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AccueilJurisprudence administrativeN° TA06-2106487

Tribunal Administratif de Nice — Décision N° TA06-2106487

vendredi 25 octobre 2024

JuridictionTribunal Administratif de Nice
SectionTribunal Administratif de Nice
N° DossierTA06-2106487
TypeDécision
RecoursExcès de pouvoir
Formation4ème Chambre
Avocat requérantCABINET LEROY-FRESCHINI

Texte intégral

Vu la procédure suivante :

Par une requête et un mémoire complémentaire enregistrés les 14 décembre 2021 et

21 mars 2023, M. A B, représenté par Me Leroy-Freshini, demande au tribunal :

1°) d'annuler l'arrêté municipal n°DP00606921E0283 du 27 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Grasse ne s'est pas opposé à la réalisation des travaux objet de la déclaration préalable du 2 juillet 2021 ;

2°) de mettre à la charge de la commune de Grasse et la société Free Mobile le coût de 489,20 euros des frais compris dans les dépens ;

3°) de mettre à la charge de la commune de Grasse et la société Free Mobile une somme de 5000 euros au titre de l'article L. 761-1 du code de justice administrative ;

Il soutient que :

- il dispose d'un intérêt à agir contre la décision contestée ;

- le dossier de déclaration de travaux n'est pas conforme aux prescriptions des articles R. 431-36 et R. 431-10 du code de l'urbanisme ;

- le maire a commis une erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- la décision contestée est entachée d'un vice de procédure puisque la direction régionale de l'environnement, de l'aménagement et du logement (DREAL) de

Provence-Alpes-Côte d'Azur aurait dû être consultée ;

- le projet ne respecte pas les dispositions de l'article R. 421-9 du code de l'urbanisme ;

- il ne respecte pas les prescriptions de l'article DG17 du plan local d'urbanisme (PLU) de Grasse ;

- la décision litigieuse est entachée d'un " défaut manifeste de motivation puisque le maire avait l'obligation d'énoncer dans son arrêté, les raisons pour les lesquels il a accordé un non-respect de la règle des 12 mètres maximum de hauteur imposé par le PLU " ;

- il ne respecte pas les prescriptions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme et de la zone UJ du PLU ;

- il ne respecte pas les prescriptions du plan de prévention des risques naturels prévisibles de mouvements de terrain ;

- il méconnaît l'orientation d'aménagement et de programme n°8 patrimoine (OPAP n°8 patrimoniale) ;

- il méconnaît les dispositions de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme puisque le requérant a fait une fausse déclaration ;

- la décision attaquée est entachée d'un vice de procédure relatif au défaut de transmission d'un dossier d'information au maire de Grasse conformément aux dispositions de l'article L. 34-9-1 du code des postes et communications électroniques ;

- la décision méconnaît les prescriptions de l'article UJ4 du PLU.

Par des mémoires en défense enregistrés les 25 janvier et 1er décembre 2023, la société par actions simplifiée (SAS) Free Mobile représentée par Me Martin conclut au rejet de la requête et à ce qu'il soit mis à la charge du requérant la somme de 5000 euros sur le fondement de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

Elle fait valoir que :

- la requête est irrecevable pour défaut d'intérêt à agir du requérant ;

- le dossier de l'autorisation contestée ne comporte pas d'insuffisances ou inexactitudes ;

- le projet ne méconnait pas les dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme ;

- la décision n'est pas entachée d'un vice de procédure relatif au défaut de consultation de la DREAL de Provence-Alpes-Côte d'Azur ;

- le projet est conforme aux dispositions de l'article R. 421-9 du code de l'urbanisme ;

- il ne méconnaît pas les prescriptions de l'article DG17 du PLU ;

- il ne méconnaît pas les prescriptions du plan de prévention et des risques sur les mouvements de terrain ;

- il ne méconnaît pas les règles de l'OPAP n°8 patrimoniale ;

- il ne méconnaît pas les dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme ;

Par ordonnance du 4 janvier 2024, la clôture d'instruction a été fixée au même jour.

