont été fixés, que toutefois l'administration a constaté son incapacité à atteindre ces objectifs, qui relevaient de l'exercice élémentaire de ses fonctions et que l'intérimaire recruté pour la remplacer avait pourtant atteints. Par ailleurs, l'énoncé des tâches dévolues à l'intéressée ne permet pas de caractériser la surcharge alléguée. Enfin, en se bornant à soutenir que titularisée en 1996, elle a donné satisfaction jusqu'en 2018, la requérante ne démontre pas que l'administration a commis une erreur d'appréciation en décidant de la licencier pour insuffisance professionnelle.
6. Compte-tenu de ce qui précède, la requête de Mme A, doit, sans qu'il soit besoin d'examiner sa recevabilité, être rejetée, y compris ses conclusions au titre des frais liés à l'instance.
D E C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A est rejetée.
Article 2 : Le présent jugement sera notifié à Mme B A et à la chambre de commerce et d'industrie Provence-Alpes-Côte d'Azur.
Délibéré après l'audience du 2 juillet 2024, à laquelle siégeaient :
M. Soli, président,
Mme Gazeau, première conseillère,
Mme Guilbert, première conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 8 août 2024.
La rapporteure,
signé
L. Guilbert
Le président,
signé
P. Soli La greffière,
signé
E. Gialis
La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne et à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
Ou par délégation, la greffière
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026