jeudi 8 février 2024
| Juridiction | Tribunal Administratif de Nice |
| Section | Tribunal Administratif de Nice |
| N° Dossier | TA06-2105389 |
| Type | Décision |
| Recours | Excès de pouvoir |
| Publication | C |
| Formation | 2ème Chambre |
| Avocat requérant | LAWTEC - SOCIÉTÉ D'AVOCATS |
Vu la procédure suivante :
Par une requête et un mémoire complémentaire, enregistrés les 13 octobre 2021 et 13 septembre 2023, Mme C B, représentée par Me Paloux, demande au tribunal :
1°) d'annuler la décision par laquelle le maire de la commune de Saint-André-de-la Roche a implicitement rejeté sa demande du 13 novembre 2020 tendant à ce qu'il soit dressé un procès-verbal d'infraction sur le fondement des articles L. 480-1 et L. 480-4 du code de l'urbanisme ;
2°) d'annuler la décision par laquelle le préfet des Alpes-Maritimes a implicitement rejeté sa demande du 13 février 2021 tendant à ce qu'il soit dressé un procès-verbal d'infraction sur le fondement des articles L. 480-1 et L. 480-4 du code de l'urbanisme ;
3°) de mettre à la charge de l'Etat la somme de 3 000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Elle soutient que :
- le maire était tenu de dresser un procès-verbal d'infraction en application des articles L. 480-1 et L. 480-4 du code de l'urbanisme ;
- le préfet des Alpes-Maritimes devait se substituer au maire pour dresser un tel procès-verbal d'infraction d'urbanisme.
Par un mémoire en défense, enregistré le 26 juin 2023, la commune de Saint-André-de-la-Roche, prise en la personne de son maire en exercice et représentée par Me Pozzo Di Borgo, conclut au non-lieu à statuer sur la requête et à ce que la somme de 1 000 euros soit mise à la charge de Mme B au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
La commune fait valoir que la requête est dépourvue d'objet et d'utilité, un procès-verbal d'infraction ayant été dressé.
Par un mémoire en défense, enregistré le 21 juillet 2023, le préfet des Alpes-Maritimes conclut principalement à l'irrecevabilité de la requête et subsidiairement au non-lieu à statuer.
Le préfet fait valoir que :
- la requête est tardive ;
- en tout état de cause, il n'y a plus lieu de statuer sur la requête dès lors un procès-verbal d'infraction a été dressé.
Par une intervention, enregistrée le 10 décembre 2021, M. A D, représenté par Me Zago, conclut au rejet de la requête de Mme B et à ce que la somme de 2 000 euros soit mise à sa charge en application de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.
Il soutient, à titre principal, que la requête est irrecevable, et à titre subsidiaire qu'elle n'est pas fondée.
Vu les autres pièces du dossier.
Vu :
- le code de l'urbanisme ;
- le code de justice administrative.
Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.
Ont été entendus au cours de l'audience publique du 18 janvier 2024 :
- le rapport de M. Combot ;
- les conclusions de Mme Sorin, rapporteure publique ;
- et les observations de Me Larbre, représentant M. D.
Considérant ce qui suit :
1. Par courrier du 13 novembre 2020, dont il a été accusé réception en mairie de Saint-André-de-la-Roche le 16 novembre 2020, Mme C B a sollicité du maire de cette commune qu'il fasse usage de ses pouvoirs de police de l'urbanisme, en application des articles L. 480-1 et L. 480-4 du code de l'urbanisme, en dressant un procès-verbal d'infraction pour des travaux réalisés en méconnaissance d'un permis de construire et du plan local d'urbanisme de la commune sur un terrain cadastré section AA n° 570, n° 622 à n° 624, situé 212, chemin des Ardoins à Saint-André-de-la-Roche. En l'absence de réponse de l'autorité communale, une décision implicite de rejet est née. Mme B a alors, par courrier du 13 février 2021 dont il a été accusé réception en préfecture des Alpes-Maritimes le 16 février 2021, demandé au préfet des Alpes-Maritimes de se substituer au maire pour dresser le procès-verbal d'infraction sollicité. En l'absence de réponse du préfet des Alpes-Maritimes, une décision implicite de rejet est également née. Mme B demande au tribunal d'annuler les décisions par lesquelles tant le maire de la commune de Sant-André-de-la-Roche que le préfet des Alpes-Maritimes ont également implicitement rejeté sa demande.
Sur l'intervention de M. D :
2. M. A D a intérêt au rejet de la requête de Mme B. Par suite, son intervention est recevable.
Sur la recevabilité de la requête :
3. Il ressort des pièces du dossier que, par un procès-verbal du 26 juillet 2021, l'adjointe au maire de la commune de Saint-André-de-la-Roche a dressé un procès-verbal d'infraction en application des dispositions des articles L. 480-1 et L. 480-4 du code de l'urbanisme. Ce procès-verbal d'infraction relève notamment l'absence de démolition du hangar en méconnaissance de l'autorisation d'urbanisme délivrée à M. A D ainsi que, par voie de conséquence, une emprise au sol supérieure à celle autorisée par l'article UB9 du règlement du plan local d'urbanisme de la commune de Saint-André-de-la-Roche. Il résulte de ce qui précède que, à la date à laquelle elle a été enregistrée, la requête de Mme B était dépourvue d'objet. Elle est, par suite, irrecevable et doit être rejetée.
Sur les frais liés au litige :
4. Il n'y a pas lieu, dans les circonstances de l'espèce, de mettre à la charge de l'Etat la somme que Mme B demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Il n'y a pas davantage lieu de faire droit aux conclusions présentées au même titre par la commune de Saint-André-de-la-Roche et par M. D.
D E C I D E :
Article 1er : L'intervention de M. A D est admise.
Article 2 : La requête de Mme C B est rejetée.
Article 3 : Les conclusions de la commune de Saint-André-de-la-Roche et de M. A D au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative sont rejetés.
Article 4 : Le présent jugement sera notifié à Mme C B, au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires, à la commune de Saint-André-de-la-Roche et à M. A D.
Copie en sera adressée au préfet des Alpes-Maritimes.
Délibéré après l'audience du 18 janvier 2024, à laquelle siégeaient :
M. Silvestre-Toussaint-Fortesa, président ;
M. Holzer, conseiller ;
M. Combot, conseiller ;
Assistés de Mme Suner, greffière.
Rendu public par mise à disposition au greffe, le 8 février 2024.
Le rapporteur,
signé
J. Combot
Le président,
signé
F. Silvestre-Toussaint-Fortesa
La greffière,
signé
V. Suner
La République mande et ordonne au ministre de la transition écologique et de la cohésion des territoires en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.
Pour expédition conforme,
Le greffier en chef,
ou par délégation, la greffière
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