Vu les autres pièces du dossier.

Vu :

- le code de l'urbanisme ;

- le code des postes et des communications électroniques ;

- le code de justice administrative.

Les parties ont été régulièrement averties du jour de l'audience.

Ont été entendus au cours de l'audience publique du 2 octobre 2024 :

- le rapport de M. Bulit,rapporteur,

- les conclusions de M. Beyls, rapporteur public,

- et les observations de Me Leroy-Freshini représentant M. B.

Considérant ce qui suit :

1. Le 5 juillet 2021, la société Free Mobile a déposé une déclaration préalable de travaux ayant pour objet l'implantation d'un relais de radiotéléphonie sur une parcelle située

8 rue de Valbonne Plascassier à Grasse. M. B demande l'annulation de l'arrêté n°DP00606921E0283 du 27 juillet 2021 pris le par le maire de Grasse délivré à la société Free Mobile par lequel il ne s'est pas opposé à la déclaration de travaux.

Sur les conclusions à fin d'annulation :

2. En premier lieu, sur le moyen tiré du défaut de motivation de la décision litigieuse puisque le maire avait l'obligation d'énoncer les raisons pour lesquels il a accepté un projet qui ne respecte pas la règle de hauteur fixée par l'article DG 17 du PLU de Grasse. Or, l'article

L. 424-3 du code de l'urbanisme n'impose la motivation que de la seule décision d'opposition à déclaration préalable, ou à tout le moins la non-opposition assortie de prescriptions. En l'espèce, la décision attaquée est une décision de non opposition non assortie de prescriptions. Par suite, le moyen tiré de l'insuffisance de motivation ne peut qu'être écarté comme inopérant.

3. En deuxième lieu, M. B soutient que la décision du 27 juillet 2021 serait entachée d'un vice de procédure puisque le projet est situé sur le périmètre d'une installation classée pour la protection de l'environnement et que dès lors, l'autorisation d'urbanisme contestée était soumise aux prescriptions des installations classées pour la protection de l'environnement et la DREAL de Provence-Alpes-Côte-D'azur aurait dû être consultée dans le cadre de la demande de la société Free Mobile. Toutefois, le principe de l'indépendance des législations relatives d'une part, à la protection des installations classées pour la protection de l'environnement, d'autre part, à l'urbanisme, s'oppose à ce que le dossier de permis de construire ait à justifier du respect de la réglementation du code de l'environnement applicable à la protection de ces installations classées. En outre, le permis de construire et la déclaration ou l'autorisation d'ouverture d'une installation classée interviennent en vertu de législations distinctes et suivent des procédures indépendantes, dès lors, une déclaration de travaux ne peut utilement être attaquée pour méconnaissance des prescriptions fixées dans le cadre de la législation sur les installations classées. Par suite, le moyen est inopérant et doit être écarté.

4. En troisième lieu, aux termes de l'article L34-9-1 du code des postes et des communications électroniques, " toute personne souhaitant exploiter, sur le territoire d'une commune, une ou plusieurs installations radioélectriques soumises à accord ou à avis de l'Agence nationale des fréquences en informe par écrit le maire ou le président de l'intercommunalité dès la phase de recherche et lui transmet un dossier d'information un mois avant le dépôt de la demande d'autorisation d'urbanisme ou de la déclaration préalable, sauf accord du maire ou du président de l'intercommunalité sur un délai plus court ".

5. Toutefois, il n'appartient pas à l'autorité en charge de la délivrance des autorisations d'urbanisme de veiller au respect de la réglementation des postes et communications électroniques dans le cadre de l'instruction des déclarations ou demandes d'autorisation d'urbanisme. Dès lors, le requérant ne peut utilement se prévaloir de ces dispositions. Par suite, le moyen tiré du défaut de transmission au maire d'un dossier d'information devant être mis à disposition de la population doit être écarté comme inopérant.

