mercredi 15 mai 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2105195 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 4ème Chambre |
| Avocat requérant | SELARL CLEMENT-DELPIANO |
Vu la procédure suivante :
Par une requête enregistrée le 5 octobre 2021, Mme C A B, représentée par Me Campestrini, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision du 13 septembre 2021 par laquelle le directeur du centre hospitalier de Cannes l'a suspendue de ses fonctions, dès lors qu'elle ne remplissait pas les conditions nécessaires à l'exercice de son activité prévues par l'article 14 de la loi n°2021-1040 du 5 août 2021 ;
2°) d'enjoindre au centre hospitalier de Cannes de lui payer les salaires et avantages dus durant la période de suspension ;
3°) de mettre à la charge du centre hospitalier de Cannes une somme de 500 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- la décision attaquée méconnaît les dispositions de l'article 30 de la loi du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires ;
- elle constitue une sanction non prévue par les dispositions de l'article 81 de la loi du 9 janvier 1986 portant dispositions statutaires relatives à la fonction publique hospitalière ;
- elle a été privée du droit d'être entendue devant un conseil de discipline ;
- la décision attaquée est discriminatoire ;
- elle est disproportionnée au regard de l'objectif poursuivi de protection de la santé publique ;
- elle méconnaît les articles 2, 3 et 29 du Règlement (UE) n°536/2014 du Parlement européen du 16 avril 2014 et les articles L. 1121-1 et L. 1122-1 du code de la santé publique dès lors qu'elle la contraint à participer à un essai thérapeutique sans un consentement libre et éclairé.
Par un mémoire en défense enregistré le 24 janvier 2022, le centre hospitalier de Cannes, représenté par Me Clément conclut au rejet de la requête et à ce qu'une somme de 2 000 euros soit mise à la charge de Mme A B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient que :
- la requérante n'a pas fait l'objet d'une suspension ;
- la lettre du 13 septembre 2021 adressée à la requérante par la direction de l'établissement est une lettre d'information qui avait pour objectif de lui rappeler les obligations légales auxquelles elle était soumise en sa qualité de personnel hospitalier, et ne constitue pas ainsi une décision faisant grief ;
- la requérante ne justifie pas d'un intérêt à agir, dès lors que, sur sa demande, elle a demandé et obtenu, d'une part d'être en congé au titre de son compte épargne jusqu'au 31 octobre 2021, puis une disponibilité pour convenances personnelles qui lui a été accordé, par décision du 8 juillet 2021, pour une durée d'un an à compter du 1er novembre 2021 ;
- aucun des moyens soulevés par Mme A B n'est fondé.
Par une lettre du 18 juillet 2023, les parties ont été informées, par application de l'article R. 611-11-1 du code de justice administrative, que l'affaire serait inscrite à une audience le 1er semestre 2024 et que l'instruction est susceptible d'être close à partir du 14 septembre 2023.
Par une ordonnance du 25 septembre 2023 la clôture de l'instruction a été prononcée avec effet immédiat.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le règlement (CE) n°507/2006 de la Commission du 29 mars 2006 ;
- le règlement (CE) n°536/2014 du Parlement européen et du Conseil du 16 avril 2014 ;
- le code de la santé publique ;
- le code du travail ;
- la loi n°83-634 du 13 juillet 1983 ;
- la loi n°86-33 du 9 janvier 1986 ;
- la loi n°2021-1040 du 5 août 2021 ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement informées du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 10 avril 2024 :
- le rapport de Mme Sandjo, rapporteure
- et les conclusions de M. Beyls, rapporteur public, le centre hospitalier de Cannes et Mme A B n'étant ni présents, ni représentés.
Considérant ce qui suit :
1. Mme A B exerce en qualité d'infirmière diplômée d'Etat du 1er grade au centre hospitalier de Cannes. Par une lettre du 13 septembre 2021, le directeur du centre hospitalier de Cannes lui a rappelé l'obligation qui lui était faite, en sa qualité de personnel de santé, et découlant notamment de l'article 14 de la loi du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire, d'un schéma vaccinal ou un certificat de contre-indication à la vaccination, à défaut de quoi elle serait considérée comme ne remplissant pas les conditions nécessaires à l'exercice de son activité professionnelle et pourrait faire l'objet d'une suspension. Mme A B demande au tribunal d'annuler cette décision.
2. En premier lieu, aux termes de l'article R. 421-1 du code de justice administrative : " La juridiction ne peut être saisie que par voie de recours formé contre une décision, et ce, dans les deux mois à partir de la notification ou de la publication de la décision attaquée. / () ".
3. Il ressort des pièces du dossier, que par la lettre contestée en date du 13 septembre 2021, le directeur du centre hospitalier de Cannes s'est borné à rappeler à la requérante les conditions posées la loi n°2021-1040 du 5 août 2021 relative à la gestion de la crise sanitaire pour l'exercice de son activité professionnelle, et s'agissant en particulier de l'obligation de vaccination. La lettre comportait également une invitation adressée à la requérante à se rapprocher des services des ressources humaines de l'établissement, afin de définir les modalités de mise en œuvre de ces obligations, et l'informait qu'à défaut, elle s'exposait à une mesure de suspension pouvant intervenir à compter du 15 septembre 2021. Dès lors, ce courrier ne révèle aucune décision faisant grief susceptible de recours pour excès de pouvoir. Au surplus, il ressort des pièces du dossier que Mme A a bénéficié d'un congé maladie entre le 12 et le 17 septembre 2021, puis a fait valoir des droits à congé au titre de son compte épargne-temps jusqu'au 31 octobre 2021. Par suite, les conclusions de la requérante tendant à l'annulation d'une décision prétendument révélée par le courrier du 13 septembre 2021 sont irrecevables et doivent être rejetées, ensemble ses conclusions formulées à fin d'injonction et au titre de l'article L.761-1 du code de justice administrative. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de Mme A B la somme demandée par le centre hospitalier de Cannes au même titre.
D É C I D E :
Article 1er : La requête de Mme A B est rejetée.
Article 2 : Les conclusions du centre hospitalier de Cannes présentées sur le fondement des dispositions de l'article L.761-1 du code de justice administrative sont rejetées.
Article 3 : Le présent jugement sera notifié à Mme C A B et au centre hospitalier de Cannes.
Délibéré après l'audience du 10 avril 2024, à laquelle siégeaient :
M. Taormina, président,
Mme Soler, première conseillère,
Mme Sandjo, conseillère,
Rendu public par mise à disposition au greffe le 15 mai 2024.
La rapporteure,
signé
G. SANDJO
Le président,
signé
G. TAORMINALa greffière,
signé
M-L. DAVERIO
La République mande et ordonne à la ministre du travail, de la santé et des solidarités en ce qui la concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Pour le greffier en chef,
Ou par délégation la greffière,
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432
Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.
01/06/2026
Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881
Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.
01/06/2026