6. En quatrième lieu, aux termes de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme : " Le projet architectural comprend également : / () / c) Un document graphique permettant d'apprécier l'insertion du projet de construction par rapport aux constructions avoisinantes et aux paysages, son impact visuel ainsi que le traitement des accès et du terrain ; / d) Deux documents photographiques permettant de situer le terrain respectivement dans l'environnement proche et, sauf si le demandeur justifie qu'aucune photographie de loin n'est possible, dans le paysage lointain. Les points et les angles des prises de vue sont reportés sur le plan de situation et le plan de masse ". Et aux termes de l'article R. 431-36 du même code, " Le dossier joint à la déclaration comprend : () b) Un plan de masse coté dans les trois dimensions lorsque le projet a pour effet de créer une construction ou de modifier le volume d'une construction existante ; c) Une représentation de l'aspect extérieur de la construction faisant apparaître les modifications projetées et si le projet a pour effet de modifier celui-ci ; / () ". La circonstance que le dossier de déclaration préalable de travaux ne comporterait pas l'ensemble des documents exigés par les dispositions du code de l'urbanisme, ou que les documents produits seraient insuffisants, imprécis ou comporteraient des inexactitudes, n'est susceptible d'entacher d'illégalité la décision de non-opposition aux travaux que dans le cas où les omissions, inexactitudes ou insuffisances entachant le dossier ont été de nature à fausser l'appréciation portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable.

7. Sur la première branche du moyen tirée de ce que le plan de masse ne fait pas apparaître les points et angles de vues des documents photographiques ainsi que l'exige les dispositions de l'article R. 431-10 du code de l'urbanisme, une telle omission n'est pas de nature à fausser l'appréciation du service instructeur, dès lors que les indications figurent sur une autre pièce du dossier. En outre, la circonstance que le dossier comporterait différentes erreurs quant à la numérotation des différents points de vue ou qu'ils ne soient pas répertoriés sur le plan de masse est sans incidence sur la légalité de la décision litigieuse, eu égard à la nature du projet.

8. Sur la deuxième branche du moyen tirée de l'insuffisance des documents photographiques permettant de situer le terrain dans l'environnement proche et dans le paysage lointain, il ressort des pièces du dossier, que le dossier de déclaration préalable comporte les plans et photographies permettant de présenter tant la localisation du projet dans la commune et dans son environnement que ses caractéristiques. En outre, il ne ressort pas des dispositions précitées, qu'il existerait une obligation quant à la distance permettant d'apprécier le terrain dans le paysage lointain. Au demeurant, en l'espèce, les photographies réalisées sont suffisantes pour apprécier le terrain d'assiette du projet par rapport à son environnement.

9. Sur la troisième branche du moyen tirée de ce que le plan de masse ne représente qu'une partie du terrain d'assiette du projet, alors qu'il accueille plusieurs constructions, ces constructions apparaissent toutefois sur le plan de situation dont le fond est constitué d'une photographie aérienne, produit au titre du a) de l'article R. 431-36 du code. Ainsi, la circonstance que ces constructions ne figurent pas sur le plan de masse produit au titre du b) de ce même article, n'a pas été de nature à fausser l'appréciation du service instructeur qui disposait des éléments suffisants pour localiser précisément le pylône projeté et la parcelle sur laquelle il s'implante. Par ailleurs, le requérant considère que l'absence de représentation sur le plan de masse de l'ensemble des constructions présentes sur la parcelle d'assiette n'a pas permis au service instructeur de s'assurer du respect du principe qui prescrit à l'administration de refuser la délivrance d'une autorisation d'urbanisme portant sur une construction irrégulièrement édifiée en l'absence de régularisation concomitante, y compris si les nouveaux travaux ne prennent pas appui sur les éléments irréguliers de la construction existante. Or, une telle exigence s'applique à l'échelle d'une construction voire d'un ensemble immobilier unique, mais non à l'échelle de l'ensemble de l'unité foncière. En l'espèce, il ne ressort pas des pièces du dossier que le pylône projeté formerait avec les constructions présentes sur la parcelle d'assiette un ensemble immobilier unique en raison de liens physiques ou fonctionnels entre eux.

10. Enfin sur la dernière branche du moyen, tirée de ce que le plan de masse censé représenter l'existant n'est pas fidèle à la réalité dans la mesure où il fait apparaître un terrain complanté de plusieurs arbres au droit du site d'implantation du pylône, alors que cette partie du terrain est entièrement goudronnée, il n'apparaît pas que l'analyse portée par l'autorité administrative sur la conformité du projet à la réglementation applicable aurait pu être faussée par cette inexactitude.

11 Par suite, le moyen tiré du caractère incomplet du dossier de déclaration préalable doit être écarté.

12. En cinquième lieu, aux termes de l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme : " Les demandes de permis de construire, d'aménager ou de démolir et les déclarations préalables sont adressées par pli recommandé avec demande d'avis de réception ou déposées à la mairie de la commune dans laquelle les travaux sont envisagés : / a) Soit par le ou les propriétaires du ou des terrains, leur mandataire ou par une ou plusieurs personnes attestant être autorisées par eux à exécuter les travaux () ". Les autorisations d'utilisation du sol, qui ont pour seul objet de s'assurer de la conformité des travaux qu'elles autorisent avec la législation et la réglementation d'urbanisme, étant accordées sous réserve du droit des tiers, dès lors, il n'appartient pas à l'autorité compétente de vérifier, dans le cadre de l'instruction d'une déclaration de travaux, la validité de l'attestation établie par le demandeur. Ainsi, sous réserve de la fraude, le pétitionnaire qui fournit l'attestation prévue à l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme doit être regardé comme ayant qualité pour présenter sa demande. Il résulte de ce qui précède que les tiers ne sauraient utilement invoquer, pour contester une décision accordant une telle autorisation au vu de l'attestation requise, la circonstance que l'administration n'en aurait pas vérifié l'exactitude. Toutefois, que lorsque l'autorité saisie d'une telle déclaration de travaux vient à disposer au moment où elle statue, sans avoir à procéder à une mesure d'instruction lui permettant de les recueillir, d'informations de nature à établir son caractère frauduleux ou faisant apparaître, sans que cela puisse donner lieu à une contestation sérieuse, que le pétitionnaire ne dispose, contrairement à ce qu'implique l'article R. 423-1 du code de l'urbanisme, d'aucun droit à la déposer, il lui revient de refuser la déclaration de travaux pour ce motif. Il en est notamment ainsi lorsque l'autorité saisie de la demande de permis de construire est informée de ce que le juge judiciaire a remis en cause le droit de propriété sur le fondement duquel le pétitionnaire avait présenté sa demande.

13. En l'espèce, la société pétitionnaire a attesté avoir qualité pour déposer une demande travaux sur la parcelle cadastrée section BI n°350. Or, le courrier du 5 janvier 2022 envoyé par la société propriétaire du terrain dont se prévaut le requérant ne permet pas d'établir que le maire de Grasse aurait disposé, à la date de l'arrêté attaqué, d'informations de nature à établir le caractère frauduleux de la déclaration de travaux de la société pétitionnaire qui n'aurait pas eu qualité pour la déposer ou qu'elle ne disposait pas d'un droit pour réaliser les travaux envisagés. Il suit de là que le moyen tiré de la méconnaissance des dispositions citées au point 13 doit être écarté.

14. En sixième lieu, aux termes de l'article R. 421-9 du code de l'urbanisme, () / les constructions nouvelles suivantes doivent être précédées d'une déclaration préalable, à l'exception des cas mentionnés à la sous-section 2 ci-dessus : () j) Les antennes-relais de radiotéléphonie mobile et leurs systèmes d'accroche, quelle que soit leur hauteur, et les locaux ou installations techniques nécessaires à leur fonctionnement dès lors que ces locaux ou installations techniques ont une surface de plancher et une emprise au sol supérieures à 5 m2 et inférieures ou égales à 20 m2./ () ".

15. Il ressort des pièces du dossier, que la déclaration préalable déposée par la société Free Mobile le 5 juillet 2021 a pour objet la construction d'un relais de téléphonie mobile qui sera composé d'un pylône et d'installations techniques, l'ensemble indissociable étant entouré d'une clôture grillagée et représentant une emprise totale au sol de 18 m². En outre, contrairement, à ce qui est soutenu, il ne ressort pas des pièces du dossier, que la dalle bétonnée, qui ne dépasse pas le niveau du sol naturel et qui doit être enterrée, n'a pas à être prise en compte dans la détermination de l'emprise au sol du projet au sens des dispositions précitées du code de l'urbanisme. Dès lors, sans qu'il soit constaté l'existence d'erreurs dans le dossier de déclaration de travaux comme il est allégué par le requérant, l'emprise au sol du projet ne dépasse pas la surface de 20 m².

16. En septième lieu, aux termes de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme, " le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales s'il est de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publique du fait de sa situation, de ses caractéristiques, de son importance ou de son implantation à proximité d'autres installations. ".

17. En l'espèce, le requérant se borne à affirmer qu'il existerait des risques pour la sécurité du fait que le relais de téléphonie mobile serait situé dans l'enceinte de la station-service de carburants qui est une installation classée pour la protection de l'environnement. Ce dernier se fonde uniquement sur un arrêté ministériel du 15 avril 2020 sur l'interdiction de l'usage des téléphones portables dans les stations-essence. Or d'une part, même si le projet est situé sur la même parcelle cadastrée que la station d'essence, il ne ressort pas des pièces du dossier qu'il serait situé dans l'enceinte d'une installation classée pour la protection de l'environnement. D'autre part, il n'est pas apporté le moindre commencement de preuve sur l'incompatibilité du projet avec la station d'essence voisine, le requérant ne met pas le tribunal à même d'apprécier le mérite et la portée de son moyen. En outre, il ne ressort pas des pièces du dossier que le projet de relais de téléphonie mobile envisagé par la société Free Mobile aurait des effets dangereux pour la sécurité des personnes et des biens. Enfin, si le projet de construction litigieux, dont le terrain d'assiette est classé en zone bleue du Plan de Prévention des Risques Naturels Prévisibles de Mouvements de Terrain (PPRMT) approuvé par un arrêté du 1er juin 2004 du préfet des Alpes-Maritimes applicable à la commune de Grasse, il n'apparaît pas qu'il constituerait un risque susceptible d'entrainer un mouvement de terrain. Par ailleurs, si le requérant se prévaut des dispositions du titre IV du règlement du PPRMT qui recommandent la réalisation d'études dans les zones exposées au risque de glissement, la circonstance que la société déclarante n'ait pas mise en œuvre cette simple recommandation, dépourvue de force contraignante, est sans incidence sur la légalité de la décision litigieuse. Dès lors, le maire de Grasse n'a pas entaché sa décision d'erreur manifeste d'appréciation, au regard des dispositions de l'article R. 111-2 du code de l'urbanisme relatives aux constructions de nature à porter atteinte à la salubrité ou à la sécurité publiques et par suite, le moyen formulé à ce titre doit être écarté.

18. En huitième lieu, aux termes de l'article II.3.2, concernant les zones exposées au risque de glissement, du plan de prévention des risques naturels prévisibles de mouvements de terrain approuvé par arrêté du préfet des Alpes-Maritimes du 1er juin 2004, " Sont interdits : -toute action dont l'ampleur est susceptible de déstabiliser le sol : déboisement, excavation, remblais -le dépôt et le stockage de matériaux ou matériels de toute nature apportant une surcharge dangereuse. ".

19. Le requérant ne peut utilement invoquer ces dispositions, puisque les travaux autorisés par l'autorisation d'urbanisme litigieuse n'ont pas pour objet le déboisement, une excavation, des remblais et le dépôt ou le stockage de matériaux ou matériels de toute nature apportant une surcharge dangereuse. Au surplus, le requérant soutient qu'eu égard à son ampleur, le projet ne peut pas être mis en œuvre sur le terrain en cause compte tenu des risques de mouvements de terrain. Toutefois, il ne produit aucune pièce à l'appui de cette allégation démontrant notamment que l'installation du pylône nécessiterait des forages de nature à déstabiliser le sol. Par suite, le moyen tiré de la méconnaissance du règlement du plan de prévention des risques naturels prévisibles de mouvements de terrain applicable à la commune de Grasse doit être écarté.

20. Aux termes de l'article DG 17 du PLU, " Les pylônes de radiotéléphonie avec leur socle n'excèderont pas une hauteur de 12 mètres. Leur insertion dans l'environnement bâti et naturel devra être assuré, et leur insertion en toiture est possible si l'intégration est bonne. Pour des raisons techniques, la hauteur pourra être dépassée, sous réserve d'une parfaite insertion dans l'environnement bâti et naturel ".

21. Il résulte des pièces du dossier, que, d'une part, ce sont des contraintes techniques liées à l'usage de cette installation qui ont amené le pétitionnaire à réaliser un projet de plus de 12 mètres de hauteur et que d'autre part, le projet s'insère dans son environnement bâti et naturel. Il est situé à l'arrière d'un bâtiment de station-service et il revêt la forme d'un arbre de type pin d'une hauteur semblable aux arbres environnants. Dès lors, il ne ressort pas des pièces du dossier que l'autorisation d'urbanisme contestée aurait été délivrée en méconnaissance des règles précitées et par suite, le moyen formulé à ce titre doit être écarté.

22. En neuvième lieu, aux termes des objectifs énumérés de l'article B.6.3 de l'Orientation d'Aménagement et de Programmation (OAP) patrimoniale du plan local d'urbanisme de la commune de Grasse relatifs aux unités de site du territoire (PP-USR), " Les points de vue sur les unités de site doivent être conservés. () Un effort devra être réalisé quant à l'intégration des éléments de signalétique, de publicité ou de ligne électriques et téléphoniques qui perturbent les vues. / (). ". Par ailleurs, les termes de cette OAP relatifs à l'espace public majeur constitué par le centre ancien de Plascassier, disposent notamment que les ouvrages techniques nécessaires au fonctionnement des services publics ou répondant à un intérêt collectif doivent être " intégrés au mieux dans leur environnement de façon à diminuer leur impact visuel ", c'est-à-dire " soit intégrés à l'intérieur des bâtiments ", " soit accolés aux bâtiments existants ", " soit édifiés à côté d'ouvrages existants de manière à former un ensemble cohérent ". Cette OAP a également pour but de protéger de toute obstruction bâtie les points de vue remarquables sur le paysage grassois depuis les voies en corniches, dont la route de Plascassier dans sa section comprise entre le rond-point du Moulin de Brun et le rond-point Joseph de Fontmichel via des règles " altius tollendi " en aval de ces voies. Enfin, les termes de cette OAP prescrivent, de manière plus générale, " le maintien des ouvertures visuelles depuis les axes routiers " permettant la découverte des paysages. Une autorisation d'urbanisme ne peut être légalement délivrée si les travaux qu'elle prévoit sont incompatibles avec l'OAP et, en particulier, en contrarient les objectifs.

23. En l'espèce, et d'une part, s'agissant de l'objectif d'intégration des ouvrages techniques dans leur environnement de façon diminuer leur impact visuel, il ressort des pièces des dossiers, que le projet s'intégrera dans le paysage urbain existant, à l'arrière d'un bâtiment de station-service par la forme d'un pylône arbre de type pin d'une hauteur d'environ 18 mètres à proximité d'autres arbres d'une hauteur équivalente. D'autre part, s'agissant de l'objectif de maintien des ouvertures visuelles depuis les voies publiques sur les paysages, il n'est pas démontré que le projet constituerait un obstacle à la vue depuis le chemin de Castellaras, la RD 4 et le village de Plasacassier et que dès lors il ne prendrait pas en compte les objectifs précédemment cités. Au contraire, le pylône projeté sera implanté en fond de parcelle, derrière une station de lavage automobile, et sera ainsi éloigné de la voie publique. Il sera ainsi insusceptible d'obstruer une quelconque perspective sur le centre ancien de Plascassier et sur les paysages environnants. Au demeurant, les voies publiques qui bordent le terrain d'assiette du projet, à savoir la route de Valbonne et le chemin du Castellaras, ne sont pas des routes en corniche et n'offrent, dès lors, aucun point de vue remarquable sur le paysage grassois. Par suite, le moyen formulé à ce titre doit être écarté.

24. En dixième lieu, aux termes de l'article DP-UAU 5 du PLU, d'une part, " Tous travaux réalisés sur des éléments bâtis ou paysagers repérés au plan de zonage, faisant l''objet d'une protection spéciale au titre de l'article L151-19 et L151-23 du Code de l'urbanisme doivent respecter les dispositions particulières fixées aux articles PE 3 et PE 4 du titre 2 du présent règlement. Les constructions doivent présenter un aspect compatible avec le caractère ou l'intérêt des lieux avoisinants, des sites et des paysages naturels et bâtis. / () ". D'autre part, notamment, aux termes de l'article DS-UJ 6 du plan local d'urbanisme, " / () Les constructions, voies d'accès, aires de stationnement, piscines, tennis, doivent être implantées de manière à préserver aux mieux les arbres existants. () /. ". Et aux termes de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme, " Le projet peut être refusé ou n'être accepté que sous réserve de l'observation de prescriptions spéciales si les constructions, par leur situation, leur architecture, leurs dimensions ou l'aspect extérieur des bâtiments ou ouvrages à édifier ou à modifier, sont de nature à porter atteinte au caractère ou à l'intérêt des lieux avoisinants, aux sites, aux paysages naturels ou urbains ainsi qu'à la conservation des perspectives monumentales. ".

25. En l'espèce, le projet en litige consiste à implanter un pylône radiophonique en forme d'arbre d'une hauteur de dix-huit mètres sur une parcelle située route de Valbonne qui accueille une station-service et une station de lavage automobile. En outre, il s'agit d'une zone urbaine composée de commerces et maisons individuelles d'habitation dépourvue d'intérêt ou de caractère particulier en dépit de la présence, à 400 mètres à vol d'oiseau, du centre ancien de Plascassier. Enfin l'impact visuel du pylône sera grandement atténué par la présence d'arbres de haute tige sur les terrains situés autour du site d'implantation ainsi que par sa forme d'arbre. Dès lors, compte tenu des caractéristiques du paysage avoisinant le terrain d'assiette du projet et malgré la taille relativement importante du pylône projeté, le maire de Grasse n'a pas commis d'erreur manifeste d'appréciation au regard des dispositions de l'article R. 111-27 du code de l'urbanisme en ne s'opposant pas aux travaux déclarés. Par suite, le moyen formulé à ce titre doit être écarté.

26. Il résulte de tout ce qui précède, sans qu'il soit besoin de statuer sur la fin de non-recevoir opposée par la société Free Mobile, que M. B n'est pas fondé à demander l'annulation de l'arrêté du 27 juillet 2021 par lequel le maire de la commune de Grasse ne s'est pas opposé à la réalisation des travaux objet de la déclaration déposée le 5 juillet 2021 par la société Free Mobile.

Sur les dépens :

27. Les frais résultants pour l'une des parties de la production d'un constat d'huissier ne sont pas compris dans les dépens tels qu'ils sont limitativement énumérés à l'article R. 761-1 du code de justice administrative. Par suite, les conclusions de M. B tendant à la condamnation de la commune de Grasse et de la société Free Mobile à lui verser une somme de 489,20 euros au titre du constat d'huissier qu'il a produit dans la présente instance ne peuvent qu'être rejetés.

Sur les frais du litige :

28. Les dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative font obstacle à ce que soit mise à la charge de la commune de Grasse et la société Free Mobile, qui ne sont pas les parties perdantes dans cette instance, la somme que le requérant demande au titre des frais exposés et non compris dans les dépens. Dans les circonstances de l'espèce, il n'y a pas lieu de faire droit aux conclusions de la société Free Mobile présentées sur le fondement des dispositions de l'article L. 761-1 du code de justice administrative.

D E C I D E :

Article 1er : La requête est rejetée.

Article 2 : Le surplus des conclusions des parties est rejeté.

Article 3 : Le présent jugement sera notifié à M. A B, à la société Free Mobile et la commune de Grasse.

Délibéré après l'audience du 2 octobre 2024, à laquelle siégeaient :

M. Taormina, président,

Mme Soler, première conseillère,

M. Bulit, conseiller,

Rendu public par mise à disposition au greffe le 25 octobre 2024.

Le rapporteur,

Signé

J. BULIT

Le président,

Signé

G. TAORMINA Le greffier,

Signé

D. CREMIEUX

La République mande et ordonne au préfet des Alpes-Maritimes en ce qui le concerne ou à tous commissaires de justice à ce requis en ce qui concerne les voies de droit commun, contre les parties privées, de pourvoir à l'exécution de la présente décision.

Pour expédition conforme,

Pour le greffier en chef,

Ou par délégation le greffier,

No2106487

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TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608292

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. A... contre l'arrêté du préfet des Hautes-Alpes du 5 mai 2026 prolongeant son assignation à résidence. Le requérant invoquait une atteinte disproportionnée à sa liberté d'aller et venir et une méconnaissance de l'article 8 de la Convention européenne des droits de l'homme et de l'article 3-1 de la Convention internationale des droits de l'enfant. Le tribunal a jugé que les contraintes horaires imposées (présence au domicile de 14h à 17h) n'étaient pas disproportionnées, faute de preuves suffisantes de leur incompatibilité avec le suivi scolaire de sa belle-fille. La décision s'appuie sur les articles L. 731-1 et R. 733-1 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608430

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant égyptien, contestant un arrêté préfectoral du 14 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. La juridiction a estimé que l'arrêté était suffisamment motivé et ne méconnaissait pas les articles L. 612-6 et L. 612-10 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile (CESEDA), le préfet ayant examiné les critères légaux. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, y compris la demande d'aide juridictionnelle provisoire et de communication du dossier.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2608432

Le Tribunal Administratif de Marseille a rejeté la requête de M. B..., ressortissant sénégalais, contestant un arrêté préfectoral du 15 mai 2026 l'obligeant à quitter le territoire français sans délai, avec une interdiction de retour de deux ans. Le tribunal a jugé que l'arrêté était suffisamment motivé et que la situation personnelle du requérant avait été examinée, notamment son maintien irrégulier après expiration de son visa. La solution retenue est le rejet de l'ensemble des conclusions, sur la base des articles L. 613-1, L. 612-2, L. 612-6 et L. 721-4 du code de l'entrée et du séjour des étrangers et du droit d'asile.

01/06/2026

TA13Excès de pouvoir

Tribunal Administratif de Marseille — N° TA13-2607881

Le Tribunal administratif de Marseille, statuant en référé sur le fondement de l’article L. 521-1 du code de justice administrative, a rejeté la demande de suspension de l’arrêté du sous-préfet d’Istres du 7 avril 2026 mettant en demeure M. et Mme A... de quitter leur logement à Vitrolles. La requête a été jugée irrecevable car elle n’était pas accompagnée de la copie intégrale de la décision contestée, en méconnaissance des exigences procédurales. En conséquence, le juge a appliqué l’article L. 522-3 du même code pour rejeter la requête sans instruction ni audience, et a refusé l’admission provisoire à l’aide juridictionnelle.

01/06/2026

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